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AllahAssghar
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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 1:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les attentats les plus meurtriers
depuis 2003
16.07.2007 | 18:15


Voici un rappel des attentats les plus meurtriers en Irak depuis la fin officielle des combats, le 1er mai 2003.

2003

- 29 août : Attentat à la voiture piégée devant la mosquée de l'imam Ali à Najaf (centre). Au moins 83 morts, dont Mohammad Baqer Hakim, chef du Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII).

2004

- 1er février : 105 personnes tuées dans un double attentat suicide contre les sièges des partis kurdes PDK et UPK à Erbil (nord).

- 2 mars : Plus de 170 morts et 550 blessés lors d'attentats simultanés dans la ville sainte chiite de Kerbala (centre), et dans une mosquée de Bagdad.

- 24 juin : Attentats contre la police suivis de violences dans des bastions sunnites au nord et à l'ouest de Bagdad. Plus de 100 morts.

2005

- 28 février : 118 morts dans un attentat suicide revendiqué par Al-Qaïda en Irak, devant des bâtiments administratifs à Hilla (sud de Bagdad).

- 11 mai : Au moins 84 morts dans des attentats revendiqués par le groupe Ansar al-Sunna, lié à Al-Qaïda, notamment à Tikrit (nord) et Houweija (nord) contre un centre de l'armée.

- 16 juillet : Au moins 83 morts dans un attentat suicide à Moussayeb (sud de Bagdad).

- 14 septembre : Au moins 128 morts dans des attentats à Bagdad contre les chiites, revendiqués par Al-Qaïda en Irak.

- 29 septembre : 99 morts, 124 blessés dans un triple attentat revendiqué par Abou Moussab al-Zarqaoui, alors chef d'Al-Qaïda en Irak, à Balad, ville chiite au nord de Bagdad.

- 18 novembre : 78 morts, 90 blessés dans des attentats suicide contre deux mosquées chiites à Khaneqin (nord-est).

2006

- 5 janvier : Attentat suicide à Kerbala (44 morts) puis à Ramadi (ouest de Bagdad) contre la police (67 morts).

- 7 avril : 90 morts, 175 blessés dans un triple attentat suicide contre une mosquée chiite dans le nord de Bagdad.

- 13 août : Attentats à Bagdad: 73 morts, 138 blessés.

- 23 novembre : Au moins 202 morts, 256 blessés dans des attentats à Sadr City.

2007

- 16 janvier : 70 étudiants, professeurs et employés d'une université de Bagdad sont tués dans deux attentats. 169 blessés.

- 22 janvier : 88 morts, plus de 160 blessés dans un double attentat à la voiture piégée à Bagdad.

- 1er février : 73 morts dans un double attentat suicide contre un marché de Hilla.

- 3 février : Au moins 130 morts, plus de 300 blessés dans un attentat suicide au camion piégé près d'un marché de Bagdad.

- 12 février : Au moins 79 morts dans un double attentat contre deux quartiers chiites à Bagdad.

- 6 mars: 117 pèlerins chiites tués et 173 blessés dans un attentat suicide près de Hilla (sud de Bagdad).

- 27 mars: 152 morts, 347 blessés dans un attentat antichiite à Tal Afar (nord).

- 29 mars: Double attentat suicide dans un marché de Bagdad: 82 morts, 138 blessés.

- 18 avril : Au moins 140 morts et 155 blessés dans un attentat à la voiture piégée sur le marché de Sadriya à Bagdad.

- 28 avril : Attentat suicide à la voiture piégée à Kerbala, 71 tués.

- 19 juin: Attentat au camion piégé près d'une mosquée chiite à Bagdad, 87 morts, 242 blessés.

- 7 juillet : Au moins 140 morts, 270 blessés dans un attentat suicide au camion piégé, à Emerli (130 km de Kirkouk, nord).

- 16 juillet : Au moins 75 morts et 180 blessés dans un attentat suicide à la voiture piégée à Kirkouk.

_________________
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Avekha
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MessagePosté le: Mar Juil 17, 2007 9:17 pm    Sujet du message: Répondre en citant

A suivre...
_________________
"Ma venue ne fut d'aucun profit pour la sphère céleste.
Mon depart ne modifiera ni sa beauté, ni sa grandeur.
Mes deux oreilles n'ont jamais entendu dire par personne,
Le pourquoi de cette venue et celui de ce départ"


Omar Khayyam
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AllahAssghar
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MessagePosté le: Jeu Juil 19, 2007 2:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une terreur bien «islamiste»

Les autorités britanniques ont été trop lentes à dénoncer l’idéologie à l’origine des attentats.
Par DENIS MACSHANE, ancien ministre britannique des Affaires européennes, député travailliste., denis macshane, Député travailliste et ancien ministre britannique des Affaires européennes de 2002 à 2005.
QUOTIDIEN : jeudi 19 juillet 2007

