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LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM
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caius
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Inscrit le: Jul 19, 2005
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 1:35 pm    Sujet du message: LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM Répondre en citant

LA FAMILLE ROYALE DE L’ISLAM
D'après Silas


La Bible, Jean 13:34-35
" Je vous donne un commandement nouveau: Aimez-vous les uns les autres; comme je vous ai aimés, vous aussi, aimez-vous les uns les autres. A ceci tous connaîtront que vous êtes mes disciples, si vous avez de l'amour les uns pour les autres."

Le Coran – 8 : 62-63, Al Anfal (Le Butin)
C'est Lui qui t'a soutenu par Son secours, ainsi que par (l'assistance) des croyants. Il a uni leurs cœurs (par la foi.) Aurais-tu dépensé tout ce qui est sur terre, tu n'aurais pu unir leurs cœurs; mais c'est Allah qui les a unis, car Il est Puissant et Sage.

_____________________________________________________________


INTRODUCTION

Mahomet n'était pas seul dans son entreprise. Il avait à ses côtés une famille et des compagnons tout dévoués qui le vénéraient, buvaient ses paroles et étaient heureux de se battre et de tuer pour lui.

Un petit cercle de familiers, composé de membres de sa famille et de croyants de la première heure, gravitait en permanence autour de lui. Il y avait notamment Aicha, son épouse préférée (Mahomet avait consommé son mariage avec elle alors qu’elle n’avait que neuf ans et elle n’avait que 18 ans quand elle devint sa veuve.), Abu Bakr le père d’Aicha, son ami Omar et encore d’autres amis et parents qui étaient plus proches de lui que la plupart des autres musulmans ainsi qu’en atteste d’ailleurs ce hadith :

« Ne dites pas du mal de mes compagnons, car je jure, par Dieu, que même si l'un d'entre vous donne en aumône l'équivalent de la montagne de Uhud, il n'égalerait pas les mérites d'un seul de mes compagnons. » [ Rapporté par Boukhari et Mouslim ]

A sa mort, ces intimes devinrent à l’un ou l’autre titre les maîtres de l’empire islamique.

C’est ce petit groupe que j’appelle la “Famille Royale.” Ces gens étaient tous plus ou moins apparentés et formaient l’entourage (la Cour) de Mahomet. A ce titre, ils occupent une position privilégiée non seulement dans l’histoire mais aussi dans la théologie de l’islam (en tant que dirigeants et témoins de la « révélation divine ».) Cette appellation est donc appropriée. Ils côtoyaient tous les jours le « prophète de l’islam » et c’est en se targuant de leur parenté et de leur intimité avec Mahomet qu’ils ont pu catéchiser (si j’ose dire !) et surtout gouverner la communauté islamique.


Je vais donc présenter une série d’articles sur la “Famille Royale de l’Islam”. Nous y examinerons comment ils se sont comportés après la mort de Mahomet. Je considère en effet qu’il est honnête de juger l’islam réel à l’aune de leurs actions. Après-tout, ne sont-ils pas considérés comme les meilleurs des musulmans après Mahomet ? En tant que narrateurs de la majorité des sahih hadiths ils ont joué un rôle fondamental (sinon plus important que Mahomet) dans l’élaboration de la doctrine de l’islam et sont devenus les maîtres de l’empire islamique. L’un d’entre eux a même compilé et imposé la version du coran dont nous disposons actuellement. Sur qui donc le message de Mahomet aurait-il pu avoir une influence plus profonde ?


Jésus a dit : “vous reconnaîtrez un arbre à ses fruits.” Jugeons donc l’islam à ses fruits : les meilleurs des musulmans après Mahomet, les compagnons du prophète. Après tout, c’est forcément sur ces gens qui côtoyaient tous les jours « l’envoyé d’Allah » que l’influence de Mahomet et de l’islam a été la plus forte !

Les musulmans aiment faire des comparaisons entre l’islam et le christianisme : soit, Jésus a commandé à ses disciples de s’aimer les uns les autres. Après sa mort ils sont devenus les apôtres, les chefs spirituels de la petite communauté chrétienne et, pour ce que nous en savons, ils ont respecté son commandement. Ils ont vécu dans la concorde, propageant son message, même si cela devait parfois leur coûter la vie.

Mahomet lui-aussi a ordonné à ses sectateurs de s’aimer les uns les autres. Ses disciples imitaient sa façon de s’habiller, de manger, de prier, etc. mais jusqu’à quel point ont-ils respecté ses commandements après sa mort ? Je ne me focaliserai pas sur les apparences mais sur l’esprit.

Si l’islam est véridique, nous pouvons nous attendre à ce qu’ils se soient sincèrement et scrupuleusement conformés aux commandements de Mahomet comme le firent les disciples de Jésus, non ? N’est-ce pas le moins que nous puissions espérer des parents et des meilleurs amis de Mahomet – les meilleurs des musulmans ? Voyons cela.
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caius
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 1:45 pm    Sujet du message: Répondre en citant

PREMIERE PARTIE : LA FORTUNE DE MAHOMET
FATIMA, ALI ET IBN ABBAS



MATIÈRE À RÉFLEXION

Première Epître de Paul à Timothée 6:10
Car l'amour de l'argent est une racine de tous les maux ; et quelques-uns, en étant possédés, se sont égarés loin de la foi, et se sont jetés eux-mêmes dans bien des tourments.

Hadith 2.428 du Sahih Bukhari :
Rapporté par 'Uqba bin 'Amir:
"... Par Allah, je ne redoute pas que vous retourniez au polythéisme après mon départ, ce que je redoute pour vous c’est la rivalité de ce bas monde."


Sourate 2 :181
Quiconque l'altère (un testament) après l'avoir entendu, le péché ne reposera que sur ceux qui l'ont altéré; certes, Allah est Audient et Omniscient.

PROTAGONISTES

ABU BAKR - Le premier Calife (successeur de Mahomet) de l’empire islamique et le premier des soi-disant quatre califes “bien guidés”. Il devint calife à la mort de Mahomet. Il régna deux années avant de mourir. L'un des plus intîmes du Prophète et l'un des premiers convertis à l'islam. Père de Aicha, l’épouse âgée de neufs ans du « beau modèle », il était donc l’un des beau-pères de Mahomet. Pendant son agonie, Mahomet le désigna pour diriger les prières tant qu’il serait incapable de se lever. Après avoir férocement réprimé les tribus qui s’étaient révoltées en apprenant la mort de Mahomet, il poursuit les guerres de conquête commencées par Mahomet, jetant les bases de l’empire islamique. Selon certaines sources musulmanes, il serait mort empoisonné.

OMAR – Le second calife. Membre du clan Banu `Ad de la tribu Quraysh. Renommé pour sa brutalité, son tempérament colérique et son insensibilité. Père de Hafsa, une autre des épouses de Mahomet, il était donc lui aussi son beau-père. Mahomet l’avait surnommé « al-faruq » (l’arbitre, le juge). Ami intime et bras droit d’Abu Bakr qui en fit son successeur. Son règne dura environ 12 ans. Il étendit considérablement l’empire islamique en attaquant et conquérant la Syrie, la Mésopotamie, la Perse et l’Egypte. Il est le premier calife à s’être proclamé Amir al-mûminîn (« Commandeur des croyants »). Il meurt à l'âge de 63 ans, poignardé par un esclave dans la mosquée de Médine.

