Page principale - Portail des laïques, apostats, agnostiques et athées d'Afrique du nord et d'ailleurs
Accueil الصفحة
الرئيسية Home
Recherche   

.: Menu :.
 Accueil
 Nous découvrir
· A.I.M.E. qui es tu ?
· Charte du site
· Islam contre Islam
· M.I.L.
· Publications
· Espace Presse
· Communiqués
· Nous contacter
 Banque de données
· Téléchargements
· Thématique
· Liens Web
· Archives
· Top 10 du site
· Rechercher
· Agenda
 La parole est à vous
· Créer un évènement
· Proposer un article
· Proposer un fichier
· Proposer un lien
 Forums

.: Contact :.
·  Page de démarrage
·  Recommander ce site
·  Adhérer à l’AIME
·  Appel au bénévolat

.: Tableau de bord :.
Bienvenu(e), Invité

Pseudo
Mot de passe
    
· Pas encore inscrit?
· Mot de passe perdu?
Membres: 799
Dernier: butterfly
Aujourd'hui: 0
Public En Ligne: 26
Visiteurs: 26
Membres: 0

Stats
Il y a eu en tout
9592720
pages vues depuis Juin 2003





Classement de sites - Inscrivez le vôtre!

www.meilleurduweb.com : Annuaire des meilleurs sites Web.

Brioude-Internet : référencement google et positionnement

 
Guerre des idées :: Voir le sujet - guerres
 FAQFAQ   RechercherRechercher   Groupes d'utilisateursGroupes d'utilisateurs   ProfilProfil   Se connecter pour vérifier ses messages privésSe connecter pour vérifier ses messages privés   ConnexionConnexion 

guerres
Aller à la page Précédente  1, 2
 
Poster un nouveau sujet   Répondre au sujet    Guerre des idées Index du Forum -> Athéisme
Voir le sujet précédent :: Voir le sujet suivant  
Auteur Message
AllahAssghar
Adulte
Adulte


Inscrit le: Jun 09, 2006
Messages: 1474

MessagePosté le: Sam Jan 12, 2008 3:50 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Un grand entretien avec Boualem Sansal (version intégrale)
«La frontière entre islamisme et nazisme est mince»
Par Grégoire Leménager
Alors qu'il publie «le Village de l'Allemand», le grand romancier algérien s'explique ici sur les liens entre hitlérisme et islamisme, la politique de Bouteflika et les choix diplomatiques de Sarkozy. Ce qu'il dit est terrible

En exergue, un mot du narrateur annonce la couleur du livre. Noire, très noire: «il y a des parallèles dangereux qui pourraient me valoir des ennuis». Ce n'est pas une coquetterie. Il n'y en a jamais chez Boualem Sansal. Dans son cinquième roman, deux frères d'origine algérienne tiennent leur journal. Ils vivent en France, banlieue parisienne, et apprennent avec horreur la destinée de leur père: Hans Schiller, héros du FLN, était officier SS; il vient de finir ses jours au bled, égorgé par le GIA.

Pour son fils aîné, l'histoire des camps d'extermination se découvre dans son insupportable singularité, et s'inscrit dans sa chair, jusqu'à la folie. Pour le cadet, directement confronté à la «talibanisation» de sa cité, l'équation entre nazisme et islamisme s'impose avec cette certitude: «l'imam de la tour 17, il faut lui couper le sifflet». Entre leurs deux voix alternées, Sansal fraie la sienne, subtile mais ferme, qui dans une intrigue serrée noue sans faiblir les questions les plus brûlantes: banlieues, Algérie, nazisme, fanatisme... Servi par tant de talent, son courage force l'admiration. «Le Village de l'Allemand» est un coup de poing dans le gras de nos plus rassurantes illusions: la fin de l'histoire n'a pas eu lieu.

G.L.

Le Nouvel Observateur - Ce qui donne son titre au roman, c'est la destinée d'un criminel de guerre nazi, ancien SS qui a trouvé refuge en Algérie, où il est devenu un héros de la guerre d'indépendance en formant des combattants du FLN... S'agit-il d'une histoire vraie? Comment est né ce roman?



©C. Hélie Gallimard Boualem Sansal. - «Le village de l'Allemand» est né d'une histoire vraie et d'un déluge de questions. Un jour, au début des années 1980, alors que j'étais en déplacement professionnel à l'intérieur du pays (dans la région de Sétif), je me suis arrêté dans un village (Aïn Deb, dans le roman), attiré par son «look» exotique. Il ne faisait pas couleur locale, il avait un petit air d'ailleurs. J'y ai pris un café et en arrivant à destination, j'ai questionné les personnes qui m'attendaient. J'avais à peine fini de dire «En venant chez vous, je suis tombé sur un drôle de village qui m'a fait pensé au village d'Astérix le Gaulois...» qu'on s'exclama fièrement: «Ah! le village de l'Allemand». On m'expliqua que ce village était «gouverné» par un Allemand, ancien officier SS, ancien moudjahid, naturalisé algérien et converti à l'islam. Dans la région, on le regardait comme un héros, un saint homme qui avait beaucoup fait pour le village et ses habitants. J'ai senti chez mes interlocuteurs une réelle admiration à l'évocation de son passé nazi, ce qui n'était pas pour me surprendre: la geste hitlérienne a toujours eu ses sympathisants en Algérie, comme d'ailleurs dans beaucoup de pays arabes et musulmans, et sans doute plus aujourd'hui en raison du conflit israélo-palestinien et de la guerre d'Irak. Avec quelque emphase pour bien m'éblouir, on m'expliqua que cet Allemand avait été envoyé par Nasser comme expert auprès de l'état-major de l'ALN et qu'après l'indépendance il avait enseigné dans la prestigieuse académie militaire de Cherchell. C'était en effet quelqu'un. J'avais voulu retourner au village et voir cet homme de près mais le temps m'avait manqué.
Depuis, j'ai souvent pensé à cette histoire. Je lui trouvais beaucoup d'aspects intéressants: le côté aventureux et romantique de cet Européen venu se battre pour l'indépendance de l'Algérie, sa retraite dans un village du bout du monde, sa conversion à l'islam, l'ascendant sympathique qu'il a pris sur ses habitants. Il y avait aussi le côté noir, celui de l'officier SS ayant servi dans les camps d'extermination.


N.O. - Comment cet aspect-là pouvait-il être occulté?

B. Sansal. - En y pensant, je me suis avisé de quelque chose que je savais mais sans lui avoir jamais accordé plus d'importance que cela: la Shoah était totalement passée sous silence en Algérie, sinon présentée comme une sordide invention des Juifs. Ce constat m'avait choqué. Le fait est que jamais, à ce jour, la télévision algérienne n'a passé de film ou de documentaire sur le sujet, jamais un responsable n'en a soufflé mot, jamais, à ma connaissance, un intellectuel n'a écrit sur le thème. C'est d'autant plus incompréhensible que nous avons fait de notre drame durant la guerre d'Algérie, l'alpha et l'oméga de la conscience nationale. Je pense qu'à ce titre nous aurions également dû nous intéresser aux drames qui ont frappé les autres peuples, partout dans le monde. Il me semble qu'on ne peut avoir pleine conscience de sa tragédie et s'en trouver plus fort que si on considère aussi celles des autres. Quelle autre façon avons-nous de situer son histoire dans l'histoire humaine une et indivisible? Ne pas le faire, c'est quelque part mépriser sa propre histoire, c'est privatiser quelque chose qui appartient à l'humanité, pour en faire, par glissement naturel ou par calcul, au mieux une épopée que chacun peut agrémenter selon ses besoins, au pire un manuel de lavage de cerveau. En Algérie, au demeurant, on a réussi à faire les deux: une merveilleuse épopée en mouvement perpétuel et un abominable manuel de décérébration massive. Je me demande comment nous pourrions un jour sortir de ce double sortilège.




N.O. - Pour reprendre le titre d'un livre paru en 1990, votre roman propose en somme une nouvelle vision, extrêmement sombre, des rapports entre «le croissant et la croix gammée» (1). D'autant qu'à l'arrière-plan se profile le rôle des services secrets égyptiens de Nasser... Ce passé-là en tout cas, volontiers méconnu - sinon occulté, nous entraîne très loin des visions manichéennes de la décolonisation qui ont souvent cours. N'est-ce pas une nouvelle façon pour vous de déconstruire l'histoire de la libération nationale en Algérie (dont vous avez déjà dénoncé les mythes, notamment dans «Poste restante: Alger»)?


Boualem Sansal. - Quand j'ai décidé de faire de l'histoire de cet Allemand la trame d'un roman, je me suis retrouvé avec beaucoup de questions sans réponses. Je n'ai hélas pas pu me rendre dans ce village pour mener enquête. Tant de choses ont changé en Algérie depuis le début des années 1980 qu'il m'est vite apparu inutile de m'y rendre. Durant la «décennie noire», tout déplacement était suicidaire, le pays était sous contrôle des GIA. Et plus tard, alors que la sécurité sur les routes s'était améliorée, j'y ai renoncé, je me suis dit que le village était au mieux sous la coupe d'un notable issu de l'Alliance présidentielle, donc livré à la gabegie et à la corruption, au pire sous la férule d'un émir «résiduel» du GIA et que toute trace de cet Allemand avait dû être effacée. J'ai recueilli quelques dires ici et là, et puisé dans les livres pour reconstituer la possible trajectoire de cet homme, et d'une manière générale de ces criminels de guerre nazis qui se sont réfugiés dans les pays arabes.


