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Guerre des idées :: Voir le sujet - Petits aperçus de pensée jungienne...
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Petits aperçus de pensée jungienne...
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lovelysummer
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MessagePosté le: Ven Mar 12, 2004 8:43 am    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour, petite modif pour le post précédent. La citation :

Jung a écrit:
D’ailleurs on pourrait se demander quelles sont les limites (les frontières) de l’inconscient collectif. Est-on sûr qu’il n’y a pas encore « Quelque Chose » d’autre au-delà de cet inconscient collectif et des archétypes ?


n'était pas de Jung, mais de Brahim, il fallait donc lire :

Brahim a écrit:
D’ailleurs on pourrait se demander quelles sont les limites (les frontières) de l’inconscient collectif. Est-on sûr qu’il n’y a pas encore « Quelque Chose » d’autre au-delà de cet inconscient collectif et des archétypes ?


voilà c tout, merci.
à plus,
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lovelysummer
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MessagePosté le: Sam Mar 13, 2004 4:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Bonjour lkm, je continue ici ma réponse à ton message du 06/03… comme c'est un peu ancien et que le message est loin sur le forum, j'en reprends beaucoup d'extraits :


lkm a écrit:
On peut être d’accord sur plusieurs pensées sans être obligatoirement de la même région ou de la même génération ou du même temps. La pensée n’a rien à voir avec tous ses repères parce que tout se passe au niveau de l’esprit. Je crois que les esprits sont en forme d’escalier où chaque groupe d’êtres humains est sur une marche.

Vraiment excellente cette métaphore. Brahim, qui aime se questionner sur le bout des choses, va nous demander où nous amène cet escalier…

lkm a écrit:
Mais ce qui est sûr aussi c’est que tout le monde ne peut pas être sur le même point de cette marche ce qui explique, par ailleurs, que nous ne sommes pas tous identiques. Et plus nos idées se ressemblent plus nos points sont proches. Et puisque les marches de l’escalier d’esprits sont hors le temps et l’espace, deux personnes peuvent être sur la même marche alors qu’elles ne vivent pas dans les mêmes dimensions espace-temps. Et la marche reflète la manière de penser non le savoir et les idées acquises et c’est-ce qui fait que nous aboutissons au mêmes conclusions ou que nous partagions les mêmes idées ou que nous acceptons mutuellement nos idées. En fait, ce sont nos manières de penser qui se ressemblent. Par exemple même si je n’ai pas ton idée, je l’accepte ou je la partage. A mon avis, c’est-ce qui explique le fait que deux personnes s’entendent en matière d’idées.

C’est une question de « processus » : comme les ordi, on a des cerveaux formatés de manière similaire, sauf que nous en avons décidé ainsi, et que nous avons rejeté le formatage par quelqu’un d’autre… mais il ne suffit pas de le décider, il faut encore l’appliquer au quotidien en prenant du recul par rapport à l’ensemble des informations qu’on possède depuis toute notre histoire, consciente et inconsciente… quel boulot !

Pour les escaliers, je me suis souvent demandé si l’on se situerait, au moment l’on y pense, sur des marches différentes si l’on était né dans une société différente (Moyen Orient, Orient, Amérique…) avec un entourage différent, ou bien si nos consciences propres auraient aussi réagi à un moment "t", par rapport aux informations qui leur auraient été données. Alors en écoutant ton histoire, je me dis que oui… sans doute… la prise de conscience est-elle individuelle et intemporelle elle aussi.

lkm a écrit:
Pour revenir maintenant aux religions et aux sectes. Les croyants sont d’accord sur les idées des prophètes ou de leurs chefs religieux ou gourous et non sur leurs façons de penser. Au lieu qu’ils leur apprennent à penser, ils leur donnent des idées toutes prêtes. Et les croyants doivent y croie sans réflexion aucune.
Par conséquent, dans l’apparence, ils ont l’air d’être ensemble mais dans la réalité il ne le sont pas. Pour conclure, il y a deux manières pour être d’accord sur une idée : la première se fait à travers la manière de penser. Plus les esprits sont libres et plus ils convergent vers les mêmes idées. La deuxième se fait via les idées toutes prêtes comme j’ai expliqué précédemment pour les religions. Les adeptes de cette manière n’évoluent pas et persistent les mêmes. Et voilà pourquoi je me permets de dire que croire aux religions limite no esprits et nous empêche d’avancer.