ALI – Fils d'Abu Talih, un des oncles de Mahomet qui avait recueilli et élevé ce dernier comme son propre fils. Après son mariage avec Khadidja, Mahomet qui n’avait pas pu avoir de fils (dans la société arabe de l’époque un homme sans fils était considéré comme un impuissant « abtar ») avait proposé qu’Ali (qui n’était encore qu’un enfant) vienne habiter chez lui on peut donc le considérer comme le fils adoptif de Mahomet. Il devint encore par la suite le beau-fils de Mahomet par son mariage avec Fatima, la fille préférée du prophète. Il était donc à la fois le cousin, le frère puis le fils adoptif, le gendre et le disciple de Mahomet. A la mort de Mahomet il devenait de facto le plus éminent membre du clan hachemite. Renommé pour sa bravoure, il se révéla un piètre politicien. Ali fut le quatrième et dernier “calife bien guidé” et le premier imam du chiisme. Ali eut deux fils de Fatima : Hassan et Husayn. Mahomet lui avait interdit d’être polygame tant qu’il serait le mari de Fatima, après la mort de cette dernière il prit neuf épouses.

FATIMA –Fille de Mahomet et Khadidja, épouse de Ali. Mahomet avait interdit à Ali d’être polygame tant qu’il serait marié à sa fille car cela aurait fait souffrir sa Fatima chérie. Elle ne survécut que six mois à Mahomet. (Une fois Fatima morte, Ali se remaria neuf fois)

ABBAS IBN ABD AL-MUTTALIB - également connu sous le surnom de Al-Abbas – Oncle préféré de Mahomet. Il était né à peine quelques années avant son neveu et était l’un des plus jeunes frères du père de Mahomet.
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caius
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 1:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

LE CONTEXTE

Par le pillage et l’extorsion de fonds, Mahomet avait amassé une fortune considérable. Peu avant sa mort, il fit une importante déclaration quant à ses richesses : Il suivrait l’exemple des précédents prophètes et ne laisserait AUCUN héritage à sa famille. Ses biens ne seraient donc PAS divisés entre ses parents mais continueraient à être utilisés comme de son vivant. En dehors d’une pension pour ses épouses, il ne léguait donc à sa famille que quelques objets personnels.

Mahomet vient donc de mourir et Abu Bakr est devenu calife. Dés le lendemain de sa mort d’étranges évènements commencent à se produire


(les textes ci-dessous sont extraits du “Kitab al-Tabaqat al-Kabir, (Book of the Major Classes), Volume 2, par Ibn Sa’d, traduit en langue anglaise par S. Moinul Haq, Pakistan Historical Society.pages 391 – 394 )

DE LA SUCCESSION (HÉRITAGE) DE L’APÔTRE D’ALLAH, ET DE CE QU’IL A LAISSÉ

L’apôtre d’Allah a dit : “Les dinars et dirhams (l’argent) ne devront pas être partagés entre mes héritiers, Ce que je laisse devra être employé pour l’aumône, après la pension pour l’entretien de mes épouses et les dispositions (que j’ai pris) pour mes serviteurs. (Pages 391, 392).

J’ai entendu Omar dire : “Le jour de la mort de l’Apôtre d’Allah la bayah (fidélité, allégence) fut offerte à Abu Bakr. Le lendemain, Fatimah alla trouver Abu Bakr et Ali était avec elle. (page 393).

Fatimah alla trouver Abu Bakr et exigea sa part de l’héritage. Al-Abbas alla le trouver et exigea sa part de l’héritage. Ali les accompagna. Sur quoi Abu Bakr a dit, “L’Apôtre d’Allah a dit : “Nous ne laissons pas d’héritage, ce que nous laissons derrière nous est (pour) la sadaqah.” Je prendrai en charge ceux que le Prophète prenait en charge.” Sur ce Ali a dit : “Sulayman (Salomon) a hérité de Dawud (David), et Zakariya (Zacharie) a dit, ‘(Accorde-moi, de Ta part, un descendant) qui hérite de moi et hérite de la famille de Jacob (Yahya, Jean le Baptiste)’”. Abu Bakr a dit “C’est ainsi. Par Allah! Tu le sais comme je le sais.” Sur quoi Ali a dit, “C’est le livre d’Allah qui parle.” Alors ils se sont tus et se sont retirés. (page 393).

Fatimah demanda à Abu Bakr, “Quand tu mourras, qui héritera de toi ?” Il répondit : “Mes enfants et mes parents.” Elle dit : “Quelle est la justification à ce que tu deviennes l’héritier du prophète et nous écarte ?” Il répondit : “O fille de l’Apôtre d’Allah ! Je n’ai pas hérité des terres, de l’or, de l’argent, des esclaves ou des propriétés de ton père. Elle dit : “La part d’Allah (Khums, un cinquième) qu’il nous a attribué et qui est notre part est entre tes mains.” Sur quoi il répondit : “J’ai entendu l’Apôtre d’Allah dire : “Tout bien d’un prophète est pour l’aumône sauf ce dont Il (Allah) le nourrit. Quand je mourrai ce sera distribué entre les Musulmans” (page 392).

Abu Bakr a dit, “En vérité, l’Apôtre d’Allah a dit, “Nous ne laissons pas d’héritage, Ce que nous laissons est pour la sadaqah. En vérité, les membres de la famille de Muhammad auront la disposition de cet argent. Par Allah! Je ne changerai pas la distribution de la sadaqah de l’Apôtre d’Allah de ce qu’elle était du temps de l’apôtre d’Allah. Je continuerai à les répartir (les parts NDLR) comme l’apôtre d’Allah les répartissait. C’est ainsi qu’Abu Bakr a refusé de donner quoi que ce soit à Fatimah. Aussi, Fatimah se mit en colère contre Abu Bakr et le délaissa. Elle ne lui adressa plus la parole jusqu’à ce qu’elle meure. Elle survécut six mois à l’Apôtre d’Allah. (page 392)


Les Hadiths du Sahih Muslim, ajoutent les précisions suivantes…

Sahih Muslim
Livre 019, Numéro 4355:
Il a été rapporté sous l’autorité de Abu Huraira que le messager d’Allah a dit : Mes héritiers ne partageront ni dinar ni dirham (de mon héritage) ; ce que je laisse, après la pension allouée à mes épouses et la dotation à mes serviteurs, est destiné à l’aumône.

Sahih Muslim
Livre 019, Numéro 4351:
Il a été rapporté sous l’autorité de 'Aicha qui a dit : Quand le Messager d’Allah est mort, Ses épouses décidèrent d’envoyer 'Uthman b. 'Affan (comme leur porte-parole) à Abu Bakr pour exiger de lui leur part de l’héritage du Saint Prophète. (Sur quoi), Aicha leur a dit : Le Messager d’Allah n’a-t-il pas dit : " Nous autres les Prophètes nous ne laissons aucun bien en héritage. Tout ce que nous laissons derrière nous est aumône."?
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caius
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 2:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Deux ans plus tard Abu Bakr meurt et Omar lui succède. Aussitôt Ali et Al-Abbas reviennent à la charge – ils veulent toujours leur part du magot. Le Sahih Muslim détaille l’incident…


