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Guerre des idées :: Voir le sujet - Chrétiens d'Irak (pour Musulmane)
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Chrétiens d'Irak (pour Musulmane)

 
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Axel
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MessagePosté le: Mar Jan 04, 2005 3:58 pm    Sujet du message: Chrétiens d'Irak (pour Musulmane) Répondre en citant

Salut Musulmane,

Puisque tu te pames de bonheur sur ce site libertaire Très content j'en profite pour ouvrir un topic d'observatoire permanent des chrétiens en irak.
Article, témoignage, infos... voilà pour que tu puisse être pleinement au courant.

A+

Axel.
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« La seule chose que je t'accorde, je dis bien la seule, c'est que tu as raison sur un point : tous les occidentaux ne sont pas condamnables. »
Selia le 27 /12 /2006.
http://www.assoaime.net/ftopicp-52519.html#52519
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Axel
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MessagePosté le: Mar Jan 04, 2005 4:00 pm    Sujet du message: Répondre en citant

un petit témoignage pour commencer:

Irak du nord: Chrétien kurde assassiné

Citation:
Chauffeur de taxi chrétien connu pour son témoignage ouvert auprès des musulmans

Le chrétien kurde Ziwar Mohamad Ismaeel, un chauffeur de taxi, a été abattu le 17 février dans la ville de Zakho, dans le Kurdistan irakien. Une source locale rapporte que l'assassin de Ziwar était une homme d'une quarantaine d'années, une mitraillette à la main. Le mobile du crime est actuellement encore inconnu. Toutefois, des amis de la victime relatent que suite à la conversion de Ziwar, il y a quelques années, son témoignage chrétien avait créé des tensions dans la communauté musulmane locale. La famille de Ziwar lui refuse des obsèques en raison de leur forte opposition à sa conversion. Lorsque Ziwar devint chrétien, des membres de sa famille ont consulté un mollah qui, semble-t-il, leur aurait recommandé de le tuer. Ziwar avait refusé d'entrer dans la clandestinité, même après avoir subi plusieurs tentatives d'assassinat. «Avec Jésus à mon côté, je n'ai rien à craindre,» avait-il dit à des amis. «Quitte à en perdre la vie, je ne renierai jamais Jésus-Christ.» Ziwar laisse une femme et cinq enfants. (photo)


voir sur http://www.topchretien.com/topinfo/affiche_info_v2.php?Id=3566
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Axel
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MessagePosté le: Mar Jan 04, 2005 4:11 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Autres info:

à lire:

Menaces sur les chrétiens d’Irak

Auteur : Joseph Yacoub, professeur à la Faculté catholique de Lyon, chroniqueur à TC.
Préface de Michel Cool
200 pages
Coédition CLD et Témoignage Chrétien, avril 2003

« Quelle que soit l’avenir de l’Irak, il y a de fortes raisons de craindre une régression dans la situation des chrétiens de ce pays »
Avant propos. L’Irak n’est pas un désert
Introduction. Retour sur scène des chrétiens d’Irak
1ère partie. Les chrétiens d’Irak aujourd’hui : une communauté amère
2ème partie. Essor bi-millénaire de l’Église d’Irak
3ème partie. Diaspora et avenir des chrétiens d’Irak
Conclusion : quel destin ?
Docteur en histoire et professeur de Science politique à l’Université catholique de Lyon, Joseph Yacoub est chrétien de rite assyro-chaldéen. Spécialiste des communautés chrétiennes du Moyen-Orient. Il écrit régulièrement dans les colonnes de TC.


info:

IRAK Données Statistiques
434 924 km2
20 610 habitants
Capitale : Bagdad (3 844 608 habitants)
Religions :
musulmans : 95 %
chrétiens : 3 %
Langues officielles : arabe, kurde et syriaque.
Régime politique : République.




Législation religieuse
L’islam est la religion de l’Etat irakien. Il est contrôlé étroitement par le gouvernement. Les droits des minorités religieuses sont garantis par la loi.