Pour retrouver Boualem Sansal dans l'émission d'actualité littéraire de CanalObs.tv, cliquez iciEn avançant dans mes recherches sur l'Allemagne nazie et la Shoah, j'avais de plus en plus le sentiment d'une similitude entre le nazisme et l'ordre qui prévaut en Algérie et dans beaucoup de pays musulmans et arabes. On retrouve les mêmes ingrédients et on sait combien ils sont puissants. En Allemagne ils ont réussi à faire d'un peuple cultivé une secte bornée au service de l'Extermination; en Algérie, ils ont conduit à une guerre civile qui a atteint les sommets de l'horreur, et encore nous ne savons pas tout. Les ingrédients sont les mêmes ici et là: parti unique, militarisation du pays, lavage de cerveau, falsification de l'histoire, exaltation de la race, vision manichéenne du monde, tendance à la victimisation, affirmation constante de l'existence d'un complot contre la nation (Israël, l'Amérique et la France sont tour à tour sollicités par le pouvoir algérien quand il est aux abois, et parfois, le voisin marocain), xénophobie, racisme et antisémitisme érigés en dogmes, culte du héros et du martyre, glorification du Guide suprême, omniprésence de la police et de ses indics, discours enflammés, organisations de masses disciplinées, grands rassemblements, matraquage religieux, propagande incessante, généralisation d'une langue de bois mortelle pour la pensée, projets pharaoniques qui exaltent le sentiment de puissance (ex: la 3ème plus grande mosquée du monde que Bouteflika va construire à Alger alors que le pays compte déjà plus de minarets que d'écoles), agression verbale contre les autres pays à propos de tout et de rien, vieux mythes remis à la mode du jour.... Fortes de cela, les dictatures des pays arabes et musulmans se tiennent bien et ne font que forcir. Plus que mille discours, cinq petits jours de Kadhafi à Paris ont suffi pour édifier les Français sur la nature de nos raïs. Ah, quelle morgue, ce Kadhafi! Maintenant, ils peuvent comprendre ce que nous subissons tous les jours qu'Allah nous donne à vivre sous leurs bottes.



N.O. - Mais ce que raconte votre roman, c'est surtout la découverte du nazisme lui-même, aujourd'hui, par les deux fils de l'Allemand devenu Algérien. Pour eux, qui vivent dans une cité de la banlieue parisienne, cette découverte est un traumatisme. La question de la transmission de cet insupportable héritage est ainsi au cœur du livre - notamment à travers le texte de Primo Levi qui s'y trouve cité. Est-ce une question qui vous hante directement? S'agit-il de lutter contre une forme de négationnisme ambiant?

Boualem Sansal. - Je me pose souvent la question: comment réagiront nos jeunes le jour où ils ouvriront les yeux et que tomberont les certitudes débilitantes qui ont été leur pain, leur lait et leur miel quotidiens depuis la prime enfance. On imagine le chaos. Ils devront repenser tout ce qui leur a été inculqué: religion, identité, histoire, société, Etat, monde. Je me dis avec tristesse qu'ils ne pourront pas mener ce travail de reconstruction et que probablement ils ne trouveront personne pour les aider. Les vieux auront aussi à se refaire. C'est parce que leurs yeux se sont quelque peu décillés au début des années 1980 sur l'impasse dans laquelle le FLN avait mis le pays, que les jeunes Algériens ont massivement rejoint le FIS et les groupes armés. Ils avaient besoin d'autres certitudes, c'était urgent. Vers quoi iront-ils maintenant qu'ils ont compris que l'islamisme ne payait que par la mort et que la voie de l'émigration leur était fermée? J'ai voulu m'engager dans cette problématique, le choc de la vérité, et j'ai choisi de le faire d'une manière à la fois positive, façon de ne pas insulter l'avenir et croire que nos jeunes sauront trouver une issue (comme Malrich, l'enfant des banlieues) et dramatique comme pour Rachel que la révélation de ce que fut le passé de son père a mené au suicide. Je ne sais pas si l'Allemand de Aïn Deb avait des enfants. Je lui en ai donné deux, Rachel et Malrich, et je les ai brutalement mis devant le passé de leur père. Ils ne sont pas réels mais je m'en suis voulu pour la douleur que je leur ai infligé.

Devant ces révélations, se pose la terrible question: sommes-nous comptables des crimes commis par nos parents, d'une manière générale par le peuple auquel nous appartenons? Oui, cette question me hante et je n'ai pas de réponse. Je me dis que nous ne sommes responsables de rien mais en tant qu'héritiers, le problème nous échoit, nous n'y pouvons rien. Je me dis que nous n'avons à faire ni repentance ni excuse mais en tant qu'héritiers le problème nous échoit. Il n'y a pas de réponse mais il y a peut-être une solution: que les enfants des victimes et ceux des coupables se rencontrent et se parlent, autour d'une histoire qu'ils écriront eux-mêmes. Ensemble, de cette façon, ils éviteront peut-être le manichéisme que naturellement les acteurs de la tragédie portent en eux. N'est-ce pas d'ailleurs ce que nous faisons depuis que le monde est monde?



© C. Hélie Gallimard



N.O. - Votre Ministre des Anciens combattants a récemment déclaré que Nicolas Sarkozy devait son élection, en France, à l'appui d'un «lobby juif». Faut-il y voir une sorte de résurgence - ou de symptôme - du passé qu'évoque votre roman? Et que pensez-vous de la façon dont Sarkozy a réagi à cette provocation? De son attitude, en général, vis-à-vis des dirigeants algériens et sur les relations franco-algérienne?

Boualem Sansal. - N'était la réaction française qui a éveillé notre attention, les propos scandaleusement antisémites d'un de nos ministres, comme ceux du chef du gouvernement contre Enrico Macias, seraient passés inaperçus chez nous. Il faut le savoir, nos oreilles sont saturées, nous n'écoutons jamais les insanités de nos sinistres gouvernants. De Ben Bella à Bouteflika, c'est le même discours de haine, enseigné dans nos écoles et nos mosquées, relayé et amplifié par la télévision et les officines de la propagande.

Je trouve que Sarkozy a été pusillanime, il aurait dû différer sa venue, et demander officiellement à Bouteflika de désavouer publiquement son ministre. Il aurait dû maintenir Macias dans sa délégation. Sarko et sa délégation étaient les invités de l'Algérie, pas seulement de M. Bouteflika.

Sarko et Boutef qui se donnaient allègrement du «Mon ami Abdelaziz» par-ci, «Mon ami Nicolas» par-là, n'ont pas été au bout de leur soudaine amitié. Pour nous, la chose est sacrée: L'ami de mon ami est mon ami. En foi de quoi, Macias, l'ami de Sarko, aurait dû, obligatoirement, trouver sa place dans le cœur de Boutef. Je ne me souviens pas, soit dit en passant, que celui-ci ait été mis devant pareil et inutile affront lorsqu'il est allé en France, à l'invitation de Chirac. Au contraire, il eu droit au grand jeu, Parlement, Champs-Élysées, petits fours et tutti quanti. En se dérobant, Sarko lui a donné quitus de son insulte (car nul ne doute qu'il ne soit derrière les déclarations de son ministre), il l'a même encouragé à récidiver et pour nous qui espérions voir les relations algéro-françaises enfin se tourner vers l'avenir et nous apporter un peu d'air et de progrès, c'est décevant.


N.O. - Ce qui frappe de plein fouet à la lecture, ce qui est très violent dans votre roman, c'est évidemment le jeu de miroir entre le nazisme d'hier et l'islamisme d'aujourd'hui. Le journal de Rachel insiste sur la spécificité de l'Extermination. Mais son frère Malrich, qui perçoit l'imam de sa cité comme un SS, va jusqu'à écrire: «quand je vois ce que les islamistes font chez nous et ailleurs, je me dis qu'ils dépasseront les nazis si un jour ils ont le pouvoir». Dans quelle mesure partagez-vous ce point de vue?

Boualem Sansal. - Nous vivons sous un régime national-islamiste et dans un environnement marqué par le terrorisme, nous voyons bien que la frontière entre islamisme et nazisme est mince. L'Algérie est perçue par ses enfants eux-mêmes comme une «prison à ciel ouvert», disent les uns, et comme «un camp de concentration», disent les autres qui meurent à petit feu dans les cités. On ne se sent pas seulement prisonniers de murs et de frontières étanches, mais d'un ordre ténébreux et violent qui ne laisse pas même place au rêve. Nos jeunes ne pensent qu'à se jeter à la mer pour rejoindre des terres clémentes. Ils ont un slogan qu'ils répètent à longueur de journée en regardant la mer: «Mourir ailleurs plutôt que vivre ici». Les Harragas (les brûleurs de routes) avant d'être des émigrés clandestins sont des prisonniers évadés. Ils devraient être accueillis en tant que tels et non comme des hors-la-loi que l'on punit de la manière la plus cruelle: en les renvoyant au pays.