Sahih Muslim
Livre 019, Numéro 4349:
…A ce moment (son serviteur) Yarfa' vint et dit : Commandeur des Croyants, que dis-tu pour Uthman, Abd al-Rabman b. 'Auf, Zubair and Sa'd (qui sont venus te demander audience) ? Il a dit : Oui et il leur a permis d’entrer. Ils entrèrent donc. Puis il (Yarfa') revint encore et dit : que dis-tu pour 'Ali et Abbas (qui sont présents à la porte) ? Il a dit : Oui et il leur a permis d’entrer. Abbas a dit : Commandeur des Croyants, Tranche (le litige) entre moi et ce pêcheur, ce traître, ce malhonnête menteur. Les personnes (présentes) dirent aussi : Oui. Commandeur des Croyants, tranche (le litige) et fait leur grâce. Malik b. Aus a dit : je me doute qu’ils (Ali et Abbas) les ont envoyés à l’avance dans ce dessein. Omar a dit : Attendez et soyez patients. Je vous le demande expressément par Allah par la permission de qui le ciel et la terre tiennent debout, ne savez-vous pas que le Messager d’Allah a dit : " Nous autres les Prophètes nous ne laissons aucun bien en héritage. Tout ce que nous laissons derrière nous est aumône ?" Ils ont dit : Oui. Ensuite il s’est tourné vers Abbas et Ali et a dit : Je vous le demande expressément par Allah par la permission de qui le ciel et la terre tiennent debout, ne savez-vous pas que le Messager d’Allah a dit: " Nous autres les Prophètes nous ne laissons aucun bien en héritage. Tout ce que nous laissons derrière nous est aumône ? " Ils ont dit (aussi) : Oui. (Ensuite) Omar a dit : Allah, le Glorieux et l’Exalté, a fait à Son Messager une faveur spéciale qu’Il n’a faite à aucune autre personne, excepté lui. Il a cité le verset coranique : " Le butin provenant [des biens] des habitants des cités, qu'Allah a accordé sans combat à Son Messager, appartient à Allah et à son Messager ". Le narrateur a dit : je ne sais pas s’il a aussi récité ou non le verset précédent. Omar a continué : Le Messager d’Allah a réparti entre vous les biens des Banu Nadir. Par Allah, il ne s’est jamais avantagé par rapport à vous et ne s’est jamais approprié quoi que ce soit à votre détriment. (Après un juste partage) ce bien a été laissé (en mainmorte).

Le Messager d’Allah déduisait ses dépenses annuelles de ce revenu et le reste était déposé dans le Bait-ul-Mal. (Continuant) il a dit : Je vous le demande expressément par Allah par la permission de qui le ciel et la terre tiennent debout. Le savez-vous ? Ils ont dit : Oui. Ensuite il a interrogé Abbas et Ali comme il avait interrogé les autres : Le savez-vous ? Ils ont dit : Oui. Il a dit : Quand le Messager d’Allah est mort, Abu Bakr a dit : " Je suis le successeur du Messager d’Allah. Vous êtes venus tous les deux réclamer vos parts des biens (laissés par le Messager d’Allah) ". (S’adressant à Hadrat 'Abbas), il a dit : Tu demandes ta part des biens de ton neveu et il (Ali) demande au nom de son épouse une part des propriétés de son père. Abu Bakr (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : Le Messager d’Allah a dit : " Nous autres les Prophètes nous ne laissons aucun bien en héritage. Tout ce que nous laissons derrière nous est aumône." Aussi vous pensiez tous les deux qu’il était un menteur, un pêcheur, un traître et un malhonnête. (…)


Excédé, Omar cède et leur abandonne l’héritage. Pour sauver la face il leur fait quand même jurer d’utiliser cet héritage de la même façon que Mahomet. Mais ne voilà-t-il pas que nos lascars reviennent aussitot le trouver. Ils ne parviennet pas à se mettre d’accord sur ce qui leur revient et veulent qu’Omar les départage. Colère d’Omar…

Sahih Muslim
Livre 019, Numéro 4349:
Je suis devenu le gardien de ces biens. Et maintenant, toi comme lui vous venez me trouver. Vous êtes venus tous deux et votre dessein est identique. Vous aviez dit : Confie-nous ces biens. J’ai répondu : Si vous voulez que je vous confie ces biens, ce sera à la condition que tous deux vous vous engagiez par serment auprès d’Allah à vous en servir de la même manière que le Messager d’Allah. Alors vous les aurez tous deux. Il a dit : En fut-il ainsi ? Ils ont dit : Oui. Il a dit : Maintenant vous revenez (de nouveau) pour me demander de trancher entre vous. Non, par Allah ! Je ne rendrai plus aucun autre jugement à ce sujet jusqu’au jour du Jugement. Si vous n’êtes pas capables de garder ces biens à ces conditions, (alors) rendez-les-moi !


Le sahih muslim nous apprend encore que c’est finalement Ali qui s’adjujera la plus grosse part du magot :

Sahih Muslim
Livre 019, Numéro 4354:
…Le Messager d’Allah a dit:" Nous n’avons pas d’héritiers ; ce que nous laissons est Sadaqa (aumône)." Le narrateur a dit : Elle (Fatima) a encore vécu six mois après la mort du Messager d’Allah et elle a exigé d’Abu Bakr sa part de l’héritage du Messager d’Allah sur Khaibar, Fadak et ses autres dotations charitables à Médine. Abu Bakr a refusé de le lui donner et il a dit : je continuerai à faire tout ce que le Messager d’Allah faisait. Je craindrais de dévier du droit chemin si j’allais contre ses instructions en quoi que ce soit. Pour ce qui concerne les dotations charitables à Médine Omar les rendit à Ali et Abbas mais Ali a eu la meilleure part (et a gardé les biens en sa possession). Et pour ce qui concerne Khaibar et Fadak : Omar les a gardés pour lui et a dit: Ce sont des dotations du Messager d’Allah (à la Oumma). Leur revenu était consacré à faire face aux responsabilités qui lui incombaient en fonction des circonstances et leur gestion doit être entre les mains de celui qui gouverne (l’état islamique). Le narrateur a dit : Ils ont été gérés de la sorte depuis ce jour.


Le Sunan Abu Dawud, ajoute…

Sunaan Abu Dawud : Livre 19, Numéro 2961: Narré par Umar ibn al-Khattab:
Malik ibn Aws al-Hadthan a dit : Un des arguments avancés par Umar était qu'il a dit que l'apôtre d'Allah (psl) a reçu trois choses exclusivement pour lui : Banu an-nadir, Khaybar et Fadak. Les propriétés des Banu an-nadir ont été gardées complètement pour ses besoins émergents, Fadak pour les voyageurs, et Khaybar a été divisé par l'apôtre d'Allah (psl) en trois parts : deux pour les musulmans, et une comme pension pour sa famille. Si quelque chose demeurait après avoir pris la contribution pour sa famille, il le partageait entre les émigrants pauvres.



Et “L’Histoire” de Tabari” confirme également ce conflit…

Fatimah et al-Abbas allèrent trouver Abu Bakr pour lui demander leur part de l’héritage du Messager de Dieu. Ils voulaient la terre du Messager de Dieu à Fadak et sa part du tribut de Khaybar. Abu Bakr a répondu : “J’ai entendu le Messager de Dieu dire, “Nous (les Prophètes) ne laissons aucun bien en héritage. Tout ce que nous laissons derrière nous est aumône ». C’est la nourriture de la famille de Muhammad (a répondu Fatimah) Par Dieu, je n’abandonnerai pas un chemin que j’ai vu le Messager de Dieu emprunter mais (au contraire) je continuerai (à agir) comme lui. Fatimah s’est détournée de lui et ne lui en a plus parlé jusqu’à sa mort. Ali l’enterra pendant la nuit et ne permit pas à Abu Bakr d’assister à ses funérailles. (pages 196, 197).

Note : Omar et Abu Bakr ne pouvaient pas se permettre de reconnaître les droits d’Ali sur cet héritage car ils venaient juste d’évincer Ali du Califat. Concéder qu’il avait le droit d’hériter des biens de Mahomet parce qu’il était son plus proche parent mâle serait revenu à reconnaître qu’il avait aussi la priorité pour hériter du pouvoir. De plus, les revenus engendrés par Khaybar et Fadak étaient considérables et auraient donné trop de pouvoir à Ali.