Situation religieuse
Dans les faits, le gouvernement pratique une discrimination envers les non-sunnites (musulmans shiites et chrétiens).


Actualité du pays
Les chrétiens d'Irak poussés à l'exode Une campagne de violence visant les chrétiens de Bassorah pourrait pousser cette minorité à quitter cette ville portuaire méridionale d'Irak, où elle est implantée depuis des siècles. Les nouveaux leaders chiites, libérés de l'oppression de l'ancien régime, ont ordonné la fermeture de quelque 200 débits d'alcool tenus par des chrétiens et ont suscité un sentiment de crainte parmi les chrétiens qui pensent à quitter la ville. Ces attaques, qui détruisent les magasins tenus par des chrétiens, et même parfois qui entrainent la mort de tel ou tel d'entre eux, poussent de nombreux chrétiens à préparer leur départ de ce port situé à 500 km au sud de Bagdad. L'évêque Gabriel Kassab, qui se soucie de 1150 familles chrétiennes, qu'elles soient syriaques orthodoxes, catholiques, protestantes ou chaldéennes, évoque aussi ce départ. "Sous l'ancien régime il y avait la sécurité et pas de gros problèmes. Maintenant, au moins six membres de notre communauté ont été tués", dit-il. "Personne ne peut dire que la situation du temps de Saddam Hussein était bonne, mais au vu de la situation actuelle, je pense qu'avant c'était parfait", dit un chrétien. (MISNA, 08/02/2004)

http://www.aed-france.org/observatoire/pays.php?id=41&dossier=34

"Des églises exsangues

Qui se souvient encore que la Bible place en Irak le jardin d’Éden, Paradis terrestre ? Dans le quartier de Saddam City, à Bagdad, les familles vivent au milieu des ordures, les hôpitaux pour enfants sont de véritables mouroirs (plus d’un demi-million d’enfants seraient morts des suites de l’embargo, selon les organisations internationales), les produits alimentaires sont hors de prix, les adductions d’eau délabrées causent des épidémies de typhoïde et de dysenterie, un fonctionnaire gagne 18 F par mois. Seuls les paradis artificiels ne font pas défaut : tandis qu’on fait la queue au Luna Park de Bagdad et que la jeunesse dorée fait la fête sur le DJ Beat, une discothèque flottante, les détournements massifs, même des médicaments vitaux, souvent organisés par les proches du régime, ont donné naissance à une caste de "profiteurs de guerre" à la consommation ostentatoire.

Depuis la guerre du Golfe, l’Irak vit dans un "non temps". Le régime a perdu la guerre mais son vainqueur semble vouloir par-dessus tout la maintenir en place. Or, en plus de son caractère dictatorial et répressif, il ne s’appuie que sur quinze à vingt pour cent de la population, les Arabes sunnites. Les sept années qui se sont écoulées depuis la fin de la guerre du Golfe n’ont rien résolu, sur fond d’une souffrance croissante du peuple irakien : l’organisation politique, les relations entre les communautés, la question kurde, les relations avec l’Occident ou avec l’Iran.

Les communautés chrétiennes participent à la souffrance des populations de l’Irak, aggravée par leur statut minoritaire. Bien que le Saint-Siège multiplie les efforts pour alléger leurs souffrances, les chrétiens d’Irak sont de plus en plus nombreux à ne voir comme seul avenir possible que l’exil.
"

autre article sur le même site:

Citation:
Un long calvaire

Fragilisés par la dictature, l'embargo puis la guerre, les chrétiens d'Irak oeuvrent pour la justice et pour la reconnaissance de leurs droits longtemps bafoués. Ils s'exercent à l'espérance.

