Inscrit le: Aug 10, 2003 Messages: 4031 Localisation: IL SUFFIT DE LE VOULOIR ET CE NE SERA PAS QU'UN REVE ! THEODOR HERTZEL.
Posté le: Mer Avr 13, 2005 4:40 am Sujet du message: periode de deuil
Grâce à un sage processus conçu de manière graduelle, le Judaïsme permet à la personne en deuil de sortir du gouffre de désespoir où elle se trouve et de revenir à la normalité de la vie quotidienne.
Le Judaïsme, qui a affaire depuis si longtemps avec l’âme humaine et qui connaît si bien les succès et les travers de l’homme, sa grandeur et sa faiblesse, a conçu dans sa grande sagesse un système instaurant des périodes de deuil s’échelonnant progressivement. Durant ce laps de temps, la personne en deuil a loisir d’exprimer son chagrin et de libérer, avec une régularité délibérée, les tensions internes causées par la perte qu’elle a subie.
La religion juive propose une méthode admirablement structurée pour aborder le deuil, répartie en cinq étapes.
1. Première étape: aninout
Elle se situe entre le décès et l’enterrement, alors que le désespoir est des plus intense. Durant cette période, non seulement les agréments de la vie sociale sont supprimés mais également les principaux commandements religieux positifs, afin de tenir compte du trouble dans lequel se trouve la personne en deuil.
2. Deuxième étape: lamentation
Les trois premiers jours qui suivent les obsèques, sont réservés aux larmes et aux lamentations. Les personnes en deuil ne doivent pas répondre aux salutations et demeurent chez elles (sauf dans des cas spéciaux). C’est un temps où il est habituellement quelque peu décourageant de leur rendre visite, car il est trop tôt pour les consoler quand les blessures sont si fraîches. Le proche du défunt ne sort pas et manifeste sa peine en portant un vêtement déchiré, en s’asseyant sur des sièges bas, en chaussant des pantoufles, en s’abstenant de se raser et de procéder à des soins de toilette et en récitant le Kaddich (voir ci-après).
3. Troisième étape: chiva
Cette étape recouvre les sept jours qui succèdent aux funérailles et inclut celle mentionnée précédemment. Pendant cette période, la personne en deuil sort de la phase d’intense chagrin et accède à un nouvel état d’esprit dans lequel elle est disposée à parler de la perte subie et à accepter le réconfort prodigué par ses amis et par ses voisins.
Désormais, le monde s’agrandit pour elle. Elle continue à observer les contraintes soulignées dans le paragraphe plus haut mais elle est capable de dialoguer avec les connaissances qui viennent chez elle lui faire part de leur sympathie en plein milieu de son affliction.
Une obligation sacrée incombe à tout Juif, quel que soit son degré de relation avec le défunt ou avec ses proches, de consoler les survivants - ceux-ci pouvant être le père, la mère, le conjoint, le fils, la fille (mariée ou non), le frère, la sœur (ou le demi-frère ou la demi-sœur) du disparu.
Pour le Judaïsme, montrer de la compassion envers autrui en venant lui présenter ses condoléances est une mitsva, qu’un certain nombre des plus grands érudits considèrent comme un commandement biblique. Chacun se doit d’imiter D.ieu: de même qu’Il console les affligés, de même doit faire l’homme.
Le but fondamental de la visite de condoléances pendant la chiva est de soulager la personne en deuil de l’intolérable fardeau qu’est sa profonde solitude. Il n’y a pas d’autre moment où l’être humain a tant besoin de la chaleur de l’amitié.
Ce froid interne que la mort de son être cher a provoqué en lui commence maintenant à se dissiper. Il sort peu à peu de l’isolement par rapport au monde des hommes dans lequel il s’était confiné et du repli sur soi-même et commence à retourner vers la normalité.
4. Quatrième étape: chelochim
Ce sont les trente jours (y compris la chiva) qui suivent les funérailles. Incitée à quitter la maison après la chiva et à rejoindre peu à peu la société, la personne en deuil est bien consciente qu’il ne s’est pas écoulé assez de temps pour assumer des relations sociales pleines et normales.
Il lui est généralement interdit de se raser (pour un homme) et de se faire couper les cheveux, de se tailler les ongles, de prendre un bain pour le plaisir. Par contre se laver par hygiène est permis.
5. Cinquième étape: l’année de deuil
Les personnes qui ont perdu un père ou une mère observent le deuil pendant douze mois (débutant le jour de l’enterrement). Durant cette période, la vie reprend son cours normal et les occupations professionnelles redeviennent une fois de plus une affaire de routine. Néanmoins, la personne en deuil ressent en son for intérieur la blessure due à la rupture avec l’être cher qu’il a perdu.
Ce qui affecte le plus sa vie quotidienne est l’interdiction absolue de prendre part à des réceptions mondaines et à des festivités, qu’elles soient publiques ou privées. La participation à ce genre de réunions n’est tout simplement pas en accord avec l’état de dépression et de contrition dont souffre la personne en deuil.
Ce serait vraiment incohérent qu’elle danse joyeusement alors que la terre qui recouvre son père ou sa mère est encore fraîche.
C’est pourquoi les Sages ont décrété que, alors que le proche du disparu ne se séparera physiquement et complètement des activités normales de la société que durant une semaine, il évitera toutes les événements joyeux pendant douze mois s’il a perdu son père ou sa mère et pendant trente jours s’il s’agit d’un autre membre de sa famille. La joie, en terme de deuil, est associée dans une large mesure avec les événements sociaux qui se déroulent en public plutôt qu’avec des satisfactions personnelles.
