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AllahAssghar
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MessagePosté le: Lun Mai 14, 2007 1:59 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La feministe Taslima Nasreen prend beaucoup de risques.

« Il n’y a rien à garder du coran »

« L’islam est une torture contre les femmes »


« Les médias occidentaux et les intellectuels font preuve de lâcheté concernant l’islam et ses dogmes »


http://taslima.wordpress.com/
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Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
Manuel II Paléologue cité par le pape Benoit XVI -2006
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AllahAssghar
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MessagePosté le: Lun Mai 14, 2007 2:18 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Une autre femme courageuse Metwalli celle qui a été offusquée par les propos de Kishk à propos de la sexualité mahométane, dénonce la violence de l'islam.

Présentation de l'éditeur
Nahed Mahmoud Metwalli est égyptienne, ancienne directrice adjointe d'un grand établissement scolaire du Caire.
Elle a vécu quarante cinq ans dans l'islam. Convertie au christianisme, elle a été menacée d'internement par les cheikhs de l'Université d'Al-Azhar au Caire.
Réfugiée en Europe, elle a échappé à plusieurs tentatives d'enlèvement. Dans la violence de l'islam, Nahed Mahmoud Metwalli dénonce les nombreuses formes de violence que prend l'islam. Elle témoigne : " Personne ne peut comprendre l'islam, s'il n'a pas vécu dans l'islam.
La foi chrétienne m'a apporté une paix et une joie incroyables, inconnues dans l'islam. Le Coran exalte la violence, l'Évangile l'amour, même des ennemis".


Voir son site.

http://maranatha.mmic.net/Metwalli.htm
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AllahAssghar
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MessagePosté le: Lun Mai 14, 2007 5:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La police interdit à 50 femmes "mal voilées" de prendre l'avion en Iran
14-05-2007
Agence France Presse - La police iranienne a interdit ces dernières trois semaines à cinquante Iraniennes "mal voilées" de prendre l'avion, a rapporté dimanche l'agence semi-officielle Fars.

"Cinquante femmes mal voilées ont été interdites de prendre des vols domestiques ou internationaux pour non respect des règles islamiques", a déclaré le chef de la police des aéroports, le général Mahmoud Bot-shekane, cité par Fars.

Il a ajouté que la police des aéroports avait donné durant cette même période "17.135 avertissements à des femmes ne respectant pas totalement le voile islamique (...) et 850 d'entre elles ont dû donner un engagement écrit pour mieux respecter le voile".

Selon lui, "les dossiers de 80 femmes mal voilées et de 50 hommes (accusés de non respect des normes islamiques) ont été envoyé devant la justice".

La police iranienne a lancé depuis trois semaines une vaste opération contre les femmes ne respectant pas totalement le port du voile.

Depuis la révolution islamique de 1979, toutes les femmes doivent porter le voile islamique quelles que soient leur nationalité ou religion.

Contrairement aux années précédentes, cette campagne semble plus sérieuse.

D'ailleurs, le chef de la police, le général Esmaïl Ahmadi-Mogadam, avait expliqué que la campagne de la police n'était pas provisoire et allait se poursuivre.


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AllahAssghar
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MessagePosté le: Lun Mai 14, 2007 6:07 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La loi des talibans
_____________________________

Le Département pour la mise en oeuvre des façons islamiques et la prévention du mal, afin que soit mis en application les ordres islamiques et la tradition héritée du prophète Mohammed et afin de prévenir les maux qui représentent de sérieux dangers et problèmes pour la société islamique demande à tous ses frères et soeurs pieux de suivre scrupuleusement les 8 articles mentionnés ci-dessous afin de prévenir le mal :

A/ Pas de sortie ni de déplacement de nos soeurs sans escorte par un parent proche et légal (mahram).
B/ Nos soeurs qui sortent de chez elles avec une escorte légale doivent porter un voile (burqa) ou toute chose similaire couvrant le visage.
C/ Nos soeurs ne peuvent s'asseoir à l'avant des charrettes (gadi) et des Jeep sans un parent légal. Si cela se produisait, des mesures sévères seraient prises à l'encontre du véhicule et du chauffeur/passager de la charrette.
D/ Les commerçants n'ont pas le droit d'acheter ou de vendre aux femmes qui n'ont pas le visage couvert. Dans le cas contraire, le commerçant est coupable et n'a pas le droit de se plaindre.
E/ Il est strictement interdit de couvrir de fleurs les voitures lors des mariages et de les conduire dans toute la ville.
F/ Il est interdit d'inviter les femmes à se rendre dans des hôtels ou des réceptions de mariage.
G/ Nos soeurs ne peuvent utiliser les taxis sans parent proche légal. Dans le cas contraire, le chauffeur de taxi est tenu pour responsable.
H/ La personne chargée de collecter auprès des femmes le prix de leurs billets dans les bus, les minibus et les jeeps doit avoir moins de dix ans.