La Grande-Bretagne entame un long combat contre les diverses idéologies islamistes qui envoient de jeunes hommes tuer et mutiler nos concitoyens.
La réponse calme, rationnelle, déterminée et sans ambiguïté de la nouvelle ministre de l’Intérieur (Home Secretary), Jacqui Smith, tout autant que les termes graves du Premier ministre, Gordon Brown, constituent un changement bienvenu après les théâtrales déclarations de guerre au terrorisme, ou la consultation immédiate de comités dont les membres sont plus enclins à dénoncer la politique étrangère de la Grande-Bretagne qu’à poser les questions épineuses sur les processus intellectuels qui conduisent les candidats aux attentats suicide ou à la voiture piégée.
Il y a six semaines, David Cameron (dirigeant du parti conservateur) a écrit, dans l’Observer (journal dominical), un article critique contre ceux qui utilisent le terme d’ «islamiste» pour décrire les racines idéologiques de la menace terroriste.
Pourtant «islamiste» est une description parfaitement adaptée à une idéologie globale qui incube lentement depuis des dizaines d’années. Il a fallu soixante-neuf ans entre la rédaction du Manifeste du Parti communiste et l’imposition de la terreur bolchevique en Russie en 1917.
La haine des Juifs de Hitler provient d’écrits et d’idéologues actifs avant sa naissance.
On peut trouver l’équivalent islamiste de l’appel révolutionnaire de Marx dans les écrits du fondateur des Frères musulmans, dont l’influence ne cesse de croître en Egypte, aussi bien que dans ses ramifications telles le Hamas et un réseau européen qui inclut des membres éminents du Conseil musulman de Grande-Bretagne.
Dans les années trente, Hassan al-Banna écrivait : «le Coran est notre constitution, le Djihad est notre moyen d’action, le martyre est notre désir».
D’un seul coup, l’histoire de la modernité, qui est fondée sur la séparation entre la foi et la démocratie, l’église et l’Etat, les hommes politiques et les prêtres, a été renversée. Aujourd’hui, c’est Al-Qaeda et la myriade de groupes islamistes, de l’Indonésie à la Grande-Bretagne, qui s’inspirent de l’idéologie islamiste pour perpétrer des actions maléfiques.
Celles-ci sont condamnées partout par les musulmans respectables.
Je passe plus de temps dans les mosquées que dans les églises de ma circonscription de Rotherham (nord-est de l’Angleterre, ndlr) où vivent 10 000 citoyens musulmans. Leurs imams et les membres des conseils de mosquée sont des hommes de paix. Ils apprennent à leurs enfants à réciter le Coran tout comme on m’a appris à réciter la messe en latin quand j’étais enfant de chœur. Les musulmans britanniques connaissent la différence entre leur foi et les idéologies de l’islamisme.
Quand David Cameron nie le concept de l’islamisme, al-Banna et tous les pères fondateurs de l’islamisme se tordent de rire dans leur tombe. Laughing
Mais, aussi mesurée et impressionnante qu’ait été la réponse du gouvernement (et pour être honnête, celle de Cameron) face aux tentatives d’atrocités à Londres et à Glasgow, le fait est que le gouvernement travailliste, Whitehall et toute la classe politico-médiatique en Grande-Bretagne ont été très lents à prendre conscience de la nécessité d’une confrontation intellectuelle et idéologique avec l’islamisme.
J’en ai fait l’expérience de première main quand, en novembre 2003, en tant que ministre aux Affaires européennes, j’ai prononcé un discours après que des terroristes islamistes eurent conduit un camion suicide à l’intérieur du consulat britannique à Istanbul, tuant énormément de gens, principalement des Turcs.
Au même moment, un jeune homme du Sud Yorkshire avait été conditionné par des islamistes pour devenir candidat à l’attentat suicide à Tel-Aviv.
J’ai exprimé ce qui me paraissait être des banalités, disant que l’on devait choisir entre «la règle démocratique de la loi, si vous préférez la façon de faire britannique, turque, américaine ou européenne, fondée sur le dialogue politique et la contestation non violente, ou la méthode des terroristes, contre laquelle le monde démocratique tout entier s’unit désormais.
Nous devons nous éloigner du discours des martyrs et j’espère que nous verrons s’affirmer plus clairement et avec plus de détermination qu’il n’y a pas d’avenir, où que ce soit dans le monde, pour aucune cause musulmane qui valide ou soutient implicitement l’usage de la violence politique de quelque façon que soit».
Lus aujourd’hui, ces propos sont tellement évidents que tout député les approuverait. Il y a quatre ans on les a considérés comme provocateurs et inacceptables.
Des « experts» ont écrit des articles pour me dénoncer.
Au sein même du Foreign Office (ministère des Affaires étrangères), on m’a enjoint de négocier, avec un représentant du Conseil musulman de Grande-Bretagne, une rétractation partielle de ma déclaration. Je regrette maintenant d’avoir temporisé, en raison de l’émotion véritable que je ressentais chez mes amis musulmans du Yorkshire et, bien sûr, parce que tout homme politique souhaite conserver son mandat. Maintenant, nous n’avons plus d’excuse. Si les ministres et les députés veulent savoir d’où vient le terrorisme, ils peuvent lire le livre de Ed Husain, l’Islamiste, au sous-titre auto explicatif, «Pourquoi je me suis engagé dans l’islam radical en Grande-Bretagne, ce que j’y ai vu de l’intérieur et pourquoi je l’ai quitté.» Husain est l’un des musulmans britanniques, de plus en plus nombreux, qui disent la vérité.
On peut lire, dans un numéro récent de la revue Prospect (magazine libéral de gauche), le reportage remarquable de Shiv Malik sur le factionalisme islamiste qui a pris le contrôle des fauteurs d’attentats à la bombe du 7 juillet, arrêtés à Leeds.
Contrairement aux non-musulmans qui ont essayé d’évoquer les problèmes avant que le monde politico-médiatique complaisant ne soit prêt à les écouter, ces témoignages actuels des musulmans britanniques ne peuvent être réfutés.
Ils ne sont pas comme Tariq Ramadan, le petit-fils de al-Banna, qui écrit avec révérence sur le père fondateur de l’islamisme. Récemment, la revue Prospect a publié une interview-portrait bienveillante de Ramadan. Le mois dernier, le rédacteur en chef du magazine, David Goodhart, lui a adressé une lettre ouverte après que Ramadan eut condamné une rencontre à Downing Street qui comprenait des leaders musulmans opposés à l’islamisme.
Goodhart a fait valoir que ni la politique étrangère ni les attitudes racistes dans une Grande-Bretagne où les citoyens musulmans ont des vies plus libres que dans n’importe quel autre État musulman, ne peuvent justifier les attaques constantes sur la démocratie britannique de la part des idéologues islamistes.
Ramadan n’a pas daigné répondre. Il reste cependant consultant à Whitehall, en dépit de son refus d’appeler à l’abolition de la lapidation à mort des femmes suivant la loi de la charia.
Mais le refus de contester l’idéologie islamiste a fait son temps. Il y a une détermination nouvelle au gouvernement à énoncer les dures vérités.
Et bientôt quelqu’un expliquera à David Cameron que l’idéologie islamiste et les crimes de la terreur islamiste existent bel et bien, et qu’ils représentent un défi fondamental à toutes les valeurs que les citoyens britanniques, de toutes confessions ou d’aucune, et la Grande-Bretagne défendent.
Traduit de l’anglais par Jean-Charles Burou.


http://www.liberation.fr/rebonds/267828.FR.php
© Libération

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mahomet
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MessagePosté le: Jeu Juil 19, 2007 3:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

L'Afghanistan va bientôt retrouver ses très chers talibans qui appliquent noblement la Loi Divine. Sourire

Citation:
Inch Allah, les talibans vont bientôt revenir et tuer tous les infidèles »

Voyage au coeur du talibanistan

Depuis Peshawar au nord-ouest du Pakistan, déstabilisé par les islamistes armés, jusqu’à la capitale afghane, Kaboul, en proie à la corruption du régime Karzaï, notre envoyée spéciale Sara Daniel a traversé les champs de pavot qui font de l’Afghanistan un narco-Etat, rencontré les villageois ralliés aux talibans et constaté, partout, le retour en force des « étudiants en religion », chassés du pouvoir il y a cinq ans...






Peshawar
« Cheikh Oussama est en bonne santé… »

Si Quetta est la base arrière des combattants talibans, le refuge où malades et blessés se font soigner, Peshawar, ville dirigée par la coalition islamiste du Muttahida Majlis-e Amal (MMA), est leur capitale politique. Pas besoin de chercher longtemps leurs représentants, leurs sympathisants, prêts à déclarer avec assurance que leur victoire n’est plus qu’une question de temps. Ils sont partout. Ici on ne demande pas : « Savez-vous où se trouve Ben Laden ? » On ne pose pas la question non plus pour le numéro deux d’Al-Qaida, Ayman al-Zawahiri, qui a pourtant été repéré pour la dernière fois tout près d’ici, dans les montagnes de Landi Kotal. Poser ces questions dans les zones tribales du Pakistan est une faute de goût. Vous n’obtiendrez aucune réponse, mais une moue réprobatrice de la part de votre interlocuteur, qui se montrera soudain pressé de vous reconduire.

