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Guerre des idées :: Voir le sujet - Projet US "Grand Moyen-Orient"
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Projet US "Grand Moyen-Orient"

 
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JoeBlack
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MessagePosté le: Lun Mar 15, 2004 10:18 am    Sujet du message: Projet US "Grand Moyen-Orient" Répondre en citant

Salut à tous

Avez-vous entendu parlé du projet USA "Grand Moyen-Orient" qui comprend des proposition de réformes sociales et politiques destinées au monde musulman ? Qu'en pensez-vous ?
Ci-dessous une dépêche AFP pour vous donner une idée plus précise sur ce projet ainsi que sur les différentes réactions qu'il a suscité dans le monde musulman.

JB

Projet US "Grand Moyen-Orient": accueil mitigé et prudent dans le monde arabe
Hassen ZENATI

LE CAIRE (AFP) - Le projet américain dit du "Grand Moyen-Orient" reçoit un accueil mitigé dans le monde arabe : les dirigeants l'ont dans l'ensemble rejeté avec vivacité, tandis que pour certains intellectuels et analystes, cette initiative pourrait être recevable après un examen.

Les appréhensions arabes s'expliquent par la crainte d'une intervention étrangère, éventuellement militaire comme en Irak et en Afghanistan, pour imposer ou accélérer des réformes politiques et économiques jugées indispensables par Washington, afin de sortir le monde arabe de la "spirale terroriste", estiment des analystes égyptiens.

Les Etats arabes, qui ont rejeté l'initiative américaine, ont cependant insisté sur leur engagement à conduire des réformes mais "de l'intérieur" et à leur rythme.

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh s'est rendu célèbre fin janvier en appelant publiquement les Arabes, dans un langage imagé, mais explicite, à "aller de leur propre chef chez le coiffeur au lieu de se laisser tondre par d'autres".

Le projet américain, dont une copie non-officielle a été publiée par la presse arabe, insiste sur la démocratisation de la vie politique, la réforme de l'enseignement pour le soustraire de l'influence des fondamentalistes musulmans et promouvoir de nouvelles élites, la promotion de la femme considérée comme un des piliers de la modernisation, ainsi que sur l'ouverture économique.

Le sous-secrétaire d'Etat américain chargé des Affaires politiques, Marc Grossman, a entrepris une tournée en Egypte, à Bahrein, en Jordanie et au Maroc pour expliquer le projet américain, qui a été rejeté par les dirigeants de nombreux pays arabes, notamment l'Egypte et l'Arabie saoudite, deux alliés des Etats-Unis.

L'émissaire américain a tenté mardi de dissiper leurs craintes, en soulignant que "les meilleures idées" de modernisation viendraient de la région. Washington envisage de présenter son plan au sommet du G8 des pays les plus industrialisés, prévu en juin aux Etats-Unis.

La seule note discordante dans le "concert de refus" officiel arabe vient d'Irak. Son ministre des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, a déclaré au Caire que le projet américain "ne constitue pas une humiliation pour le monde arabe".

La Syrie estime que le projet "Grand Moyen-Orient", destiné à "détourner l'attention du conflit israélo-arabe", est un "projet inacceptable qu'il faut combattre". Bahrein, siège la 5ème flotte américaine, a rejeté le projet de même que le Yémen et le Liban, alors que le Koweit n'y a pas officiellement réagi et que les pays de l'Union du Maghreb Arabe (Libye, Tunisie, Algérie, Maroc et Mauritanie) observent le silence, ne se sentant pas directement concernés.

L'Egypte, adossée à l'Arabie saoudite, a pris la tête d'une fronde arabe contre l'initiative américaine. Le président égyptien Hosni Moubarak a "dénoncé avec force les recettes prêtes à l'emploi proposées par l'étranger" et s'est prononcé pour des réformes graduelles, en mettant en garde les Etats-Unis contre le "chaos" d'une ouverture incontrôlée.