Les délégués de ce département ont la charge de punir tout contrevenant selon les principes islamiques.
(Traduction de l'Ordre, Mouvement taliban islamique d'Afghanistan)

2. Règlement pour les hôpitaux d'état et les cliniques privés fondé sur les principes de la Charia :
A/ Les patientes doivent consulter des médecins femmes. Dans l'hypothèse où un médecin homme est nécessaire, la patiente doit être accompagnée par ses parents proches (mahram).
B/ Au cours de l'examen, les patientes femmes et les médecins hommes doivent tous porter le hejab islamique.
C/ Les médecins hommes ne doivent ni toucher ni voir d'autres parties du corps des patientes autres que celles concernées par la maladie.
D/ Les salles d'attente pour les patientes doivent être soigneusement protégées des regards.
E/ La personne en charge de gérer l'ordre de passage des patientes doit être une femme.
F/ Pour les gardes de nuit, les médecins ne peuvent se rendre dans les salles où sont hospitalisées les femmes que sur appel d'une patiente.
G/ Hommes et femmes médecins ne doivent ni se côtoyer, ni se parler. Si une discussion est nécessaire, elle doit se faire lorsque tous les participants portent le hejab.
H/ Les femmes médecins doivent porter des vêtements simples. Il leur est interdit de porter des vêtements recherchés et du maquillage.
I/ Les femmes médecins et les infirmières ne sont pas autorisées à entrer dans les salles où sont hospitalisés des patients de sexe masculin.
J/ Le personnel hospitalier doit prier à la mosquée, à l'heure requise. Le directeur de l'hôpital a le devoir de désigner un lieu et un mollah pour la prière.
K/ Le personnel du Ministère (Amri Bel Maroof Wa Nai Az Munkar) est autorisé à procéder à un contrôle à tout moment et personne ne peut l'en empêcher. Toute personne ne respectant pas cet ordre sera punie selon la loi islamique.

- Amirul-Mominin Mollah Mohammad Omar Mujahed
- Mofti Mohammad Masoom, Ministre intérimaire afghan de la santé publique.

République islamique d'Afghanistan
Présidence générale de Amr Bil Marof Wa Nai Az Munkir (Police Religieuse)
Ministère de l'administration

3. La lettre du Ministère des affaires culturelles et sociales de la Présidence Générale de l'état islamique d'Afghanistan no. 6240 datée 26.09.1375 déclare :
Le rôle et le règlement de Amr Bil Marof Wa Nai Az Munkir doivent être communiqués via votre bureau à toute personne concernée par sa mise en application.

A/ Pour éviter la rébellion et les femmes non couvertes (be hejab) : Aucun chauffeur n'est autorisé à prendre pour passagères des femmes portant la burqa iranienne. Dans le cas contraire, le chauffeur sera emprisonné. Si de telles femmes sont aperçues dans les rues, leurs maisons seront localisées et leurs maris punis. Si les femmes portent des vêtements révélateurs et seyants et qu'elles ne sont pas accompagnées par un proche parent mâle, les chauffeurs ne doivent pas les accepter.

B/ Pour éviter la musique : A diffuser via les moyens d'information publique. Dans les magasins, les hôtels, les véhicules et les rickshaws, les cassettes et la musique sont interdites. Cette mesure doit être mise en application dans les cinq jours à venir. Si une cassette de musique est trouvée dans un magasin, le commerçant ira en prison et son magasin sera fermé. Si cinq personnes se portent garantes, le magasin pourra rouvrir et le criminel sera relâché ultérieurement. Si cinq personnes se portent garantes, le véhicule sera rendu et le criminel relâché ultérieurement.

C/ Pour éviter que les hommes rasent ou raccourcissent leurs barbes :
A diffuser via les moyens d'information publique. Après un mois et demi, si on observe que quelqu'un a rasé sa barbe et/ou l'a coupée, cette personne devra être arrêtée et emprisonnée jusqu'à ce que sa barbe redevienne abondante.