N.O. - En ce qui concerne la menace islamiste, plusieurs événements récents donnent hélas raison à l'inquiétude et à la noirceur qui imprègnent votre roman: les attentats qui viennent de se produire à Alger, par exemple. Des voix s'élèvent pour mettre en cause la responsabilité de la politique de «Réconciliation nationale» menée par le président Bouteflika. Est-ce aussi votre avis? Entre l'épisode sanglant des villageois égorgés par le GIA en 1994 - que l'on trouve dans votre livre - et ces attentats-suicides orchestrés par Al-Qaïda, quelle évolution voyez-vous se dessiner?

Boualem Sansal. - La «Charte pour la Réconciliation nationale» de M. Bouteflika n'est pas un moyen de rétablir la paix et ce qui va avec, la justice, la vérité, la démocratie, la culture, la prospérité. Elle est un anneau de plus à la chaîne totalitaire que le régime du FLN a déroulée sur le pays depuis l'indépendance. Elle ne dit rien d'autre que cela: «Réconciliez-vous autour de moi, Bouteflika, que les islamistes cultivent leur champ et que les démocrates et les laïcs cultivent le leur, l'Algérie est riche pour tous». Nous avions une Algérie qui se battait pour la liberté, nous voilà avec deux Algérie séparées par un fossé plein de sang et d'amertume. En vérité, la Réconciliation avait un autre objectif: couvrir les chefs de l'Armée et des Services secrets coupables de crimes massifs durant la «décennie noire», redorer le blason du régime, apporter une pièce maîtresse au dossier de M. Bouteflika qui rêve d'être couronné Nobel de la Paix.



Le Dr. Saïd Saadi, chef du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a récemment déclaré que l'Algérie était en voie d'«irakisation». Je partage ce point de vue. Tant que le régime sera là, le désordre ira croissant. Comme elle le fut dans les premières années de son indépendance, une terre d'expérimentation où tous les vendeurs d'utopies dans le monde venaient proposer leurs recettes-miracles, l'Algérie sera, comme l'Irak, un terrain où viendront s'affronter toutes les factions et toutes les mafias du monde. El-Qaïda l'a bien compris, elle y a installé une succursale. Hier, c'était les Frères Musulmans, puis les Afghans, aujourd'hui, c'est la nébuleuse El-Qaïda et demain, on rebattra les cartes et de nouveaux acteurs apparaîtront. Le système corrompu et nauséabond du FLN est ainsi, il attire les mouches. Le barrage à cela est une démocratie insérée dans l'ensemble maghrébin et l'Union méditerranéenne.


N.O. - Comment lutter contre cette menace terroriste? Votre livre pose à de nombreuses reprises la question, mais n'apporte guère de réponse... Quel rôle peuvent jouer les démocraties occidentales? La façon dont Sarkozy vient de recevoir Kadhafi est-elle, comme il le dit, une voie possible pour encourager la démocratie face à l'islamisme?

Boualem Sansal. - Avec des régimes comme ceux de Bouteflika et Kadhafi, les démocraties occidentales ne peuvent pas grand-chose. Tout ce qu'elles diront et feront sera retourné contres elles et contre nous. Nos leaders sont de redoutables tennismen. Ils connaissent tous les coups pour détruire les balles en vol. Comme d'habitude, ils se dresseront sur leurs ergots et crieront : ingérence, colonialisme, néocolonialisme, impérialisme, atteinte à nos valeurs islamiques, lobby juif, etc!

La menace terroriste ne les gêne pas plus que ça. En tout cas, ils veulent la gérer selon leurs vues et besoins tactiques, loin du regard étranger. «Le terrorisme reste à définir», disait Kadhafi en Espagne. Bouteflika avait dit une chose similaire. La menace terroriste est pour eux pain béni, elle leur permet de maintenir la société sous étroite surveillance et ridiculiser ses prétentions démocratiques, toujours présentées comme susurrées par l'Occident dans le but d'affaiblir nos valeurs nationales.

La méthode Sarkozy est peut-être une voie. En recevant les dictateurs, en travaillant avec eux, on les légitime, certes, mais peu à peu on les déshabille, on les montre sous leur vrai jour, on les implique dans des projets communs. Ne se sentant plus menacés par les discours de l'Occident sur les droits de l'homme, ils pourraient avancer sur la voie de la normalité (je le dis sans trop y croire). La méthode implique que dans nos pays, la société civile et les partis politiques se mobilisent pour accentuer la pression interne. Quoi qu'il en soit, il est trop tôt pour juger de l'efficacité de la méthode Sarko. J'aurais quand même préféré qu'il reçoive Kadhafi dans la discrétion, ce richissime bandit ne méritait pas tant d'égards.


N. O. - Qui peut agir alors?

Boualem Sansal. - La lutte contre l'islamisme, matrice du terrorisme, réclame un engagement des musulmans et de leurs théologiens. Il leur revient de sauver leur religion et de la réconcilier avec la modernité, faute de quoi l'islam finira par n'être plus que l'islamisme. Mais le danger dans les pays arabes et musulmans est tel qu'aucun théologien n'ose entreprendre ce nécessaire travail d'ijtihad. Et les intellectuels qui s'y emploient avec talent dans les démocraties occidentales (Soheib Bencheikh, Malek Chebel, Mohamed Arkoun, Abdelwahab Meddeb...) ne sont guère entendus dans nos pays. Mon humble avis est que l'islam a déjà trop pâti de l'islamisme et du nationalisme arabo-musulman, je ne vois pas comment il pourrait reprendre le chemin des Lumières qui jadis fut le sien.


N. O. - L'islamisation de certaines cités de banlieue, en France, est également au cœur du livre: non seulement on y «fabrique» des talibans, mais c'est un véritable état (totalitaire) dans l'état (républicain) qui se dessine. Un état avec ses lois et son impôt: «la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée», prophétise Malrich. Pire, il la compare à un «camp de concentration», dont les habitants, en proie au désœuvrement, seraient sous l'autorité tyrannique de l'imam leurs propres «kapos». Là-encore, ce diagnostic extrêmement radical (du personnage) vous semble-t-il justifié? N'est-il pas quelque peu caricatural? Et si non, sur quels éléments vous fondez-vous?

Boualem Sansal. - Le diagnostic de Malrich n'est pas exagéré. C'est la triste réalité. Dans nos pays, les cités populaires abandonnées par l'Etat à la misère, au banditisme et à l'islamisme sont déjà des camps de concentration. Certaines banlieues françaises sont de la même manière sous la coupe des gangs mafieux et islamistes, en connexion avec les gangs d'Algérie et les réseaux salafistes d'El-Qaïda dans le monde. Le journaliste Mohamed Sifaoui, à travers ses enquêtes sur le terrain et ses documentaires, en a apporté la preuve. Moi-même, au cours de mes déplacements en France, j'ai eu l'occasion de le constater et de l'entendre de la bouche même des habitants de ces cités.


N.O. - Le seul remède indiqué par votre roman, ici encore dans la filiation de Primo Levi, c'est l'usage de la parole, le souci de dire la vérité contre l'oubli, le mensonge, le silence. Pensez-vous que l'écriture peut être une arme politique? Au moment du 11 septembre 2001, vous aviez été l'un des rares et tout premiers intellectuels de culture musulmane à dénoncer le fanatisme. Vous sentez-vous moins seul aujourd'hui?



Boualem Sansal. - Le Verbe est tout. Il peut tuer et ressusciter. Je ne me situe évidemment pas à ce niveau. J'écris pour parler, parler à des gens, des frères, des amis, des passants tranquilles, et même, s'ils le veulent bien, à ceux qui rêvent de détruire l'humanité et la planète.


Ce sont les lecteurs qui font des livres une arme politique. Plus ils sont nombreux et plus ils sont forts, ils peuvent s'associer, crier, brandir le poing et chasser ceux qui nous font du mal avec leur fanatisme, leurs mensonges, leurs rapines, leurs crimes.

Le 11 septembre a été pour nous tous un choc terrible. Ce jour, nous avons commencé à comprendre que l'islamisme était dans une démarche autrement plus radicale que celle que nous lui attribuions: lutter contre les tyrans en terres d'islam et instaurer la charia. Sa véritable démarche est l'extermination de l'autre, le croisé, le Juif, l'athée, le musulman laïc, la femme libre, le démocrate, l'homosexuel, etc (la liste ne cesse de s'allonger). Il n'est limité dans son projet que par l'absence entre ses mains d'armes de destruction massive. Devant une telle folie, la mobilisation a été bien timorée. Pire, ici et là, on a composé avec lui, on lui a fait des concessions (voile islamique, gestion des mosquées, éducation, prêches à la télé, fermeture des écoles enseignant en français...), on lui a abandonné des zones entières (des villes et des banlieues) et très peu aujourd'hui osent aborder frontalement la question de l'islamisme, encore moins celle de l'islam, otage de l'islamisme. En Algérie, en application de la «Réconciliation», ce mot, comme celui de terroriste et beaucoup d'autres, ont tout simplement disparu du vocabulaire des officiels. On parle «d'égarés manipulés par la main de l'étranger». On revient toujours au complot contre la nation algérienne.