Non, ce qu’il faut demander, c’est « comment va le cheikh Oussama ? ». Cette question, nous la posons au maulana Muhammad Yousouf Qureshi, le mollah de la plus ancienne mosquée de Peshawar, qui a offert 1 million de dollars à toute personne qui assassinerait le dessinateur danois, auteur des caricatures du Prophète. « Grâce à Dieu, cheikh Oussama est en très bonne santé, merci ! », répond-il en faisant couler sa longue barbe blanche entre ses doigts comme dans un anneau. Tout comme les talibans ! Qureshi, c’est le religieux qui a incité les policiers de la ville à pratiquer des autodafés de CD auxquels ces derniers se livrent désormais de façon régulière. « Sinon nous commencions le djihad », soupire-t-il, comme si cela ne l’amusait pas plus que cela. Solidaire des mollahs de la Mosquée rouge d’Islamabad, dont la reprise par l’armée pakistanaise a fait près de 100 morts, la semaine dernière, il n’exprime que du mépris pour le président Musharraf. « Cet homme joue un double jeu, affirme-t-il. La dernière fois qu’il est venu me voir, il m’a dit : “Les Américains m’obligent à les aider, et pourtant mon cœur est du côté des talibans” ! » Car les Américains, comme le président du Pakistan, viennent régulièrement rendre visite à Qureshi pour prendre le pouls de la contestation islamiste dans la région. Verdict : la talibanisation progresse indéniablement dans les zones tribales. Et contamine le Pakistan. 72 stations de FM, chacune contrôlée par un mollah, incitent à la violence et félicitent la population qui a renoncé à envoyer ses filles à l’école. Dans le sud du Waziristan, les talibans locaux enlèvent des enfants dans les écoles primaires pour en faire des kamikazes. Sohailzeb, un adolescent arrêté dans les rues de Tank alors qu’il portait une ceinture d’explosifs, a raconté à la police que son instructeur ouzbek avait recommandé aux enfants appelés à se faire exploser de bien pencher la tête pour ne pas entrer au paradis décapités.


Khyber Pass
« Les meilleurs des musulmans… »

A Bara, où trois personnes – une femme et deux hommes – viennent d’être lapidées puis criblées de balles parce qu’on les soupçonnait de mœurs légères, un policier monte dans notre voiture. En principe, il est chargé d’assurer notre sécurité dans les zones tribales ; en fait, il se montre surtout soucieux de nous soutirer de l’argent et de nous empêcher de prendre des photos. Notre « protecteur » du gouvernement pakistanais nous tient un discours assez peu hospitalier : « Inch Allah, les talibans vont bientôt reprendre le pouvoir et tuer tous ces infidèles d’Occidentaux », explique-t-il à notre traducteur, qui s’empresse de nous
délivrer le message. Selon lui, la famille lapidée de Bara l’a bien mérité. Dans ce village, dit-il, aucune fille ne va plus à l’école depuis longtemps. Ce sont les intégristes du parti Lashkar-i-Taiba (un parti indépendantiste cachemiri aujourd’hui interdit au Pakistan) qui contrôlent la zone – « les meilleurs des musulmans », selon notre guide. Il concède pourtant qu’il y a un léger problème dans le village : il n’y a plus aucun magasin de vidéo. Il n’y a d’ailleurs plus de commerce du tout. Car à Bara on ose à peine sortir de chez soi. « Ils nous tirent dessus, alors chacun reste dans sa zone tribale », explique le garde.

Nous traversons la frontière avec l’Afghanistan sous une pluie battante. Des Cosette asiatiques ploient sous des ballots de produits de contrebande... Ici, à Khyber Pass, les trafiquants transportent leurs marchandises – drogue, pièces détachées de voitures – à dos de chameau. Il y a quelques jours, un ancien membre de l’ISI (services secrets pakistanais) est arrivé avec un arsenal destiné aux chefs de la guérilla talibane. Des douaniers peu amènes chassent les Occidentaux que nous sommes d’un revers de la main, en nous maudissant, de l’autre côté de la frontière. Et puis soudain, les plaines vert tendre de l’Afghanistan et au loin les montagnes dont on ne voit que les crêtes enneigées, suspendues dans le ciel au-dessus des cultures. Sur la route de Jalalabad, une petite fille, une bohémienne kutchi, utilise sa main comme un couteau et fait mine de se trancher la gorge en me regardant droit dans les yeux.

La route de Jalalabad

Pourquoi Omar rêve de devenir kamikaze…

La cause de cette hostilité qui nous enveloppe de plus en plus franchement depuis que nous avons traversé la frontière ? Les « dommages collatéraux » du maintien de la paix et de la guerre au terrorisme. Les erreurs de tir, les massacres de civils par les armées occidentales déployées en Afghanistan. Les manifestations de douleur et de haine qui les accompagnent vont scander notre voyage, l’interrompre parfois lorsque les cercueils sont posés sur les routes en signe de protestation.

Juste avant d’arriver à Jalalabad, nous nous arrêtons à un endroit où le goudron lisse de la route toute neuve est troué de plusieurs cratères. Omar a 19 ans et un beau sourire grave. Il pose mille questions sur nos vies, nos goûts d’Occidentaux, puis raconte la mort de son grand-père adoré, sur cette route, il y a deux jours. Devant le poste de police, on peut encore voir sa voiture criblée de centaines d’impacts de balles. Ce sont les Américains, paniqués, qui ont ouvert le feu à l’aveugle : les jeunes soldats fraîchement arrivés avaient perdu le contrôle de leurs nerfs après avoir essuyé une attaque. Soudain les cernes de ses yeux sont plus marqués, de sa voix douce Omar dit qu’il veut devenir un kamikaze, tuer des Américains. Quel espoir autrement pour lui ? Comment trouver un job puisqu’il n’a pas d’argent pour verser des pots-de-vin aux fonctionnaires corrompus ? Je l’écoute en pensant à mon ami le docteur Salam de Fallouja, en Irak, qui aurait pu tenir le même discours. Et à cette route le long de la palmeraie de Baqouba où les Américains se vengeaient des bombes anonymes plantées sur le chemin en faisant feu sur les maisons. Beaucoup d’histoires ici évoquent l’engrenage irakien. Et seule la majesté des montagnes rappelle que nous sommes en Afghanistan.

Ces « erreurs de renseignement », nous en avons aussi trouvé l’écho dans l’enceinte de la prison de Jalalabad où un gardien complaisant a accepté de nous introduire. Derrière les barreaux s’agglutinent, dans la promiscuité et la crasse, des hommes, parfois des adolescents. Le gardien laisse sortir ceux qu’il juge les plus « doux » pour que je puisse leur parler. Ceux qui ne sont pas trop aigris de la terrible injustice qui leur a souvent été faite : ces victimes des dénonciations mensongères et de la justice expéditive des Américains qui ont du mal à décoder les coutumes locales… Ils ont été dénoncés par un voisin qui voulait s’emparer de leur terre (à l’hôpital, on retrouve beaucoup de victimes de ces disputes) ou bien par un concurrent qui les jalousait. Comme Anargul, un boulanger qui a été accusé par un autre boulanger d’être un voleur et un taliban parce que son affaire était trop florissante
et puis « parce que mon pain est bien meilleur que le sien », sourit-il. Il purge une peine de sept ans. « Au temps des talibans, les punitions étaient très sévères mais, eux, ils faisaient une enquête… », soupire-t-il, écœuré.

