Inscrit le: May 01, 2003 Messages: 789 Localisation: Paris
Posté le: Lun Déc 01, 2003 8:19 pm Sujet du message: Visite de Chirac à Tunis
Entretien téléphonique Ben Ali-Chirac
TUNIS (AP) - La visite que doit effectuer Jacques Chirac en Tunisie début décembre prochain a été au centre d'un entretien téléphonique lundi entre le président Zine El Abidine Ben Ali et le chef de l'Etat français.
Selon l'agence tunisienne TAP, cette visite sera "une importante occasion pour donner une nouvelle impulsion à la coopération bilatérale et l'élever au niveau de la ferme volonté qui anime les deux parties, au service des intérêts communs".
L'entretien qui, ajoute la TAP, s'inscrit dans le cadre de la concertation régulière établie entre les deux chefs d'Etat, a également porté sur le "sommet 5+5" qu'accueillera la Tunisie au cours du même mois.
Initié en 1991 par la France, le dialogue 5+5 est un forum qui regroupe les cinq pays maghrébins (Algérie, Libye, Maroc, Mauritanie et Tunisie) et cinq pays européens de la rive nord du bassin méditerranéen.
Le sommet de Tunis "offrira l'opportunité aux parties concernées de se concerter sur les efforts et moyens à même de promouvoir le dialogue et la coopération, de manière à conforter les facteurs de sécurité, de stabilité et de paix dans la région méditerranéenne", estime la TAP.
La conversation téléphonique entre MM. Chirac et Ben Ali a par ailleurs permis un échange de vues sur les problèmes d'actualité, notamment la situation au Proche-Orient, "à la lumière des graves développements que connaît la région".
Une "identité de vues" entre Tunis et Paris s'est dégagée sur l'ensemble des questions évoquées, ajoute l'agence officielle tunisienne. _________________ "Referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre." Omar Khayyam (1048-1122)
Inscrit le: Aug 10, 2003 Messages: 4031 Localisation: IL SUFFIT DE LE VOULOIR ET CE NE SERA PAS QU'UN REVE ! THEODOR HERTZEL.
Posté le: Mar Déc 02, 2003 4:56 pm Sujet du message:
bonjour à tous,
Hello Joe-Black,
merci pour cet info très importante,je pense que de telle rencontre ne peuvent qu'ètre bénéfique tant pour la population Tunisienne et pour l'Etat tunisien et aussi pour les Français,ce sont des rencontres importantes ou chacun pourra s'exprimer et consolider l'amitiée franco-tunisienne... _________________ AM ISRAEL AI
Inscrit le: May 01, 2003 Messages: 789 Localisation: Paris
Posté le: Mer Déc 03, 2003 9:44 am Sujet du message:
Jacques Chirac avocat du "modèle tunisien" face à l'islamisme
PARIS (Reuters) - Jacques Chirac se rend du 3 au 6 décembre en Tunisie, pour une visite d'Etat puis le sommet "5+5", avec l'objectif réaffirmé de conforter l'arrimage du Maghreb à l'Union européenne, gage pour la France d'une stabilité géopolitique vitale face à la montée de l'islamisme et de ses ramifications terroristes.
Après l'Algérie en mars et le Maroc en octobre, "l'ami arabe" clôt à Tunis un cycle de visites d'Etat au Maghreb témoignant de la lutte d'influence feutrée qui s'esquisse entre Paris et Washington, tout à sa stratégie de "démocratisation" du Proche et Moyen-Orient - avec gains commerciaux à la clé.
Coïncidence ? Le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, effectue mardi et mercredi une tournée-éclair dans les trois pays du Maghreb.
Jacques Chirac avait salué à Rabat l'oeuvre réformatrice "exemplaire" de Mohammed VI face à l'hydre fondamentaliste, il s'emploiera à Tunis à renouveler "amitié, soutien et encouragement" à la politique économique et sociale du président Zine El Abidine Ben Ali, malgré un bilan contesté dans le domaine des droits de l'homme.
"La lutte contre la pauvreté et la réduction des inégalités sont autant de remèdes au travail souterrain de l'extrémisme", souligne Catherine Colonna, porte-parole du président français.
"Le président de la République est sûr que la Tunisie saura poursuivre dans la voie de la modernisation et des réformes". "Ses succès ouvrent la voie au renforcement de l'Etat de droit dans le cadre d'une dynamique qui allie le politique, l'économique et le social", estime-t-elle.
Jacques Chirac, qui sera notamment accompagné du ministre délégué au Commerce extérieur François Loos, a mobilisé pour sa visite une importante délégation de chefs d'entreprise français (Club Med, Accor, Alcatel, Sangho...).
Le cap des mille entreprises françaises a été franchi début 2003 en Tunisie, pays lié depuis 1995 à l'Union européenne par un accord d'association.