Situation désespérante

Les Etats-Unis et les forces de la coalition s’étaient sans doute trop vite réjoui de la capture de Saddam Hussein. En effet, des groupuscules sunnites pro-saddam très armés ont commencé à attaquer les américains. Al-Qaida a pu infiltrer ses combattants et font éclater un terrorisme sur tout le territoire irakien visant les soldats américains et leurs alliés, la délégation de l'ONU en Irak ainsi que toutes les infrastructures pour reconstruire ce pays. Des graves attaques de kamikazes et de voitures piégés ont aussi été lancé contre les chiites et les kurdes ne distinguant pas entre les leaders politiques et les innocents civils. La signature d'une nouvelle Constitution irakienne sur des bases laïques a aggravé la colère des terroristes car les sunnites considéraient qu'elle donnait trop de pouvoirs aux chiites et trop d'autonomie aux kurdes. De son côté, la milice chiite de Moqtada Sadr, armée et appuyée par l'Iran, radicalise son discours contre la présence des troupes américaines : ces combattants croient pouvoir, par un soulèvement armé, contraindre les GIs à se retirer de l'Irak pour asseoir un nouveau pouvoir islamiste et pro-iranien. Les combattants sunnites aspirent à la même chose mais pour asseoir un nouveau pouvoir sunnite à l'image de celui de Saddam. Ainsi, une guerre entre les sunnites, les chiites et les kurdes est prévisible si les soldats américains viendraient à quitter l'Irak. Cette guerre civile entraînerait la déstabilisation non seulement de l'Irak mais tous les pays du Proche-Orient comme l'Arabie Saoudite, la Syrie, la Turquie, la Jordanie et les pays du Golf.
Quant au président Bush, il ne cesse de déclarer qu'il respectera l'échéance du 30 juin 2004 pour le transfert de la souveraineté aux irakiens. Il considère que «cette violence est une tentative de prise de pouvoir par des éléments extrémistes de l'intérieur et de l'extérieur de l'Irak». L’échéance électorale de la présidentielle aux Etats-Unis en automne 2004 met de la pression sur l’administration Bush qui tâtonne toujours pour résoudre l’ingérable situation de l’Irak après Saddam. Dans ce contexte, le peuple attend, sans trop y croire, une paix véritable.
(AED-info, 06/2004)

Nouveau Patriarche chaldéen

Le Synode des Évêques de l'Église Chaldéenne est réuni du 1er au 3 décembre 2003 au Vatican, convoqué par le pape Jean Paul II pour l'élection du nouveau Patriarche des Babyloniens, chef spirituel de la communauté. Le Saint Synode de l'Église Chaldéenne s'est réuni à la fin du mois d'août 2003, mais n'avait pas réussi à procéder à l'élection d'un nouveau Patriarche. Il y avait 23 évêques présents au Vatican, provenant d'Irak, mais aussi de différents endroits dans le monde où est présente l'Église Chaldéenne, et qui a formé des communautés de la diaspora au Moyen-Orient, en Europe, aux États-Unis et en Australie. Sa Béatitude Emmanuel-Karim III Delly a été élu le 3 décembre 2003 remplaçant ainsi le Patriarche Raphael Bidawid I, décédé le 7 juillet 2003 au Liban, après une longue maladie. Mgr Emmanuel-Karim III Delly, né en 1927, à Telkaif, près de Mossoul, a été ordonné prêtre le 21 décembre 1952. Il a été nommé évêque auxiliaire de Babylone en 1962, et assistait le patriarche Bidawid, fonction de laquelle il s'est retiré le 24 octobre 2002. Mais en raison de la longue maladie du Patriarche alors au Liban, il administra l'Église chaldéenne en son nom et place. Il connut ainsi les heures difficiles de la guerre d'Irak et resta sur place au milieu de son peuple. Après cette élection, Jean-Paul II a reçu en audience les évêques chaldéens et leur nouveau patriarche. Le nouveau Patriarche demanda au Pape la communion ecclésiastique, acte juridique l'instituant officiellement dans l'Église catholique en tant que patriarche des Chaldéens. Jean Paul II s'est alors adressé aux personnes présentes, donnant la communion ecclésiastique au nouveau patriarche, le reconnaissant ainsi dans la hiérarchie de l'Église catholique. S'adressant plus particulièrement aux irakiens, il a rappelé les origines de la terre d'Abraham. Il a dit prier avec eux et pour eux pour la paix tant souhaitée de leur pays. La Divine Liturgie rituelle au cours de laquelle les représentants de l'Église romaine et de l'Église chaldéenne s'échangent les espèces consacrées, eut lieu vendredi 5 décembre 2003 dans la basilique Saint-Pierre.
(Infocatho, 07/12/03)