N.O. - En exergue, le narrateur principal indique que le livre contient «des parallèles dangereux qui pourraient [lui] valoir des ennuis». Ne craignez-vous pas vous-même d'en avoir? Vous avez dû quitter vos fonctions dans l'administration en 2003. Et votre dernier livre [«Poste restante : Alger»] a été interdit en Algérie en 2006. Pensez-vous que celui-ci sera autorisé? Et pourquoi, au fond, restez-vous en Algérie, là où beaucoup ont préféré l'exil?

Boualem Sansal. - Les censeurs sont légions dans nos pays et ils sont très vigilants. Ils traquent le mot, la virgule, l'attitude. «Poste restante Alger» a été interdit avant même d'arriver en Algérie. «Le Village de l'Allemand» le sera certainement. Comme il touche à plusieurs thèmes sensibles, je m'attends à un déluge de tirs croisés. Je le dis comme ça dans le but de provoquer une réaction inverse: un grand silence méprisant. C'est le mieux qui puisse arriver. Nos censeurs sont toujours très dangereux quand ils s'intéressent à quelqu'un.

Comme beaucoup d'Algériens, les jeunes et les moins jeunes, je suis constamment taraudé par l'envie de «m'évader» du camp. Et toujours, au moment de ramasser mon baluchon et de prendre la clé des champs, je me dis que, après tout il est plus intelligent de détruire le camp, une pièce rapportée, que de fuir le pays. L'Algérie est un beau et grand pays, il vient de loin, il a une longue et passionnante histoire, ayant fricoté de près avec tous les peuples de la Méditerranée, il n'est pas né avec le FLN, il n'a rien à voir avec sa culture, ses camps, ses apparatchiks et ses kapos, un jour il reprendra sa route sous le soleil et sa terre reverdira. J'aimerais être là pour le voir.

Propos recueillis par Grégoire Leménager

«Le Village de l'Allemand ou le journal des frères Schiller», par Boualem Sansal, Gallimard, 256 p., 20 euros.


(1) «Le Croissant et la croix gammée, ou les secrets de l'alliance de l'Islam et le nazisme d'Hitler à nos jours», par Roger Faligot et Rémi Kauffer, Albin Michel, 1990.





© C. Hélie Gallimard Né en 1949, Boualem Sansal vit près d'Alger. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont «le Serment des barbares» (1999) et «Harraga» (2005). Haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie, il a été congédié en 2003.

_________________
Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
AllahAssghar
Adulte
Adulte


Inscrit le: Jun 09, 2006
Messages: 1474

MessagePosté le: Lun Jan 14, 2008 1:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

"Je ne suis plus qu'une voix désincarnée", par Taslima Nasreen
LE MONDE | 11.01.08 | 13h52


ù suis-je ? Je suis sûre que personne ne me croira si je dis que je n'ai pas de réponse à cette question qui paraît simple, mais la vérité est que je n'en ai pas. Je suis comme les morts-vivants : engourdie, privée des plaisirs de l'existence et de l'expérience, dans l'incapacité de sortir des limites étouffantes de ma chambre. Oui, c'est ainsi que je survis.


Ce cauchemar n'a pas commencé lorsque j'ai été embarquée sans ménagement de Calcutta - il dure depuis un moment déjà. C'est une sorte de mort lente et lancinante, comme si je buvais à petites gorgées une coupe remplie d'un poison à effet lent qui détruit peu à peu toutes mes facultés. C'est une conspiration en vue d'assassiner mon être même, autrefois si courageux, si dynamique et si enjoué. Je ne suis plus qu'une voix désincarnée. Ceux qui me soutenaient par le passé ont disparu dans les ténèbres.

Je me demande : quel crime odieux ai-je commis ? Quel genre de vie est-ce quand je ne peux ni sortir de chez moi ni connaître les joies de la compagnie des autres êtres humains ? Quel crime ai-je donc commis pour être obligée de passer ma vie cachée, reléguée dans l'obscurité ? Je me sers des mots, et non pas de la violence, pour exprimer mes idées. Jamais je n'ai jeté de pierres ni n'ai versé le sang pour faire part de mon avis. Pourtant, on me considère comme une criminelle. Je suis persécutée parce que l'on a estimé que le droit des autres à donner leur opinion était plus légitime que le mien.

L'Inde réalise-t-elle l'immense souffrance que l'on éprouve quand on doit renoncer à ses convictions les plus chères ? A quel point il a fallu que je me sente humiliée, effrayée et anxieuse pour laisser mes mots être censurés ? Si je n'avais pas accepté que mes écrits aient été expurgés de façon grotesque par ceux qui y tenaient tant, j'aurais été traquée et poursuivie jusqu'à ce que je tombe raide morte. Leur politique, leur foi, leur barbarie et leurs intentions diaboliques ont pour but d'aspirer mes forces vitales, les vérités que j'écris sont trop difficiles pour eux à digérer. Comment puis-je - moi qui n'ai aucun pouvoir et aucune protection - combattre la force brute ? Toutefois, quoi qu'il advienne, je ne me résignerai pas au mensonge.

Qu'ai-je à offrir hormis l'amour et la compassion ? Je suis assez réaliste pour savoir que le conflit, la haine, la cruauté et la barbarie font partie intégrante de la condition humaine. Si je venais à être éliminée ou exterminée, le monde s'en ficherait comme d'une guigne. Tout cela, je le sais. Pourtant, j'avais imaginé que le Bengale serait différent. J'avais cru que jamais le Bengale que j'aime avec tant de passion ne m'abandonnerait. Il l'a fait.

Exilée du Bangladesh, durant des années j'ai erré de par le monde comme une orpheline perdue. Quand le Bengale occidental m'a offert l'asile, j'ai eu le sentiment que toutes ces années de fatigue et d'hébétude étaient derrière moi. J'étais en mesure de reprendre une vie normale dans un pays aimé et familier. Tant que je survivrai, je porterai en moi les paysages du Bengale, son soleil, sa terre humide, son essence même. Ce même Bengale qui a été un sanctuaire que j'ai rejoint après avoir parcouru des kilomètres entachés de sang vient de me tourner le dos. Je suis bengalie, à l'intérieur comme à l'extérieur ; je vis, je respire, je rêve en bengali. Que l'on ne veuille plus de moi au Bengale m'est difficile à croire.

Dans ce pays où je suis une invitée, je dois prendre garde à ce que je dis, ne rien faire qui enfreigne le code de l'hospitalité. Je ne suis pas venue ici dans l'intention de blesser les sentiments de qui que ce soit. Meurtrie et blessée dans mon propre pays, j'ai enduré des affronts et des blessures dans bien d'autres endroits avant d'arriver en Inde, où je savais que j'en endurerais de nouveau. Car il s'agit d'un pays démocratique et laïque, où le système électoral implique que la voix d'un laïc équivaut à celle d'un fondamentaliste islamiste. Je me refuse à le croire. Je refuse de l'entendre. Pourtant, partout autour de moi, j'en lis, entends et vois la preuve. Je voudrais parfois être comme ces singes mythiques, indifférente au mal qui m'entoure. La mort qui désormais me rend visite sous des formes multiples m'apparaît comme une amie. J'ai envie de lui parler, de me confier à elle. Je n'ai personne d'autre à qui parler, personne d'autre à qui me confier.

J'ai perdu mon Bengale tant aimé. Aucun enfant arraché au sein de sa mère n'a souffert autant que j'ai souffert de cette douloureuse séparation. Encore une fois, j'ai perdu la mère dans le ventre de laquelle je suis née. La douleur n'est pas moindre que celle qui a été la mienne le jour où j'ai perdu ma mère biologique. Après m'être installée à Calcutta, j'ai pu dire à ma mère - qui n'était alors plus qu'un souvenir en moi - qu'enfin j'étais rentrée. Quelle importance que je sois d'un côté ou de l'autre d'une frontière artificielle ? Aujourd'hui, je n'ai pas le coeur de dire à ma mère que j'ai été expulsée sans cérémonie par ceux-là mêmes qui m'avaient offert l'asile, que ma vie actuelle est celle d'une nomade. Du coup, j'ai fini par me convaincre que j'avais dû transgresser quelque chose, commettre quelque grave erreur. Oser dire la vérité est-il un péché si épouvantable dans cette époque de mensonge et de tromperie ? Est-ce parce que je suis une femme ?