La considération dont ‘Ali jouissait, il la devait à Fâtima ; celle-ci morte, les fidèles n’eurent plus d’égards pour lui. Aussi chercha-t-il à faire sa paix avec Abou Bakr en lui prêtant serment de fidélité ce qu’il n’avait pas fait durant les six mois (qu’avait survécus Fâtima à son père). Il manda donc à Abou Bakr de venir le trouver sans amener personne avec lui, parce qu’il redoutait la présence de ‘Omar. « Non, par Dieu, s’écria ‘Omar, tu n’entreras pas seul chez eux.
– Que craignez-vous donc qu’ils me fassent ? répondit Abou Bakr. Par Dieu ! J’irai chez eux ».
Extrait de « Les Traditions Islamiques -Tome 3» El Bokhâri, Titre
LXIV: «Des expéditions militaires» ; Chapitre XXXVII : «De l’expédition
de Dzât-Qorad»; hadith n°39; (page 169)


Nota Bene


1) Les premiers historiens arabes rédigeaient souvent leurs ouvrages en présentant à la queue leu leu des récits de diverses sources concernant un même évènement. Un premier récit présenté couvrira donc une longue période de temps avec un grand luxe de détails s’étalants sur de nombreuses pages et le témoignage suivant couvrira la même période, généralement en répétant avec quelques variantes les mêmes détails. Les citations sélectionnées ne suivent donc pas nécessairement l’ordre des pages des livres mais se rapportent aux mêmes évènements.

2) En français, il peut exister plusieurs translitérations d’un même nom arabe selon le livre cité ce qui peut être source de confusion.
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caius
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 2:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

EN RESUMÉ

1) Peu avant de mourir Mahomet proclame qu’il ne laissera pas d’héritage aux membres de sa famille : ses biens seront mis en mainmorte (waqf) et leurs revenus employés pour faire l’aumône aux musulmans pauvres.

2) Pourtant, dés le lendemain de sa mort, sa fille Fatima, son mari Ali et Al-Abbas vont trouver Abu Bakr, et lui annoncent qu’ils exigent la part de la fortune de Mahomet qui leur revient ; ils refusent de respecter les volontés du « saint prophète.» Abu Bakr leur rétorque qu’en déshéritant sa famille Mahomet n’a fait que suivre l’exemple des autres prophètes. Ali fait alors remarquer, à juste titre, que dans ce cas Mahomet s’est trompé puisque le Coran mentionne des prophètes ayant laissé un héritage à leurs fils (David à Salomon, Zacharie à Saint Jean Baptiste). Ce qui sous-entend que Mahomet ne connaissait pas aussi bien le Coran que Ali !
Résultat de la querelle : Fatima se met à haïr Abu Bakr et ne lui adresse plus la parole jusqu’à la fin de ses jours. Ali lui aussi ne peut plus sentir Abu Bakr, allant jusqu’à faire enterrer sa femme en cachette pour qu’il ne puisse pas s’inviter à la cérémonie. Finalement, par opportunisme, Ali fait mine de se réconcilier avec Abu Bakr. (Notez la curieuse réaction d’Omar en apprenant qu’Au bakr va se rendre chez Ali, croit-il que la maison du gendre du prophète est un coupe-gorge où l’on se prépare à assassiner le calife ?)

3) Les épouses de Mahomet, veulent aussi réclamer leur part mais sont arrêtées par Aicha qui leur rappelle la sentence de Mahomet sur “l’héritage des prophètes”. Touchante fidélité mais quelque peu suspecte quand même sachant que c’est son père qui, en tant que calife, devenait le gestionnaire de ces biens et que, détail très piquant, quelques années plus tard Aicha réclamera à son tour sa part de l’héritage auprès de Othman (à cette occasion, Othman se paya sa tête en lui rappelant qu'elle avait encouragé Abu-Bakr à refuser sa part d'héritage à Fatimah. Aicha s’était alors mise dans une terrible colère et s'était vengée quand Othman fut confronté à la rebellion en incitant à son meurtre : " Tuez cette hyène (Na'thal), car il est incrédule ". (Références : Histoire d'Ibn Athir, v3, p206, Lisan al-arab, v14, p141, al-Iqd al-Farid, v4, p290, Sharh al-Nahj, par Ibn Abi al-Hadid, v16, pp 220-223 )). Mais nous y reviendrons plus loin…

4) Dès qu’Abu Bakr disparaît, Ali et Abbas reviennent à la charge auprès d’Omar cette fois. Abbas traite Abu Bakr de “pêcheur, perfide, malhonnête, menteur!” Omar est choqué ! Alors c’est ce que l’oncle du prophète pensait du commandeur des croyants et si lui non plus ne cède pas à leurs exigences, lui aussi il sera un pêcheur, un traître et un malhonnête ! Omar essaye quand même de les fléchir : oui ou non Mahomet a-t-il fait don de ses biens aux pauvres ? Ils lui répondent en substance qu’ils sont parfaitement au courant des dernières volontés du « Messager d’Allah » mais qu’ils veulent quand même leur part ! Omar finit donc par capituler et leur cède une partie de l’héritage de Mahomet (pour sauver les apparences il leur fait promettre de d’en servir comme s’en servait Mahomet.)
Aussitôt qu’ils ont eu satisfaction, voilà qu’Ali et Ibn Abbas se disputent quant aux parts qui leur reviennent respectivement…
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caius
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MessagePosté le: Jeu Nov 08, 2007 2:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

DISCUSSION

Généralement, les liens familiaux se resserrent à l’occasion d’un deuil, on ne peut vraiment pas dire que cela fut le cas de la famille de Mahomet : où sont le recueillement, la méditation, la prière ? Au lieu de cela, un jour à peine après la mort de Mahomet, de sombres querelles d’héritage commencent ! Nous voyons ici à l’oeuvre des émotions aussi négatives que puissantes.

1) CUPIDITE

Notons la rapacité dont font preuve les plus proches parents de Mahomet. Son corps n’est pas encore froid qu’ils réclament déjà leur part de l’héritage. Leur convoitise les brouillera irrémédiablement. Pendant deux années, ils ruminent leur rancœur et leur cupidité, puis dés qu’Abu Bakr meurt, ils se précipitent chez Omar et réitèrent leurs exigences.

2) HAINE

Parce qu’il leur a refusé ce qu’ils estiment être leur dû, ils exècrent désormais Abu Bakr. Jusqu’a la fin Fatima l’a vomi et, comble du dépit, Ali s’est arrangé pour qu’Abu Bakr ne puisse pas assister à l’enterrement de la fille de Mahomet. Abbas, Fatima et Ali, tous trois considéraient Abu Bakr comme un "pécheur, déloyal, malhonnête, menteur". Abu Bakr leur a pourtant expliqué qu’il ne voulait que respecter les volontés de Mahomet, mais pour eux ce n’était qu’un prétexte pour les dépouiller (NB : Certains chiites considèrent qu’Abu Bakr et Omar ont inventé cette citation de Mahomet pour voler Ali).

Et point très intéressant à ne surtout pas négliger….