Des analystes et des intellectuels égyptiens ont en revanche accueilli d'abord avec curiosité, puis, pour certains, avec sympathie, l'initiative américaine, y voyant une occasion de sortir la région de l'impasse dans laquelle elle se débat depuis plus d'un demi-siècle.

Le point de rupture a été marqué par un analyste du quotidien gouvernemental Al-Ahram, Mohammed Salmaoui, qui a critiqué sévèrement lundi, pour la première fois, le "refus" arabe, estimant qu'"il n'y a rien (dans le projet américain) qui justifie un refus catégorique, ni attaque de l'islam ni violation de l'identité ou de la culture arabes".

Quelques jours plus tôt, une de ses collègues, Hala Mustapha, avait ouvert la voie à cet examen critique en demandant aux Arabes de chercher un "terrain de dialogue" avec les Américains, au lieu de se réfugier dans la "confrontation" et la "haine".
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Brahim
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MessagePosté le: Lun Mar 15, 2004 4:02 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour à tous,
Salut JoeBlack,

Ces derniers temps on parle beaucoup de ce projet américain pour le "Grand Moyen Orient". Personnellement je n'en connais pas grand chose à part les grandes lignes que tu viens de citer. Est-ce quelqu'un pourrait nous donner plus de détails sur ce projet ? Qu'en est-il vraiment ?
Merci.

Brahim

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JoeBlack
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MessagePosté le: Lun Mar 15, 2004 5:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Salut Brahim

J'en sais pas plus que ce qui est dit dans l'article ci-dessus :
Citation:
Le projet américain, dont une copie non-officielle a été publiée par la presse arabe, insiste sur la démocratisation de la vie politique, la réforme de l'enseignement pour le soustraire de l'influence des fondamentalistes musulmans et promouvoir de nouvelles élites, la promotion de la femme considérée comme un des piliers de la modernisation, ainsi que sur l'ouverture économique.

Mais je vais essayer de voir si je trouve plus d'info sur les sites arabes et je vous tiendrai au courant. Et si d'autres forumeurs trouvent plus de détails sur ce projet (contenu + forme de mise en oeuvre,...) qu'ils n'hésitent pas à nous en faire part.
Merci

JB
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Drizzt
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MessagePosté le: Lun Mar 15, 2004 5:24 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Hello,

Son fous nos amis les ricains Laughing Laughing

je ne connais rien a ce projet, mais je sais que l'Egypte est farouchement opposé...

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Fred
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MessagePosté le: Lun Mar 15, 2004 6:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Quelle maladresse... c'est incroyable. Il était évident que présenté de la sorte ce projet allait provoquer l'indignation de nombreux pays !
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moez13
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MessagePosté le: Mar Mar 16, 2004 1:33 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour à tous,

je n'ai pas plus d'info que vous a ce jour donc je ne sais quoi en penser je reste cependant positif (et en confiance vis a vis des USA) et espère que ce projet soit réalisable...
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lovelysummer
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MessagePosté le: Mar Mar 16, 2004 8:43 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour, voici un petit récapitulatif sur le projet américain pour le Grand Moyen Orient, depuis février 04 :

La démarche des USA depuis le début de l’annéea)-

Le projet intitulé "Initiative pour le Grand Moyen-Orient" porte sur une zone allant du Maroc à l'Afghanistan et vise, selon ses concepteurs américains, à « encourager les réformes démocratiques et l'ouverture économique dans le monde arabe et d'autres pays musulmans, afin de faire reculer sur le long terme les frustrations et la pauvreté sur lesquels le terrorisme prospère ». Une copie du projet a été publiée par la presse arabe en février. Le plan insiste sur la démocratisation, la réforme de l'enseignement pour le soustraire de l'influence des fondamentalistes musulmans, la promotion de la femme considérée comme un des piliers de la modernisation.
Les bons élèves se verraient offrir soutien et relations privilégiées avec les Etats-Unis et leurs principaux partenaires occidentaux, selon les plans de Washington.