Jalalabad
L’Eliot Ness du Nangarhar

Il ne compte plus les menaces, ni les attentats qui ont failli lui coûter la vie. En Afghanistan, Ali Zaid, l’Eliot Ness de l’opium, est une aberration. Un incorruptible dans un monde de corruption. Un pur. Comment résiste-t-il ? On se demande en observant ce géant aux manières brutales, qui traite ses domestiques comme autant d’esclaves, pourquoi il est tombé du bon côté de la loi. Surtout que ce « bon » choix a un prix ici. Il est célibataire, trop dangereux dans sa position d’avoir une famille. Fonctionnaire gouvernemental, c’est d’abord à Kandahar, sa ville d’origine, qu’il a commencé à lutter contre le trafic de drogue avant d’être écarté par les autorités. Trop zélé. On lui cherchait des poux dans la tête, on s’en prenait à sa famille. Lorsqu’une journaliste du « New York Times » a publié la liste des gouverneurs (dont le frère de Karzaï) et des ministres liés au trafic de drogue qu’Ali Zaid lui avait remise, il a risqué l’exil. Et puis on l’a muté ici à Jalalabad, où presque tout le monde cultive une petite parcelle de pavot, trafique un peu. « Je suis comme dans une cage, dit Ali Zaid, je ne peux pas parler, ni bouger, tout ça pour 50 dollars par mois. Dans les moments de découragement, je me demande pourquoi je fais cela. Il serait si facile de devenir riche. Comme eux… » Dans son jardin, il cultive des pavots « pour mieux guetter le moment de la récolte et pour que les cultivateurs ne puissent pas me mener en bateau ». Tout le monde essaie pourtant.
Justement, c’est le moment de la récolte dans le Nangarhar et nous n’avons pas à aller très loin pour trouver les champs de pavot qui s’étendent à perte de vue. Le premier que nous apercevons longe la route de Jalalabad. Les ouvriers griffent le bulbe de la fleur de pavot et recueillent la pâte rose qui, une fois transformée, deviendra de l’opium puis de l’héroïne. Ali Zaid s’approche d’un vieux fermier : « Alors baba, vous cultivez de l’opium ? – Non, commandant, ce n’est pas du pavot, ce sont de belles fleurs. – Pourquoi les griffes-tu alors ? Le Prophète te punira. Allah n’aime pas les menteurs. – Excuse-moi, je suis un pauvre homme, ne brûle pas mon pavot ! »

Les deux hommes tombent dans les bras l’un de l’autre. Ali Zaid est aussi conciliant avec les petits fermiers qu’il est impitoyable avec les gros trafiquants : « L’opium, c’est toute l’économie de la région. S’ils n’en cultivent pas, ils ne peuvent rien faire, ni se marier ni vivre. L’Afghanistan est un narco-Etat ! » explique Ali Zaid.Cette année, à cause des talibans qui encouragent les fermiers, à cause de l’échec de toute politique de substitution, la culture du pavot est en très nette progression dans le Nangarhar : « L’année dernière, la culture du pavot concernait 7 districts sur 22. Cette année, c’est 18 », soupire Ali Zaid. Le long de la rivière Kunar, tous les cultivateurs d’opium affichent la même déception : « Pendant cinq ans, nous avons cultivé des pastèques à la place de l’opium, raconte Mahmoud Sharan, un fermier de 55 ans, très respecté dans le district de Gochtah. Mais cette année, en signe de protestation, nous avons recommencé : nous ne croyons plus aux promesses de Karzaï ! »

Quant aux autorités locales, elles ferment les yeux, brûlent quelques champs, une fois la récolte terminée, pour faire plaisir aux Américains… « Le gouvernement doit faire attention, explique Nour al-Islam, un policier qui surveille les champs d’opium. Les talibans peuplent ces montagnes et si on aliène les cultivateurs, ils vont rejoindre les insurgés. »
Dans le coffre de son bureau, Ali Zaid a une autre liste, celle de tous les gros trafiquants de la région, mais il refuse de la communiquer. « Cette fois, je ne commettrai pas la même erreur. J’attendrai que les Américains se montrent un peu sérieux sur cette question ! »

Kaboul
Karzaï rattrapé par le tribalisme

« Le problème, c’est l’entourage du président Karzaï ! » Dans les bureaux des ambassadeurs à Kaboul, chez les diplomates et les fonctionnaires internationaux, c’est toujours la même phrase qui revient. « Il y a des choses qui ont progressé en Afghanistan : quand nous avons été directifs, cela a marché », explique un ambassadeur occidental qui cite au rang des améliorations : la police et le recrutement de nouveaux gouverneurs, moins corrompus. Un autre fonctionnaire international met un bémol à ce satisfecit : « Il est vrai que l’examen qui a été instauré a professionnalisé la police. Mais les policiers sont si mal payés qu’ils restent très vulnérables aux pressions des seigneurs de guerre… » L’ambassadeur pense, lui, que la communauté internationale devrait maintenant exiger la démission de ses conseillers, et surtout du frère du président. « Comment les Afghans pourraient-ils nous faire confiance, s’interroge-t-il, si nous demandons l’éradication des champs de pavot, tout en laissant tranquille le plus grand dealer de drogue du pays… Et puis, pour Karzaï, ce serait une manière de faire ses preuves : tous les grands dirigeants afghans ont pris des distances avec leurs frères, de possibles rivaux. »

Un autre de ses anciens conseillers occidentaux, qui a été déçu par la dérive féodale du président afghan, avance une explication psychologique à l’habitude, chère à Karzaï, de mal choisir son entourage. Le président, estime-t-il, souffre du syndrome de l’usurpateur. Les amis de son père, qui le considèrent comme un vassal des Américains, le jugent mal. Alors il emploie leurs fils et ils deviennent ses obligés : c’est le système tribal à l’afghane. Et puis en employant les pires, il montre aussi son indépendance, puisqu’il rejette les conseils de la communauté internationale…

Kaboul (II)
« Les Américains ne veulent pas vraiment arrêter les talibans »

Il n’y a pas que les Occidentaux qui arpentent leur guest house, nerveux et claustrophobes, en essayant de savoir comment sortir de Kaboul et jusqu’où sont arrivés les talibans. Les parlementaires afghans, eux aussi, sont consignés dans la capitale, interdits de séjour dans leur village natal. Alors, lorsqu’ils ne sont pas au Parlement, ils arpentent les couloirs de l’Hôtel Serena ou de ces nouveaux restaurants coloniaux aux tapis ouzbeks, décorés de l’artisanat de Bamiyan, où se pressent les membres des ONG et les journalistes. Ou bien ils restent dans les maisons qu’ils ont fini par louer à Kaboul faute de pouvoir rentrer chez eux.

Car ils sont de plus en plus nombreux, les parlementaires exilés dans la capitale afghane, interdits de séjour. Mamoor Jabaar, député de Ghazni, une province à trois heures de route au sud de Kaboul, ne s’est pas rendu dans sa région depuis l’hiver dernier. Les talibans y ont pris un district entier. Jabaar décrit les larcins et les menaces des « étudiants en religion » qui vivent désormais aux crochets des villages qu’ils terrorisent. Alors par réalisme, la population se détourne d’un gouvernement qui n’a pu ni assurer leur sécurité ni lutter contre le chômage, contre la pénurie d’écoles et d’hôpitaux. Selon le député de Ghazni, les Afghans – lui
le premier – ne comprennent pas la stratégie des Occidentaux : « Les Américains ne veulent pas vraiment arrêter les talibans. Tout le monde sait que leurs chefs sont tranquillement à Quetta, au Pakistan. Alors pourquoi ne vont-ils pas les arrêter ? Par incompétence ? Nous croyons que les Américains veulent en finir avec le monde musulman, à n’importe quel prix. Oussama a été leur créature, maintenant ils soutiennent le Pakistan, pour mieux détruire l’Islam… » Les Afghans préfèrent élaborer une théorie de la conspiration plutôt que de faire l’hypothèse de l’incompétence des Etats-Unis.