A l’issue de cette période, la personne affligée n’est pas supposée continuer le deuil, à l’exception de brefs moments qui consistent à observer Yizkor ou Yahrzeit (voir ci-après). En fait, selon la tradition juive, il n’est pas bien qu’une personne porte le deuil plus longtemps qu’il n’est prescrit.
Le Kaddich
Le Kaddich est récité pendant chaque prière, matin, après-midi, soir, chabbat et fêtes, les jours de jeûne et de réjouissance.
L’intervalle de temps pendant lequel la personne en deuil dit le Kaddich pour ses parents est, théoriquement, une année pleine. On considère que le défunt passe en jugement devant D.ieu au cours de cette période. Par conséquent, dans certaines communautés il est d’usage de réciter le Kaddich pendant douze mois quels que soient les cas.
Néanmoins, puisqu’on estime que le jugement des impies dure une année entière, et on suppose que nos parents ne font pas partie de cette catégorie, la coutume dans la plupart des communautés est de ne réciter le Kaddich que pendant onze mois.
On ne peut le dire qu’en présence d’un quorum dûment constitué, un minyan, composé d’au moins dix hommes ayant passé l’âge de la Bar Mitsva. S’il n’y a que neuf adultes et un enfant mineur (de moins de treize ans), le quorum n’est pas atteint pour former un minyan.
Yizkor et Yahrzeit
Yizkor est une cérémonie remémorant tous les morts pendant un service religieux tenu en commun à la synagogue. Yahrzeit est un anniversaire commémoratif personnel; on peut le célébrer pour un membre de la famille ou un ami mais il est destiné tout d’abord à ses parents.
Yizkor fut institué afin que les Juifs rendent hommage à leurs aïeux et aient conscience de la nécessité de mener une vie juste et de poursuivre les buts fixés par la tradition. Le principe fondamental de la vie juive en forme la base; c’est celui même qui motive et anime la récitation du Kaddich.
Il s’appuie sur la croyance profonde que les vivants, grâce à des actes de piété et de bonté, peuvent racheter les fautes du défunt. Le fils est en mesure de procurer de la considération pour son père. Le “mérite des enfants” sera attribué à la valeur des parents.
Ce mérite est obtenu, essentiellement, en vivant à un niveau moral élevé, en étant à l’écoute des demandes de D.ieu et compatissant aux besoins de ses semblables.
Prier D.ieu et pratiquer la charité en sont l’expression la plus formelle.
Yahrzeit est un jour spécial où l’on célèbre l’anniversaire du décès de ses parents. Bien que ce mot soit d’origine germanique, cette tradition est décrite dans le Talmud.
Cette commémoration religieuse y est mentionnée, non pas comme une ordonnance mais comme la description du sentiment de tristesse éprouvé par le proche du défunt. Pour lui, c’est l’occasion de se rappeler chaque année la tragédie qu’il a vécue et par conséquent, il se doit d’éviter de manger de la viande et de boire du vin, symboles de réjouissance et de joie: c’est ce qui s’appelle vivre.
Inscrit le: Aug 10, 2003 Messages: 4031 Localisation: IL SUFFIT DE LE VOULOIR ET CE NE SERA PAS QU'UN REVE ! THEODOR HERTZEL.
Posté le: Mer Avr 13, 2005 4:50 am Sujet du message:
Le judaïsme aborde le sujet du deuil d’une façon admirable en l’inscrivant dans un cadre très structuré; il y a trois étapes, qui, si la personne affligée les suit scrupuleusement, soulageront son sentiment de perte tragique et sa douleur et la ramèneront peu à peu dans le monde.
Une personne en deuil racontait que, pendant qu’elle franchissait ces phases, elle se sentait comme dans un cocon. Au début, elle avait l’impression d’être engourdie et de n’être pratiquement pas vivante, puis graduellement, elle émergea comme le papillon, prête de nouveau à s’envoler.
La perte est définitive mais la cicatrisation des lésions psychologiques, émotionnelles et spirituelles qui se produit à chaque étape, est nécessaire et salutaire.
Après les obsèques, les proches parents du défunt s’assemblent dans un même endroit appelé “maison de la Chiva” pour y observer, pendant sept jours, le deuil et ce, d’une manière très intense. Chiva vient du mot hébreu chéva signifiant sept. Cette semaine est pour les personnes affligées une période où s’opère la guérison de leur plaies émotives et spirituelles; elles sont assises sur des sièges bas et habitent ensemble. Des amis leur font de courtes visites pour les réconforter.
Le respect de la Chiva incombe aux personnes qui ont perdu un père, une mère, un conjoint, un frère, une sœur ou un enfant. Un autre être cher qui décéderait serait pleuré mais sans observance de la Chiva.
Normalement, tous les proches en deuil font Chiva dans la demeure du défunt, car il est dit: “Là où une personne a vécu, son esprit continue à y habiter”. Ainsi, la présence de la personne décédée est des plus forte dans sa propre maison. Mais on peut observer la Chiva n’importe où et plus particulièrement, dans la maison d’une des personnes les proches du défunt parce qu’elle sera remplie de l’esprit du mort. Du fait de la proximité qui existait entre le défunt et la personne qui le pleure, il sera facile d’évoquer des souvenirs et on sait que le réconfort vient en grande partie de ce partage de souvenirs.
Il vaut mieux que toutes les personnes en deuil habitent dans la maison de la Chiva. Si ce n’est pas possible, un endroit sera désigné comme endroit de la Chiva et ceux qui ne peuvent y dormir, le quitteront le soir et y reviendront le matin.