Des tractations internationales importantes depuis au moins deux mois - la presse parle en termes de «vaste offensive diplomatique » :

- entre les Etats-Unis et les pays du Moyen-Orient - pour expliquer les projets U.S de soutien aux réformes démocratiques et économiques aux pays arabes, projets très décriés dans la région. Marc Grossman, numéro trois du département d'Etat, s’est rendu en février 04 en Jordanie, en Egypte, au Maroc et à Bahrein pour plaider ce dossier, mais aussi en Turquie -un pays musulman fréquemment cité en modèle d'évolution démocratique à Washington.

- Il y a aussi des tractations multiples entre les USA et l’Europe : Marc Grossman s’est aussi rendu à Bruxelles, où siègent l'Union européenne (UE) et l'Otan, deux organisations que les Américains veulent associer à leurs plans. Ils souhaitent que l'Otan renforce la coopération en matière de sécurité et de défense avec ces pays, dans la perspective du sommet des dirigeants de l'Alliance fin juin à Istanbul (Turquie).
"Nous voulons voir comment construire, avec ces organisations et avec d'autres, un système global de soutien aux réformes et au changement" pour le Moyen-Orient, a déclaré le porte-parole du département d'Etat Richard Boucher

- il y a des tractations internes à l’Europe : La France et l'Allemagne se sont démarquées du projet américain début mars en appelant l'UE à définir une approche "distincte, complémentaire de celle des Etats-Unis". Paris et Berlin insistent sur la nécessité de trouver une solution au conflit israélo-palestinien et d'éviter "les pièges d'une approche globale qui ignore les caractéristiques nationales et stigmatise l'islam comme étant incompatible avec la modernité", selon un récent document en commun.

- De leur côté, certains pays arabes et européens se sont aussi rencontrés à plusieurs reprises. Le président Moubarak a d'ailleurs entamé début mars une mini-tournée en Italie, France et Grande-Bretagne pour sonder les principaux partenaires de l'Egypte au sein de l'Union européenne (UE) sur leurs positions concernant le projet que Washington doit présenter à la réunion du G-8, prévue en juin aux Etats-Unis.

- la Ligue arabe s’est quant à elle réunie le jeudi 4 mars au Caire. Les ministres des Affaires étrangères arabes ont décidé de s'en remettre au sommet de Tunis fin mars, pour adopter une position commune. Le projet américain a fait l'objet d'intenses et longues "consultations", a déclaré le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, lors d'une conférence de presse, à la fin des réunions.
"Mais la question touche à des problèmes liés à la souveraineté nationale et à l'avenir de l'ensemble de la région, c'est pourquoi les ministres ont décidé de la renvoyer telle quelle aux chefs d'Etats arabes, qui doivent se réunir à Tunis les 29 et 30 mars », a-t-il indiqué.

Pour ceux qui aiment suivre la politique internationale, des précisions :

1 – Entre les USA et les pays arabes

Le sous-secrétaire d'Etat U.S chargé des Affaires politiques a effectué début mars une tournée dans le Maghreb et le Proche-Orient (Maroc, Egypte, Jordanie et Bahrain) pour plaider la nouvelle cause américaine, qui a provoqué pas mal de remous dans le monde arabe. "Il ne s'agit pas d'une tentative des Etats-Unis ou de l'Europe d'imposer la réforme aux gens", a assuré Marc Grossman qui a dit avoir "trouvé au Moyen Orient un grand intérêt et un grand débat sur l'idée de réforme".
Il a également noté que "tous les pays de la région sont différents (...) et pourront suivre des rythmes (de mise en oeuvre des réformes) différents", semblant répondre de la sorte aux préoccupations des Européens et pays arabes.

Cependant Washington est accusé de mettre toute la pression sur le monde arabo-musulman pour qu'il évolue, mais parallèlement de se désintéresser du conflit israélo-palestinien, source de fortes rancoeurs dans cette région.