Pourquoi les Etats-Unis soutiennent-ils Musharraf, alors qu’il est clair lorsqu’on traverse ces régions qu’une grande partie de l’instabilité de l’Afghanistan trouve sa source au Pakistan, base arrière des talibans. Alors qu’il est clair aussi que cette instabilité est tolérée – voire encouragée – par le général-président. Un diplomate occidental en poste depuis la chute des talibans propose une explication étayée par son expérience de la région : « Les Américains font, comme toujours, pression sur les plus faibles pour contenter les plus forts. Sur l’Afghanistan vis-à-vis du Pakistan. Sur le Pakistan vis-à-vis de l’Inde. Empêtrés dans ces logiques locales, ils ont perdu de vue le tableau général, leur but et Ben Laden. Changer maintenant de tactique, lâcher Musharraf
parce qu’il ne veut pas ou ne peut plus contrôler les talibans, ce serait reconnaître qu’ils se sont fourvoyés… »

Reportage photo : Bertrand Meunie
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MessagePosté le: Lun Juil 23, 2007 2:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les talibans prolongent leur ultimatum de 24 heures

Séoul a dépêché une délégation à Kaboul pour discuter du sort des 23 otages


Photo: Agence Reuters
Kaboul -- Les talibans, qui détiennent 23 otages sud-coréens au sud de Kaboul, ont annoncé qu'ils prolongeaient de vingt-quatre heures leur ultimatum, fixé initialement hier à 14h30 GMT. Le mouvement islamiste exige le retrait du contingent sud-coréen présent en Afghanistan en échange de la vie des otages, des volontaires membres de «l'Église de Saemmul», âgés pour la plupart d'une vingtaine ou d'une trentaine d'années.

«Les talibans prolongent encore de vingt-quatre heures leur ultimatum, a déclaré par téléphone à Reuters leur porte-parole, Qari Mohammed Youssouf. L'émirat islamique est désireux de régler la question de manière pacifique et il s'agit d'une extension destinée à convaincre le gouvernement coréen de faire pression sur Kaboul pour qu'il accepte nos revendications».

La Corée du Sud a jusqu'ici affirmé qu'elle retirerait à la fin de l'année, comme prévu, son contingent de 200 militaires composé de techniciens et d'un personnel médical. Une délégation gouvernementale sud-coréenne se trouvait hier à Kaboul pour discuter avec les autorités afghanes. Youssouf a affirmé que l'ultimatum avait été repoussé pour «honorer» la délégation coréenne.

Tandis que des chefs tribaux tentaient d'apporter leur médiation entre les talibans et une délégation gouvernementale afghane, les forces afghanes ont cerné le groupe de quelque 70 ravisseurs, dans la province de Ghazni, au sud de Kaboul, selon un spécialiste occidental de la sécurité.

Le ministère afghan de la Défense a fait savoir que les forces armées se tenaient prêtes à intervenir et que les opérations seraient déclenchées «si les autorités le jugent nécessaire».

Youssouf a assuré que les otages étaient détenus dans différents endroits et que «tout recours à la force» aurait pour eux «de terribles conséquences».

Un porte-parole des talibans avait déclaré samedi que le groupe commencerait à tuer les otages à partir de 14h30 GMT, hier, si Séoul ne retirait pas son contingent et si Kaboul ne libérait pas tous les talibans emprisonnés.

Incertitudes sur l'otage allemand

Selon l'agence sud-coréenne Yonhap, les volontaires, parmi lesquels des infirmières et des professeurs d'anglais, apportaient une aide médicale et éducative dans la région et ne menaient nullement une mission d'évangélisation, ce qui confirme les informations communiquées samedi par le président sud-coréen, Roh Moo-hyun, dans une allocution télévisée.

La délégation sud-coréenne arrivée hier matin à Kaboul est composée de huit personnes, dont un vice-ministre des Affaires étrangères, un conseiller spécial du président et des diplomates du ministère des Affaires étrangères.

Le porte-parole des talibans a affirmé que ces derniers avaient tué samedi leurs deux otages allemands, à la suite du refus de Berlin de retirer ses forces de l'Afghanistan.

Les autorités allemandes ont émis des doutes sur l'habilitation de Youssouf à s'exprimer au nom des talibans, et le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a déclaré que, selon ses informations, l'un des otages allemands serait toujours en vie tandis que l'autre serait mort «de stress et d'épuisement».

La police afghane a découvert le corps de l'un des Allemands dans la province de Wardak, au nord de Ghazni, et les médecins légistes ont conclu qu'il avait été tué par balle, a dit un responsable de la sécurité.

Selon le site Internet de l'hebdomadaire Der Spiegel, l'otage qui a succombé, Rüdiger B., était diabétique et il est mort faute d'avoir pu prendre les médicaments requis par son état.

À Berlin, la chancelière allemande, Angela Merkel, a déclaré que son pays ne se plierait pas aux exigences des talibans.

«Nous ne réagirons pas aux exigences des talibans. Nous ne céderons pas au chantage», a-t-elle dit sur la chaîne de télévision allemande ARD.

Elle a ajouté qu'elle n'avait pas d'information précise sur le sort d'un otage allemand, un ingénieur, qui serait toujours aux mains d'islamistes afghans, ni sur les circonstances du décès de l'autre otage.

La région au sud de Kaboul où les Allemands et les Coréens ont été enlevés a été le théâtre, depuis un mois, d'une escalade des violences après l'arrivée de talibans venus du sud.

Des habitants rapportent que les forces gouvernementales ne contrôlent plus que les grandes villes et qu'une grande partie des campagnes sont sous le contrôle du mouvement islamiste.


http://www.ledevoir.com/2007/07/23/151151.html?fe=1565&fp=137884&fr=32085
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MessagePosté le: Mer Aoû 15, 2007 3:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant


Attentats-suicide en série en Irak
"Attaques barbares"


Ces attaques, parmi les plus meurtrières en quatre ans de guerre, interviennent après l'enlèvement à Bagdad, plus tôt dans la journée, du ministre-adjoint irakien du Pétrole, Abdel Jabar al-Wagaa, par des hommes armés portant des uniformes des forces irakiennes. Les attaques se sont également produites au moment où les dirigeants des principales communautés en Irak menaient des discussions pour préparer la réunion de crise souhaitée par le premier ministre Nouri al-Maliki pour sauver la coalition gouvernementale.


A l’annonce des attentats, la Maison Blanche a réagit dénonçant des "attaques barbares contre des civils innocents". "Les extrémistes continuent de montrer jusqu'où ils sont capables d'aller pour empêcher l'Irak de devenir un pays stable et sûr", a déclaré Dana Perino, une porte-parole de la Maison Blanche, avant de présenter les condoléances du gouvernement américain aux familles des victimes de ces attentats. De son côté, le premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a dénoncé un "crime ignoble", ordonné une enquête et affirmé que ce crime ne l'empêcherait pas de "poursuivre le processus politique".