Les personnes en deuil ne doivent, en principe, quitter à aucun moment la maison de la Chiva. On doit veiller à leur apporter tout ce dont elles ont besoin et à les décharger des obligations qu’elles auraient contractées à l’extérieur. En effet, pour paraître en public, elles devraient se montrer avec un visage “avenant”, ce qui ne serait pas convenable dans ces circonstances. L’aide empressée apportée par la famille, les amis, les voisins prenant soin de tous leurs besoins créent tout autour des personnes affligées une atmosphère d’amour, d’affection et de bonté. Cela contribue à apaiser la peine qu’elles éprouvent si profondément.
Sauf exception, la personne en deuil s’abstient d’aller au travail pendant la semaine de la Chiva. Consultez votre rabbin en cas de problèmes pécuniaires. La Chiva est en effet un moment de profonde réflexion personnelle, où l’on assume le sentiment de perte et la souffrance et où l’on jette un regard sur la vie dans sa perspective spirituelle intérieure. Le travail qui distrait nos pensées et nos sentiments doit donc être évité.
Etre en Chiva
Depuis le décès jusqu’aux funérailles, toute l’attention et tous les égards sont portés sur le disparu et sur les disposition à prendre en vue de l’inhumation. Les soins dispensés au défunt avant sa mise en terre, l’éloge funèbre, l’enterrement lui-même- tout est fait pour honorer le mort et non pour apaiser les personnes affligées.
Cependant, dès que la Chiva commence, l’attention est focalisée sur les proches du défunt. Ceux-ci vont connaître une semaine de souffrance extrême et la communauté est là pour leur exprimer sa tendresse, les consoler et prendre en charge leurs besoins. Tout en éprouvant une peine à déchirer le cœur, et en dépit de cela, l’entourage se doit d’aider et de soulager ceux qui ont subi cette si grande perte.
On est perplexe quant à la façon d’observer la Chiva et de rendre visite aux personnes qui sont en Chiva. Parce qu’on ne sait pas et que de parler de la mort rend nerveux et maladroit, la maison de la Chiva se transforme en une réunion mondaine de gens qui bavardent fébrilement, au lieu d’être un endroit propice au deuil.
Les règles de la Chiva ont pour but de permettre à chaque personne de se concentrer sur sa propre spiritualité. Nous ressentons un malaise physique total car toutes nos pensées sont dirigées vers l’âme du défunt. Nous accordons à notre corps une moindre importance en nous dispensant de le dorloter; de la sorte, nous rappelons-nous que ce que nous regrettons actuellement n’est pas la personne physique mais l’essence même de ce qu’elle fut avant de mourir, c’est-à-dire, bien entendu, son âme.
Toute notre pensée se concentre pendant cette semaine sur: je suis une âme, mon cher disparu est une âme.
Aménagement de la maison de la Chiva
Les objets qui doivent être préparés pour la Chiva sont les suivants:
Bougie commémorative : L’âme d’une personne est comparée à une flamme, car chaque être humain apporte de la lumière au monde. De la même manière qu’une bougie peut allumer d’autre flammes et garder toute son intensité, ainsi l’homme peut donner de soi-même, influencer la vie d’autrui et rester néanmoins intact.
La mèche de la bougie et la flamme sont comparées également au corps et à l’âme ainsi qu’au lien solide qui unit ceux-ci. Comme l’âme cherche à s’élever vers ce qui est bon et juste, la flamme aussi monte en brûlant vers le ciel.
Par conséquent, une bougie est allumée dans la maison de la Chiva et va y brûler jour et nuit pendant toute la semaine. En la contemplant, songez que l’âme de votre être bien-aimé, qui vient de disparaître, est éternelle. Cette pensée peut vous aider à apporter de la lumière dans l’obscurité où vous êtes plongé actuellement.
Chaises : Les personnes observant la Chiva doivent s’asseoir près du sol en signe de deuil. Des sièges bas sont souvent disposés; il est possible aussi de retirer les coussins se trouvant sur les canapés.ou les fauteuils. Certains ont la coutume de s’asseoir à même le sol. Ceci est le symbole de la solitude et de la dépression que la personne en deuil éprouve.
Des chaises normales doivent être placées en face des personnes affligées pour permettre aux visiteurs de s’asseoir près d’eux et de leur procurer le réconfort moral. (voir paragraphe “Visite de Chiva”)
Miroirs : Il est indiqué de recouvrir les miroirs (avec des housses ou avec un produit à pulvériser) dans la maison de la Chiva pour les raisons suivantes:
• Pendant la Chiva, la personne affligée tâche d’ignorer son apparence physique et toutes les futilités afin de se concentrer sur l’essentiel qui est son âme.
• Au moyen du miroir, on cherche à se mettre en valeur physiquement afin d’acquérir l’approbation sociale; le Juif en deuil est seul, silencieux, arrêtant sa pensée sur la perte qui lui toute personnelle. En voilant les miroirs, on symbolise son éloignement des regards de la société.
• Les prières sont généralement faites dans la maison de la Chiva. On ne peut pas prier devant un miroir car on doit pouvoir porter ses pensées vers D.ieu et non vers nous-mêmes.
• Les relations conjugales sont interdites pendant la semaine de deuil. Par conséquent, il n’y aucun besoin de soigner son aspect physique.
Chaussures : La personne en deuil doit être déchaussée ou porter soit des pantoufles soit des chaussures qui ne soient pas en cuir. Là aussi, cela symbolise le détachement vis-à-vis des frivolités et du confort matériel.