La France, ancienne puissance de tutelle, n'a de cesse de mettre en avant la réussite du "modèle tunisien" depuis la Révolution des jasmins qui a porté Ben Ali au pouvoir en novembre 1987, une prospérité indéniable qui masque toutefois, aux yeux de l'opposition tunisienne, une mainmise policière et judiciaire sur une société où des inégalités demeurent.
Le taux de pauvreté en Tunisie, qui compte près de dix millions d'habitants, est passé de 12% de la population en 1987 à moins de 4% aujourd'hui. Le taux de scolarisation culmine à 80%, le statut de la femme tunisienne est l'un des plus progressistes du monde musulman et le taux de croissance de l'économie nationale pour 2003 est estimé à 5,5%.
"Ces indicateurs ne suffisent pas à décrire la Tunisie d'aujourd'hui mais ils doivent être pris en considération", estime Catherine Colonna.
ABORDER "TOUS" LES SUJETS
Reprochant à Jacques Chirac son soutien indéfectible à Ben Ali, l'opposition tunisienne et plusieurs organisations de défense des droits de l'homme s'émeuvent de cette approche dictée, selon elles, par les seuls intérêts économiques et sécuritaires au mépris d'une réalité politique et sociale plus douloureusement complexe.
Les propos de Jacques Chirac, en décembre 2001 à Tunis, sur "l'exemplarité" de la lutte anti-terroriste de la Tunisie, frappée en avril 2002 par un attentat meurtrier contre la synagogue de Djerba, résonnent encore dans les mémoires. "Si tous les pays de la région avaient eu la même attitude, il y aurait eu moins d'atteintes aux droits de l'homme", avait alors déclaré le président français.
A l'Elysée, on se défend de passer sous silence la question des droits de l'homme, "une question importante" qui ne "fâche pas".
"La qualité de notre dialogue permet d'aborder tous les sujets, nous ne manquons jamais de la faire", affirme Catherine Colonna.
Jacques Chirac a ainsi convié jeudi soir une douzaine de représentants de la société civile tunisienne pour un dîner privé à Tunis.
S'agissant du cas emblématique de Radhia Nasraoui, avocate tunisienne en grève de la faim depuis le 15 octobre pour protester contre des "abus" et "harcèlements" imputés aux autorités, Catherine Colonna a souhaité mardi que cette affaire, "qui suscite une certaine émotion en France", trouve "une issue positive".
A l'issue de sa visite d'Etat, vendredi matin, Jacques Chirac participera au premier sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du dialogue "5+5", un forum créé en 1990 qui réunit cinq Etats du sud de l'Europe (Portugal, Espagne, France, Italie, Malte) et les cinq Etats membres de l'Union du Maghreb arabe (Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, Mauritanie).
Le chef de l'Etat profitera de l'occasion pour s'entretenir avec Silvio Berlusconi, président en exercice de l'Union européenne, avant le Conseil européen des 12 et 13 décembre sur la future Constitution, et le Premier ministre portugais Jose Manuel Durao Barroso.
Aucune rencontre n'est prévue avec le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, dont la venue est annoncée par les autorités tunisiennes. La France l'a rappelé mardi à ses engagements concernant l'indemnisation des familles des 170 victimes de l'attentat contre un DC-10 d'UTA en 1989. _________________ "Referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre." Omar Khayyam (1048-1122)
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Posté le: Mer Déc 03, 2003 9:47 am Sujet du message:
"En matière de démocratie, il n'existe pas de modèle prêt-à-porter", estime le président Ben Ali
PARIS (AP) - "En matière de démocratie, il n'existe pas de modèle prêt-à-porter", déclare le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali dans un entretien à paraître dans le quotidien français "Le Figaro" mercredi, au premier jour de la visite d'Etat que le président Jacques Chirac doit effectuer en Tunisie.
Cette mise au point du chef de l'Etat tunisien, au pouvoir depuis 1987 et réélu en 1999 avec 99,44% des suffrages, intervient alors que l'arbitraire et le manque d'ouverture du régime tunisien sont régulièrement dénoncés par les organisations internationales de défense des droits de l'Homme.
Pour répondre à ces critiques, les autorités tunisiennes mettent en avant la lutte contre l'islamisme radical, engagée à l'aube des années 90.
"Les Occidentaux n'ont pas pris garde au fait que la pieuvre intégriste finira par enserrer ceux qui l'ont nourrie et accueillie", explique le président tunisien dans les colonnes du "Figaro".
"Le terrorisme n'a ni patrie, ni identité, ni nationalité", explique-t-il alors que la Tunisie collabore activement avec les services de renseignements occidentaux pour lutter contre le réseau Al Qaïda.
Evoquant l'objectif des Etats-Unis d'instaurer la démocratie au Proche-Orient, Zine El Abidine Ben Ali considère que "la formule idéale, valable partout et en tout temps, n'existe pas".