Le Vatican dénonce la guerre

Le Saint-Siège ne «désarme» pas pour dénoncer une nouvelle fois la guerre en Irak, à l'occasion des événements sanglants, et pour réclamer la paix au Proche-Orient. Le Cardinal Renato Raffaele Martino estime, dans le quotidien La Stampa du 8 avril 2004, que seule l'ONU peut ramener la paix en Irak . Quant à L'Osservatore Romano et à Radio Vatican, ils «tirent à boulet rouge» contre les artisans de la guerre.
Le président du Conseil pontifical Justice et Paix explique la position du Saint-Siège à propos de l'Irak, mais aussi sur la Terre Sainte: «Un Israël en paix avec tous ses voisins aurait pour conséquence de pacifier la région», estime-t-il.
Quant à l'organe de presse officiel du Saint-Siège, il s'oppose ouvertement à la politique irakienne du gouvernement italien. «Les soldats italiens, peut-on lire, sont devenus des instruments de mort et pas seulement des ouvriers de la paix».
Même son de cloche du côté de Radio Vatican, qui commentait à propos du bombardement de la mosquée de Falloujah : «L'identité religieuse de l'Islam a ainsi été frappée, avec des effets imprévisibles». Pour le Pape et toute la diplomatie vaticane, «la présence militaire en Irak devrait changer de voie».
«Si l'on avait écouté le Pape, dit le cardinal Martino, nous ne serions pas en train de pleurer tant de morts. Le Pape a rappelé les principes moraux, mais c'est à la société civile de les appliquer, de les observer ou non», a expliqué le prélat dans son entretien au quotidien italien.
L'Osservatore Romano du 8 avril 2004 souligne également, «qu'on ne peut laisser seulement la parole aux armes pour résoudre la crise irakienne», expliquant que les soldats italiens de Nasiriyya sont devenus, depuis la bataille du 6 avril 2004, «des instruments de mort et pas seulement des ouvriers de la paix».
Intervenant sur Radio Vatican le 7 avril 2004, le Père Justo Lacunza, recteur de l'Institut pontifical des études arabes et islamiques (le Pisai), a déclaré que «les Irakiens ont le sentiment profond que leur pays est foulé aux pieds et que les forces alliées l'ont envahi avec le prétexte d'y apporter la démocratie. Nous ne parlons que de liberté et les Irakiens parlent de souffrance et de guerre, de morts et de blessés».
(APIC,10/04/04)