De nombreux pays arabes – notamment Egypte ou Arabie Saoudite, proches alliés des Etats-Unis- se plaignent d'être tenus à l'écart de l'élaboration de projets qui les concernent directement, et redoutent de se voir imposer des concepts occidentaux, sans souci des réalités locales. L'Egypte, s'appuyant sur l'Arabie saoudite, a ainsi pris la tête d'une fronde des pays arabes contre l'initiative américaine. Elle « rejette avec force toute recette prête à l'emploi » proposée de l'extérieur pour le remodelage politique du Moyen-Orient après la guerre en Irak, qui pourrait conduire le reste des pays au "chaos" comme en Irak, selon des déclarations du président égyptien Hosni Moubarak. Ce dernier rajoute que le projet américain risque de provoquer un "tourbillon de violence et d'anarchie" rappelant "la tragédie algérienne" s'il était imposé aux pays arabes.

Le secrétaire d'Etat Colin Powell a cherché à calmer ces inquiétudes en assurant être "d'accord avec les Egyptiens et les Saoudiens", sur le fait que les réformes "ne peuvent pas être imposées de l'extérieur. Cela doit être accepté de l'intérieur".

2- Les réactions des pays arabesLes ministres arabes ont appelé dans une résolution séparée au respect des droits de l'Homme dans le monde arabe.

Deux projets de résolution avaient été déposés devant les ministres arabes le 04 mars au Caire, en réponse à l'initiative américaine du "Grand Moyen-Orient", un égyptien et un autre jordanien, qui se recoupent en partie. Ils soulignent que les réformes politiques, économiques et sociales souhaitées par Washington dans le monde arabe doivent "venir de l'intérieur" et que c'est aux Etats d'en déterminer le rythme.
Ils insistent sur la nécessité d'un règlement du conflit israélo-palestinien - un des points faibles de l'initiative américaine, selon plusieurs capitales arabes.

Le projet U.S, énergiquement rejeté dans un premier temps dans la presse arabe, commence à avoir des partisans, qui demandent de l'étudier avant de le rejeter comme l'a fait le chef de la diplomatie qatariote Hamad ben Jassem ben Jabr Al Thani devant ses pairs arabes.

Les ministres arabes ont par ailleurs décidé de relancer l'initiative de paix du sommet arabe de Beyrouth de 2002 et d'exercer une pression internationale accrue sur Israël pour qu'elle arrête la construction de la barrière de séparation avec les Palestiniens en Cisjordanie.
Ils souhaitent désormais obtenir une résolution du Conseil de sécurité de l'Onu sur cette l'initiative de paix prévoyant la normalisation des relations des Arabes avec Israël en échange d'un retrait israélien total des territoires arabes occupés depuis 1967 et de l'établissement d'un Etat palestinien.

Concernant l'Irak, les ministres ont réaffirmé leur attachement à l'unité territoriale et à l'indépendance du pays, ainsi qu'au respect du droit des Irakiens à disposer librement de leurs propres affaires. Ils ont aussi condamné "tous les actes terroristes visant les civils, les forces de sécurité irakiennes, les organisations humanitaires et les missions diplomatiques en Irak".

Un début de normalisation a été amorcé entre les autorités irakiennes actuelles et la Ligue arabe. Les ministres arabes se sont félicités de l'accord sur la Constitution intérimaire en Irak qui doit être signé vendredi.

Par ailleurs des responsables indien et pakistanais sont aussi intervenus dans le débat soulignant l'interconnexion des crises du Proche-Orient, d'Irak et d'Afghanistan sur fond de terrorisme, de trafic d'armes et de sentiment d'humiliation des musulmans. Ils ont appelé de leurs voeux un rôle central de l'Onu en Irak et une large consultation des Irakiens.

Pour l'Afghanistan, le ministre des Affaires étrangères du Pakistan, Khurshid Mahmud Kasuri, a demandé que la Force internationale d'assistance à la sécurité (Isaf) sous contrôle de l'Otan soit étendue dans tout le pays.

