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Posté le: Lun Avr 12, 2004 5:08 pm Sujet du message: Génocide au Rwanda
Bonjour à tous,
Je voudrais saluer l'action du site laic.info à ce sujet (et sur l'ensemble de son action aussi, remarquez).
Ce site est habituellement présenté sous une charte graphique comportant les trois couleurs du drapeau français, en trois colonnes, ce qui ma foi est très significatif de son attachement à nos valeurs républicaines. Très jolies couleurs...
Or, depuis quelques jours, seule la colonne centrale, la blanche, demeure. Les deux colonnes latérales sont noires, en signe de deuil et surtout en signe de REFUS des exactions qui peuvent être soutenues ou encouragées par nos responsables politiques à l'étranger, pour des raisons vaseuses de politique de seconde zone qui ne sont bonnes pour personnes, et que nous, citoyens, rejetons EN BLOC.
On n'est plus à l'époque des colonies, ni de l'esclavage, il serait temps que nos politiques le comprennent et comprennent que nous, le peuple qui mettons en place ces responsables, nous ne validons pas, ou plutôt nous vomissons sur ce dont ils rendent la nation française coupable. Ce qui est clairement le cas pour ce génocide, et qu'aujourd'hui encore nos responsables politiques refusent de regarder en face.
Honte à eux.
Les couleurs de laic.info reviendront au fur et à mesure que nous enverrons nos signatures de protestation via un lien sur leur site à notre ministère des affaires étrangères.
Bravo à ce site pour cette action,
lien :
http://www.laic.info/Members/webmestre/Droit_Homme.2004-04-09.5658/
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Inscrit le: Dec 03, 2003 Messages: 617 Localisation: Marseille
Posté le: Sam Avr 17, 2004 3:21 pm Sujet du message:
De la responsabilité de la France dans le génocide rwandais. Quelques informations, et puis quelques commentaires...
[quote"le Canard Enchaîné"](…)
Lié, depuis 1975, au Rwanda par un accord d’assistance militaire, Paris n’offre, durant quinze ans, qu’une modeste aide en armements (4 millions de francs par an) et en soldats. Mais tout change en octobre 1990, à la suite d’une tentative – largement exagérée par Kigali – d’invasion du pays par le FPR, composé de Tutsis réfugiés en Ouganda. Ces rescapés de précédents progroms viennent menacer un président apprécié de Miterrand et démocratiquement élu, depuis douze ans, avec des scores supérieurs à 99%…
Suprême infamie, les envahisseurs parlent anglais ! La menace d’une extension de la zone anglophone (Kenya, Tanzanie, Ouganda, Zambie, etc…) au détriment de notre pré carré (Rwanda, Burundi, Zaïre) inquiète Paris. L’Elysée dépêche alors plusieurs centaines de paras et de légionnaires. Leur nombre grossira jusqu’à atteindre 700 hommes. Et le matériel suit : hélicos Ecureil et Gazelle, petits blindés et canons de 105 et 120.
Une coopération stoppée net par le génocide ? Non point, affirme Bernard Debré, ex-ministre de la coopération, en avril 1998, sur R.T.L. Un conseiller de Michel Roussin, titulaire de ce portefeuille en 1994, révèle pour sa part à l’africaniste Gérard Prunier : « nous livrons les armes aux Forces armées rwandaises (gouvernementales) par Goma (Zaïre), mais nous démentirons si vous l’écrivez ».
D’octobre 1990 à décembre 1993, date du départ des troupes françaises, plus de 200 officiers rwandais de haut rang, tous de l’ethnie hutue, seront « formés » par des instructeurs tricolores. Ces derniers se trouvaient même dans certains sites militaires où les opposants tutsis, étaient détenus et torturés. Ce fut le cas dans le camp de Bigogwe, comme l’a rapporté un témoin, Jean Carbonare, Président de l’association Survie.
Quant aux avertissements sur les intentions réelles des forces et des milices gouvernementales, ils n’ont pas manqué. Tandis que la diplomatie française tentait de rapprocher Hutus et Tutsis à la conférence de l’Arusha, le président Habyarimana tolérait l’activisme de son épouse, Agathe, chef du clan extrémiste et des « Réseaux zéro » (pour zéro Tutsi). Patron de la mission militaire de coopération, le général Jean Varret avait – en vain – dénoncé ce double jeu.
Tout comme ont été négligés par la France et la communauté internationale les alertes des associations, dont Amnesty en 1993, le rapport de l’O.N.U annonçant en 1993 un « début de génocide » ou ce télégramme du général canadien et Casque bleu Roméo Dallaire, évoquant, dès janvier 1994 « l’extermination programmée des Tustis de Kigali ».
Au total, et comme l’ont noté les rapporteurs de la mission parlementaire de 1998, le pays des Droits de l’Homme, sans y avoir participé, a tout de même poussé fort loin son engagement auprès des futurs auteurs du génocide. Au point, lors de l’opération « Turquoise » en juin 1994 (qui sauvera des milliers de réfugiés) de protéger les massacreurs hutus. Et d’accueillir quelques mois à Paris le clan Habyarimana ainsi que plusieurs organisateurs du génocide.
A ce petit jeu très dangereux, la France n’a même pas l’excuse de l’inexpérience. Pour conserver son rang en Afrique, et depuis quarante ans, Paris soutient des régimes dictatoriaux, adeptes de l’épuration ethnique ou tribale. A Djibouti, 2700 soldats tricolores contribuent à la pérennité du parti unique, entièrement aux mains des Issas, en réprimant les Afars (40% de la population).
Au Cameroun, c’est le clan du président francophone Biya qui a la cote, au détriment de anglophones et des Bamilékés, souvent opprimés par le passé. En Côte d’Ivoire, dans les années 90, la France n’a pas mégoté son aide au président Konan Bédié, inventeur du concept d’« ivoirité », aux conséquences si funestes aujourd’hui. Etc.
(…..)
Jean-François Julliard, dans le Canard Enchaîné du mercredi 14/04/2004[/quote]
Je le répète, honte à ces hommes auxquels la France accorde sa confiance en leur remettant le pouvoir de son administration par la voie de la démocratie.
Mais je me pose une question : à l’instar des gens qui, pour sincèrement s’auto-qualifier de musulmans, n’ont peut-être pas réellement lu les textes fondateurs de cette idéologie et intégré le sens de ce qu’elle transporte (c’est la seule chose qui me fasse accepter l’appellation « musulman » : me dire que les gens qui s'en revendiquent n’ont pas lu le Coran, et dans ce cas j'ai hâte qu'ils s'y mettent ! Sinon c’est à désespérer de ce Monde Oriental qui pourtant me fascine tant, comme tout occidental qui se respecte - ne croyez pas ceux qui vous diront le contraire, ce sont des menteurs, car l'occident est fasciné par l'orient, depuis toujours, mais il n'a jamais su le lui dire, ça doit encore être un truc freudien ça..?! ), pensez-vous que les politiciens français aient réellement lu, et surtout compris, la « Déclaration des droits de l’Homme ET du citoyen » et la force de l'idéal qu’elle transporte ?
Ainsi, pour ce cas rwandais, seul l’article 12 pourrait quasi suffire (sans parler du contenu de la constitution française, car dans ce cas, on pourrait carrément attaquer nos responsables en justice !!).
Article 12 de la Déclaration : « La garantie des droits de l’homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l’avantage de tous et non pour l’unité particulière de ceux à qui elle est confiée».
Ça n’a pas l’air d’être le cas exact pour l'action de nos forces en Afrique. Mais ? que fout encore la France en Afrique, me direz-vous…
C’est une très bonne question.
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