Un an après la chute de Saddam

Le Père Nizar Semaan, prêtre irakien de Mossoul, a décris ainsi à l'Agence Fides la situation en Irak : «La situation des religions en Irak, un an après la fin de la guerre, n'as pas changé en substance. Il y a eu la naissance de groupes radicaux et de bandes violentes, formées d'extrémistes, dans la communauté sunnite et dans la communauté chiite ; mais, au plan officiel, entre dirigeants religieux, les rapports sont bons et n'ont pas subi le contrecoup du climat de confusion et de guerre existant dans le pays. Il faut dire que ces groupes violents ne représentent pas l'esprit authentique des croyants irakiens, quelle que soit la foi à laquelle ils appartiennent. Malgré leur activité, ils ne sont pas parvenus à toucher profondément les rapports entre les communautés religieuses. Ils cherchent à mettre l'accent sur la diversité, d'enflammer les esprits pour créer de la tension parmi les communautés de foi différente, mais aussi chez les musulmans eux-mêmes, chiites et sunnites. Mais les dirigeants islamiques et ceux des autres religions présentes en Irak n'ont pas prononcé de paroles violentes ou offensives.
«Au plan officiel, on continue à maintenir une attitude pacifique et de bonnes relations : et cela est très important. Des groupes, même infiltrés et soutenus par l'étranger, veulent déstabiliser la situation, créer un chaos pour parvenir ensuite à satisfaire leurs propres intérêts politiques, en misant aussi sur la carte religieuse. Mais même les chefs religieux n'ont pas le courage d'une condamnation explicite des attentats, des enlèvements, des massacres. Cela rentre dans la logique islamique de ne pas condamner l'islam lui-même, quand il entre en confrontation avec l'étranger. Nous avons vu un beau geste de plusieurs dirigeants sunnites qui ont écrit une lettre ouverte en déclarant que la méthode de l'enlèvement n'était pas acceptable, mais c'était seulement un pas en avant. Si l'islam ne condamne pas clairement ces gestes violents et les enlèvements, il perd crédibilité face au monde occidental. Le silence encourage les groupes radicaux à se mettre en avant, et à se croire dépositaires de l'islam véritable. Et si les grands dirigeants islamiques se taisent, il faut noter que, pendant ce temps, dans les mosquées, des prédicateurs chiites et sunnites incitent à la haine et à la violence. Dans ce contexte de paroles qui enflamment les esprits, appeler les non musulmans 'infidèles' ne fait qu'aggraver la situation et créer un contexte dont profitent les mouvements radicaux.
«Les communautés chrétiennes ont continué à entretenir de bons rapports avec les gens. Elles ont reçu des menaces isolées, mais elles n'ont pas cédé à la violence. Il faut se rappeler que les chrétiens partagent une histoire commune avec le peuple irakien, qui a toujours été à l'enseigne de la coexistence. La situation varie selon les villes. A Mossoul, par exemple, il y a eu de nombreuses menaces contre les églises chrétiennes, mais le gouverneur musulman lui-même et d'autres musulmans de bonne volonté ont rassuré les fidèles, en leur garantissant leur protection. A Bagdad, il règne une grande peur, mais les communautés chrétiennes survivent en se cachant. Dans les quartiers où les différentes communautés religieuses sont mêlées, on vit mieux ; dans les quartiers monolithiques en revanche (par exemple toute la région chiite) il y a le danger le plus grand d'explosions violentes. A Bassora, dans le sud, ville entièrement chiite, la situation est calme pour le moment (même si là aussi la communauté chrétienne a été menacée), grâce aussi à la politique modérée des Anglais. Je suis convaincu que les religions pourront continuer à apporter leur contribution dans un Irak libre et pacifique. J'ai confiance dans l'avenir de l'Irak, qui pourra être construit en suivant un parcours, une attitude d'harmonie inter-religieuse. Nous, les chrétiens, nous ferons tout pour que la situation évolue de cette manière. Nous avons derrière nous 1600 ans de coexistence, qui pourra continuer certainement dans les années à venir».
(Fides, 24/04/2004)