En Syrie, un pays aux relations tendues avec les Etats-Unis, le quotidien gouvernemental Techrine a écrit samedi que ce projet "inacceptable" a "été lancé pour pour détourner l'attention du conflit israélo-arabe".
Donc pour le moment les Etats arabes, qui ont rejeté l'initiative américaine, ont cependant insisté sur leur engagement à conduire des réformes mais "de l'intérieur" et à leur rythme.

3- Les tractations entre les USA et l’Europe

Début mars 04 la France et l'Allemagne se sont démarquées du projet américain de "Grand Moyen-Orient" en appelant l'Union européenne à définir une approche "distincte, complémentaire de celle des Etats-Unis en travaillant à travers ses propres institutions et instruments " dans un projet commun.
En fait les européens ne veulent pas que les USA viennent jouer les fiers à favoriser la réalisation de projets dans une région où l’Europe met des milliards depuis des années pour tenter les échanges économiques et l’apaisement du point de vue politique…

Paris et Berlin qui ont rédigé un document appelé "Partenariat stratégique pour un avenir commun avec le Moyen-Orient" insistent en outre, conformément à la Stratégie de sécurité de l'UE adoptée en décembre, sur la nécessité de trouver une solution au conflit israélo-palestinien, sans laquelle "il y aura peu de chances de résoudre d'autres problèmes du Moyen-Orient".

Parmi les arguments franco allemands, les deux pays soulignent que "tous les Etats et sociétés concernés ont exprimé des objections collectives fortes devant toute tentative de leur imposer un +modèle+ de l'extérieur" et que "toute initiative sur le Moyen-Orient doit répondre aux besoins et aux aspirations de la région". "Nous devons prendre en compte le sentiment national et l'identité de chaque pays", poursuivent la France et l'Allemagne, "nous devons éviter les pièges d'une approche globale qui ignore les caractéristiques nationales et stigmatise l'islam comme étant incompatible avec la modernité".

Les Etats-Unis sont venus plaider vendredi 5 mars auprès de l'Otan et de l'Union européenne la cause des réformes dans le "Grand Moyen Orient". Le numéro trois du département d'Etat américain Marc Grossman a cependant laissé entendre que Washington était prêt à prendre en compte ces réserves, après s'être entretenu de ce sujet avec les ambassadeurs des pays membres de l'Otan et de l'UE à Bruxelles. Il s'est d'ailleurs félicité des multiples initiatives de Paris et Berlin notamment qui ont actuellement cours sur cette idée de "Grand Moyen Orient".

"Ensemble avec nos amis et alliés en Europe et dans le grand Moyen-Orient, nous allons coordonner nos efforts étroitement pour répondre aux appels lancés en faveur de réformes dans la région et développer des propositions spécifiques qui seront soumises au G8, aux sommets américano-européen et de l'Otan qui se tiendront en juin 2004", a indiqué Washington dans une déclaration commune américano-allemande. Celle-ci a été publiée à l'issue d'entretiens à la Maison Blanche entre le président américain George W. Bush et le chancelier allemand Gerhard Schroeder.

"Nous engageons nos pays vers l'objectif ambitieux, enraciné dans nos valeurs et nos expériences communes, de promouvoir la liberté, la démocratie, la dignité humaine, l'état de droit, les opportunités économiques et la sécurité dans le grand Moyen-Orient. La peur et la rancoeur doivent faire place à la liberté et à l'espoir", affirme cette déclaration.

"Nous devons construire un véritable partenariat, reliant l'Europe et l'Amérique à la région du Moyen-Orient au sens large, visant à coopérer avec les pays et les habitants de cette région pour réaliser ces objectifs et vivre côte à côte en paix", ajoute-t-on de même source.

Le président américain George W. Bush voudrait faire de ce projet un élément central du sommet du G8 (les pays les plus industrialisés plus la Russie) prévu en juin prochain à Sea Island, dans l'Etat américain de Georgie (sud-est).