Là c’est toi qui ne me laisses plus en placer une : tout y est, j’ai plus rien à rajouter…Simplement que plus un cerveau est vidé et lessivé, plus il est simple d’y mettre des idées « prêtes à penser », et de le maintenir à l’état de mouton dans son troupeau.

lkm a écrit:
Il faut toujours se rappeler qu’il y aura d’autres après nous et que nous devons leur laisser le meilleur de nous-mêmes : une vie meilleure, de nouvelles idées, une planète saine… sans oublier de penser à soi-même aussi et à son bien être. J’ai le droit de faire la fête mais j’ai pas le droit le droits de déranger les voisins. C’est la règle d’or de la vie…

ok lkm, serrons-nous la main (à moins que tu ne m'autorises à te faire une bise Embarassé ), nous avons bien la même règle. Mais c’est aussi une question de respect, d’éducation et de civisme, et le problème actuellement, c’est que si les gens ne possèdent pas ces valeurs et ces règles d’or de manière innée, il faut les leur inculquer. Or, c’est ce que font de moins en moins nos sociétés, qui fabriquent des individus de plus en plus égoïstes, égocentriques je dirais, qui n’en ont rien à foutre de leurs voisins et encore moins du devenir de la planète.
Leur seul intérêt consistant en l’observation de leur petit nombril, et l'adoption facile d'un comportement compulsif de consommation (en occident en tous cas), ce qui laisse peu de place à la réflexion existentielle, philosophique, psychologique ou même spirituelle…

lkm a écrit:
Comme si on n’était lié à un élastique et un jour ce dernier atteint son stade maximum alors à ce moment, il faut se décider soit le couper pour se libère soit se laisser revenir en arrière. Sinon on va se sentir mal à l’aise et l’on peut même devenir fou ou on se suicide. On n’a pas trop le choix soit on revient à nos pensées antérieures et on accepte de se soumettre soit on se libère d’elles. De mon côté, ce déclic m’est arrivé en 1997, j’étais en prison au Maroc et à cet instant j’ai pris la décision de me libérer complètement et depuis toute ma vie a changé.

Une fois encore tu trouves l’image idoine. Un élastique, soit ça revient à son point de départ, et il n’y a alors plus de tension, mais on n'a rien changé, soit cette tension continue jusqu’à devenir intenable et ça casse. On est alors contrait de trouver une autre solution que la précédente. C’est vrai que c'est un passage pas confortable, mais au moins, on existe vraiment.

lkm a écrit:
Il ne faut pas céder de se soumettre à la majorité. Cette dernière n’est pas forcément dans le vrai et n’a pas forcément raison. Je pense qu’il faut essayer de la faire changer. Ne jamais juger la vérité par le nombre des personnes qui croit en elle. La vérité peut être aussi bien dans la majorité que dans la minorité.

Bien entendu, cependant on ne peut pas non plus faire changer les gens contre leur gré, et encore moins s’ils sont sous l’emprise d’archétypes que les religieux par dessus encore pervertissent dans leur sens, et utilisent pour alimenter leur « prêt à penser » de manière à asservir totalement les esprits…
car tu vois bien comment il est difficile voire impossible de discuter avec des gens dont l’esprit a été accaparé par les religieux. On en revient toujours au même point qu'il faut éliminer.

lkm a écrit:
Totalement d’accord avec toi mais pour que cet individu ressent une chose il faut qu’il se libère et qu’il arrive à s’exprime en son propre nom. Il faut toujours parler et dénoncer pour aider les autres à s’en sortir et pour que ce clic arrive parce qu’ils sont aveugles par le discours religieux et sectaire. Ils ne se rendent pas comptent qu’ils sont dans une prison et c’est le devoir des esprits libres de les secouer au moins.