Abu Bakr ayant expliqué à Ali la raison pour laquelle il rejette sa demande, celui-ci cite des versets du coran énonçant que des prophètes ont laissé des héritages à leur fils (surates 27:16 et 19:6), sous-entendant que Mahomet ne connaissait pas son propre coran, un livre qu’il est censé avoir dicté. La remarque d’Ali laisse l’assemblée pantoise, incapable de répondre car il vient de leur démontrer que Mahomet s’est trompé. Mahomet a interprété de travers son propre coran ! Tout ce qu’Abu Bakr trouve à répondre, sachant très bien que la remarque d’Ali est juste, c’est en substance : “Eh bien, c’est comme ça ! Un point c’est tout !.”

COMMENTAIRES ET QUESTIONS

Saint Paul voit juste quand il rappelle que “l'amour de l'argent est une racine de tous les maux.” Ces musulmans, la si dévouée famille de Mahomet, les témoins directs de la révélation divine, étaient dévorés par la cupidité et leur rapacité les a conduit à se déchirer. Rappelons-nous la Sourate 8:63. Considérez-vous que ces gens avaient des coeurs unis ? Peut-être était-ce le cas quand ils luttaient ensembles pour asservir l’Arabie mais désormais Allah ne semble plus en mesure de les unir. On ne peut pas dire que l’ouvrage Allah aura résisté bien longtemps à son prophète ! On aurait tout de même pu s’attendre à ce que les meilleurs musulmans de tous les temps restent unis un peu plus longtemps non ? Ne vous seriez-vous pas attendu de leur part à un semblant d’amitié, de confiance et de loyauté, surtout juste après la mort de Mahomet ? Ne vous attendiez-vous pas à quelques manifestations de spiritualité sincère ? Et la dévotion islamique ? Pourquoi s’est-elle si vite évanouie ? Quelle importance l’islam avait-il réellement pour "la famille royale" pour qu’elle rejette si vite ses plus importants commandements ?

Quoi qu’il en soit, nous allons voir que quasi simultanément des évènements encore plus ahurissants venaient de se produire…
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MessagePosté le: Lun Nov 12, 2007 6:51 am    Sujet du message: Répondre en citant

DEUXIEME PARTIE : LE NOUVEAU ROI
ABU BAKR, ALI ET ABU SUFYAN

INTRODUCTION


Après la mort plutôt inopinée de Mahomet (peut-être des suites d’un empoisonnement), la confusion régnait à Médine. Dans mon précédent article, j'ai mentionné qu'Abu Bakr était devenu Calife juste après la mort de Mahomet. Cependant, son accession au califat ne s’est pas déroulée sans heurts. Tout le monde ne considérait pas Abu Bakr comme le successeur naturel de Mahomet...


Il existe de très nombreux récits sur les circonstances dans lesquelles Abu Bakr est finalement devenu Calife : il en ressort clairement que son élection fut loin d’être honnête et que beaucoup de gens réprouvaient la façon dont les choses s’étaient passées.

Ainsi, au départ Ali refusa de prêter allégeance à Abu Bakr car il estimait que c’est lui qui aurait du être le calife. Voici ses paroles pleines d’amertume rapportées par Tabari, volume 16, page 51:

Le Prophète est mort et je ne voyais personne de plus apte que moi pour gouverner mais le peuple a prêté allégeance à Abu Bakr, alors je me suis incliné. Puis Abu Bakr est mort et je ne voyais personne de plus apte que moi pour gouverner. Mais le peuple a prêté allégeance à Omar, alors je me suis incliné. Puis Omar est mort et je ne voyais personne de plus apte que moi pour gouverner. Mais je n’ai eu qu’une voix sur six votes et le peuple a prêté allégeance à Othman. De nouveau je me suis incliné.

Un autre puissant personnage, dont les descendants joueront, nous le verrons plus loin, un rôle capital dans l’histoire de l’islam, s’opposa aussi, mais pour d’autres raisons, à l’accession au trône d’Abu Bakr.

Malgré tout, Abu Bakr pu rapidement s’assurer suffisamment d'appuis pour rendre sa position incontestable.

Ce n’est au départ qu’une vilaine magouille mais ses implications historiques continuent de nos jours encore à empoisonner l’islam. Je vous rappelle qu’il est ici question des actes des meilleurs musulmans de tous les temps. La crème de la crème islamique……. Voyons cela !
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MessagePosté le: Lun Nov 12, 2007 6:59 am    Sujet du message: Répondre en citant

PROTAGONISTES

ABU BAKR - Voir ci-avant

ALI - Voir ci-avant

ABU SUFYAN – Cousin de Mahomet. Abu Sufyan fut longtemps un de ses adversaires les plus résolus. Chef des Omeyyades, la plus influente des tribus mecquoises c’est lui qui prit la tête de l’opposition à Mahomet. Il commandait les troupes mecquoises qui vainquirent les musulmans à la bataille d’Uhud. Mahomet tenta de le faire assassiner mais la tentative échoua. Devenu tout puissant Mahomet marcha sur la Mecque et Abu Sufyan lui demanda audience pour négocier. Une fois au pouvoir de Mahomet, Abu Sufyan fut sommé de choisir entre l’islam ou la décapitation (Mahomet lui avait au départ promis qu’il pourrait rester païen mais changea d’avis au cours de l’entretien). C’est à cet instant qu’Abu Sufyan eut la subite révelation que Mahomet était vraiment un prophète ! Plus tard, pour affermir son pouvoir à La Mecque, Mahomet offrit à Abu Sufyan et à son puissant clan Omeyyade des cadeaux de grandes valeurs et le nomma même gouverneur d’une cité (ce qui mécontenta les autres musulmans). Mahomet ayant épousé Umm Habîba, une des filles d'Abû Sufyân, lui aussi était un de ses beau-pères.
La foi en l’islam d’Abu Sufyan était plus que douteuse mais du vivant même de Mahomet il était redevenu l’un des plus puissants personnages de l’Arabie et il était bien déterminé à obtenir le maximum de pouvoir pour lui et ses fils Yazîd et Mu'âwiyah. Les Omeyyades ressentaient une haine profonde envers les Hâchimites (clan de Mahomet et d’Ali) car 'Otbah, Chaybah et Walîd, les grands-pères de Yazîd et Mu'âwiyeh, ainsi que d’autres membres de leur famille étaient tombés sous les coups de sabres des Hâchimites.

AL-ZUBAYR – Un des neveux de Khadija. Sa mère, Safia, était l’une des tantes de Mahomet du côté paternel. Il était donc lui-aussi cousin au premier degré du « Saint prophète ». Il était l’un des premiers convertis, l'un des dix, appelés a1-`Ashara al-Mubashshara : musulmans auxquels Mahomet avait garanti l'entrée au Paradis. Il jouera de nouveau un role important quelques années plus tard.
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MessagePosté le: Lun Nov 12, 2007 7:13 am    Sujet du message: Répondre en citant

LE CONTEXTE

Mahomet vient de mourir sans avoir désigné de successeur. Les musulmans vont devoir déterminer eux-mêmes qui va maintenant devenir leur chef suprême (Caliphe). Il n’y a pas d’accord unanime au départ.

Tabari, Livre des prophètes et des rois I 349.