Le sommet du G8 (Etats-Unis, Canada, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Italie, Russie et Japon) aura lieu les 8 et 10 juin en Georgie (sud-est des Etats-Unis). Le sommet annuel entre les Etats-Unis et l'Union européenne se tiendra ensuite les 25 et 26 juin en Irlande et celui de l'Otan en principe les 28 et 29 juin en Turquie.

4- La nécessité du règlement politique « collectif » du conflit israélo-palestinien

a) pour l’Occident : La France a fait savoir début mars 04 qu'elle donnait la priorité à un règlement du conflit israélo-palestinien.

M. Grossman a déclaré que le projet GMO ne constituait en aucune façon une sorte d'écran de fumée vis à vis du conflit israélo-palestinien. "L'une des choses que j'ai dites à chaque étape, puis ici, c'est que personne ne doit penser que notre idée de soutenir des réformes au Moyen Orient soit un substitut de quelque manière que ce soit à notre intérêt dans le processus de paix au Proche-Orient", a-t-affirmé à Bruxelles.
"Ce n'est pas un substitut" mais le conflit israélo-palestinien "n'est pas une excuse pour ne rien faire non plus" a-t-il ajouté, en soulignant "qu'on ne peut pas attendre qu'il y ait une paix globale pour promouvoir la réforme" dans cette région.

De source européenne, on assurait vendredi 5 mars que c'était là "la principale différence avec les Américains, à savoir que nous disons que nous devons déployer les mêmes efforts pour ce projet de réformes que pour trouver une solution au conflit du Proche-Orient".

b) dans les pays arabes : Comme Paris et Berlin, le roi de Jordanie Abdallah II, appuyé par d'autres intervenants de la région, a appelé début février (intervention lors de la dernière journée de la 40ème conférence internationale sur la sécurité à Munich, en Allemagne en février, largement consacrée à la situation au Proche et Moyen Orient) la communauté internationale à ne pas relâcher ses efforts pour résoudre le conflit israélo-palestinien, clé d'une véritable détente et d'un endiguement du terrorisme international.

"Tout le succès que vous pourrez obtenir en Irak ne suffira pas... Le problème central dans l'esprit de tout le monde (dans le monde arabe), c'est le problème israélo-palestinien", a affirmé le souverain de ce pays frontalier de ces deux foyers de crise.
Il a appelé à une direction "collective" de la communauté internationale qui constituerait "une alliance permettant d'obtenir la paix", "les parties intéressées ne pouvant agir seules". "La solution de deux Etats est possible, un Etat palestinien à côté d'un Etat israélien sûr et reconnu dans des frontières sûres et reconnues", a réaffirmé le roi de Jordanie.

Il a aussi évoqué, comme la veille le ministre allemand des Affaires étrangères Joschka Fischer, "le défi du développement" dans un monde arabe où la jeunesse est partagée entre les tentations du terrorisme et de l'apathie.
De son côté, le ministre palestinien des Affaires étrangères Nabil Chaath a exhorté les Etats-Unis, s'ils étaient "trop occupés" par la préparation de l'élection présidentielle de fin 2004, à laisser les autres partenaires du Quartette (Union européenne, Russie, ONU) poursuivre activement la "feuille de route" dans les prochains mois.

M. Fischer avait prôné un nouveau partenariat transatlantique pour stabiliser et moderniser tout le Moyen Orient, assorti d'engagements que souscriraient les pays de la région. Le développement et la bonne gouvernance, ont-ils dit, sont indispensables, en parallèle aux initiatives diplomatiques, pour stabiliser la région.

De leur côté, des parlementaires américains ont affiché leur souhait que l'Otan puisse jouer un rôle de maintien de la paix dans "le Grand Moyen Orient". "Le sommet de l'Otan à Istanbul (fin juin) représente une occasion pour parachever le processus de réunification de l'Alliance en se mettant politiquement d'accord sur un rôle pour l'Otan au Moyen Orient au sens large", a estimé le sénateur républicain Richard Lugar, président de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain.
Mais ce que cette idée impliquerait concrétement n'a guère été explicitée, les orateurs de la région ayant très peu de fois cité le mot "Otan" dans leurs interventions.