Une personne en deuil doit aussi éviter:
• De prendre un bain ou une douche pour le plaisir (permis à titre de propreté)
• De mettre du maquillage, des crèmes de beauté et des parfums
• De se faire couper les cheveux et de se raser la barbe (pendant les 30 premiers jours)
• De se couper les ongles
• De porter des vêtements nettoyés récemment pour le plaisir (permis à titre de propreté)
• De mettre de nouveaux habits
• D’avoir des relations conjugales
Après l’enterrement
Immédiatement après être sortis du cimetière et avant d’entrer dans la maison de la Chiva, les personnes en deuil et tous ceux qui ont assisté à l’enterrement procèdent à l’ablution des mains.
Quand on a été en contact avec la mort, il est indiqué de verser alternativement trois fois de l’eau sur chaque main. L’eau étant la source de la vie, ce geste acquiert un caractère spirituel.
Dès qu’elles entrent dans la maison de la Chiva, les personnes en deuil s’asseoient (sur des sièges bas) pour consommer le “repas de condoléances”. Les voisins ou la communauté se doivent de procurer ce repas afin de montrer aux personnes affligées combien est fort le désir de ceux qui les entourent de les réconforter.
Une autre raison psychologique plus profonde est attachée à cet acte; les personnes qui viennent d’enterrer un être cher et sont encore sous le coup de ce choc émotionnel, pourraient être habitées par un sentiment de mort à l’égard d’elles-mêmes et ne plus vouloir vivre sans lui. La nourriture qu’elles doivent prendre, répond à cette sensation et leur dit: “Non, vous devez vivre et exister”.
Le premier repas est consommé silencieusement et inclut les mets suivants:
• Du pain : considéré comme essentiel pour la vie
• Des œufs durs : ronds comme le cycle de la vie
• Des légumes cuits et/ou des lentilles (rondes également)
• Du thé ou du café
Il est bon que tous les autres repas pendant la Chiva soient également préparés et envoyés par l’entourage. Les personnes en deuil mangent toujours assis sur des chaises basses.
Durée de la Chiva
Les sept jours de Chiva commencent tout de suite après les obsèques. Ainsi, le premier jour de la Chiva est le jour de l’enterrement. Si les funérailles avaient eu lieu le mardi, le dernier jour de la Chiva serait le lundi suivant. Si une fête juive (par exemple Roch HaChana) tombe pendant cette période, la Chiva se termine l’après-midi juste avant la fête. On considère que le deuil a duré sept jours, bien qu’il ait été écourté.
Si une personne décède pendant une fête ou le chabbat, l’enterrement a lieu le jour suivant et la Chiva commencera alors.
Quand Chabbat tombe pendant la semaine de Chiva, il est compté comme un des sept jours mais on ne porte pas le deuil publiquement. Ceci veut dire qu’on abroge momentanément tous les signes extérieurs d’affliction (recouvrement des miroirs, s’asseoir sur des sièges bas, pas de maquillage, vêtements de deuil, etc...), parce que la joie du Chabbat annule même un deuil public. Cette suspension commence avant le début du Chabbat afin de donner le temps aux personnes en deuil de bien se préparer (douche, habillement…). Le Chabbat, les personnes en Chiva observent le deuil dans leur cœur. Le samedi soir, la Chiva reprend.
Visite de Chiva
La visite faite aux gens en Chiva a pour but de soulager leur chagrin qui est à ce moment-là à son point culminant. On a l’usage d’entrer silencieusement dans la maison de la Chiva après avoir frappé un faible coup à la porte pour ne pas faire tressaillir les occupants. On n’accueille pas les visiteurs; ceux-ci pénètrent librement.
On ne met à leur disposition ni aliments ni boissons; en effet, les personnes en deuil ne sont pas des hôtes; elles ne saluent pas non plus les visiteurs, ni ne se lèvent en leur honneur ni ne les raccompagnent quand ils partent.
Quand on vient réconforter une personne affligée, on ne devrait pas la saluer; le mieux est de s’approcher silencieusement et de s’asseoir près d’elle. Attendez son signal; si elle a envie de parler, laissez-la commencer. Alors vous pouvez lui parler. Mais quoi dire? Laissez-la guider la conversation. Il est préférable de parler du défunt, surtout si vous avez vous-même des histoires ou des souvenirs le concernant à lui faire partager.
Cependant, il ne faut pas la distraire de son deuil. Par crainte, nous avons souvent tendance à bafouiller toutes sortes d’inepties car nous ne savons pas quoi dire.
La plupart du temps, il vaut mieux ne rien dire. Une visite de Chiva peut être quelquefois complètement silencieuse si les personnes en deuil n’éprouvent pas le besoin de causer. Votre but n’est pas de les faire parler mais de les consoler. Votre seule présence suffit; assis près d’eux silencieusement, vous leur dites plus que des paroles ne pourraient le faire. Et le message transmis est: “Je suis ici pour vous; je ressens votre peine; je n’ai pas de mots assez fort pour l’exprimer”.