Je suis ok pour secouer les esprits comme tu le dis, car si on se contente de dire des choses qui ont un fond, mais avec une forme douce, politiquement correcte en fait, le message ne passe pas, il glisse, entre par une oreille (et encore) pour ressortir par l'autre… alors qu’un Electrochoc, oui, forcément ça interpelle…C’est l'une des bonnes manières de parvenir à une prise de conscience, car forcément en produisant un choc, que la personne en soit consciente ou pas, au fond d’elle-même, c’est à dire au niveaux de son inconscient une fois encore, il va se passer quelque chose, donc instantanément ou par la suite.
Alors oui, mille fois oui, il faut dire, écrire, parler, communiquer, comme on le peut, et dès qu'on le peut !

lkm a écrit:
Moi aussi je suis très pessimiste, je dirai même que seul le pessimisme me laisse travailler dans cette direction.

Le pessimiste est effectivement un moteur d’action, surtout pour les gens qui se sentent responsables, d’eux-mêmes et des autres, puisque l’homme est un « animal social ». Personnellement, l’action est aussi une manière d’exister, c’est à dire que le constat et le développement intellectuel perso, à un moment ne suffisent plus : il faut les partager. C’est aussi ce qu’on fait ici. Merci, donc, à l’Aime.

lkm a écrit:
je n’arrive pas à trouver le terme exact mais à la fin j’ai opté vers une composition de deux mots la foi athée. J’estime qu’elle me convient le mieux. Chacun peut choisir le(s) mot(s) qui lui convient(nent). On n’est pas obligé d’être tous pareils mais il faut trouver le(s) mot(s), ça aide pour s’identifier, ne serait-ce que pour soi-même. l

lkm, je trouve que les mots, c’est, même si on cherche les plus justes, toujours trop petit pour nous faire rentrer, avec toute notre complexité, dans une définition… bon, je te taquine, je crois que tu sais cela.
Sourire

Pour la « foi athée », c’est un concept intéressant ! mais si je peux me permettre de te l’exprimer, je trouve que ça marque bien le rejet puissant que tu as fait de la religion, au point de prendre pour toi le mot qui s’y oppose. Alors tu as une « foi sans dieu ».Ce qui signifie que tu es un humain, qui sublime son état d’humain, loyal (foi) sans avoir besoin de sacraliser autre chose, un " dieu " à sa place et sans avoir besoin non plus de s’appuyer sur cette croyance pour être un Homme.

Or le rejet est impressionnant non en tant que tel, mais quand il est assumé et géré… parceque c'est ce qu'il y a de plus difficile (tu comprendras avec l'extrait de CGJ que je te donne juste après). Cependant, le mot "foi" peut aussi indiquer la croyance, et dans ce sens tu signales aussi (d’ailleurs tu as dit dans un autre message que tu ne peux vivre sans la foi) que cette foi fait partie de toi-même, et que tu es en fait passé d’une foi à une autre. Ça c’est à souligner, parce que tu montres ici même de quelle façon ton esprit s’y est pris pour rester sain et stable tout en révisant totalement tes concepts antérieurs…
lkm, quand je dis que l’Aime m’impressionne… en voila un exemple.

Pour illustrer ce que je te raconte, (nécessité de changer les valeurs, et risque encourus du point de vue de l'équilibre psychologique quand on rejette en bloc toutes les valeurs antérieures) voici un extrait -pas très court - de texte :

Jung a écrit:
La transition de la matinée à l’après-midi de la vie se fait par une sorte de transmutation des valeurs. La nécessité s’impose de reconnaître la validité, non plus de nos anciens idéaux mais de leurs contraires, de percevoir l’erreur dans ce qui était jusqu’alors notre conviction, de sentir le mensonge dans ce qui était notre vérité, et de mesurer combien il y avait de résistance et même d’animosité dans ce que nous prenions pour de l’amour.

Bien des gens qui se sont fourvoyés dans les conflits suscités par les problèmes des contraires, jettent par dessus-bord tout ce qui, autrefois, leur paraissait bon et désirable et cherchent à vivre en opposition complète avec leur Moi d’autrefois. Des changements de profession, des divorces, des conversions religieuses, des apostasies de toutes sortes sont les symptômes de cet élan vers le contraire.