Je sais que je n'ai pas été condamnée par le peuple. Si on lui avait demandé son avis, je suis certaine que la majorité aurait voulu que je reste au Bengale. Mais depuis quand une démocratie reflète-t-elle la voix des masses ? Une démocratie est dirigée par ceux qui tiennent les rênes du pouvoir qui agissent comme bon leur semble. Individu insignifiant que je suis, je dois maintenant vivre ma vie selon mes propres termes et écrire sur ce que je crois et qui me tient à coeur. Je n'ai aucun désir de faire du mal, de calomnier ou de tromper. Je ne mens pas. J'essaie de ne pas être insultante. Je ne suis qu'un simple écrivain qui ne connaît ni ne comprend rien à la dynamique politique. La force du fondamentalisme, à laquelle je me suis opposée et que j'ai combattue pendant des années, n'a été que renforcée par ma défaite.

Voici mon Inde tant aimée, où j'ai vécu et ai écrit sur l'humanisme laïque, les droits de l'homme et l'émancipation des femmes. C'est aussi le pays où j'ai dû souffrir et payer au prix fort mes convictions les plus profondes, où pas un seul parti politique de quelque obédience que ce soit n'a pris la parole en ma faveur, où aucune ONG ni aucun groupe défendant les droits des femmes ou les droits de l'homme ne m'a soutenue, ni n'a condamné les attaques malveillantes lancées à mon encontre. Cette Inde-là, je ne l'avais encore jamais connue. Il est vrai que des individus, de manière dispersée et non organisée, se battent pour ma cause, et que des journalistes, des écrivains et des intellectuels se sont exprimés en ma faveur, même s'ils n'ont jamais lu une ligne de ce que j'ai écrit. Je leur suis reconnaissante de donner leur opinion et de me témoigner leur soutien.

Partout où des individus se rassemblent en groupes, ils semblent perdre leur pouvoir de parler. Pour être franche, cette facette de la nouvelle Inde me terrifie. Depuis ma plus tendre enfance, j'ai considéré l'Inde comme un grand pays, une nation pleine d'audace. Le pays de mes rêves : éclairé, fort, progressiste et tolérant. J'ignore si je survivrai, mais l'Inde et ce qu'elle représente doit à tout prix survivre.


Traduit de l'anglais par Pascale Haas.



--------------------------------------------------------------------------------


Taslima Nasreen, écrivaine, a reçu le 9 janvier le premier prix Simone-de-Beauvoir pour la liberté des femmes avec Ayaan Hirsi Ali. Elle a donné ce texte à cette occasion.


Article paru dans l'édition du 12.01.08
http://www.lemonde.fr/web/imprimer_element/0,40-0,50-998336,0.html

_________________
Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mahomet
Jeune
Jeune


Inscrit le: Sep 02, 2005
Messages: 883

MessagePosté le: Ven Jan 18, 2008 1:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Taslima Nasreen veut vider ma noble religion de tout ce qui fait son génie. Choqué

Elle veut que ma oumma renonce aux fatwas, à la charia, à la lapidation des femmes adultères, à la décapitation des homosexuels et des apostats, au djihad pour porter haut et fort la parome d'Allah. #Mad

La réaction des musulmans est saine.
Sus à ceux qui comme elle veulent la laïcité et la modernité.
_________________
l'islam cette théologie absurde d'un bédouin immoral est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies
Kémal Ataturk
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
AllahAssghar
Adulte
Adulte


Inscrit le: Jun 09, 2006
Messages: 1474

MessagePosté le: Ven Mar 07, 2008 1:01 pm    Sujet du message: Répondre en citant

L'Algérie à vif

par Delphine Peras
Lire, mars 2008


De la Seconde Guerre mondiale à l'Afrique du Nord: dans son nouveau roman, Boualem Sansal confronte deux frères issus d'un mariage mixte à l'histoire et à l'horreur. Vous avez dit engagé?

Surtout, ne pas se fier à son air juvénile et doux, à son allure d'étudiant décontracté; ne pas se fier à sa voix posée, à son sourire serein, à son regard tendre: Boualem Sansal a la rage. Il ne la crie pas, il l'écrit. Ou plutôt il la crie par écrit. Depuis son premier roman, Le serment des barbares, paru en 1999, cet écrivain algérien de 59 ans dénonce avec une extrême virulence la faillite de son pays. Avec une extraordinaire éloquence, il fustige dans un même élan militaires et islamistes, dénonce cette Algérie minée par «le traficotage, la religion, la bureaucratie, la culture du crime, du coup, du clan, l'apologie de la mort, la glorification du tyran, l'amour du clinquant, la passion du discours hurlé» - comme il le fait si bien dire à Lamia, l'héroïne d'Harraga, son quatrième roman paru en 2005. De livre en livre, dans un français éblouissant, sans haine mais avec une alacrité réjouissante, Boualem Sansal enfonce le clou, invective, vitupère, remet inlassablement la plume là où ça fait mal. Après deux essais, le cinglant Poste restante: Alger. Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes (Gallimard, 2006) et Petit éloge de la mémoire (Folio, 2007) qui retrace quatre mille ans d'histoire de l'Algérie, il revient à la fiction avec Le village de l'Allemand. Sous-titré Le journal des frères Schiller, ce roman sidérant relie les horreurs de la Seconde Guerre mondiale à celles de l'Algérie des années 1990. Deux sales guerres qui font le lien entre nazisme et islamisme. Un parallèle osé pour mieux stigmatiser le négationnisme et les ravages de tous les fanatismes.

Mère algérienne, père allemand, les frères Schiller sont nés en Algérie mais ont grandi en France, chez leur oncle, sans rien connaître de leurs origines, de leur histoire. L'aîné, Rachel (contraction de Rachid et Helmut), a fait un parcours sans faute pour devenir cadre dans une multinationale, épouser une jolie femme et acheter son pavillon. Le cadet Malrich (contraction de Malek et Ulrich), 17 ans, a pris la mauvaise pente et traîne avec les sinistrés de la cité. Le roman s'ouvre sur le suicide de Rachel, le 24 avril 1996. En lisant le journal intime de son frère, Malrich découvre les raisons de ce geste désespéré: de retour au village natal pour se recueillir sur la tombe de ses parents, massacrés par le GIA (Groupe islamiste armé) le 24 avril 1994, Rachel a découvert que leur père, Hans Schiller, était un ancien nazi. Lui qui fut naturalisé algérien, qui s'était converti à l'islam en s'établissant près de Sétif, dans le village de Aïn Deb dont il était devenu le chef respecté, ce père admirable avait oeuvré dans les camps de la mort... A son tour, Malrich a «honte de vivre». Mais il va chercher à comprendre et reprendre le flambeau trop tôt éteint de Rachel pour éclairer cette histoire familiale et nationale pleine d'ombres macabres.

Parti unique, propagande, embrigadement
Au journal de Rachel, sérieux et accablé, répond celui de Malrich, gouailleur et révolté. Une construction narrative originale conjuguée à une l'alternance des tons qui permet de dire le pire. Le sujet est brûlant, l'ensemble n'est jamais scabreux. Comme à son habitude, l'auteur de L'enfant fou de l'arbre creux s'est inspiré d'une histoire vraie: «Ce village existe vraiment», explique-t-il, de passage à Paris le mois dernier. «Je l'ai découvert par hasard, au début des années 1980, lors d'un déplacement professionnel: un village très charmant, très propre, contrastant avec les localités poussiéreuses de la région. J'ai vite appris que c'était le fait de l'Allemand qui le "gouvernait", un ancien officier SS devenu moudjahid et considéré comme un héros.» C'est justement le sujet tabou que Boualem Sansal fait voler en éclats dans son roman: on ne parle pas de l'Holocauste en Algérie. «Faites un sondage à Alger: vous ne trouverez pas plus de dix personnes au courant de la Shoah. Et encore, la plupart répéteront que c'est une invention des juifs. Il n'y a jamais eu de film, de livre, de conférence sur le sujet. Aucun programme scolaire n'en fait état.» Mais le romancier ne va-t-il pas trop loin lorsqu'il fait le parallèle entre l'Algérie d'aujourd'hui et l'Allemagne nazie? «Non, ceux qui ont conduit l'Algérie à la guerre civile ont eu recours aux mêmes méthodes que les nazis: parti unique, militarisation du pays, propagande à outrance, omniprésence de la police, délation, falsification de l'histoire, xénophobie, affirmation d'un complot ourdi par Israël et les Etats-Unis, etc. Dans les banlieues françaises, les islamistes imposent une façon de vivre et procèdent à un embrigadement qui fait penser aux camps de concentration.»

On comprend que Boualem Sansal soit persona non grata dans son pays, qu'il refuse pourtant de quitter, même après avoir été limogé de son poste de haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie, en 2003, suite à la sortie de son troisième roman, Dis-moi le paradis. Les choses ne se sont pas arrangées et Poste restante: Alger a été censuré. «Au début ça fait très mal. Après, on se dit que c'est mieux ainsi, les choses sont bien tranchées. Mais je ne fais qu'écrire ce que nous nous disons avec mes compatriotes depuis quarante ans.» C'est donc par nécessité - le besoin de coucher noir sur blanc ce désespoir partagé après les espoirs nés de l'Indépendance - que l'ex-ingénieur est devenu écrivain.