D/ Pour prévenir le non respect de la prière et ordonner les rassemblements de prière au marché :
A diffuser via les moyens d'information publique. Les prières doivent être faites à l'heure requise dans tous les districts. L'heure exacte de la prière sera annoncée par le Ministère Amr Bil Marof Wa Nai Az Munkir. Quinze minutes avant l'heure de la prière, l'esplanade devant la mosquée, là où se trouvent les points d'eau, devra être fermé et interdit à la circulation. Tout le monde doit se rendre à la mosquée. Lors de la prière, ceci devra être vérifié. Si des jeunes gens sont vus dans les magasins, ils seront immédiatement conduits en prison. Si cinq personnes se portent garantes, la personne sera relâchée. Sans cela, le contrevenant restera en prison pendant dix jours.

E/ Pour prévenir la possession de pigeons et les jeux avec les oiseaux : A diffuser via les moyens d'information publique. D'ici dix jours, ce passe-temps devra avoir cessé. Après dix jours, ceci devra être vérifié et les pigeons ou tout autre oiseau de compagnie devront être tués.

F/ Pour supprimer la drogue et ses utilisateurs : Les toxicomanes devront être emprisonnés et une enquête lancée afin de trouver le fournisseur et le magasin. Le magasin devra être fermé et les contrevenants (le propriétaire et l'utilisateur) devront aller en prison et être punis.

G/ Pour prévenir l'utilisation des cerf-volants :
A diffuser via les moyens d'information publique. Les cerf-volants ont des conséquences inutiles comme les paris, la mort d'enfants et leur privation de l'enseignement. Les magasins de cerf-volants doivent être abolis en ville.

H/ Pour prévenir l'idolâtrie :
A diffuser via les moyens d'information publique. Dans les véhicules, les magasins, pièces, hôtels et tout autre lieu, photographies/portraits devront être supprimés. Les personnes chargées de la surveillance de ce décret devront déchirer toutes les photographies dans les lieux mentionnés ci-dessus. Ce point devra être porté à la connaissance de tous les transporteurs. Le véhicule sera mis à l'arrêt si quelque idole que ce soit y est découverte.

I/ Pour prévenir le jeu : En collaboration avec les forces de sécurité, les centres principaux devront être localisés et les joueurs emprisonnés pendant un mois.

J/ Pour prévenir l'adoption de coiffures britanniques et américaines : A diffuser via les moyens d'information publique. Les gens avec des cheveux longs devront être arrêtés et conduits au Ministère Amr Bil Marof Wa Nai Az Munkir pour être rasés. Le prix du barbier est à la charge du contrevenant.

K/ Pour prévenir la facturation d'intérêts sur les prêts, le change de petites coupures et les mandats : Toutes les personnes travaillant dans le change d'argent devront être informées que les trois types de transaction monétaire mentionnés ci-dessus sont interdits par l'Islam. En cas de violation, le contrevenant sera emprisonné pour une longue durée.

L/ Pour prévenir que des jeunes femmes ne lavent leur linge dans les cours d'eau de la ville : Ceci devra être annoncé dans toutes les mosquées et ce point devra être surveillé. Les contrevenantes seront emmenées selon des manières islamiques respectueuses, reconduites chez elles et leurs maris sévèrement punis.

M/ Pour prévenir la musique et la danse dans les mariages :
A diffuser via les moyens d'information publique. Lles deux points mentionnés ci-dessus sont interdits. En cas de violation, le chef de famille sera arrêté et puni.

N/ Pour prévenir l'utilisation de tambours : Cette interdiction sera d'abord communiquée au peuple. Si quelqu'un ne la respecte pas, les chefs religieux statueront en conséquence.

O/ Pour empêcher que des tailleurs ne cousent des vêtements féminins et prennent les mensurations des femmes : Si des femmes ou des magazines de mode sont découverts dans les boutiques, les tailleurs seront emprisonnés.

P/ Pour prévenir la sorcellerie :
Tous les livres à ce sujet devront être brûlés et le magicien emprisonné jusqu'à ce qu'il se repente.

Ainsi sont définies les interdictions ci-dessus. Il est exigé de vous, selon vos responsabilités professionnelles, que vous les mettiez en application et en informiez les organisations avec lesquelles vous êtes en relation et vos différentes unités.