Et en effet, dans quelques cas, il n’y en a pas. Ainsi voilà ce qu’il ne faut pas dire:
“Comment allez-vous? (Elles ne vont pas si bien)
“Je sais ce que vous ressentez” (Non, vous ne savez pas. Chacun perçoit la perte d’un proche d’une manière différente)
“Au moins, elle a vécu une longue vie” (Plus longue aurait été mieux)
“Heureusement que vous avez d’autres enfants” ou “Remettez-vous, vous en aurez d’autres” (La perte d’un enfant, quelque soit son âge, est un coup terrible dont il est très difficile de se remettre)
“Courage, dans quelques mois vous rencontrerez quelqu’un de nouveau” (Il ou elle vient de perdre l’autre moitié de son âme)
“Parlons de choses réjouissantes » (Peut-être plus tard)
Consoler une personne en deuil, ce n’est pas la distraire. Ne passez pas votre temps à lui tenir des propos joyeux ou à l’entretenir de sujets vides comme la politique ou les affaires. Rappelez-vous que, seulement, le fait de parler du disparu bien-aimé peut la consoler. C’est bien si elle pleure; elle est malheureuse. Le but est qu’elle réussisse à dominer sa peine. C’est justement une des parties importantes de ce processus.
Une personne qui avait perdu sa mère avait affiché la note suivante à l’entrée de sa maison:
“Dans une maison juive en deuil” - Chaque culture a sa manière unique d’aborder la mort et la période de deuil qui la suit. Nous demandons à nos visiteurs de créer l’atmosphère s’accordant à nos valeurs juives. Les conversations doivent porter sur notre mère et le regret qu’elle nous laisse. Aucun effort ne doit être fait pour la décrire autrement qu’elle n’était car cela offenserait sa mémoire. Il nous serait pénible et inopportun en ces moments-là d’essayer de nous distraire de nos pensées relatives à la perte que nous éprouvons ou de nous empêcher d’en parler.
Merci
De la part de la famille
Cet avis peut servir de guide à toute personne se trouvant dans la même situation. Les visiteurs, qui lisent ce message en pénétrant dans la maison de la Chiva, savent comment se comporter et ce qu’il est approprié de dire. En retour, l’atmosphère ainsi créée aide les personnes en deuil.
Offices religieux
Pendant la semaine de deuil, les prières sont faites dans la maison de la Chiva et pas à la synagogue. De cette façon, les personnes affligées peuvent y vivre complètement l’épreuve de deuil sans avoir besoin de sortir, et par là d’être obligées de s’habiller spécialement et de prendre l’attitude que l’on doit avoir en public. Aussi, les offices religieux viennent à eux.
Il est bien de tenir les offices religieux dans la maison même; le caractère en est des plus poignant car c‘est le centre de la vie juive. Les valeurs y sont transmises. La famille y célèbre ses fêtes et en partage les joies. De même, s’y rassemble-t-elle pour s’associer aux peines et aux décès. C’est là que le judaïsme vit.
L’office de Cha’harit se tient tôt le matin afin de permettre aux gens extérieurs de vaquer ensuite à leurs occupations. De même, Min’ha et Aravit se font en fin de journée quand les gens reviennent de leur travail. Entre ces deux prières, il est opportun de dire quelques paroles de Torah en mémoire du défunt. Venir rendre visite pendant les offices est particulièrement adéquat car cela permet d’avoir le minyan (dix personnes) pour les prières et pour le kaddich que doivent dire les hommes en deuil.
Comment sortir de la maison de Chiva
Même si aucun mot n’a été échangé pendant la visite de Chiva, le visiteur prononce, avant de partir, une formulation de consolation aux personnes en deuil; cela peut se dire en hébreu ou en français:
HaMakom yena’hem et’hem béto’h cha’ar avèlé Tsion véYérouchalaïm
Puisse l’Omniprésent vous consoler parmi les personnes en deuil de Sion et de Jérusalem
D.ieu est nommé HaMakom, littéralement “L’Endroit”. De la sorte, vous lui dites que D.ieu est partout, que nous existons en Lui, dans ce monde et dans le monde futur. Un lien existe encore entre vous et le défunt, car vous êtes ensemble à l’intérieur du Makom.
“Parmi les personnes en deuil”, c’est le peuple juif qui forme une seule famille; nous sommes plus au moins proches mais pleurons tous la perte de l’un d’entre nous.
“De Sion et de Jérusalem” rappelle notre deuil collectif que nous portons pour la destruction du Temple de Jérusalem il y a 2000 ans par les Romains; c’est là que les Juifs faisaient converger leur relation privilégiée qu’ils avaient avec D.ieu.
La personne en deuil ne doit ni faire un signe de la tête ni répondre “Amen”; vous sortez alors doucement en vous assurant qu’il ne vous raccompagne pas.
Faire une visite de Chiva peut sembler de prime abord embarrassant. Vous serez peut-être amené à effectuer quelques changements dans votre comportement si les personnes en deuil ne sont pas au courant de nos traditions. Ceux-ci pourront éventuellement trouver bizarre que vous entriez sans dire un mot; dans ce cas-là, évidemment, vous devez parler et présenter vos condoléances.
Il m’est arrivé cependant de rendre visite à une personne en deuil qui n’était pas pratiquante. Je suis entrée, me suis assise à côté d’elle, lui ai pris la main et n’ai rien dit. Elle s’est mise à pleurer et m’a dit: “Il n’y a aucun mot”. “Je sais” ai-je répondu. Et regardons les choses en face, il n’y en a vraiment pas!
La Chiva de trois jours
Dans la tradition juive, il n’y a absolument pas de notion de Chiva de trois jours. En fait, le mot Chiva est de la même racine que le mot hébreu signifiant “sept”. Ce chiffre est très important dans le Judaïsme car il représente le concept d’achèvement dans ce monde, comme l’on été les sept jours de la création.
Certains ont tendance, par erreur, à penser qu’en fixant la Chiva à trois jours, le deuil sera, d’une façon ou d’une autre, plus facile à observer car “il traînera moins”. Il est vrai que, si une Chiva se transforme, par ignorance, en une série de réunions mondaines, qui est en mesure, après avoir subi une perte si écrasante, de supporter cela pendant sept jours?