Pendant ce temps, les autres musulmans s'assemblaient pour délibérer. Le corps du prophète n'était pas encore lavé, que déjà la dissension s'élevait à Médine.
Un homme entra dans la mosquée et dit :
- Les Ansars
(NDLR : habitants de Médine devenus musulmans (par oppositions aux Mohajirs (immigrés), les Mecquois qui avaient accompagné Mahomet quand il s’était exilé) - à la mort de Mahomet les Mohajirs devaient être quelques centaines tout au plus) se sont réunis et prêtent serment à Sad ibn Obada (chef d’un des clans de Médine).
Abu Bakr se leva, et, prenant Omar par la main, il sortit avec lui. Ali et Abbas restèrent auprès du lit du prophète, et prirent les dispositions pour le laver, l'ensevelir et l'enterrer. Abu Obayda ibn al Jerrah, vint au devant d’Abu Bakr et d’Omar qui se dirigeaient vers le lieu où étaient rassemblés les ansars et leur dit :
-Retournez, car les ansar sont réunis dans la Saqifah (lieu de reunion) des Banu Sayda et proclament Sad ibn Obada, sans se soucier de ce que le prophète est mort et de ce qu'il n'est pas encore enterré. Mais vous, qui êtes les proches du prophète, des muhajirs, retournez et procédez à l'ensevelissement; ensuite établissez l'un des vôtres comme votre chef, car les Ansars ne voudront plus se soumettre à vous. Abu Bakr répliqua :
-Par Allah, je ne m'en retournerai pas que je ne les aie vus et entendus !
Il prit Abu Obayda par la main, et se rendit avec lui et Omar au lieu où étaient réunis les ansar.


Omar, Anu Bakr et d’autres Muhajirs se ruent donc à la Saqifah pour empêcher les ansars de proclamer calife Sad Ibn Ubada :

Ibn Hisham, « Conduite de l'envoyé d'Allah » 1015 :

'Omar raconta : Nous sommes allés les trouver, dans la cour des Banu Saida. Au milieu d'eux, il y avait un homme emmailloté. En réponse à mes questions, on me dit que c'était Sad ibn Ubada et qu'il était malade. Nous nous sommes assis et leur porte-parole a prononcé la shahadah et a loué Allah comme il se doit et a dit:
- Nous sommes les auxiliaires d'Allah et l'escadron de l'islam. Vous, Muhajir, vous êtes de notre famille et une partie de votre peuple qui s'est établi ici.
Omar a dit:
- Oui, ils ont esayé de nous couper de notre origine et nous ont ôté notre autorité.
(...)
Abu Bakr a dit:
- Du calme, Omar.
(... )


Habilement Abu Bakr et Omar divisent les Ansars. En effet, les deux grandes tribus de Yathrib (Médine), les Aws et les Khazrej s’étaient à plusieurs reprises livrées à des guerres fratricides. Un Calife issu de l’une des deux tribus pourrait bien persécuter l’autre… les Ansars se résignent donc à ce que le Calife soit choisi parmi les émigrés.

Il dit :
- Tout le bien que vous avez dit sur vous-mêmes est mérité. Mais les Arabes ne reconnaissent l'autorité que dans ce clan des Quraysh, qui sont les meilleurs des Arabes dans ce pays et par le sang. Je vous offre donc d'un de ces deux hommes: acceptez celui que vous voulez .(...)
L'altercation devenait de plus en plus violente et une rupture complète était à craindre, et j'ai dit :
- Lève la main, Abu Bakr.
Il l'a fait et je lui ai rendu hommage.
Les Muhajir me suivirent et les Ansar aussi.
En faisant cela, ils ont piétiné Sad et quelqu'un a dit qu'ils l'avaient tué.
J'ai dit:
- Allah l'a tué.


Quelle pataqués ! Nous lisons donc que jamais Abou Bakr ne fut pas désigné calife par l’ensemble des musulmans mais seulement par une poignée de musulmans présents à la saqifa (cour,vestibule) du clan des Banu Saida en l’absence de la majorité des chefs et surtout d’Ali, le principal candidat, qui n’était même pas au courant de ce qui ce tramait à ce moment là. Le moins que l’on puisse dire est quAbu Bakr et Omar n’ont pas été très corrects à l’égard des autres Califes potentiels !

Abu Bakr et Omar n’ont pas de temps à perdre, il faut mettre Ali, le rival le plus dangereux, devant le fait accompli et à tout prix le forcer à faire allégeance !

« Ibn Hamid nous a raconté, selon ce que Jarir a raconté, selon Moughira, selon ibn Koleib qui a dit : Omar fils de Khatab vint au domicile d’Ali où Thalat, Zobeir et d’autres hommes parmi les immigrés s’était réfugiés et les menaça en ces termes « Je jure de brûler la maison si vous ne sortez pas faire acte d’allégeance » Zobeir sortit après avoir tiré son épée de son fourreau, mais il trébucha et l’épée tomba de sa main, ils sautèrent sur lui et le saturèrent».
Tabari volume 2 page 233.

Incroyable n’est-ce-pas ? Et pourtant la menace d’Omar de bouter le feux à la Maison d’Ali et Fatima est confirmée par d’autres historiens musulmans comme Yarkoubi et Balazuri. Détail piquant, dans la version de Yarkoubi on lit même que, pour calmer cet énergumène d’Omar, Fatima doit menacer de retirer son voile :

« Fatima menaça les assaillants en ces termes « par Dieu si vous ne sortez pas de chez moi j’enlève mon hijab ( Littéralement Fatima dit « Sortez de chez moi ou je découvre ma chevelure !) »
« L’histoire » par Yarkoubi » tome 2 page 126

Et encore :

« Abou Bakr envoya Omar à la demeure de Fatima afin de contraindre Ali à faire acte d’allégeance. Omar arriva devant la demeure de Fatima et il avait dans sa main une mèche de feu, il rencontra Fatima sur le pas de la porte cette dernière lui dit « O fils de Kattab es-tu venu mettre le feu à ma maison ?» Ce dernier lui répondit « oui ».
Balazuri page 586.

Les récits varient sur ce qui s’est passé ensuite : selon certains bon gré mal gré Ali aurait prêté allégeance pour une durée de deux à six mois, selon d’autres Ali aurait refusé tout en promettant de se tenir tranquille.

Quoi qu’il en ait été Abu Bakr et Omar estiment désormais ne plus avoir craindre la réaction d’Ali et :

« Le lendemain matin, Omar conduisit Abou Bakr à la mosquée en lui disant « il y a encore beaucoup de personnes qui n’ont pas prêté serment, il faut que tous aient accompli cet acte ». Le peuple s’assembla dans la mosquée, Abou Bakr s’assit dans la chaire et Omar se tenant au-dessous de la chaire »
Tabari, Livre des prophètes et des rois
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MessagePosté le: Lun Nov 12, 2007 7:39 am    Sujet du message: Répondre en citant

LES DEUX ABU : LE FEU COUVE


Tournons maintenant notre attention vers la réaction d’Abu Sufyan quand il apprend la nomination d’Abu Bakr.

Tabari, Livre des prophètes et des rois
Abu Sufyan a dit à Ali : “Comment se fait-il que le plus insignifiant des Quraych et le plus bas d'entre eux détienne l'autorité ? Par Allâh si tu voulais, je submergerais Abû Bakr de chevaux et d'hommes.” Ali a répondu : “O Abu Sufyan, pendant longtemps tu as fait la guerre à l'Islam et aux musulmans mais tu n’as pas été capable de faire du mal. Nous trouvons Abu Bakr digne de son autorité.” (page 198).


Tandis les gens s’étaient sont rassemblés pour faire le serment d’allégence à Abu Bakr, Abu Sufyan est venu en même temps, disant : “Par Dieu, Je vois un nuage de fumée (poussière) que rien excepté du sang ne nettoiera. O famille de Abd Manaf, où est Abu Bakr pour qu’il soit le maître de vos affaires ! Où sont Ali et al-Abbas, les deux faibles et humbles ? ” Il a [alors] dit à Ali, “O Abu Hasan, étend ta main que je puisse te faire le serment d’allégence” mais Ali a refusé, aussi il a commencé à citer très à propos les vers proverbiaux d’al-Mutalammis :

“un âne domestiqué connaît le déshonneur,
mais un homme libre et un chameau bien-bâti, aux articulations douces, le détestent.
Personne ne supporte un sort injuste qui lui est fait,
excepté deux choses méprisables : un âne domestiqué et un piquet de bois (d’une tente).
Le premier est maintenu dans son état d’ignominie par un bout de corde usé,
tandis que l’on tape sur la tête de l’autre
Et personne ne pleure (sur leur sort) .”