Respectueusement.

Mawlavi Enayatullah Baligh
Vice-Ministre
Présidence Générale de Amr Bil Marof Wa Nai Az Munkir

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AllahAssghar
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MessagePosté le: Mer Mai 23, 2007 3:33 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La Jordanie réglemente l’entrée des Marocaines sur son territoire
Le ministère de l’Intérieur sévit contre la prostitution déguisée

mardi 6 mars 2007 - 13h38, par Chawki Freïha

Le phénomène a pris de l’ampleur ces quatre dernières années : les discothèques, centres de relaxation et autres boites de nuit attirent de plus en plus de clients. Selon les sociologues, la présence massive de réfugiés irakiens en Jordanie a sans doute favorisé ce marché, qui emploie plus de 35.000 Marocaines.

Selon « Elaph.com », le ministère jordanien de l’Intérieur a décidé de réglementer l’entrée et le séjour sur le territoire jordanien des Marocaines, et a fixé de nouvelles règles qui limitent drastiquement leur présence dans le royaume. Les Marocaines sont connues en Jordanie pour leurs activités très lucrativves dans des “centres de relaxation”, où les pratiques se rapprochent davantage de la “prostitution” que des simples massages. Elles sont également très demandées dans les boites de nuit et autres discothèques, où elles travaillent comme serveuses et “rabatteuses”.

En fait, pour décrocher les autorisations d’entrée et de séjour pour leurs futures employées Marocaines, l’employeur jordanien se rendait au Maroc où il épousait jusqu’à quatre jeunes filles, conformément à des pratiques légales en islam, et revenait avec son “harem” qui le faisait ensuite travailler dans les métiers de la nuit et des plaisirs…

A Amman, le ministère de l’Intérieur a découvert cette faille du système et vient de promulguer une loi stipulant que « l’époux jordanien sera désormais responsable des comportements de ses épouses. Si le couple divorce, le mari devra obligatoirement remettre le passeport de son épouse aux autorités qui procèderont à l’expulsion immédiate de la femme ».

Ces mesures se sont rendues indispensables, eu égard le grand nombre de plaintes et de doléances enregistrées dans les commissariats de police contre ces Marocaines, employées de la nuit. Elles seraient plus de 35.000 qui travaillent en Jordanie, souvent comme artistes, chanteuses ou danseuses dans les bars qui ont dangereusement proliféré dans le royaume ces quatre dernières années.


http://mediarabe.info/spip.php?article528
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mahomet
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MessagePosté le: Sam Mai 26, 2007 7:15 pm    Sujet du message: Répondre en citant

L'islam a libéré les femmes et il leur donne tous leurs droits. Laughing

http://www.telquel-online.com/272/couverture_272.shtml

Citation:
Enquête. Esclavage sexuel

Parties travailler dans les pays du Golfe comme coiffeuses ou hôtesses, des milliers de Marocaines se retrouvent séquestrées, battues et forcées à se prostituer. Cherchant à s’évader, certaines sont emprisonnées ou même assassinées ! Et le Maroc se tait, au nom de “considérations diplomatiques”. Il est temps de briser cette scandaleuse omerta.

La scène se passe dans la capitale d'un riche pays du Golfe. Une fille en chemise de nuit entre en courant dans l'ambassade du Maroc. En pleurs, elle demande aux fonctionnaires de la rapatrier illico presto à
Casablanca. “Faites vite, je vous en supplie ! Sinon, ils viendront me chercher pour me ramener de force au cabaret !”, crie-t-elle. Visiblement, la fille a peur. Elle n'arrête pas de se retourner pour vérifier si on ne l'a pas suivie. Les fonctionnaires de l'ambassade lui demandent son passeport. “Je ne l'ai pas sur moi. Mon patron l'a confisqué depuis mon arrivée ici”, répond-elle. Les employés de l'ambassade finissent par accéder à sa demande et entreprennent la préparation du laissez-passer qui lui permettra de regagner le Maroc…