Une de mes étudiantes avait perdu sa mère; on lui avait dit de faire Chiva pendant trois jours. J’avais l’intention de la convaincre de faire autrement mais cela me parut difficile en ce moment-là. Je suis allée lui rendre visite; si je n’avais pas su que quelqu’un était mort, j’aurais pu penser assister à un cocktail, où l’on mange, boit et rit à volonté. J’ai retrouvé mon élève dans la cuisine, donnant des ordres aux domestiques. Je l’ai prise par la main, l’ai fait asseoir et lui ai parlé de sa mère et au sujet de l’âme et de la vie future.
Je lui ai dit qu’elle n’aurait pas dû faire cela - cette nourriture, ces boissons, cette fête. Elle m’a répondu: “Je sais mais tout le monde veut que je le fasse”.
Je lui ai fait remarquer qu’une Chiva doit durer vraiment sept jours mais elle m’a répondu: “Qui voudrait endurer cela pendant sept jours? Je voudrais déjà qu’on me laisse seule. Ma mère est morte!”
Quelques semaines plus tard, elle m’a appelée pour me dire que, même s’il n’y avait pas eu cette “ambiance de fête”, cela avait été une erreur de n’avoir observé la Chiva que pendant trois jours. A l’issue des trois jours, a-t-elle ajouté, les gens étaient partis, son mari était retourné au travail et tout le monde s’attendait à ce qu’elle reprenne une vie normale. “Mais”, m’a-t-elle dit en sanglotant, “je n’ai pas pu pleurer ma mère”.
Si on regarde bien les choses, chacun des sept jours est important. Ce ne sont pas des journées faciles car la Chiva nécessite un investissement physique et émotionnel. Mais cette période est décisive à la fois pour la personne en deuil et pour l’âme du défunt qui se trouve dans l’autre monde. En observant la Chiva, on honore le disparu et grâce à ce mérite, son âme s’élève. Si une partie de la famille veut faire la Chiva seulement pendant trois jours, ne protestez pas. Simplement, quand eux ont fini, retournez chez vous et continuez jusqu’au septième jour. Evitez de le faire savoir publiquement afin de ménager leurs sentiments.
Se lever de la Chiva
Bien que le septième et dernier jour de la Chiva ne soit observé que durant quelques heures, il est cependant considéré comme une journée entière. Après l’office de Cha’harit, les personnes en deuil s’assoient de nouveau sur des sièges bas, mais pour un court moment. Puis les visiteurs, venus les consoler, leur disent: “levez-vous” et ajoutent:
Ton soleil n’aura jamais de coucher, ta lune jamais d’éclipse; car l’Eternel sera pour toi une lumière inextinguible, et c’en sera fini de tes jours de deuil. (Isaïe 60,20)
Comme un fils que sa mère console, ainsi vous consolerai-je; et c’est dans Jérusalem que vous trouverez votre consolation. (Isaïe 66,13)
Le signe de la fin de la Chiva est lorsque les personnes en deuil sortent publiquement dans la rue et font quelques pas accompagnées par les visiteurs venus les réconforter.
La maison, où elles ont vécu sept jours, était devenue la maison de deuil. Comme telle, celle-ci avait pris un caractère de gravité; elle s’était emplie de souvenirs et n’avait été consacrée qu’à la contemplation et à la méditation. Mais ce sont les mêmes personnes qui vont continuer à l’habiter. L’acte concret d’en sortir, d’en faire le tour et d’y rentrer, veut dire que leurs relations envers cette maison vont être désormais renouvelées.
Deuxième étape : chlochim
Les trente jours qui suivent l’enterrement (y compris la Chiva) sont appelés Chlochim, du mot hébreu signifiant “trente”.
Dès la fin de la Chiva, la plupart des limitations imposées aux personnes en deuil pendant ces sept jours sont levées. Elles peuvent sortir et aller travailler. Cependant, durant vingt-trois jours, elles doivent limiter rigoureusement leur participation à des obligations mondaines et éviter bien entendu les festivités où l’on joue de la musique. Les hommes ne doivent pas se raser ou se couper les cheveux.
On est encore en deuil mais les lois de la période de Chlochim permettent la réintégration progressive dans la vie de tous les jours. Mais pour les personnes en deuil, il ne serait pas sain qu’elles sortent de la Chiva pour immédiatement se précipiter de nouveau dans la routine. Elles sont toujours en deuil, même si l’intense douleur est devenue presque supportable. Elles auront des moments de profonde tristesse et de nostalgie; les quelques restrictions qui leur restent leur rappellent, ainsi qu’à leur entourage, que c’est un processus qui est loin d’être terminé.
A l’issue des Chlochim, si les personnes ont été en deuil pour un proche qui n’est ni son père ni sa mère, le deuil est alors officiellement fini. Le Kaddich n’a plus besoin d’être dit et elles peuvent reprendre leurs activités normales.
Pourquoi 30 jours? Le calendrier juif est basé sur le cycle lunaire de 30 jours. De la même manière que la lune croît et décline pendant cette période, le deuil de 30 jours est l’occasion pour les personnes affligées de passer par un cycle complet d’émotions. Au début, il y a les obsèques et les premiers jours de la Chiva; on ne voit pas la moindre lueur. Puis lentement, la lumière apparaît de nouveau, de plus en plus intense. Les 30 jours représentent une période essentielle où l’on recommence et où l’on apprend à se confronter avec une nouvelle réalité.