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MessagePosté le: Jeu Sep 06, 2007 7:30 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Au moins huit morts dans un attentat-suicide en Algérie
LEMONDE.FR avec AFP | 11.07.07 | 14h54 • Mis à jour le 06.09.07 | 20h42


n attentat-suicide a fait au moins huit morts et vingt blessés, mercredi 11 juillet, devant une caserne de l'armée à Lakhdaria (anciennement Palestro) au sud-est d'Alger, selon des sources sécuritaires. Des témoins ont vu un kamikaze lancer son véhicule piégé à toute vitesse en direction de l'entrée de la caserne. Parmi les morts figurent des militaires et des civils. Plusieurs ambulances ont évacué rapidement les victimes vers les hôpitaux de la région. Le bilan pourrait encore s'alourdir.




C'est le premier attentat terroriste de cette envergure enregistré en Algérie depuis ceux du 11 avril contre le palais du gouvernement à Alger et un commissariat de Bab Ezzouar dans la banlieue est de la ville, qui avaient fait trente morts et plus de deux cents blessés. Ils avaient été revendiqués par Al-Qaida au Maghreb, une branche de la nébuleuse d'Oussama Ben Laden. L'attentat de Lakhdaria coïncide avec un appel du président Abdelaziz Bouteflika à l'intensification de la lutte antiterroriste, lancé devant les cadres du ministère de la défense à l'occasion du 45e anniversaire de l'indépendance, le 5 juillet.

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MessagePosté le: Sam Sep 08, 2007 3:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Attentat à la voiture piégée à l'est d'Alger, 22 morts
Reuters 08.09.07 | 15h23

ar Lamine Chikhi

DELLYS, Algérie (Reuters) - Deux jours après l'attentat suicide de Batna, un attentat à la voiture piégée a fait 22 morts dans l'est de l'Algérie, apprend-on auprès des services de sécurité.

L'attaque s'est produite à Dellys, une ville située sur la côte méditerranéenne à une centaine de kilomètres à l'est d'Alger.

La télévision nationale a rapporté que l'attentat, qui a fait une trentaine de blessés, avait eu lieu près d'une caserne de la garde-côte. La police a maintenu les journalistes à l'écart du site.

"J'ai entendu une forte déflagration vers 08h00 ce matin (08h00 GMT) et j'ai vu qu'elle visait le port de la ville, probablement une cible militaire", a raconté Saïd Hamdaoui, un jeune homme de 28 ans habitant le quartier du port. "Puis on a entendu les ambulances."

Ce nouvel attentat intervient alors que le bilan de l'attaque suicide perpétrée jeudi à Batna, à 430 km au sud-est d'Alger, a été porté à 20 morts et plus de cent blessés.

Le kamikaze a fait exploser sa charge dans la foule qui attendait le président Abdelaziz Bouteflika, en visite dans la ville.

Des tests ADN ont permis d'identifier un homme de 28 ans connu localement sous le nom d'Abou Kokdad. Il appartenait à un groupe insurgé de l'ouest du pays avant de rejoindre la région de Batna il y a trois ans environ, a déclaré le ministre de l'Intérieur Noureddine Yazid Zerhouni.

C'est la première fois, notent des observateurs algériens, qu'un kamikaze se tue en Algérie à l'aide d'une ceinture d'explosifs attachée à son corps plutôt que d'un véhicule piégé.

"C'est une vraie source d'inquiétude. Ce genre d'attaque est difficile à contrer", souligne Liess Boukra, un expert algérien de la sécurité.

NOYAU DUR

Le président algérien a imputé l'attentat de Batna aux "criminels" islamistes qui "tentent de saboter le processus de paix et de réconciliation nationale", mais a réaffirmé qu'ils ne le contraindraient pas à renoncer à cette politique qui vise à mettre fin à quinze années de violences.

Les violences politiques ont diminué ces dernières années en Algérie mais un noyau dur de 500 islamistes armés, regroupés au sein de l'Organisation d'Al Qaïda au Maghreb islamique (ex-Groupe salafiste pour la prédication et le combat) poursuit la lutte.

Le groupe a revendiqué un triple attentat suicide qui a fait onze morts à Alger en avril et un attentat au camion suicide en juillet qui a tué huit soldats à l'est de la capitale.

Pour le rédacteur en chef du quotidien Eshorouk, "Bouteflika a été visé parce qu'il est le symbole de la réconciliation nationale, une politique qui a réussi à affaiblir les groupes armés de manière sensible, en particulier Al Qaïda".

"Je prédis d'autres gros attentats", disait Anis Rahmani avant l'attentat de Dellys. "Al Qaïda fera tout son possible pour punir le peuple algérien qui continue à soutenir l'offre d'amnistie de Bouteflika pour mettre un terme au conflit."

La France a condamné l'attentat de Dellys, "une nouvelle manifestation de terrorisme", a déclaré samedi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Les Etats-Unis suivent de près les opérations anti-terroristes dans la région qu'ils considèrent comme perméable à l'organisation Al Qaïda.

L'Egyptien Ayman al Zaouahri, considéré comme le n°2 d'Al Qaïda, a fait allusion à l'Afrique du Nord dans une vidéo diffusée sur internet en juillet dernier.

Il y disait qu'il n'existait pas une recette unique pour le changement mais que la "force doit être un élément dans la poursuite du changement", sous la forme d'un coup d'Etat militaire, d'un soulèvement populaire ou d'opérations de désobéissance civile contre des gouvernements corrompus

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MessagePosté le: Sam Sep 08, 2007 11:22 pm    Sujet du message: Répondre en citant

et allahassghar criait dans le désert : Youhouuuu, y a quelqu'un ?
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MessagePosté le: Lun Sep 10, 2007 5:25 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Afghanistan: 27 tués (nouveau bilan)
Au moins 27 personnes ont été tuées et 57 blessées aujourd'hui dans un attentat-suicide perpétré à moto et visant un responsable de la police dans la province très instable de Helmand, dans le sud de l'Afghanistan, ont annoncé des sources officielles afghanes. Selon le gouverneur du district de Gereshk où l'attentat a eu lieu, Abdul Mana, 27 corps ont été transférés dans un hôpital local, parmi lesquels 13 policiers. Le bilan, qui avait d'abord été établi à 20 morts par le ministère de la Défense, pourrait encore être plus élevé parce que la population a emmené des corps dans les maisons, a-t-il ajouté.
Selon le général Zahir Azimi, le porte-parole du ministère de la Défense, l'attentat "était dirigé contre un commandant auxiliaire de la police provinciale, Haji Abdul Qodus, mais il a survécu".


(Avec AFP).

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MessagePosté le: Jeu Sep 20, 2007 12:51 pm    Sujet du message: Répondre en citant

y a dix ans, Un massacre avait fait plus de 500 morts
Raïs : Les charniers de la mémoire
Ce qu’est devenu Raïs ? Seuls les chiffres ont changé : nous étions en 1997, nous sommes en 2007. On était ‘‘09’’, on est devenus ‘‘16’’ », lance un habitant de Raïs.