Prostitution forcée
L'histoire de cette jeune fille de l'ambassade, toute récente, n'est pas un fait divers exceptionnel, ni un cas isolé. Elle ressemble à celles de centaines de Marocaines qui partent travailler en tant que gouvernantes, coiffeuses ou hôtesses dans les pays du Golfe, pour se retrouver otages de réseaux de trafic humain. Séquestrées, souvent maltraitées, elles sont forcées à exercer dans les milieux de la nuit et, étape suivante, à se prostituer. “J'ai commis l'erreur de ma vie en les laissant partir. Ce qui me console, c'est que j'ai pu les sauver avant qu'elles ne se retrouvent dans le circuit de la prostitution”, hoquette Ahmed, la cinquantaine bien entamée, en racontant l'histoire de ses deux filles de 23 et 25 ans. Les deux ont été séquestrées de longues semaines en Jordanie, après avoir refusé de “danser et de coucher avec les clients” de l'hôtel cinq étoiles où elles étaient censées travailler comme hôtesses d'accueil. “Depuis leur retour, elles refusent de parler de ce qui leur est arrivé. Le sujet est devenu tabou à la maison”, souffle-t-il avec des yeux embués.

Depuis des années, ce sujet dont on ne parle qu'à mots couverts est en train de prendre pourtant une ampleur sans précédent, sans que les Etats (marocain compris) ne daignent s'y attaquer ouvertement. De nombreuses personnes sont ainsi sacrifiées sur l'autel des relations diplomatiques, des enjeux économiques ou tout simplement pour sauvegarder “l'honneur national”, piqué au vif chaque fois que le mot “Marocaine” est prononcé dans l'une de ces pétro-monarchies. Dans l'imaginaire moyen-oriental, comme cela nous a été plusieurs fois confirmé par des témoins, une Marocaine est vue au pire comme “une prostituée”, au mieux comme “une voleuse de maris ou une sorcière”.

Derrière ce stéréotype se cachent en fait de véritables drames. Sous couvert d'anonymat, un haut fonctionnaire du ministère de l'Intérieur jordanien parle de plus de 30 000 filles marocaines vivant en Jordanie, travaillant dans diverses activités. Le chiffre paraît assez excessif, pour un pays qui ne compte que 5,3 millions d'habitants. Et il est en tout cas vivement contesté par le Maroc. “Ces chiffres fantaisistes sont le résultat d'une guerre entre réseaux. Il existe en tout et pour tout 141 filles marocaines inscrites comme artistes”, tonne un responsable au consulat marocain à Amman. En Jordanie, le mot “artiste” est une appellation fourre-tout, sous laquelle s'inscrivent toutes les travailleuses de la nuit (barmaids, danseuses, chanteuses…). Quand elles atterrissent en terre jordanienne, les jeunes femmes sont tenues de s'inscrire auprès du syndicat des artistes qui leur délivre “une autorisation d'exercer”. Mais le plus souvent, cette carte sert de couverture à d'autres activités nocturnes.

Il reste cependant difficile d'établir un recensement fiable des Marocaines installés en Jordanie, en raison des réseaux d'immigration clandestine. “Durant les cinq dernières années, des milliers de Marocaines sont entrées en Jordanie, en tant que touristes, en provenance d'autres pays du Golfe, particulièrement les Emirats Arabes Unis”, affirment des sources sécuritaires jordaniennes. Cela montre bien que les réseaux de prostitution sont devenus transnationaux dans cette région du globe : il est courant que les réseaux de prostitution déplacent leurs “protégées” dans un pays voisin ou les revendent à une filière locale.

Résultat : les calculs sont brouillés. Exemple : pendant la guerre au Liban, l'été dernier, les autorités marocaines croyaient avoir rapatrié tous les Marocains. Mais à la fin des hostilités, surprise : quatre cents Marocaines sont subitement apparues dans les rues libanaises. Elles n'étaient répertoriées par aucun service d'immigration ni par aucun consulat ou ambassade.

La loi du silence
Ce qui est sûr en revanche, c'est que les responsables marocains entrent dans une colère noire dès qu'on effleure le sujet sensible de la traite des Marocaines. C'est que le phénomène recèle des enjeux financiers qui les dépassent. Pour alimenter la machine touristique, qui tourne à plein régime grâce à la demande des nababs arabes, les opérateurs touristiques du Golfe recrutent des filles étrangères à tour de bras : Européennes de l'Est, Maghrébines, Egyptiennes et Asiatiques. Et pour cause, la “main d'œuvre” locale ne se prête guère à de tels emplois. Une Jordanienne ou une Syrienne ne peuvent travailler dans des lieux de divertissement nocturne, de peur de perdre la vie. Dans cette contrée du monde, le crime d'honneur est toujours bien ancré dans les mœurs… et puni par la justice avec une certaine mansuétude.