Né le 15 octobre 1949 à Teniet-el-Haad, dans l'ancien département d'Orléansville, deuxième enfant d'une fratrie de quatre garçons et orphelin de père très jeune, Boualem Sansal a hérité de son grand-père chef de gare, qui a fait la guerre de 14-18, un fort attachement à la culture française. Boulimique de lectures, le garçon suivra toutefois une formation technique, la nouvelle Algérie réclamant plus de bâtisseurs que de beaux parleurs. Il se contentera de rédiger des ouvrages très spécialisés, dont un sur les turboréacteurs... Rien à voir avec la vraie littérature de son ami, le romancier Rachid Mimouni, dont Boualem Sansal est le premier lecteur. Mais la terreur islamiste qui s'abat sur le pays à partir de 1991 et la décennie noire qui s'en suit contraignent Mimouni à s'exiler au Maroc, tandis que Sansal reste cloîtré dans son appartement de Boumerdès, non loin d'Alger. «Après 17 heures, il n'y avait plus personne dans les rues, à part les militaires et les terroristes. On ne vivait plus, on ne sortait plus, je me suis mis à écrire.» Il poste le manuscrit du Serment des barbares à l'adresse de Gallimard. L'éditeur Jean-Marie Laclavetine s'enthousiasme aussitôt: «J'ai tout de suite aimé son ton emporté, féroce, sarcastique», se souvient-il. «Boualem Sansal sent bien qu'il n'a pas d'autre issue que d'écrire. Il le fait avec un courage paisible qui inquiète ses amis mais qui force également le respect. Contrairement à ce que font croire ses détracteurs, il est profondément attaché à son pays. Avec Le village de l'Allemand, il n'est pas dans la provocation mais dans le désir de dire une vérité que personne ne veut entendre en Algérie.» L'Occident fait aussi la sourde oreille, déplore Boualem Sansal, qui en appelle à une prise de conscience urgente de la mainmise de l'islamisme sur le monde. Cet écrivain-là n'a décidément pas peur des mots, même s'il doute de plus en plus de leur pouvoir...

_________________
Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
bessan
Nouveau né(e)
Nouveau né(e)


Inscrit le: Apr 11, 2008
Messages: 1

MessagePosté le: Ven Avr 11, 2008 7:28 pm    Sujet du message: L'atheisme une religion?!!!!!!! Répondre en citant

Croire ça veut dire, accepter sans preuve. Si tu as des preuves, alors c'est de la science.
L'atheisme ne croas pas en rien, sans preuves.
Les religieux croient au paradis, a la vie aprés la mort, etc. Sans acune preuve!
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mahomet
Jeune
Jeune


Inscrit le: Sep 02, 2005
Messages: 883

MessagePosté le: Ven Avr 11, 2008 7:52 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Soit le bienvenu Bessan sur ce site
_________________
l'islam cette théologie absurde d'un bédouin immoral est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies
Kémal Ataturk
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
AllahAssghar
Adulte
Adulte


Inscrit le: Jun 09, 2006
Messages: 1474

MessagePosté le: Ven Mai 23, 2008 12:08 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Terrorisme au Maghreb : « L’éradication de la menace passe par la démocratisation de la région »
Interview de Kader Abderrahim, chercheur à l’IRIS et spécialiste du Maghreb

Procès, élimination de membres de cellules actives, démantèlement de réseaux, rencontres inter-étatiques, cette semaine, en Algérie, en Tunisie, au Maroc, et en Mauritanie, l’actualité liée au tourisme a été très chargée. Pour voir plus clair dans cette multitude d’événements, Afrik.com s’est entretenu avec Kader Abderrahim, chercheur à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et spécialiste du Maghreb. Il nous livre une analyse des évolutions récentes qui affectent le terrorisme islamiste au Maghreb.



--------------------------------------------------------------------------------
vendredi 23 mai 2008, par Hanan Ben Rhouma

--------------------------------------------------------------------------------


En quelques jours, des dizaines de terroristes présumés se sont vus condamner par leur justice nationale à l’image des 18 salafistes en Tunisie ou encore des 12 islamistes en Algérie, impliqués dans l’attentat contre le Palais du gouvernement à Alger d’avril 2007. Et trois éléments du GSPC ont été abattus par les forces de sécurité à Tizi-Ouzou, en Kabylie. D’autre part, le démantèlement lundi d’un réseau terroriste marocain, qui projetait des attentats en Belgique et au Maroc, a donné lieu à 11 arrestations. Alors que ces trois pays semblent faire des progrès en matière de lutte contre le terrorisme, la menace en Mauritanie s’est renforcée depuis décembre dernier, d’où la réunion à Nouakchott des ministres de l’Intérieur de 10 pays méditerranéens depuis jeudi. Kader Abderrahim, chercheur à l’Institut des Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et spécialiste du Maghreb, estime que l’éradication de la menace terroriste passe d’abord par une démocratisation de la région.

Afrik.com : Comment percevez-vous la menace terroriste au Maghreb aujourd’hui ?
Kader Abderrahim : Cette menace ne date pas d’aujourd’hui. Elle est récurrente, croissante et va s’installer dans la durée. Mais elle n’est pas plus importante ou plus intense qu’hier. Au cours de l’année 2007, huit attentats suicides ont eu lieu, ce qui n’est pas énorme comparés à d’autres régions du monde et ne sont pas aussi spectaculaires que ce que la presse voudrait nous faire voir. Ceci nous montre que les cellules qui opèrent au Maghreb n’ont finalement pas énormément de moyens et ne sont pas très coordonnées.

Afrik.com : Suite aux multiples arrestations et condamnations de ces derniers jours, estimez-vous que des progrès ont été faits ou est-ce juste une impression de façade ?
Kader Abderrahim : Les condamnations sont des aboutissements d’affaires instruites depuis longtemps. Ce qui est sûr, c’est qu’Al-Qaïda est plus faible aujourd’hui qu’au 11 septembre (2001, ndlr). Les Etats se sont considérablement renforcés. Leur arsenal législatif s’est adapté à cette nouvelle donne internationale. La coopération entre les Etats du Maghreb en matière de lutte contre le terrorisme fonctionne très bien. Ils ne s’entendent pas beaucoup sur le reste mais voilà au moins une chose qui fonctionne. Ils sont plus enclins à s’échanger les informations car la menace est régionale, ce qui rend les choses plus difficiles pour les organisations terroristes.

Afrik.com : Depuis plusieurs mois, la Mauritanie est particulièrement touchée par la montée de l’islamisme. Cela vous surprend-t-il ?
Kader Abderrahim : Je ne suis pas tant surpris que ça. Quand Ben Laden a été contraint de fuir l’Arabie Saoudite, il s’est installé dans des Etats extrêmement fragiles d’abord au Soudan, puis en Afghanistan. La Mauritanie est dans une situation similaire. C’est un pays vaste, difficile à contrôler et vulnérable. Un Etat où les pouvoirs régaliens sont très limités. C’est aussi un pays pauvre où la police n’a pas les mêmes moyens que ses voisins du Maghreb. Une aubaine pour les terroristes. Les ministres de l’Intérieur de 10 pays de la Méditerranée sont actuellement réunis à Nouakchott. Ce n’est pas un hasard s’ils ont choisi cette destination. En ce moment, le maillon faible du Maghreb est la Mauritanie d’où l’importance de la soutenir et de renforcer la coopération.

Afrik.com : Peut-on trouver des liens entre les différentes cellules qui opèrent dans la région ? Est-il possible que le GSPC puisse contrôler l’ensemble du Maghreb dans un avenir proche ?
Kader Abderrahim : On assiste de plus en plus à des mariages de convenance entre le label Al-Qaïda et les différents mouvements terroristes qui écument la région. Un exemple concret : le ralliement, quelque mois auparavant, du GICL (Groupe islamique combattant en Libye, ndlr) à l’ex-GSPC (Groupe salafiste pour la prédication et le combat, rebaptisé Al-Qaïda du Maghreb depuis 2007, ndlr). Ces alliances permettent de donner davantage de résonance à leurs actions. Cependant, rien de concret n’est encore sorti. Chacun mise sur l’autre pour faire ce qui lui convient mais sans réelle coordination. Dans le cas de la Mauritanie, les responsables des dernières actions terroristes étaient Mauritaniens. Il n’est pas exclu que certains aient été formés par le GSPC car il est impossible de contrôler un territoire pareil. Le GSPC se veut hégémonique et il n’a aucun rival au Maghreb. Mais est-il capable de contrôler la région à lui seul ? Il est encore trop tôt pour le dire.

Afrik.com : Les autorités réagissent-elles comme il le faudrait selon vous ?
Kader Abderrahim : Il ne s’agit pas de porter un jugement moral. Mais prenons l’exemple de l’Algérie. Elle n’est toujours pas venue à bout du GSPC, dix ans après sa création. Apparemment, la méthode employée n’est pas la bonne. Pendant les années 1990, il a fallu que l’Etat algérien se renforce. Mais aujourd’hui qu’il a retrouvé une certaine stabilité, il faudrait changer de méthode. La situation est différente en Tunisie et au Maroc qui n’ont pas vécu le même niveau de violence qu’en Algérie ces dernières décennies. Mais on voit que le Maroc est de plus en plus touché par la vague islamiste. Le rôle premier de l’Etat est de protéger ses citoyens et il ne faut pas hésiter à sanctionner le terrorisme. Mais les autorités ont négligé l’aspect politique au profit du volet répressif qui aboutit forcément à l’impasse. .