Le village a, faut-il l’admettre, sensiblement grandi depuis. Partout, des maisons qui montent, des villas même. Les murs revivent, prennent des couleurs, même si beaucoup arborent celle des briques nues. Mais les habitants de Raïs s’empressent de préciser que ce sont des « barawiya », des étrangers, qui, flairant la bonne affaire, ont acheté ici avant que les prix de l’immobilier ne se fassent rédhibitoires. « Du temps du terrorisme, une villa de 500 millions était bradée pour 100, voire 10. Aujourd’hui, vous ne l’aurez pas à moins de 800 bâtons. » Celles qui se trouvent en bordure de route dépassent le milliard », indique un jeune d’ici. Un détail attire d’emblée notre attention : près de la mosquée du village, au bord de la route qui monte vers Larbaâ, une cabine saharienne carbonisée. Renseignement pris, il s’avère qu’elle servait de siège à l’association locale des victimes du terrorisme. Une association dont nous ne trouverons d’ailleurs nulle trace et dont ne subsiste que cette baraque calcinée exposée comme une relique. Plus loin, un cimetière de voitures, des carcasses amoncelées qui témoignent si besoin est de ces temps houleux. Derrière s’étendent des vergers chétifs affichant grise mine. Incursion dans les boyaux du village. Sur les murs, les sigles du MCA, CRB et autre USMA ont remplacé les anciens graffitis déclinés à la gloire du FIS et du GIA. Sur un portail, un slogan au goût du jour : « Harraga Italia. » Une plaque indique une antenne administrative et un centre de soins. Nous la suivons. L’antenne en question assure juste l’état civil. Le centre de soins, quant à lui, est en travaux. Une caserne de la garde communale veille sur le quartier. Ses hommes ne sont pas autorisés à nous parler à moins d’un document estampillé par leur hiérarchie. Nul patriote dans le village. En revanche, la plupart des maisons sont encore armées, assure-t-on.

Un mémorial dans une école

Aïcha, Sarah, Sabrina, Zahida, Khadidja, Radia, Manel, Imène. La liste est longue. 24 noms, la majorité, des filles. Le modeste mémorial est érigé dans une école primaire à la périphérie du village, non loin de la brigade de la Gendarmerie nationale. Au CEM Haï Raïs, une autre stèle est élevée à la mémoire des victimes. Mais l’établissement nous est interdit d’accès. Combien sont tombés dans cette funeste nuit du 27 au 28 août 1997 ? Certains parlent de 500 morts, d’autres de 600, voire 700. Une chose est sûre : ce fut une hécatombe. Dans chaque maison, un mort. Des familles entières avaient été décimées. Noureddine, 43 ans, vendeur dans une pharmacie de Sidi Moussa, la commune mère qui se trouve à 4 km d’ici, a eu du bol. La nuit du drame, il campait à Chenoua Plage. La maison qu’occupe aujourd’hui Noureddine appartient à des proches de sa famille. Elle a failli être dévorée par les flammes durant la nuit maudite. Depuis, ses occupants l’ont désertée. « Les terroristes sont entrés ici et ont mis le feu à une Renault 25 qui était garée dans la cour de la maison. La famille s’était réfugiée à l’étage. Mes nièces se sont abritées dans la salle de bains, un chiffon imbibé, enfoncé dans la bouche pour ne pas mourir asphyxiées. Elles sont restées ainsi jusqu’à l’aube », raconte Noureddine. « Depuis, les propriétaires n’ont plus remis les pieds ici. Mes nièces, dont une universitaire qui a fini ses études, ne veulent plus entendre parler de cette maison. » Des cas comme celui-ci sont nombreux à Raïs. « Dans l’une des maisons, il y avait une fête de noces. 26 personnes ont été tuées et 7 femmes enlevées. Ce n’est que tout récemment qu’un proche de cette famille est revenu au village », dit Noureddine. Pour notre interlocuteur, ce qui s’est passé cette nuit-là demeure entouré d’un grand point d’interrogation. Il évoque des bavures impardonnables qui ont poussé les jeunes à prendre le maquis pour fuir les exactions de « el houkouma » : « Une fois, ils ont attrapé un terroriste notoire surnommé Mimosa. Ils le faisaient circuler dans le village et toute personne qu’il montrait du doigt était immédiatement arrêtée. Deux jours plus tard, elle était jetée sur la chaussée. Il y a eu trop de hogra. Pourquoi on ne livrait pas ces jeunes soi-disant suspects à la justice ? » Autre chose qui chiffonne Noureddine, dix ans plus tard : « Ils disent qu’ils ne pouvaient pas pénétrer au village. Pourquoi ne se sont-ils pas servis de leurs hélicoptères équipés de matériel de vision nocturne ? Pourquoi n’ont-ils pas bouclé le village pour empêcher les terroristes de s’évanouir dans la nature ? » De fait, pour beaucoup de villageois, il est difficile de ne pas mettre en cause la responsabilité — fut-elle morale et pas forcément pénale — des services de sécurité. Certains dont la maison se trouve proche de la route carrossable et donc plus facile d’accès aux forces de l’ordre reconnaissent devoir la vie à l’intervention des militaires. « Ils sont restés avec nous, postés sur la terrasse, à protéger nos familles. Sans eux, le bilan aurait été plus lourd », dit l’un d’eux. D’autres font le grief aux autorités de ne pas les avoir armés à temps. « Ils ne nous faisaient pas confiance. Pour eux, la population soutenait el irhab. Donc, il ne fallait pas l’armer », affirme un autre.

« Je ne pensais qu’à ma mère et à mes sœurs »

Hakim, 36 ans, ébéniste de métier, tient une menuiserie que lui a léguée son père, une affaire qui a trente ans d’âge, dit-il. Hakim a tout vu cette nuit-là, assure-t-il. Il fait partie de ces miraculés qui ne doivent la vie qu’à la Providence. « Il était environ minuit quand une horde de terroristes a investi le village. Moi, j’étais à la maison. En entendant les cris et les clameurs monter, j’ai grimpé sur la terrasse. Mais il faisait nuit noire. Les terroristes avaient détruit les poteaux électriques et avaient cassé tous les lampadaires. On ne voyait rien, et puis, j’avais peur d’être atteint par une balle perdue. On n’entendait que les cris des victimes et le crépitement des armes », se souvient-il, avant de reprendre : « Avec les membres de ma famille, nous nous sommes armés de barres de fer, de tout ce qu’on pouvait trouver, et nous nous apprêtâmes à les accueillir. » Farouk, son cousin, poursuit : « Les cadavres étaient entassés par centaines devant la mosquée, dans le CEM et étalés dans les vergers. La plupart étaient des femmes et des enfants. Ce qui m’avait le plus choqué, c’était de découvrir des bébés qui avaient été rôtis dans des fours. C’était atroce. » Hamoud, un ami de Hakim, nous livre sa version. « On savait que notre tour allait arriver. J’aurais établi une attestation de décès et l’aurais glissée sous mon oreiller si j’en avais la possibilité », lâche-t-il, avant de lancer : « Une seule chose m’obsédait : c’était de protéger ma mère et mes sœurs. L’honneur passait pour moi avant la vie. » On parle d’une trentaine de femmes enlevées cette nuit-là. Dix ans plus tard, si la situation sécuritaire s’est sensiblement améliorée à Raïs, la situation sociale, elle, est toujours sur un volcan. Chez un épicier de fruits et légumes, la pomme de terre est à 60 DA. « Les légumes sont plus chers ici qu’à Hydra. Un comble pour un village à vocation agricole », fulmine Noureddine. « Les agriculteurs préfèrent la vendre au marché de Bougara plutôt que de la céder aux villageois en première main. » Des mômes passent en traînant une brouette transportant une bouteille de gaz butane. Et pour cause : pas de gaz de ville à Raïs. Pas de maison de jeunes, non plus. Pas de cybercafé. Pas de journaux. Juste deux petits cafés probablement sans dominos. « Regardez l’état des routes. Mes enfants chaussent des bottes pour aller à l’école en hiver », rage Noureddine. « Pourquoi nos enfants n’ont-ils pas accès au net ? Pourquoi n’ont-ils pas droit à des colonies de vacances comme les autres, eux qui sont obligés de vendre des déchets ferreux pour gagner un peu d’argent ? » « On est à une vingtaine de kilomètres d’Alger mais on a le sentiment de ne pas faire partie de la zone ‘‘16’’. Pourquoi l’Etusa ne dessert-elle pas Raïs ? »