Le Maroc se trouve ainsi pris entre le marteau et l'enclume. Certaines ambassades marocaines parlent ouvertement du phénomène, comme c'est le cas en Jordanie, en Syrie et au Liban, sans doute en raison de la gravité des problèmes rencontrés sur place. A contrario, au Koweït, au Bahreïn et au Qatar, les lois et les mentalités sont beaucoup plus fermées. Alors, les ambassades contactées préfèrent de loin la discrétion… Jusqu'à quand ? “Nous nous concertons avec les Jordaniens, mais sans chercher à donner un caractère officiel à nos consultations. Nous ne pouvons pas faire la police chez eux”, convient une source marocaine “bien informée” à Amman. En 2005, deux filles ont été retrouvées mortes dans des circonstances douteuses. “Les Jordaniens ont refusé de nous donner le bilan de l'autopsie. Pourtant, nous savons que l'une s'est suicidée et que l'autre aurait été tuée”, précise notre source. Pourquoi le Maroc s'est-il abstenu de communiquer officiellement ses protestations ? De peur de dévoiler une réalité qui n'arrange personne ?

En tout cas, l'omerta des Etats entretient le flou même sur les contrôles aux frontières. Officiellement, l'entrée en territoire jordanien n'est pas soumise à un visa. Mais les autorités du pays n'hésitent pas à réactiver les opérations d'expulsion et de refoulement chaque fois qu'un scandale éclate dans les médias. Aujourd'hui, toute Marocaine de moins de 40 ans ne peut désormais transiter par l'aéroport de Amman qu'en compagnie de son mari ou d'un proche, à moins qu'elle ne soit munie d'une invitation professionnelle “convaincante”. Résultat : des Marocaines invitées dans le cadre de leur profession ont fait les frais de ces procédures irrationnelles. Exemple : une journaliste du quotidien Attajdid, voilée de surcroît, a dû passer la nuit à l'aéroport de Amman en attendant une autorisation d'entrée au territoire, délivrée directement par le ministère jordanien de l'Intérieur. Une autre journaliste a subi le même sort : “Le policier m'a longuement regardée et m'a lancé sur un air provocateur : ‘C'est bien la première fois que je vois une Marocaine travaillant comme journaliste !’”, raconte-t-elle.

Lutter contre l'esclavage sexuel en verrouillant les frontières n'apparaît pas comme une solution réaliste et viable. D'autant que les Marocaines qui émigrent dans un pays au Golfe ne sont pas toutes des victimes de réseaux de trafic humain ou d'esclavage sexuel. Une grande partie d'entre elles a choisi d'y aller chercher fortune, chacune à sa manière (voir encadré).

C'est pour cette raison que les agents consulaires ne se font pas d'illusions. “Le problème doit être résolu au Maroc d'abord. Les autorités doivent enquêter sur toute jeune fille qui désire se rendre dans un pays du Golfe. Les contrats de travail doivent être validés par le ministère de l'Emploi et les services consulaires”, tempête un responsable de l'ambassade du Maroc en Syrie. Pour autant, une telle solution est difficilement envisageable pour deux raisons. D'abord, aucun visa n'est exigé pour se rendre au pays de Bachar Al Assad et les filles y voyagent en tant que touristes. De quel droit les autorités marocaines les empêcheraient-elles de voyager ? Ensuite, enquêter sur toutes celles qui veulent se rendre dans un pays du Golfe ne résoudra rien. En raison du durcissement des contrôles dans les vols à destination de certains pays (Arabie saoudite, Emirats Arabes Unis, Koweït, Bahreïn et Qatar), les filles transitent actuellement par trois escales où le visa n'est pas requis : la Tunisie, la Turquie et la Syrie. Une fois sur place, leurs “tuteurs” les acheminent sans problème vers les destinations finales. Certaines filles poussent l'astuce jusqu'à aller en Thaïlande avant de rallier un pays du Proche-Orient. Comment, dans ces conditions, cerner les chemins labyrinthiques des réseaux du charme monnayé ? “Ma curiosité s'éveille dès que je vois une fille seule qui ne sait pas comment s'installer dans un fauteuil d'avion”, glisse le sociologue Abdelfettah Ezzine.