Certainement, les personnes en deuil souffrent encore de la perte subie mais le Judaïsme admet que, dans une certaine mesure, le temps est capable d’adoucir et de guérir la peine. Le retour au quotidien aide à la guérison. La Chiva fut la période la plus terrible, les Chlochim furent très durs. Maintenant, elles vont entamer une étape difficile mais au bout du compte, cela ira de mieux en mieux.
Troisième étape : le deuil d’un an
Seule une personne qui a perdu son père ou sa mère reste en deuil après les Chlochim, et ceci pendant 12 mois à partir du jour du décès. Quelle en est la raison?
C’est en fonction de notre lien psychologique et spirituel avec nos parents que nous nous définissons essentiellement en tant que personnes. Par conséquent, quand ils disparaissent, nous avons besoin d’une plus longue période de réadaptation.
Durant cette période, nous sommes habités par un profond sentiment de gratitude pour tout ce qu’ils nous ont donné et tout ce qu’ils ont fait. Quand nous étions enfants, nous évoluions en “mode prendre” alors que nos parents étaient presque toujours en “mode donner”. C’est difficile de dire merci quand on trouve normal de prendre. C’est pourquoi, maintenant, nous sommes à même de reconnaître le bien que nos parents ont tenté désespérément de nous faire et ce, de la meilleure façon qu’ils le pouvaient.
Les parents incarnent aussi des valeurs et des idéaux. Ils sont pour nous les représentants de D.ieu sur la terre. Ils essaient de nous communiquer, à leur façon, des outils essentiels pour vivre. En prolongeant la période de deuil, nous marquons ainsi que la perte de telles relations entraîne des répercussions spirituelles profondes.
Après les Chlochim, la vie reprend peu à peu son cours normal. Les obligations mondaines sont permises mais les divertissements et les amusements, spécialement quand il y a de la musique, sont prohibés. On peut se consacrer activement à ses occupations professionnelles. Après douze mois, le deuil est considéré comme terminé.
Remémorations annuelles: Yizkor
Yizkor signifie “Remémoration”; c’est une prière qui est prononcée à la synagogue lors de certaines fêtes:
• Yom Kipour
• Le dernier jour de Pessa’h
• A Chavouot (le deuxième jour en dehors d’Israël)
• Chmini Atseret (Après Souccot)
Ces fêtes qui rassemblent le peuple juif sont pour nous l’occasion de nous souvenir. Nous réalisons que nous ne sommes là que comme Juifs; et ce, grâce à ceux qui sont venus avant nous car, quelquefois, ils ont dû prendre la décision de rester juifs en dépit des persécutions et du risque de mourir. Yizkor nous relie aux générations du passé ainsi qu’aux êtres chers que nous avons perdus.
Dans certaines synagogues, en plus du Yizkor dit par chacun en souvenir d’un proche disparu, un Yizkor pour les les Juifs qui ont péri pendant la Choah et les soldats morts au combat pour l’Etat d’Israël est récité par la communauté.
L’après-midi précédant ces fêtes, il est bien d’allumer chez soi une bougie de Yartseit (brûlant vingt-quatre heures) en mémoire du défunt.
Le jour de Yizkor, au cours de l’office du matin, on demande aux personnes qui n’ont jamais été en deuil de sortir. Ne restent que les personnes qui ont été en Chiva dans le passé.
Nous récitons des prières en hommage aux êtres que nous avons perdus et demandons que D.ieu les crédite de nouveaux mérites en raison de l’influence qu’a leur souvenir sur notre ferveur et notre générosité.
Après la fête, n’oubliez pas de donner la Tsedaka, la charité, en souvenir des défunts.
Yartseit (l’anniversaire du décès)
Chaque année, on doit commémorer, selon le calendrier juif, l’anniversaire du décès de l’être cher qu’on a perdu. En cas de doute sur le jour exact, consultez une autorité rabbinique. On a l’habitude d’accomplir les choses suivantes:
• Allumer chez soi une bougie de Yartseit la veille à la tombée de la nuit, car le jour juif commence le soir
• Donner la Tsedaka à la mémoire du défunt
• Etudier la Torah ce jour-là ou dédier un cours en son souvenir
• Réciter le Kaddich. Si vous ne pouvez le faire, arrangez-vous pour que quelqu’un le dise à votre place. Contactez une synagogue ou une yéchiva si vous avez besoin d’aide.
• Offrir un kiddouch à la synagogue ce jour ou le chabbat tombant à la fin de la même semaine
• Jeûner depuis le lever du soleil jusqu’au soir (sauf les jours où il est interdit de jeûner - consultez pour cela un rabbin)
Il faut noter que le Judaïsme n’accorde pas la même importance aux anniversaires; ainsi, le jour de la naissance d’une personne décédée n’est pas célébré mais par contre, sa date de décès est commémorée consciencieusement.
Le Talmud compare cela à un bateau. Comme c’est curieux que nous fêtions son départ, si en fin de compte, arrivé à sa destination, rien n’a été fait. Il y a donc une autre façon de considérer les choses.
Bien que le jour de notre naissance contienne en puissance ce que sera notre vie, c’est le jour de la mort qui indique ce que nous sommes réellement devenus. Notre valeur est alors jaugée en fonction de ce que nous avons pu réaliser par rapport à ce que nous aurions dû accomplir. Avons-nous utilisé le temps au mieux de nos capacités?
Quand un être cher disparaît et retourne vers D.ieu, vers son ”port d’attache”, nous regrettons qu’il ne soit plus avec nous; cependant, nous nous rappelons ce qu’il a pu accomplir dans sa vie. La commémoration annuelle du Yartseit est pour nous un moment de tristesse mais aussi l’occasion de louer ses mérites et la vie qu’il a vécue.