Interrogé sur l'éventualité toute hypothétique d'une force d'interposition de l'Otan aux frontières d'un futur Etat palestinien et d'Israël, le conseiller à la sécurité nationale d'Israël, Giora Eiland, a relevé qu'il fallait, pour qu'elle fonctionne, des "Etats responsables des deux côtés".


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Brahim
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MessagePosté le: Mar Mar 16, 2004 10:40 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonsoir à tous,

Merci Lovelysummer pour tous les renseignements que tu viens de nous apporter. Je ne suis pas politicien, mais j’aimerais cependant apporter quelques réflexions à ce sujet.

1- Tout d’abord il y a une très grande disparité entre les pays inclus dans ce « Grand Moyen Orient », qui irait du Maroc jusqu’en Afghanistan. A mon avis il y a, dans cet ensemble, au moins trois grands groupes de pays : ceux de l’Afrique du Nord, les pays du Moyen Orient proprement dit et les pays d’Asie tels que le Pakistan, l’Afghanistan et l’Iran. Chacun de ces trois grands groupes a ses particularités dont il faudra tenir compte.

2- Il serait illusoire de vouloir construire quelque chose de solide et de durable avec les pays arabo-musulmans tant que le conflit israélo-palestinien n’a pas été réglé d’une façon juste et équitable et tant qu’il n’y a pas une paix globale entre Israël et les pays arabes. C’est d’ailleurs le point de vue des Européens (en particulier la France et l’Allemagne) et celui des pays arabes en général. Tant que ce problème n’est pas réglé, les pays arabes ne pourront pas faire confiance aux occidentaux en général et aux USA en particulier. Par ailleurs, le problème israélo-palestinien (+ maintenant l’occupation de l’Irak) constituent le « fond de commerce » des islamistes qui les utilisent pour recruter de nouveaux terroristes. Je suis sûr que si ces deux problèmes sont réglés, il pourra y avoir une réconciliation entre les pays arabes et Israël en particulier et entre le monde arabo-musulman et le monde occidental en général. Cette réconciliation permettra alors aux uns et aux autres de travailler et d’avancer ensemble d’une façon sereine. Elle permettra également de marginaliser, d'isoler et d'affaiblir les intégristes musulmans (pour mieux les combattre) car eux ne veulent pas cette réconciliation.

3- S’il est nécessaire et utile de « pousser » les pays arabo-musulmans vers plus de démocratie, je ne pense pas que celle-ci puisse être imposée de l’extérieur. D’ailleurs, je me pose une question : est-ce que, à l’heure actuelle, le modèle démocratique occidental est exportable et applicable à tous les pays du monde ? Je n'en suis pas sûr. La preuve nous a effectivement été donnée par la « tragédie algérienne » qui perdure depuis douze ans. Au début des années quatre-vingt-dix, l’Algérie s’était orientée vers le multipartisme et voulait instituer une démocratie à l’occidentale. Des élections législatives libres et démocratiques avaient eu lieu en 1992 et … grosse surprise : le FIS (Front Islamique du Salut), parti musulman intégriste allait obtenir la majorité absolue à l’Assemblée Nationale, ce qui lui aurait permis de gouverner tout seul et de créer une République Islamique (modèle Taliban) en Algérie. Oui, le peuple algérien avait choisi librement et démocratiquement les islamistes. Il ne restait plus à l’armée algérienne que deux solutions : soit accepter la décision du peuple et laisser les islamistes prendre le pouvoir avec toutes les conséquences que cela comporte, soit annuler les élections et reprendre le pouvoir par la force (ce qui est bien entendu anti-démocratique). C’est ce qu’elle a fait. La suite vous la connaissez : les islamistes, privés du pouvoir qu’ils allaient gagner démocratiquement, avaient alors pris les armes et il s’en est suivi une guerre atroce, des attentats, des tueries, des boucheries où on égorgeait femmes et enfants et plus de 100 000 morts, civils pour la plupart. Même si les actions terroristes ont nettement baissé ces dernières années, le problème n’est pas définitivement réglé. La moralité de l’histoire, c’est qu’un peuple non habitué à la démocratie peut choisir librement d’être gouverné par des personnes anti-démocratiques. L'Algérie n'est d'ailleurs pas le seul exemple; si mes souvenirs sont bons, Hitler était également arrivé au pouvoir d'une façon démocratique !!!