Afrik.com : Les lois anti-terroristes sont-elles efficaces ? Que faudrait-il faire pour lutter efficacement contre ce fléau ?
Kader Abderrahim : Les progrès que l’on perçoit au Maghreb montrent que d’une certaine manière ces lois marchent. Mais ils ne sont pas suffisants pour éradiquer le terrorisme. Cela fait 20 ans que le monde arabe est confronté à ce problème. Il faudrait que des progrès économiques et sociaux soient enregistrés dans ces pays. L’éradication de la menace terroriste passe par la démocratisation de la région. De là, le terrorisme deviendra condamnable dans ces sociétés car le citoyen sera le premier défenseur de l’Etat, à l’image des citoyens européens. Les Etats devraient être capables de proposer un véritable projet de société, une alternative au terrorisme afin de couper l’herbe sous le pied de ces réseaux nuisibles. Il faut accepter de discuter avec les groupes islamistes légaux qui condamnent le terrorisme. C’est ainsi qu’on arrivera à les marginaliser dans leurs sociétés.

Afrik.com : Quel rôle devrait jouer l’Europe ?
Kader Abderrahim : La coopération sécuritaire fonctionne bien des deux côtés de la Méditerranée. Mais il faudrait que les relations bilatérales se renforcent davantage, leur donner une dimension plus démocratiques et non purement commerciales
Vers une internationalisation du terrorisme islamiste au Maghreb ?
Interview d’Ali Laïdi, spécialiste du terrorisme islamiste

Analyse des évolutions récentes qui affectent le terrorisme islamiste au Maghreb.



--------------------------------------------------------------------------------
jeudi 12 avril 2007, par Zaïre Djaouane

--------------------------------------------------------------------------------


Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), rebaptisé Al Qaida Maghreb depuis septembre dernier, a montré mercredi ses capacités de nuisance en frappant en plein cœur d’Alger. L’attentat commis au Palais du gouvernement, tout près de la Grande poste et de la rue d’Isly, et celui qui a visé un commissariat de Bab Ezzouar, dans la banlieue est de la capitale, ont fait 33 morts selon le dernier bilan du ministère de l’Intérieur. Ils interviennent alors que le dernier groupe terroriste actif en Algérie a accru ses attaques contre les symboles de l’Etat, ces derniers mois, et qu’une série d’événements, attentats ou accrochages, ont eu lieu au Maroc et en Tunisie. Même si la tentation est grande, Ali Laïdi refuse sans preuve formelle d’établir un lien entre ces événements. Actuellement journaliste à France 24 et chercheur en charge du terrorisme islamiste à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris), il estime néanmoins qu’un nouvel acte terroriste, dans les jours à venir, ne serait pas loin de constituer une preuve de cette internationalisation du terrorisme au Maghreb.

Afrik : Avez-vous été étonné par les attentats qui ont frappé Alger, ce mercredi, après que l’on a assisté à une augmentation des attaques ces derniers mois ?
Ali Laïdi : Je pense que lorsque l’on travail sur le terrorisme comme je le fais depuis le début des années 1990, on ne peut pas être étonné, car le terrorisme n’a jamais complètement disparu en Algérie. Evidemment, des progrès énormes ont été réalisés et la situation n’a plus rien à voir avec le milieu des années 1990, lorsque les terroristes assassinaient des villages entiers de centaines de personnes. Pour autant, des attaques ont continué à être commises, contre des intérêts étrangers et contre les autorités. Dans le même temps, la Réconciliation nationale a été suivie et de nombreux terroristes ont rendu les armes. C’est pourquoi il n’est pas possible de dire que les attentats de mercredi marquent un total échec de la politique de Bouteflika.

Afrik : Qu’est ce que l’allégeance à Al Qaida change dans les objectifs du GSPC ?
Ali Laïdi : Il faut déjà bien comprendre qu’il y a des scissions au sein du GSPC. Il faut remonter à sa création en 1997, suite, déjà, à des dissensions au sein du Groupe islamique armé (GIA). Certains ont commencé à rejeter la stratégie mortifère du GIA et refusé de s’en prendre au peuple, aux civils. Je me souviens que le GSPC avait alors été adoubé par Rachid Ramda, qui finançait le GIA depuis Londres. On parlait déjà d’un certain Ben Laden, qui estimait que le GIA se trompait quand il massacrait des villages entiers. Suite au constat d’échec de sa lutte et à la proposition de la Réconciliation nationale, de nouvelles scissions sont apparues au sein du GSPC. Hassan Hattab (son émir national, ndlr) a annoncé en décembre 2006 qu’il acceptait la proposition de Bouteflika. Au sein du GSPC, ceux qui n’étaient pas d’accord avec la Réconciliation avaient sauté sur l’occasion, en septembre, lorsque Ayman Al Zaouahri (numéro deux d’Al Qaida, ndlr) leur a proposé de faire allégeance à Al Qaida. A l’époque, déjà, Hattab ne voulait pas se mettre au service d’une lutte internationaliste. Après les attentats de mercredi, on peut également parler d’une tellement bonne reprise en main du GSPC qu’il est prêt à frapper le Palais du gouvernement.

Afrik : Il semble que ce soit la première fois depuis le début des années 1990 qu’un attentat kamikaze a lieu en Algérie… ?
Ali Laïdi : Des éléments du GIA m’ont expliqué comment, à partir du moment où ils se sentaient blessés, foutus, ils pouvaient se faire exploser à l’image des kamikazes japonais. Mais il est vrai qu’un attentat kamikaze, organisé, n’avait jamais eu lieu.

Afrik : L’allégeance à Al Qaida va-t-elle entraîner un changement dans le mode opératoire du GSPC. Al Zaouahri avait demandé à ce que les « mécréants » français et américains soient visés en Algérie, mais son groupe autorise-t-il les attentats contre les civils ?
Ali Laïdi : Non. Al Qaida n’est pas d’accord avec la stratégie d’Al Zarkaoui, en Irak, qui réalise des attentats aveugles contre les sunnites. Ils savent que cela dessert leur cause.

Afrik : Est-il normal que les services de sécurité algériens ne parviennent pas à réduire ce que le président algérien désigne depuis plusieurs années comme du « terrorisme résiduel » ? Est-ce une question de moyens ou de volonté ?
Ali Laïdi : Les moyens, ils les ont. L’armée algérienne combat les groupes terroristes dans le sud algérien avec l’appui logistique de l’armée américaine. La question est de savoir s’ils les mettent en œuvre. Maintenant, et ce qu’il y a une instrumentalisation… ? Depuis plus de vingt ans, on observe des tentations de toutes parts. Mais je refuse d’entrer dans ce débat sans éléments.

Afrik : Les spécialistes du terrorisme qui s’expriment depuis mercredi se disent peu armés pour faire le lien entre les événements qui secouent depuis quelques mois le Maghreb…
Ali Laïdi : Il est vrai qu’il n’y a pas encore d’éléments factuels, de preuves formelles permettant de faire le lien entre tous les groupes. Mais quand nous voyons ce qui se passe à Casablanca, puis à Alger, il n’est pas possible de ne pas faire ce rapprochement. Si un nouvel attentat se produit dans les jours qui viennent au Maghreb, cela constituerait presque une preuve… Il est aussi vrai que ce qui s’est passé hier (mercredi) à Alger, avec des terroristes aguerris et un attentat qui nécessite une grande préparation, n’a rien à voir avec les mômes de Casablanca qui ne savent pas où prendre leurs ordres. Nous verrons si l’internationalisation du GSPC s’effectue. Cela voudrait dire que le groupe devra frapper hors de l’Algérie…

Afrik : Les réseaux démantelés ces derniers mois en Espagne et en France montrent-ils que l’on va dans cette direction ?
Ali Laïdi : Il existe des liens de soutien logistiques en Europe. On allait se reposer chez l’un, utiliser de l’argent… Mais il faut savoir que ces gens sont extrêmement surveillés. Le pire, c’est ce qui s’est passé à Casablanca. On ne s’attendait pas à ce que des jeunes dont le numéro de téléphone n’apparaît nul part et qui ne sont connus d’aucun service passent à l’action.

Afrik : Des candidats aux présidentielles ont profité de l’attentat d’Alger pour sonner l’alerte en France… La menace est-elle réelle ?
Ali Laïdi : Je refuse d’alimenter la psychose, je n’en sais rien.

[b]Quelles réponses pour juguler la menace terroriste au Maroc ?
Entretien avec Barah Mikaïl, chercheur à l’IRIS

Casablanca a connu ce dimanche son premier attentat meurtrier depuis ceux du 16 mai 2003 où les explosions, qui visaient des intérêts occidentaux, avaient provoqué la mort de 45 personnes dont 12 kamikazes. Barah Mikaïl de l’Institut de relations internationales et stratégiques revient pour Afrik sur la menace terroriste au Maroc.