L’inconvénient de cette conversion radicale au contraire de ce qui jusqu’alors avait formé l’armature de la vie, c’est que dorénavant la vie précédente va se trouver refoulée : cela crée un état aussi instable que le précédent, où les contrepoids des vertus et des valeurs conscientes étaient encore réprimés et inconscients.

Alors que précédemment le sujet souffrait peut-être de l’inconscience des imaginations contraires qu’il réprimait, de même des désordres risquent de se produire maintenant par suite du refoulement des anciennes idoles.C’est naturellement une erreur fondamentale de croire que si nous distinguons ce qu’une valeur précédemment hissée sur le pavois comporte de non-valeur, ou une vérité d’inexactitudes, cette valeur ou cette vérité se trouvent annulées : car elles sont seulement devenues relatives. (Tout ce qui est humain est relatif, en tant que reposant sur des contrastes intérieurs ; car tous les phénomènes sont de nature énergétique).

Or, sans un contraste, sans une tension préexistante, il ne saurait y avoir d’énergie. (...) Tout ce qui est vivant est énergie, et par conséquent repose sur la tension des contraires. C’est pourquoi la propension à renier toutes les valeurs antérieures au profit de leurs contraires est tout aussi exagérée que l’attitude exclusive qui l’a précédée. Dans la mesure où il s’agissait de valeurs « incontestables » et universellement reconnues, la perte éprouvée en les rejetant est aussi déplorable que fatale. Quiconque agit ainsi et jette par dessus bord ses valeurs, s’y jette lui-même en même temps, comme Nietzsche l’a déjà reconnu.(note ls : d’ailleurs il est devenu fou et il en est mort).

Il ne s’agit pas de viser à une conversion radicale, prenant le contre-pied de tout l’état de chose antérieur, mais à une conservation des valeurs anciennes auxquelles vient s’ajouter la prise en considération de leurs contraires. Cette attitude entraîne naturellement conflits et désaccords avec soi-même. Il est compréhensible que l’homme y répugne, aussi bien au point de vue philosophique que moral. C’est pourquoi on préfère parfois à cette solution le renversement de la vapeur ; mais bien plus souvent qu’à l’adoucissement nuancé des vérités précédentes ou qu’à une reconversion radicale, on assiste à un raidissement sur les positions anciennes, à une crispation convulsive grâce à laquelle le sujet essaie de se tirer d’affaire
.
Heu… je crois que vais perdre le peu d’auditoire qu’il me restait sur le forum là… vous êtes toujours là ?

lkm a écrit:
Et chaque dieu est responsable de lui-même mais il doit aider les autres à devenir leurs propres dieux sans les appeler à son mode de pensée sinon il va rentrer dans les jeux des sectes et des religions. C’est une étape très difficile pour un « dieu-humain ». Je dis toujours je que ne suis qu’un dieu pour moi-même et je ne suis pas obligé de croire aux dieux des autres comme je n’appelle personne à croire à mon dieu. Seulement la discussion sera toujours présente. l

Comme je voulais te le dire au travers de l’extrait précédent, ce n’est pas donné à tout le monde de basculer ses valeurs comme tu l'as fait, même Nietzsche n'y est pas parvenu, et tout particulièrement aux gens qui ont eu et ont encore des croyances et des soumissions aux religions : il est quasiment impossible sans devenir fou ou carrément mourir de procéder au rejet que tu as fait. Moi-même j’ai du mal à le croire, voila pourquoi l’équipe de l’Aime me surprend chaque jour davantage sur ce point, entre autres, et pourquoi je vous le répète souvent. Te rends-tu compte de votre spécificité, et de la distance que vous avez prise avec la majorité des gens de culture musulmane ?? (qui explique leur propre rejet souvent, les attaques et les insultes…)

J’ai copié tes mots suivants, je trouve que c’est une partie de la réponse à cette question, en quelque sorte… (tu constateras que je peux me faire un forum-chat toute seule, si tu me donnes les ingrédients Sourire ).

lkm a écrit:
A chacun son expérience et c’est ce qu’il y a de plus beau chez les êtres humains. La différence est le garant de notre force alors que les religions et les sectes font le contraire, elles veulent que nous soyons tous identique pour être plus fort. Elles oublient qu’elles sont en train de tuer la diversification qui ne peut qu’enrichir l’humanité. J’apprends beaucoup plus de celui qui a eu une expérience différente de la mienne que celui qui a eu la même. Les religions et les sectes se disent naturelles alors qu’elles sont contre la nature humaine qui se veut différente.