Terrorisme destructeur

«La diplomatie occidentale doit faire tous les efforts possibles pour obtenir que les forces démocratiques dans le monde arabe puissent faire entendre leur condamnation forte et claire de l'extrémisme», déclare à l'Agence Fides le Père Nizar Semaan, prêtre irakien de Mossoul. «Le monde doit comprendre que l'on ne peut laisser le monde arabe et musulman aux mains des extrémistes. Mais, malheureusement, les personnalités démocratiques n'ont pas le courage de sortir et de dire à voix haute que la violence doit absolument cesser. Le terrorisme est une menace pour tous, et même pour les citoyens musulmans. En Europe vivent des millions de musulmans. Que se passerait-il si l'islam n'était identifié seulement qu'avec le terrorisme ? Vaincrait alors la sous-culture de ceux qui veulent le barbarisme des rapports entre croyances et cultures différentes. Et les premiers à payer seraient les immigrés musulmans en Europe, qui finiraient comme otages des intégrismes, religieux et idéologiques. Une condamnation forte et claire du terrorisme, sans conditions, est dans l'intérêt de tous.
«Je me rends compte qu'il y a des problèmes qu'il faut résoudre, comme une plus grande justice sociale et économique entre les peuples et les Etats ; il y a le problème de la Palestine ; il faut redonner la souveraineté aux Irakiens ; mais ces problèmes doivent être résolus de manière pacifique. Le terrorisme ne fait que compliquer la situation, et il est même un obstacle à la résolution de ces injustices. Prenons la situation de l'Irak : dans le sud du pays, depuis qu'a explosé la rébellion du dirigeant chiite Moqtada al Sadr, la reconstruction du pays s'est bloquée, et les premiers à en souffrir sont les civils chiites. Nous sommes arrivés au point que d'autres chefs chiites ont désavoué Al Sadr, en raison précisément de la violence et l'instabilité qu'il a causée. Nous tous, Irakiens, nous voulons l'indépendance de notre pays, nous voulons un Irak libre et démocratique, mais ce n'est pas avec le terrorisme que l'on obtient cela. Au contraire, les terroristes veulent l'Irak divisé et dans le chaos, de manière à ce qu'ils puissent trouver un terrain fertile dans lequel ils pourront faire proliférer leur idéologie de mort. Espérons que personne ne se laissera intimider par le projet terroriste évident».
(Fides, 27/04/2004)

Les chrétiens et la nouvelle Constitution

La Constitution irakienne ad intérim a été signée le 8 mars 2004, par les 25 membres du Conseil de Gouvernement. Le texte comprend 62 articles et établit les règles pour la gestion du pays à partir du 30 juin, date du passage de la souveraineté pour l'Irak à un gouvernement provisoire. Le texte reconnaît des droits égaux pour tous les citoyens, sans différences de sexe, de religion ou d'identité culturelle. La vision de l'Irak stabilisé par la Constitution prévoit un pays pluraliste, démocratique et fédéral, dans lequel les citoyens auront le droit de fonder des Partis et des associations professionnelles. L'islam est considéré comme religion d'Etat, mais pas comme source unique des lois. Pendant la transition, on ne pourra approuver aucune loi qui contredise les principes de l'islam, de la démocratie et des droits de l'homme. Pour la première fois dans un pays arabe, on fixe l'objectif de 25% de femmes parmi les députés du Parlement.
«C'est certainement un pas positif, et pour l'unité du pays et pour la naissance d'un nouvel Irak qui respecte toutes les minorités», déclare à l'agence Fides le Père Nizar Semaan, prêtre irakien du Diocèse de Ninive, commentant l'approbation de cette Constitution irakienne. «La vision l'a emporté d'un Irak laïc mais avec des valeurs religieuses, parce que la laïcité n'est pas contre la religion. Cette Constitution peut être une base solide pour l'avenir d'une démocratie dans mon pays, où puisse dominer le respect envers tout homme au-delà de son appartenance religieuse ou ethnique. Pour nous chrétiens, le fait le plus important est que cette Constitution ne repose pas sur la loi islamique. Je pense que cette Constitution sera un exemple pour tout le Moyen-Orient. Les Irakiens doivent se sentir fiers d'avoir une Constitution comme celle-là, qui pose les bases pour la cohabitation civile malgré les diversités d'ethnie et de religion. Aujourd'hui, dans le nouvel Irak, il n'y a plus de citoyens de premier ou de deuxième degré, mais tous sont égaux en droits et en devoirs. L'espérance pour nous chrétiens, est de nous sentir plus sûrs et plus libres de vivre notre foi. Nous désirons être partie active dans la construction du nouvel Irak».
(Fides, 09/03/2004)