Ali l’a repoussé, disant : “Par Dieu, tu ne veux rien d’autre que [provoquer] la dissension. Pendant longtemps tu n’as voulu que du mal pour l’Islam. Nous n’avons pas besoin de tes conseils.” (Page 199).


Abu Safyan ne se géne donc pas pour proclamer haut et fort tout le mal qu’il pense de la nomination d’Abu Bakr. Son attitude va pourtant changer :

Lorsque Abu Bakr fut informé du propos d'Abu Sofyân et de son refus de prêter serment, il fit immédiatement appeler le fils aîné d'Abu Sofyân, Yezîd, et lui conféra le gouvernement de la Syrie et des contrées voisines qui étaient sous la loi de l'islam. Apprenant cette nomination de son fils, d'Abu Sofyân vint le soir même et prêta serment.

Quand Abu Bakr a succédé [au Prophète], Abu Sufyan a dit, “Qu’est-ce qu’Abu Fasil a à voir avec nous ? En vérité l’autorité appartient aux Banu Abd Manaf.” [Quand son fils Yazid est devenu gouverneur] on lui a dit : “Ton fils a été investi de l’autorité” et il a répondu “Il (Abu Bakr) a resserré son lien de parenté en se comportant avec bonté.” (1) (page 199)

(1) : Abu Sufyan aurait fait la même remarque quand, quelques années plus tard, à la mort de Yazid,Omar nomma son frère Muawiyah gouverneur de la Syrie.
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MessagePosté le: Lun Nov 12, 2007 7:43 am    Sujet du message: Répondre en citant

EN RÉSUMÉ

Mahomet vient juste de mourir sans avoir pu formellement désigner un successeur. Alors que l’on prépare son corps en vue des obsèques, Omar et Abu Bakr apprennent qu’une partie des Ansars (musulmans de Médine) se réunit en vue de désigner un chef et ils se précipitent à la réunion. Il y a un profond désaccord quant à celui qui deviendra le nouveau chef. Les Muhajirs (émigrés) considèrent que le successeur ne peut être désigné que parmi eux en raison de leur antériorité dans l'Islam, de leur parenté avec le Prophète et de leur émigration à ses côtés. Les Ansars font valoir qu'ils ont autant de droit qu’eux vu qu'ils ont accueilli Mahomet lorsqu'il a fui La Mecque, qu'en fin de compte c’est grace à leur aide qu’il a finalement pu triompher et qu’ils craignent des représailles de la part des Mecquois dont ils ont tué les parents si ce n’est pas un Ansar qui devient calife. Omar les convainc que le successeur doit être désigné parmi les émigrés. Plusieurs noms sont avancés dont celui d’Ali. La discussion s’envenime et menace de dégénérer en bataille rangée quand Omar joue d’audace et fait publiquement allégeance à Abu bakr. Pari gagné ! Interloqués, les autres musulmans présents suivent le mouvement. Omar à-t-il voulu délibérément évincer Ali ? On peut le penser. Quoi qu’il en soit, Ali est ensuite mis devant le fait accompli et sommé de prêter allégeance à son tour. Une torche à la main, Omar menace même les récalcitrants, lesquels commençaient à se regrouper chez d’Ali et de Fatima, de brûler la maison avec ses habitants si ces derniers refusent de sortir pour faire acte d’allégeance à Abou Bakr. L’effusion de sang est évitée in extremis alors que Zubayr a déjà sorti son épée de son fourreau (pour s’en servir contre Omar ?).

Quant à Abu Sufyan, profondément indigné qu'un homme issu d'un clan si modeste ait maintenant le pas sur lui et ceux de son clan, il propose à Ali de recourir à la force pour obliger Abu Bakr à renoncer au califat. Ali désire profondément le Califat mais il n’a aucune confiance en Abu Safyan et prèfère avaler la couleuvre.

Abu Sufyan prédit que ces outrages seront un jour lavés dans un bain de sang.
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MessagePosté le: Lun Nov 12, 2007 7:48 am    Sujet du message: Répondre en citant

DISCUSSION

Rappelons-nous encore la sourate 8:63. Le moins que l’on puisse dire est que les cœurs ne sont pas vraiment unis ! Mais peut-être ce verset était-il limité dans le temps ou peut-être même a-t-il été abrogé ? En tout cas une chose est certaine : à la mort de Mahomet, la communauté musulmane n’était pas du tout unie, au contraire ils étaient déjà prêts à se sauter à la gorge !

Examinons certaines des émotions à l’œuvre :

1) ORGUEIL ET ARROGANCE

Dans le fond de son cœur, Sufyan est ulcéré que le Calife soit issu d’un clan moins prestigieux que le sien. Sufyan n’a que mépris pour Abu Bakr : ce n’est qu’un parvenu et pourtant, lui, Sufyan va être obligé d’accepter les ordres de ce moins que rien.

Sufyan a très bien compris que le putsch d’Omar et d’Abu Bakr finira un jour par causer un bain de sang. Sa religion est maintenant faite sur Ali. Contrairement à ce dernier, Sufyan est un politicien habile. Il saura renforcer la position de sa famille et ouvrira à ses fils la voie du pouvoir.

2) REBELLION

Omar doit menacer Ali de mort pour qu’il fasse allégeance à Abu Bakr. Dans le fond de son cœur, Ali hait Abu Bakr – le meilleur ami de Mahomet, et considère que le califat lui revient de droit, mais pour l’instant il est obligé de s’accommoder de la situation.

De plus, aussitôt que Mahomet a passé l’arme à gauche, la communauté des musulmans se déchire. Sans la rapidité d’action d’Abu Babr et Omar la guerre civile aurait éclaté parmi les musulmans (ceux qu’Allah a unis). Quelqu'un peut-il recommander une bonne marque de colle à Allah ?
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MessagePosté le: Lun Nov 12, 2007 7:50 am    Sujet du message: Répondre en citant

COMMENTAIRES ET QUESTIONS

Nous assistons au prologue d’une tragédie digne de Shakespeare. Haine, jalousie, rancune, soupçon, méfiance, ambition et amertume sont profondément enracinées chez les chefs musulmans et certains prédisent déjà la guerre civile. La soif de richesses et de pouvoir allait effectivement avoir des conséquences tragiques pour la communauté islamique.

Ces évènements plus l’affaire de l’héritage… Faut-il s’étonner que Fatima n’ait survécu que six mois à son père ? Il semble bien, d’après les récits que firent Ali et ses fils qu’elle sombra dans la dépression nerveuse et ne s’en remit pas.

Ces meilleurs des musulmans n’auraient-ils pas dû être pleins d‘amour fraternel ? Pourquoi Abu Bakr et Omar n'ont-t-ils pas conseillé de différer l'élection ou la désignation du calife jusqu’à l'enterrement de Mahomet ? Pourquoi Abu Bakr, s’il ne voulait que protéger l’intérêt général, s'est-il contenté d’une désignation obtenue dans des conditions pour le moins malhonnêtes puisque c'est en catimini, et en dehors de la présence des principaux muhajirs et surtout d’Ali qu'il a été "élu?” S’il n’avait vraiment voulu qu’éviter la discorde, Abu Bakr n’aurait-il pas pu abdiquer une fois les esprits calmés ? Pourquoi Zubayr menaça-t-il de tuer tout musulman qui ne reconnaîtrait pas Ali Calife ? Pourquoi Ali a-t-il attendu six mois pour se soumettre à un homme qui était soi-disant si apprécié par Mahomet ? Omar n’aurait-il pas pu se conduire plus respectueusement envers la famille du prophète ?