Sur l'immigration clandestine à destination de l'Union européenne, et notamment de l'Italie -dont la Tunisie est devenue depuis plusieurs mois un des points de passage-, le dirigeant tunisien répond: "les mesures administratives ne peuvent conduire à une solution durable du problème de l'émigration", avant d'appeler "à un partenariat entre pays du Nord et du Sud de la Méditerranée pour lutter contre ce type d'émigration". AP _________________ "Referme ton Coran. Pense et regarde librement le ciel et la terre." Omar Khayyam (1048-1122)
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Posté le: Ven Déc 05, 2003 11:31 am Sujet du message:
Droits de l'homme en Tunisie : Chirac blanchit Ben Ali
«Propos choquants» : opposants tunisiens et organisations de droits de l'homme ont été unanimes à dénoncer, hier, le blanc seing délivré par Jacques Chirac au régime de Zine Ben Ali. En visite officielle en Tunisie depuis mercredi, le président français a réussi une contre-performance : placer son voyage sous les auspices des droits de l'homme, sujet sensible que l'Elysée, de Moscou à Alger en passant par Pékin, préfère généralement reléguer au second plan.
Un point de presse a au contraire provoqué un tollé. Les 51 jours de grève de la faim de l'avocate Rhadia Nasraoui qui ne demande rien d'autre que la fin du harcèlement policier dont elle fait l'objet avec sa famille et ses clients ? «J'en ai touché un mot... j'en ai parlé... avec le président Ben Ali, j'espère que cette affaire trouvera rapidement une issue», a affirmé Jacques Chirac. Non sans ajouter : «Mais nous avons aussi en France des personnes qui ont fait la grève de la faim, qui l'ont faite, qui la feront.»
«Mangez». Le chef de l'Etat a aggravé le mal par un plaidoyer en faveur des «libertés réelles» plus fréquent du côté de Cuba ou Moscou que dans les capitales occidentales où on considère que le premier des droits est la liberté. «Le premier des droits de l'homme c'est manger, être soigné, recevoir une éducation et avoir un habitat. De ce point de vue, il faut bien reconnaître que la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays», a déclaré Chirac en précisant : «Mais nous avons chacun nos critères d'appréciation.» L'ultime satisfecit aura été donné lors du dîner d'Etat, le Président y insistant sur «la consolidation de la démocratie» en Tunisie.
Le résultat ne s'est pas fait attendre. «Monsieur Chirac nous dit en résumé : mangez et taisez-vous», s'est insurgée Radhia Nasraoui en précisant : «Il est positif que monsieur Chirac ait pu toucher un mot sur mon cas au président Ben Ali, mais il est choquant de le voir minimiser les violations des droits de l'homme. On ne peut demander aux Tunisiens de manger et de se taire, la liberté et la dignité sont des aspirations fondamentales.» Même tonalité du côté de la Ligue tunisienne des droits de l'homme qui dénonce des propos «réellement choquants nous déniant le droit d'aspirer à la liberté». Ancien ministre de l'Enseignement, Mohamed Charfi a estimé «qu'après quarante ans d'indépendance, les Tunisiens ont le droit à des élections honnêtes». L'Elysée a tenté de désamorcer la polémique en faisant savoir qu'à la demande de Chirac, un responsable du Quai d'Orsay avait rencontré mercredi soir le président de la Ligue des droits de l'homme. Et hier soir, le chef de l'Etat lui même jurait que toute cette affaire relevait de «l'incompréhension» et était «injuste», assurant que «les droits de l'homme sont indivisibles et universels». Peine perdue : la controverse avait traversé la Méditerranée. La Fédération internationale des droits de l'homme a rappelé que l'expérience tunisienne «démontre combien le développement économique n'entraîne en rien une amélioration du respect des droits civils et politiques, mais sert de prétexte à la légitimation de leur violation». Le PS a dénoncé une «conception minimaliste des droits de l'homme». Bertrand Delanoë, né en Tunisie, a été jusqu'à affirmer qu'«il ne peut y avoir de progrès démocratique en Tunisie sans liberté de la presse», pendant que les Verts accusaient Chirac de «balayer le crédit acquis par la France dans le monde arabe durant la guerre en Irak».
Friand. Nul ne s'attendait à voir le président français faire le procès du régime. Sa maladresse n'en étonne pas moins. Surtout à un moment où une grève de la faim prend une tournure dramatique et où un président friand des élections à 99 % s'apprête à se faire réélire pour la quatrième fois. Convaincu que la croisade contre l'extrémisme islamiste et ses ramifications terroristes passe par la lutte contre la pauvreté, Chirac n'a en fait de cesse de vanter le «miracle tunisien». Les intérêts économiques et sécuritaires font le reste à Tunis comme à Alger : la France est le premier partenaire commercial, le premier investisseur étranger et le premier bailleur de fonds de la Tunisie...
La brutalité de cette approche a éclipsé le plaidoyer présidentiel en faveur d'un partenariat euroméditerranéen, en panne, mais indispensable pour dissiper les inquiétudes des pays du Maghreb qui craignent de pâtir de la concurrence à venir des dix nouveaux membres de l'Union européenne, dont l'adhésion sera officielle en mai 2004. _________________ Ni dieu, ni diable, l'homme maître
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