Brahim

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Drizzt
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MessagePosté le: Mer Mar 17, 2004 7:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

hello,

mouais, je suis assez d'accord avec Brahim. La democratie ne peut s'exporter. De plus les islamistes tout comme Hitler se servent de la democratie pour prendre le pouvoir.

Drizzt
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MessagePosté le: Ven Mar 19, 2004 12:47 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour Brahim,
Si tous les politiciens avaient autant de bon sens que toi, les choses tourneraient plus rond sur notre planète. Je suis entièrement d'accord avec tout ce que tu dis. et notamment avec ça :

Brahim a écrit:

3- S’il est nécessaire et utile de « pousser » les pays arabo-musulmans vers plus de démocratie, je ne pense pas que celle-ci puisse être imposée de l’extérieur. D’ailleurs, je me pose une question : est-ce que, à l’heure actuelle, le modèle démocratique occidental est exportable et applicable à tous les pays du monde ? Je n'en suis pas sûr.


et avec ça :

Citation:
Oui, le peuple algérien avait choisi librement et démocratiquement les islamistes. La moralité de l’histoire, c’est qu’un peuple non habitué à la démocratie peut choisir librement d’être gouverné par des personnes anti-démocratiques. L'Algérie n'est d'ailleurs pas le seul exemple; si mes souvenirs sont bons, Hitler était également arrivé au pouvoir d'une façon démocratique !!!



D'ailleurs, peut-on confirmer le malheureux exemple de l'Algérie avec celui, dans une tout autre mesure bien entendu, des résultats obtenus par le C.F.C.M, suite aussi à une forme "démocratique" de sélection de ses responsables ?

Je crois moi aussi que la prise en compte des mentalités est essentielle pour la mise en place d'une démocratie, ainsi que l'éducation de la population au civisme et à la citoyenneté : si l'on n'apprend pas aux gens d'où ça vient et pourquoi ça s'est mis en place là où ça marche, à quoi ça sert, ou à quoi ça dessert, on ne peut pas arriver à grand chose de positif pour les populations.

Hitler est arrivé au pouvoir par la voie démocratique, mais c'est terrible, car il était réellement porteur d'espoir dans son contexte historique, voila pourquoi il a été suivi à fond la caisse.
Alors que pour les islamistes, je ne suis pas persuadée que ce soit le cas : je pense que les gens votent pour eux par rejet du reste, un peu comme vont le faire ce week end les français dans les urnes : voter aux extrêmes pour montrer leur déni des partis qui ont le pouvoir, par alternance.

ce qui est trés con, car les gens n'ont pas encore compris que la citoyenneté c'est avant tout un acte responsable. Faire ce que l'on te dit, ou le faire sans comprendre les enjeux, c'est encore pire qu'une dictature établie par la force : c'est se mettre les chaînes tout seul. L'autre problème dans nos démocraties, c'est qu'étant donné qu'on se traîne depuis quasiment 50 ans (chichi par exemple, mais c loin d'être le seul était déjà dans les gouvernements des années 60), les gens sont dégoûtés et se disent que ça ne sert à rien de voter.
Le problème, on le constatera une fois de plus, il ne vient peut être pas tant des populations, il vient surtout de la prise en otage de l'agora par les élites politiques. Ici, et ailleurs.

J'ai du mal à comprendre ce que les gens ont dans la tête. Je le sais, mais il n'empêche que je ne le comprends pas. Crying or Very Sad

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