Inauguration de la pierre tombale
En posant la pierre tombale, on honore le corps qui a abrité l’âme. On ne le fait jamais au moment de l’enterrement. La tradition juive est plutôt d’ériger la dalle funéraire le plus tard possible. Certains procèdent à l’édification tout de suite après la Chiva, d’autres le font pendant l’année.
La cérémonie, appelée en hébreu Hakamat Matseiva (édification du monument) consiste à enlever le voile qui couvre la stèle. Ceci est accompli par les personnes en deuil en présence des proches de la famille.
La cérémonie est en général courte. On récite des Psaumes et on parle du défunt. Les propos suivants peuvent être évoqués par les participants.
Le rocher, masse de pierre, se dit en hébreu Tsour. Ce mot est utilisé aussi pour se référer à D.ieu. C’est le moment de nous souvenir que D.ieu est le rocher sur lequel nous nous appuyons. Il est toujours avec nous pour nous consoler dans les heures les plus sombres.
La pierre est aussi symbole d’éternité, comme la première pierre d’un immeuble, posée lors de sa fondation et destinée à durer indéfiniment. Qu’est-ce qui subsiste perpétuellement après la disparition d’êtres chers? Ce sont leurs qualités qui nous influencent au plus profond de nous. En dressant des pierres, nous nous rappelons ce qu’ils ont bâti pendant leur vie, quelles actions ils ont menées et quelle était leur personnalité. Nous ne les oublierons jamais.
L’homme est créé BeTselem Elokim, à l’image de D.ieu. Cette image n’est pas matérielle mais intérieure et fondamentalement éternelle: c’est son âme.
Visite du cimetière
Bien qu’on puisse aller au cimetière n’importe quand une fois que la pierre tombale a été posée, il y a cependant des jours spéciaux de visite:
• Le septième jour après que les restrictions de la Chiva ont été levées
• Le trentième jour de deuil (Chlochim)
• Après les douze mois de deuil
• Le jour du Yartseit (anniversaire du décès) chaque année
• Le jour avant Roch Hachana
• Le jour avant Yom Kipour
Pourquoi ces jours précisément? Ce sont en effet des périodes de réflexion où l’on se concentre sur les choses importantes de la vie. Visiter la tombe d’un être cher provoque en nous un désir d’épancher notre cœur et nous fait réaliser combien nous avons besoin d’aide pour beaucoup d’aspects de notre vie. Ce sont des périodes où nous implorons D.ieu et demandons à la personne que nous avons perdue d’intercéder en notre faveur.
La coutume juive est de ne pas déposer de fleurs sur les tombes mais d’y placer un simple caillou. Plutôt que de dépenser de l’argent pour des bouquets, ce qui ne fait rien au défunt, il vaut mieux faire un don en sa mémoire, ce qui va aider à élever son âme.
Nous mettons un caillou sur la tombe pour marquer que nous avons été là, non pas afin que le disparu le sache, car son âme en avait déjà conscience mais pour que nous le sachions. Nous sommes des êtres matériels et avons besoin de gestes physiques qui expriment la réalité de notre présence en ces lieux. Le caillou est notre “carte de visite”. Les fleurs se fanent mais le simple petit caillou, symbole de l’éternité, témoigne de notre vénération impérissable pour la mémoire de notre bien-aimé. Nous restons liés jusqu’à la fin des temps.
En procédant à de dignes obsèques, nous honorons ainsi le corps du défunt qui a acquis de la sainteté en abritant une âme et en la servant. De même, le cercueil doit être le plus simple possible; les dépenses à but purement spirituel agiront réellement sur l’âme du défunt.
Chagrin et deuil
Le deuil est une épreuve difficile; le Judaïsme va fournir à la personne en deuil un cadre qui lui fera sentir au début combien il est seul et séparé de la société puis, peu à peu, le réintégrera dans le monde.
Le rav Samson Raphaël Hirsch écrit dans son livre “Horeb” que les gens éprouvant du chagrin ont une impression physique de vide intérieur. C’est l’état le plus douloureux car le besoin essentiel de toute personne est d’avoir un sentiment de plénitude.
Les différentes étapes du deuil nous permettent de faire face au sentiment de perte. Nous arrivons même à minimiser la profondeur du vide laissé en nous.
Le temps cicatrise les blessures; non pas parce que nous sommes occupés et que les souvenirs s’estompent. Avec le temps revient l’objectivité. Nous réalisons que la personne que nous sommes désormais s’est faite grâce à l’être que nous avons perdu. Notre caractère, les actes que nous faisons et les valeurs auxquelles nous croyons, le mérite en est dû à cette âme si spéciale et au sentiment de perte que nous venons de vivre.
Le corps qui est limité, meurt. Mais l’âme, l’essence même de notre bien-aimé, est éternelle. Nos liens continuent à exister. Cette réalité va progressivement combler, mais jamais complètement, le vide qui a été laissé. Nous ne pourrons, en aucun cas, appréhender ce que c’est l’éternité de l’âme. Nous sommes des êtres humains, limités dans notre capacité de comprendre vraiment les voies de D.ieu et ce qu’est la vie future.
Puisse l’Omniprésent consoler tous les endeuillés de Sion et de Jérusalem
Par Lorie Palatnik, traduction et adaptation de Claude Krasetzki.
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mieux vaut garder précieusement la date hébraique du déces car pour les cérémonies d'anniversaires cela n'a rien a voir avec la date du déces civil
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