Citation:
Elles oublient qu’elles sont en train de tuer la diversification qui ne peut qu’enrichir l’humanité

Elles n’oublient pas, au contraire, c’est leur but : annihiler l’humain dans sa diversité, afin de le contenir, dans la masse.

lkm a écrit:
Moi je vois le danger de l’intérieur parce que je l’ai vécu de très près donc je sais exactement ce que veut l’islam et ce que pensent les chef religieux islamiques des plus extrémistes aux plus modérés. Peut-être que tu ne peux pas le voir mais moi je connais parfaitement le but de cette religion d’où ma peur de l’islam pour l’humanité plus que d’autres religions.

Bon écoute, pour ma part, c’est seulement quand j’ai été directement confrontée à quelqu’un qui s’est fait happer par cette religion, cette secte, et dont le comportement a radicalement changé, que j’ai compris à quoi l’on avait affaire, et jusqu’où ça pouvait aller, c’est à dire la négation de soi, la négation des autres, via les textes du coran, et au profit de je ne sais quoi, je ne sais qui, parce que ça, ça échappe à mon entendement, non, vraiment, j’arrive pas à le comprendre…

Si je n’avais pas vécu cette expérience, je n’aurais pas percutés sur le danger que réprésente l'islam, et surtout l'islamisme (car nous connaissons tous des musulmans "modérés", qui sont des gens ouverts et avec lesquels il est tout à fait possible et agréable de partages nos valeurs.
Sans cette expérience je serais demeurée au stade où sont encore bon nombre de mes compatriotes français et occidentaux, qui ne se sont pas penchés sur ces textes et leur contenu, et se contentent de répéter ce que les « bien penseurs » nous ressassent à volonté sur l’islam religion de paix, d’amour et de tolérance.
Car comment croire le contraire si l’on n’y est pas confronté comme tu l'as été intimement, ou comme moi je l’ai été à ma façon, ou si l’on ne trouve personne pour nous décrypter ces textes coraniques ??

De plus, tu sais que pour éviter d’être pointés du doigt, ou de passer au minimum pour des racistes anti-arabes, ceux qui se rendent compte qu’il y a un truc qui ne va pas dans cette religion en particulier, préfèrent se taire, ou font l’autruche avec les autres, donc avec ceux qui ne voient rien et auxquels on laisse croire à une religion de tolérance…

lkm a écrit:
Je ne crois pas que ces auteurs pensent vraiment que les religions sont utiles à l’humanité, mais, des fois, ils sont obligés de dire ce qu’ils ne pensent pas parce que dans leur temps et même aujourd’hui l’emprise de la religion est encore forte ce qui explique leurs propos.

Il y a de ça, mais souvent, chez les sociologues et les anthropologues on explique que la religion est un facteur qui permet la cohésion sociale, par ses codes, ses rites, elle institue un lien entre les acteurs sociaux, et donne la stabilité et l’apaisement à la société. Ce qui se comprend, car les individus, n’ayant plus de questions existentielles à se poser, puisque la religion y répond à leur place, restent, justement, chacun à la place qu’on lui donne (de mouton au sein du troupeau), et se tient tranquille.Le problème, tu l’entendras, c’est quand la religion maintient les gens dans un état d’inculture et de soumission, au profit d’une minorité, politico-religieuse, au lieu d’amener lentement la population à l’émancipation…

Tu comprendras aussi que les gens émancipés, par leurs propres moyens d’expériences et réflexions intellectuelles aussi, paraissent alors comme des éléments perturbateurs, et sont d’autant mal perçus par le troupeau lui-même, qu’ils sont réellement avant-gardistes… et sont susceptible de soulever le voile que nul ne désire enlever, on vit si bien cachés, la tête dans le sable !!