Le constat d’un évêque

L'archevêque latin de Bagdad, Mgr Jean Benjamin Sleiman, a dressé un bilan mitigé des premiers mois de l'occupation anglo-américaine de son pays. Dans un autre domaine, son bilan est même assez pessimiste. Considérant les rues du centre de la capitale irakienne, autrefois propres et entretenues et désormais transformées en décharge à ciel ouvert, il lâche, désabusé : «Oui, on devrait avoir maintenant la liberté. Bagdad, à plus de trois mois de la fin officielle de la guerre décrétée par le président américain George W. Bush, n'est plus que l'ombre d'elle-même. La foule ne se presse plus dans les rues et nombre de boutiques et de magasins gardent leurs volets fermés, tandis que sur les blindés couleur sable qui patrouillent à toute vitesse, les soldats nerveux ont le doigt dangereusement posé sur la gâchette de leurs mitrailleuses lourdes. Je ne réussis pas à voir une solution politique; malgré tous leurs analystes, les américains ne se sont pas rendus compte que l'Irak est un pays beaucoup plus compliqué qu'ils ne l'imaginaient».

Présence dérangeante

«La liberté est plus difficile que prévue», à quoi il ajoute : «Les prédicateurs sectaires venus des États-Unis attisent l'intégrisme musulman». Pour lui, «le comportement des prédicateurs sectaires venus des États-Unis, qui cherchent à convertir les musulmans, risque d'aggraver les tensions en Irak et font le lit des intégristes islamiques. Les problèmes risquent d'augmenter pour les chrétiens, parce que ce désastre social favorise la montée des forces intégristes islamiques, et la population civile identifie plus ou moins les chrétiens irakiens aux occidentaux, et par conséquent aux américains».
(Misna/Infocatho, 15/08/2003)

Humiliations et dégradations

Mgr Thomas J. Gumbleton, de retour de Bagdad, évêque auxiliaire de Detroit, Mgr Gumbleton s'est dit «découragé» et «submergé de tristesse» par ce qui arrive au peuple irakien, mais aussi aux troupes d'occupation américaines. Nombre de soldats US ne savent pas ce qu'ils font en Irak, alors que tous les jours ils courent le risque de se faire tuer. Au retour d'un voyage de 11 jours en Irak, l'évêque aux profondes convictions pacifistes - il est membre fondateur de la section américaine du mouvement catholique pour la paix Pax Christi - affirme que les Irakiens de la rue sont humiliés et se sentent «dégradés». Avec un taux de chômage approchant les 60% et un ravitaillement en nourriture en constante diminution, le peuple irakien doit encore faire face au manque d'électricité, de services téléphoniques et même, dans certains endroits, d'eau potable. La situation est pire qu'avant la guerre.
Du côté de cet archevêque, Edwin F. O'Brien, l'évêque aux armées en charge des soldats catholiques américains, le son de cloche est tout autre : «la sécurité s'est améliorée et l'arrestation de Saddam Hussein a remonté le moral des soldats», affirme-t-il à son retour d'Irak. «Je pense que le moral des troupes est encore bon» parmi les quelque 100'000 militaires américains des forces d'occupation. Certes, admet-il, le danger est là : «Un jour donné, il y a jusqu'à 30.000 véhicules militaires sur les routes d'Irak, la plupart américains, ce qui présente une grande vulnérabilité» face aux insurgés irakiens qui résistent à l'occupation américaine. L'évêque aux armées déplore le manque d'assistance spirituelle sur place du côté catholique, alors que les autres communautés religieuses disposent de davantage de personnel.
(APIC, 30/01/2004)


Références
- J. Yacoub, Babylone chrétienne, géopolitique de l’Eglise de Mésopotamie, Paris, 1996.

- A. Bsereni, Irak, le complot du silence, Paris, 1997.


C'est déja pas mal pour le moment.... a+.
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