--------------------------------------------------------------------------------
lundi 12 mars 2007, par Falila Gbadamassi

--------------------------------------------------------------------------------


C’est un cybercafé dans lequel deux Marocains devaient recevoir, via Internet, leurs instructions qui a été la cible, par erreur, d’un attentat ce week-end au Maroc. L’un des terroristes, celui qui portait les explosifs, a été tué sur place dans l’explosion qui a fait également quatre [1] blessés. Barah Mikaïl, chercheur à l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (IRIS) et auteur de La politique américaine au Moyen-Orient paru, en 2006, aux éditions Dalloz donne son point de vue sur l’ampleur de la menace terroriste dans le royaume chérifien.

Afrik.com : Comment doit-on percevoir aujourd’hui la menace terroriste au Maroc ?
Barah Mikaïl : Si l’on compare la situation du Maroc à celle de l’Algérie, le tourisme est un facteur aggravant parce que les terroristes visent aussi des intérêts occidentaux, mais il ne faut pas exagérer la menace. Il ne faut pas, non plus, voir des terroristes derrière tous les islamistes. Il est primordial de ne pas faire d’amalgame entre islamisme politique et islamisme terroriste. Au Maroc, des mouvances comme le Parti de la justice et du développement (PJD, ndlr) ou celle de Cheikh Yacine se sont inscrits dans un cadre légal et ont proscrit, en tout cas pour l’instant, toute violence. A côté de celles-là, on retrouve d’autres formations comme le Groupe salafiste algérien pour la prédication et le combat (GSPC, ndlr), affilié à Al Qaida, qui sont plus aptes à recourir à la violence. Sa nouvelle dénomination - Al Qaïda Maghreb - dénote bien du rôle de relais régional qu’il entend jouer dans le Maghreb. Le risque terroriste se pose donc en termes clairs pour le Maroc, à l’instar de nombreux pays dans le monde.

Afrik.com : Le gouvernement a mis en place un dispositif sécuritaire pour traquer les terroristes et procède à des arrestations régulièrement. Récemment des portraits de terroristes ont été même diffusés dans les média. Les autorités marocaines réagissent-elles comme il le faudrait selon vous ?
Barah Mikaïl : Leur approche est positive dans la mesure où ils ne font pas la confusion que j’ai évoquée. Il n’y a bien évidemment aucun intérêt à rester passif. Car face à Al Qaida, il est difficile de négocier et la manière forte demeure le seul recours envisageable. Cependant, les autorités marocaines ne doivent pas oublier l’aspect politique de la situation. Les formations terroristes recrutent dans des quartiers défavorisés. Les frontières restent encore étanches entre ces dernières et les populations mais le recrutement, même s’il reste périphérique, pourrait aller en s’accroissant si rien n’est fait.

Afrik.com : L’islamisation des sociétés arabes constitue, semble-t-il, du pain béni pour les groupes terroristes ?
Barah Mikaïl : Il faut faire attention quand on parle d’islamisation de la société. Le phénomène s’apparente plus à un recours au religieux qu’à un retour au religieux, comme a pu le noter George Corm. C’est l’alternative à un statu quo, à une situation politique et économique qui crée un malaise au sein des populations.

Afrik.com : A quoi est du ce statu quo politique que vous évoquez ?
Barah Mikaïl : Les populations dans le monde arabe ont deux points d’identification majeurs : le conflit israélo-palestinien et le conflit irakien. Elles sont conscientes des relations qu’entretiennent leurs Etats avec les Américains - ils ont besoin d’un parapluie militaire - et savent qu’ils sont nombreux à composer officieusement avec Israël. Néanmoins, elles contestent le fait que leurs gouvernants ne prennent pas position face aux politiques israélienne et américaine dans la région et dans ces conflits. En adhérant à des formations islamistes, elles expriment leur désaccord. D’où le succès d’un mouvement comme le PJD, au Maroc, ou celui des Frères Musulmans en Egypte. Parmi leurs électeurs, on retrouve aussi bien des islamistes convaincus que des personnes qui espèrent trouver dans un programme islamiste une alternative radicale à la politique de leurs dirigeants. C’est leur seule perspective aussi bien sur le plan économique que social. Ce que les gens demandent, ce n’est pas tant une rupture, car il n’y a pas un rejet intrinsèque des Américains dans le monde arabe, qu’une prise de position des gouvernements arabes et musulmans face à une politique régionale des Etats-Unis qu’ils perçoivent comme injuste. Si le Maroc adoptait des positions politiques plus fermes par rapport à toutes ces questions, il en ressortirait grandi aux yeux de sa population. Le problème est aussi économique car les mouvements islamistes s’investissent dans l’amélioration des conditions de vie des populations, comblant ainsi un vide. Au Maroc, lutter contre le terrorisme suppose aussi que le développement économique bénéficie au plus grand nombre.

[1] article mis à jour[/b]
_________________
Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mahomet
Jeune
Jeune


Inscrit le: Sep 02, 2005
Messages: 883

MessagePosté le: Mer Juil 16, 2008 4:03 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Béchir répond en dansant aux accusations de génocide
SOUDAN - 15 juillet 2008 - par AFP


Le président soudanais Omar el-Béchir a dansé, levé sa canne vers le ciel en signe de joie et lancé des "Allah est grand" au cours de sa première apparition publique depuis la demande du procureur de la Cour pénale internationale (CPI) de le poursuivre pour génocide au Darfour.



Quelques heures après avoir été désigné par le procureur de la CPI, Luis Moreno-Ocampo, comme suspect de génocide au Darfour, M. Béchir, qui participait à une cérémonie de ratification d'une nouvelle loi électorale, a voulu faire passer un message clair à la communauté internationale: au Soudan les affaires continuent.



Assis sur une haute estrade dans l'immense Hall de l'Amitié construit par les Chinois à Khartoum, le président soudanais a été reçu par les vivats de 500 fidèles et des hauts représentants de l'Etat.



Accompagné par le vice-président Ali Osman Taha et le premier vice-président Salva Kiir, dirigeant de la région semi-autonome du Sud, il a écouté des discours sur l'unité nationale devant un parterre de représentants du Nord, d'anciens rebelles du Sud et des anciens combattants de l'Est.



De nombreuses personnes dans l'assistance qui comptait des hauts gradés de l'armée, des dirigeants musulmans et chrétiens ainsi que plusieurs diplomates étrangers ont dansé pendant un bref intermède musical.



"Ma foi est dans ma patrie, c'est ce qui me rend fier de dire "Je suis un Soudanais, je suis un Africain", a interprété le chanteur de pop Jamal Mustafa.



"C'est une terre où les gens sont bons, une terre pleine de ressources cachées".



Des dizaines de personnes se sont ensuite précipitées vers le chef de l'Etat pour tenter de lui serrer la main alors que celui-ci marquait le rythme en claquant des doigts et saluait la foule.



M. Béchir, vêtu d'une longue tunique traditionnelle blanche, n'a pas fait de dioscours mais a lancé des "Allah est grand" en saluant ses partisans après la cérémonie qui a duré une heure.



Il a alors été acclamé par la foule qui a quitté le Hall de l'Amitié pour tirer des feux d'artifice, danser et pique-niquer dans les parcs publics.



La cérémonie était destinée à entériner une nouvelle loi électorale, approuvée la semaine dernière par le Parlement et qui permettra la tenue d'élections l'an prochain comme le prévoit l'accord de paix entre le Nord et le Sud signé en 2005.



Les orateurs ont salué ce "moment historique" qui permettra "la réconciliation du peuple soudanais".



La décision du procureur de la CPI, de demander aux juges de la cour d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour "génocide" au Darfour, a été dénoncée par d'autres intervenants qui ont rejeté toutes les accusations contre le chef de l'Etat.



Il s'agit d'un "complot politique", a déclaré l'un des orateurs en ajoutant que le peuple soudanais avait toujours réussi à surmonter ces obstacles".



"Monsieur le Président, ils ne vous toucheront jamais", a renchéri un autre hommme politique.

_________________
l'islam cette théologie absurde d'un bédouin immoral est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies
Kémal Ataturk
Revenir en haut
Voir le profil de l'utilisateur Envoyer un message privé
mahomet
Jeune
Jeune


Inscrit le: Sep 02, 2005
Messages: 883

MessagePosté le: Mar Sep 23, 2008 2:55 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Cafouillage autour du sort des touristes européens enlevés
EGYPTE - 23 septembre 2008 - par AFP


Dix neuf personnes, dont 11 touristes européens, capturées au sud de l'Égypte restaient aux mains de ravisseurs inconnus ce matin, après un cafouillage égyptien sur l'annonce de leur libération.

Provoquant l'étonnement au Caire, le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheit avait annoncé de New-York que l'ensemble du groupe retenu en otage depuis vendredi au Soudan avait été libéré.

"Ils ont été libérés, tous, sains et saufs", avait déclaré le ministre égyptien à la presse, à l'occasion d'une rencontre avec son homologue américaine Condoleezza Rice en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

Mais les ambassades d'Italie et d'Allemagne, nul