« Dix ans amputés de ma jeunesse »

Des citoyens s’interrogent : « Où est passée l’aide internationale ? Où sont passés les logements sociaux réservés aux victimes ? Rares sont les familles de Raïs qui ont bénéficié d’un logement. Beaucoup n’ont pas perçu la moindre pension de victime du terrorisme. » Lasse, la population ne songe même pas à commémorer ce dixième anniversaire. Le cœur n’y est vraiment pas. « Dix ans sont passés et nous sommes toujours au même point, assène Hakim. J’ai 36 ans et je me retrouve sans rien, ni femme ni enfant. Dix ans à te surveiller : balak yakhatfouk, attention, ils sont venus te tuer… Qu’est-ce que tu vas faire, partir ? Tu ne peux pas partir et laisser ta famille. » Même l’atelier est mort. « On vend nos meubles au compte-gouttes, par facilité. Les gens ne trouvent pas de quoi offrir du pain à leurs enfants. Et puis, l’importation nous a ruinés », dit-il. Hamoud, la trentaine, a été ébéniste dans le même atelier avant de se convertir dans l’agriculture, un secteur jadis prospère dans ce fleuron de la Mitidja. « Cela fait trois mois que j’ai arrêté », confie-t-il. « Les spéculateurs ont tué l’agriculture. Avant, il était impensable de vendre les fruits ici. Les vergers étaient ouverts à tout le monde. Aujourd’hui, la pomme de terre est devenue un dessert ! » Le chômage à Raïs bat son plein. Faouzi, 30 ans, fait partie de ce contingent de sans-emploi. « Ici, le jeune gagne à peine de quoi s’offrir un paquet de cigarettes et une boîte de gel. Il est là à glander toute la journée, ballotté entre le bluetooth, le flexy et la zatla. Même pas une salle de sports. On vit en sursis ! », râle-t-il. Hamoud enchaîne : « Même l’usine DNC, ils l’ont sabotée, sacrifiant 4000 travailleurs sans état d’âme. La zone industrielle de Sidi Moussa était la plus importante de la région. Elle générait des recettes inimaginables. Nous n’avons rien vu de tout cela. » Et de marteler : « D’ailleurs, ici, on n’a pas voté. Il n’y a que les vieux qui ont voté par crainte qu’on leur coupe leur pension de retraite. »

Mustapha Benfodil

27 août 2007


http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=75130
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MessagePosté le: Mer Nov 07, 2007 2:19 pm    Sujet du message: Répondre en citant

L’Afghanistan en plein cauchemar
Terrorisme. Un attentat-suicide a fait au moins 50 morts, dont 6 députés et des écoliers.
JEAN-PIERRE PERRIN
QUOTIDIEN : mercredi 7 novembre 2007
C’est l’attentat le plus effroyable jamais perpétré en Afghanistan. Commis hier par un kamikaze dans une raffinerie de sucre à Pul-e Khumri (dans la province de Baghlan, nord-est du pays), il a tué six députés qui la visitaient mais aussi un grand nombre d’écoliers venus saluer les parlementaires. Le bilan, très provisoire, s’élevait hier soir à au moins 50 morts, et 120 blessés, la plupart grièvement. On compte parmi les députés tués le porte-parole de l’opposition afghane et ancien ministre du Commerce, Moustapha Kazemi, et parmi les blessés Shukria Barakzai, l’une des pasionarias afghanes, très engagée dans le combat pour les femmes.

Très près. Le kamikaze, qui circulait à pied et portait un poids énorme d’explosifs, s’est approché très près de la délégation, composée d’une vingtaine de députés, au moment où elle entrait dans l’usine. Selon divers témoignages recueillis par les agences, il s’est ensuite fait exploser à côté de Moustapha Kazemi. «Les enfants hurlaient pour appeler à l’aide. C’est un véritable cauchemar», a indiqué à Reuters un témoin, qui a perdu deux cousines – des écolières – dans l’attentat. Un député survivant, Aziz Ahmed Nadem, a aussi pu témoigner auprès de l’AFP : «J’ai vu Kazemi étendu mort sur le sol, ses bras et jambes brisés en plusieurs morceaux, et beaucoup de gens à terre morts, brûlés et blessés. Nombre d’entre eux étaient des enfants.»

Au-delà du nombre considérable de victimes, ce qui frappe c’est le lieu de l’attentat. Pul-i Khumri est une petite ville industrielle plutôt paisible et «libérale», qui fut un des rares bastions du parti communiste afghan, capitale de la province de Baghlan, à environ 150 km de Kaboul. On est donc loin des théâtres d’opération habituels des talibans, qui sont à l’origine des 130 attentats-suicides déjà commis cette année en Afghanistan et ont tué plus de 200 personnes. Mais il n’est pas certain, cette fois, que les talibans soient derrière celui-ci.

Leur porte-parole a d’ailleurs démenti toute implication. Le mode opératoire n’est pas le même : si les opérations suicides ont causé la mort de nombreux civils – 121 pour les six premiers mois de l’année –, elles n’ont jamais eu pour but de provoquer des hécatombes parmi la population. C’est la différence avec l’Irak. Dès lors, on peut suspecter une autre organisation qui pourrait être le Hezb-e islami (le parti islamiste) du leader pachtou, Gulbuddin Hekmatyar, dont les groupes de combattants sont très présents dans cette province. Ceux-ci vouent une haine extrême à certains des parlementaires présents dans la délégation. Jusqu’alors, ce parti n’avait pas commis d’attaques-suicides.

Radicalisation. Une éventuelle participation à cet attentat des plus meurtriers pourrait signifier qu’un pas de plus a été franchi dans la radicalisation de la guerre en Afghanistan. On ignore toujours où se cache Hekmatyar qui a longtemps vécu réfugié en Iran.

Six ans après le premier attentat-suicide – contre le commandant Massoud –, l’Afghanistan voit converger un nombre de kamikazes sans cesse croissant. Selon un récent rapport de l’ONU, 80 % ont été entraînés ou ont trouvé refuge au Pakistan. Nombre d’entre eux ont été recrutés dans des madrasas (écoles coraniques) établies dans les zones tribales de ce pays. Le document précise que la moitié de ces candidats au suicide sont étrangers, pour la plupart Pakistanais mais aussi Arabes ou originaires d’Asie centrale. La plupart viennent de milieux pauvres et analphabètes. Beaucoup seraient des toxicomanes et des orphelins.



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Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
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