Mais il ne sert d’être à l’avant-garde, si ce n’est pour tenter d’apprendre, par tout moyen de communication – dont l’électrochoc on l'a dit - au troupeau qu’il y a de l’herbe plus verte ailleurs que dans les prés arides où les maintiennent leurs bergers…J

Jung a écrit:
il serait grand temps de réaliser qu’il ne sert à rien de faire l’éloge de la lumière quand personne ne peut la voir. Il faut apprendre à l’homme l'Art de voir.

Mille excuses pour la longueur de cette intervention, j'essaierai de recentrer sur le sujet par la suite, mais forcément, ça donne envie de discuter...!

A bientôt aux lecteurs courageux, Winkiss
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MessagePosté le: Jeu Mar 25, 2004 3:35 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Salut tout le monde, bon, je continue :

Les composantes de la pensée jungienne (suite)

On avait abordé dans un post un peu plus haut les notions d’inconscient personnel et d’inconscient collectif. Dans l’inconscient personnel on a parlé tout d’abord de la persona. Aujourd’hui je vous présente l’ombre.

Ombre et persona font partie des archétypes de l’inconscient personnel. C’est à dire la partie de l’inconscient qui appartient à l’individu et à lui seul, et dont il a quelquefois une conscience partielle. Voilà la raison pour laquelle ces archétypes nous « parlent » (dans le sens où nous les identifions dans leurs contours assez aisément) lorsqu’on se penche sur leur définition. Mais ils débordent aussi dans l'inconscient collectif, normal, l'homme est une créature sociale.

L’ombre est notre « être inférieur », celui qui se permet tout ce que nous ne nous permettons pas socialement, une sorte de Mister Hyde de notre Docteur Jekyll.
On peut comprendre de quoi il s’agit en pensant à nos comportements où on se met « hors de nous », en cas de colère, ou de réaction inhabituelle que l’on pourrait avoir, d’agressivité ou de provocation par exemple, et qui dépassent ce que l’on pense être de notre nature en temps « normal ».
L’ombre est notre partie primitive, animale, incontrôlable et cachée, tapie dans l’insconcient.

Parfois quant on déteste quelqu’un sans raison apparente, il est possible que ce soit la partie « ombre » que nous ressentons chez cette personne qui incarne une caractéristique de notre ombre que nous n’aimons pas.

L’ombre représente ce qui n’est pas socialement accepté, ce qui nous rend honteux, ce qui est à l’opposé de la personnalité idéale dans laquelle nous pouvons nous imaginer. Voilà pourquoi nous avons tendance à ignorer cette partie de nous même. Elle indique ce qui n'est pas convenable, « ne faut pas faire ». Ainsi, elle est toujours proportionnelle aux restrictions imposées par une société : de ce fait, plus une société est étroite et restrictive, directive et génère des frustrations, plus la part d’ombre sera développée chez les individus.

L’ombre n’est pas une partie consciente. Comme tous les archétypes c’est une énergie, elle n’est pas quelque chose de conscient elle même, elle ne pense pas, elle est là c’est tout. Elle n’est pas manipulable, elle est comme un animal sauvage, imprévisible. Elle est naturelle et instinctive, elle est ce que l’homme peut avoir de plus bas instincts, aussi et surtout.

Si on considère cet archétype du point de vue des représentations mythologiques dans l’inconscient collectif, on peut l’assimiler à la forme du diable, des sorcières ou tout personnage doté d’un pouvoir négatif voir méchant, culturellement identifié par le collectif.

Mais l’ombre pour Jung n’est pas uniquement cette masse sombre et primaire. Car comme il le souligne, "il n’y a pas d’ombre sans soleil, et pas d’ombre dans l’inconscient sans la lumière de la conscience".
Il est dans la nature des choses qu’il y ait lumière et obscurité, soleil et nuit. De ce fait, sans son ombre, l’homme serait incomplet dans sa personnalité.