Dans le monde entier, des groupes d’humains très divers sont capables de choisir leurs dirigeants dans la sérénité. Comment se fait-il que des systèmes laïques ou non islamiques s’en soient bien mieux tires que les meilleurs musulmans de tous les temps ? Pourquoi le mode islamique de désignation du dirigeant fait-il si piètre figure en comparaison des démocraties laïques alors que les musulmans affirment qu’il n’y a pas de meilleur système de gouvernement au monde ?
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MessagePosté le: Mer Nov 14, 2007 7:18 am    Sujet du message: Répondre en citant

TROISIEME PARTIE — DU SANG SUR LE CORAN !
OTHMAN ET LA FAMILLE ROYALE



Sahih Bukhari 5.47
Rapporté par Ibn 'Umar:
Du vivant du Prophète, nous considérions Abu Bakr sans pareil puis ensuite Omar et ensuite Othman (le suivaient) et ensuite nous ne faisions pas de différence entre les compagnons du Prophète.


Sahih Bukhari 5.50
Rapporté par 'Amr bin Maimun:
... J’ai vu 'Umar bin Al-Khattab quelques jours avant qu’il ne soit tué à Médine. ... A peine quatre jours s’étaient écoulés quand il fut frappé (à mort). Le jour où il fut frappé, j’étais debout et il n’y avait personne entre lui (Omar) et moi excepté Abdullah bin 'Abbas.

... Le peuple a dit (à Omar), "O commandeur des croyants ! Désigne un successeur." Omar a dit : "Je ne vois personne qui en soit plus digne que ce groupe dont l’Apôtre d’Allah était satisfait avant de mourir." Alors 'Omar a cité Ali, Othman, Az Zubair, Talha, Sad et 'Abdur-Rahman (bin Auf) et il a dit : "Abdullah bin 'Umar sera votre arbitre mais il ne participera pas au vote.

... Quand il fut mis en terre, le groupe (recommandé par Omar) s’est réuni. Abdur-Rahman a alors dit : " Réduisez le nombre de candidats au pouvoir à trois d’entre vous." Az-Zubair a dit : "je renonce à mon droit en faveur d’Ali." Talha a dit : " je renonce à mon droit en faveur d’Othman," Sad a dit : "je renonce à mon droit en faveur d’Abdur-Rahman bin 'Auf." 'Abdur-Rahman a alors dit (à Othman et Ali), "Et maintenant lequel d’entre vous renonce à son droit à la candidature et choisit le meilleur des deux (qui restent) sachant qu’Allah et l’Islam seront ses témoins." Les deux scheiks (Othman et Ali) restèrent silencieux. 'Abdur-Rahman a dit : "Confiez-moi cette affaire et je prends Allah pour témoin que je ne choisirai que le meilleur !" Ils ont dit "Oui."


Omar avait donc désigné un collège de six illustres compagnons qui devraient choisir entre eux son successeur.Comme quoi tous les musulmans étaient égaux mais certains plus que d’autres…
Ce collège se réunit : trois des membres se désistent immédiatement : restent donc en lice Abdur-Rahman Ibn Awf, Othmân et Ali. Habilement 'Abdul Rahmân Ibn 'Awf annonce immédiatement qu’il n’est pas candidat et que, puisque Ali et Othman ne peuvent se mettre d’accord, il se propose comme arbitre « neutre » qui tranchera entre-eux.

Sahih Bukhari n°7207
…Il se mit à consulter pendant trois jours les compagnons présents à Médine. La troisième nuit, il réveille al-Miswar ibn Makhrama, l'envoie appeler az-Zubayr et Sa'd, avec qui il s'entretient. Puis il envoie al-Miswar quérir 'Alî, avec qui il s'entretient longuement, puis 'Othmân avec qui il s'entretient longuement aussi.
Sahih Bukhari n°3700
…Il dit notamment à chacun de ces deux personnages : "Fais serment par Allâh que si tu es nommé dirigeant, tu seras juste et que si l'autre est nommé, tu obéiras".


Voici comment les choses se passèrent ensuite :

Les chefs de toutes les tribus, où la nouvelle de la mort d’Omar était parvenue, étaient arrivés à Médine pour voir qui serait nommé calife. Abd-er-Ra’hmân alla les trouver, chacun en particulier, et leur dit : « les débats s’étant prolongés, j’ai retiré ma candidature et j’ai amené Sa’d et Zobaïr à faire de même. La question est maintenant entre Ali et Othmân. Lequel des deux voulez-vous ? »

La plupart se déclarèrent pour Othmân. Abd-er-Ra’hmân lui-même penchait pour ce dernier. Parmi les chefs qu’Abd-er-Ra’hman avait interrogés étaient Abou-Sofyân et Amrou, fils d’Al-‘Aç. Pendant la nuit, Abou-Sofyân se rendit auprès d’Amrou et lui dit : « Abd-er-Ra’hmân est venu me trouver et m’a demandé qui je voulais pour calife. J’ai répondu que je voulais Othmân ». Amrou dit : « Il est venu aussi chez moi, et moi aussi je me suis prononcé pour Othmân ».. Abou-Sofyân reprit : « que faire alors ? Othmân est un homme doux, et je crains qu’il ne perde l’affaire, et qu’Ali ne l’emporte sur lui par sa détermination ». Amrou répliqua : « Ne t’inquiète pas de cela ; je verrai, cette nuit, l’un et l’autre, et je ferai en sorte qu’Othmân soit nommé. »

Il se rendit donc auprès d’Ali et lui parla ainsi : « Tu connais mon ancienne amitié et mon affection pour toi. Toi et Othmân, vous êtes maintenant seuls en présence. Les chefs qu’Abd-er-Ra’hmân a vus cette nuit se sont déclarés soit pour toi, soit pour Othmân. Maintenant, si tu veux suivre le conseil que je vais te donner, tu l’emporteras ».
Ali dit : « Je ferai ce que tu me conseilleras ». Amrou reprit : « Abd-er-Ra’hmân est un homme d’une parfaite probité. Demain, il t’appellera et te demandera si tu acceptes le pouvoir en promettant de suivre la loi de Dieu et de son Prophète et la voie des deux califes antérieurs. Si tu réponds affirmativement et qu’il te voie avide de saisir le pouvoir, il ne voudra pas de toi. Ne fais pas une réponse catégorique. Dis que tu feras tous tes efforts pour les exécuter ». – « Que Dieu te récompense ! s’écria ‘Ali. C’est ainsi que je dirai ! » Amrou se rendit ensuite chez Othmân et lui dit : « si tu veux suivre mon conseil, tu seras nommé demain ; sinon, Ali triomphera de toi ». – « Je suivrai ton conseil, répondit ‘Othmân, parle ». Amrou dit : « Abd-er-Ra’hmân est un homme droit et sans dissimulation. Lorsque, demain, il t’exposera [les devoirs du souverain], n’hésite pas à accepter les conditions qu’il te posera ».

Le lendemain, Abd-er-Ra’hmân fit appeler Zobaïr et Sa’d et leur dit : « Cette affaire traîne en longueur.