Jung a écrit:
Un pressentiment obscur nous avertit pourtant qu’ayant un corps, ce corps implacablement projette une ombre, et que, si nous ne faisons pas entrer ce côté négatif de notre nature dans l’ensemble, nous ne sommes pas complets : nous ne sommes plus des être à trois dimensions, mais des êtres aplatis et qui ont perdu leur essence.
Notre corps est un animal, c’est à dire qu’il est un système vivant qui obéit de façon absolue à l’instinct. S’allier à l’ombre revient à accepter l’instinct et à accepter aussi ses dynamiques gigantesques, qui menacent à l’arrière plan. Or, c’est justement de cela que la morale ascétique religieuse veut libérer l’homme, au risque de perturber, au plus profond de lui-même, sa nature animale.


Pour lui, l’homme doit savoir adapter toutes les parties de sa personnalité en les cernant du mieux possible, et en les acceptant telles qu’elles sont, quitte à ce que son propre ego s’en froisse...

Alors accepter son ombre implique un effort moral considérable, voire l’abandon de certains idéaux dans le cas où ceux-ci aient été surestimés, ou illusoires quant au personnage que nous projetons de nous-même. Ainsi, essayer d’être meilleurs que nous ne le sommes réellement, ou se faire croire plus nobles que la réalité (que le capital dont nous disposons !) nous entraîne dans une hypocrisie et une tromperie perpétuelles, en nous auto-imposant des contraintes si fortes que souvent nous finissons par nous affaisser et devenons pire que ce que nous aurions dû être.

Jung a écrit:
Le fait en soi est proprement effrayant, que l’homme ait ainsi un côté d’ombre, d’ombre psychologique, qui ne comporte pas seulement – comme on se plairait à le penser – de petites faiblesses et des grains de beauté, mais qui préside aussi à des dynamismes franchement démoniaques. L’être pris dans son particulier est rarement au courant de ces fait ; car pour lui, individu isolé, il est presque impensable, ou bien invraisemblable, qu’il se dépasse en quelque point ou quelque façon. Mais laissons cet être inoffensif constituer avec d’autres une masse, et déjà, par leur réunion ils forment un monstre qui, le cas échéant, sera aisément délirant, et au sein duquel l’individu n’est plus qu’une cellule minime ; de gré ou de force, il ne peut faire autrement que de participer à la folie sanguinaire de la bête ou même il l’y aidera de ses propres forces. Le pressentiment obscur de ces possibilités, qui sont le dramatique apanage de l’ombre dans l’homme, fait qu’on préfère la repousser et en méconnaître l’existence.


Du point de vue collectif, l’ombre saura ainsi surgir dans les émeutes, les mouvements de groupes où monte l'hostilité, où l’individu se fond dans la masse et se fait happer par un ressentiment général : c’est bien l’ombre qui agit là, et sa dynamique individuelle qui se multiplie au contact de celle des autres...

Jung a écrit:
L’ombre est un problème moral qui défie toute la personnalité du Mo, mais il est aussi un problème social


Si on ne tente pas d’identifier notre ombre, son refoulement total dans notre inconscient représente certains dangers, en terme de stabilité mentale : elle y prend davantage de force, et quand elle se manifeste (elle finit toujours par se manifester, face aux pressions et expériences auxquelles sont confrontés les hommes au cours de leur existence) elle est plus dangereuse et susceptible d’écraser le reste de la personnalité qui ne parvient pas à la contenir comme elle aurait pu le faire en la prenant en considération dans sa totalité.

On voit pourquoi, il faut faire preuve de courage moral pour accepter que certains traits peu flamboyants de la nature humaine sont partie intègre de notre personnalitée. Mais il est réconfortant de penser qu’une situation a quelque chance d’être modifiée dès qu’elle est reconnue et affrontée par l'individu. Quand tout reste inconscient, rien ne change.


Jung a écrit:
Si l’on apprend aux hommes à discerner l’ombre de leur nature, il y a lieu d’espérer que, chemin faisant, ils acquerront une meilleure compréhension d’autrui et qu’ils n’en aimeront que davantage leur prochain. Une diminution de l’hypocrisie et un accroissement de la connaissance de soi-même ne peuvent avoir que de bons résultats sur le plan de la tolérance à l’égard d’autrui ; car on n’est que trop disposé à reporter sur l’autre le tort et la violence que l’on fait à sa propre nature.


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