Pour 4000 DH par mois
Malgré les sérieux tours de vis dans les aéroports des pays d'accueil, le phénomène continue à prendre de l'ampleur. Chaque jour, l'ambassade marocaine en Syrie reçoit une moyenne de trois Marocaines cherchant secours. L'année dernière, l'ambassade a adressé une missive virulente à Rabat, demandant une intervention urgente du gouvernement pour stopper le flux des Marocaines “artistes”, dont le nombre avoisine les 2000 rien qu'à Damas. Son ras-le-bol a atteint un tel degré qu'elle est allées jusqu'à dénoncer de possibles complicités dans l'appareil sécuritaire syrien.

À la base, explique l'expert en migrations, Mohamed Khachani, le problème réside dans l'institution du kafil (le tuteur). Aucun étranger ne peut résider dans les pays du Golfe sans un tuteur censé “le protéger”. Or, des kafils peu scrupuleux n'hésitent pas à exploiter leurs protégées dans d'autres métiers que ceux mentionnés sur un éventuel contrat de travail. Ils leur retirent leurs passeports et leurs billets de retour, les mettant devant le fait accompli. “J'ai tenté de me suicider quand on m'a demandé de me mettre en petite tenue et de descendre servir les clients du bar. Je pleurais tout le temps et je refusais de manger. Au bout de 28 jours, ils étaient contraints de me laisser rentrer au pays”, raconte Khadija, originaire de Tadla, qui a passé 28 jours en Syrie.
En cas de résistance, les filles sont battues et privées de leur maigre rétribution. “Une fois, j'ai refusé d'accompagner un vieil homme. Il m'a tirée par les cheveux et m'a presque violée. Non seulement je n'ai pas été payée, mais mon tuteur m'a enfermé edans ma chambre pendant deux jours sans nourriture”, se rappelle Saïda, une autre victime de la filière syrienne.
Constamment escortées par des garde-chiourmes les rares fois où elles sortent en ville pour faire leurs emplettes, quelques filles arrivent à leur fausser compagnie pour aller demander de l'aide. Mais elles ne sont pas nombreuses. “Leurs proxénètes leur font croire qu'elles vont être mises en prison si elles s'adressent à leurs consulats”, affirme une source diplomatique. Elles se résignent alors, en attendant qu'un hypothétique soupirant vienne les épouser et les délivrer de l'esclavage sexuel. Les fugueuses, quand elles sont rattrapées par la police, sont aussitôt mises en détention, en attendant de les remettre à leur tuteur. Car sortir sans la permission du kafil est, en effet, considéré comme un délit. “À cause d'une tentative d'évasion ratée, mes filles sont restées en prison à Amman pendant 18 jours. Là-bas, elles ont rencontré des Marocaines qui croupissaient dans les geôles depuis des mois”, raconte leur père Mustapha.

L'inadéquation des lois entre le Maroc et les pays du Golfe est en effet le véritable problème derrière le développement de la traite. Mais les acteurs associatifs conviennent qu'il faut combattre les réseaux à la base, en amont, c'est-à-dire au Maroc. Selon un magistrat, les mafias au Maroc sont pilotées par des Jordaniens, des Irakiens et des Syriens. Avec, systématiquement, la complicité d'une Marocaine qui sert d'intermédiaire avec les filles convoitées. Leurs terrains de chasse sont classiques : salons de coiffure, hammams, cafés ou soirées privées. Recrutées dans les milieux modestes et les campagnes, ces filles “de troisième division”, selon l'expression d'un connaisseur du dossier, partent avec des contrats de travail pour lesquels elles ont payé entre 10 000 et 30 000 DH. Sur place, elles sont séquestrées et obligées de se prostituer pour payer leurs frais de séjour. Les salaires, annoncés dans le contrat de base, et qui sont déjà modestes (4000 DH tout au plus), sont ponctionnés d'une moitié et versés… à l'employeur !

La mobilisation des ONG
Depuis quelques mois, le milieu associatif commence à s'activer pour lever le silence sur ce drame et pousser les politiques à agir. À l'occasion des consultations menées sur le futur Conseil des MRE, trois membres du CCDH ont effectué une visite dans certains pays du Proche-Orient pour s'enquérir de l'état des Marocains du Golfe, “ces oubliés de l'histoire”, comme les qualifie Mohamed Khachani, professeur universitaire et expert en mouvements migratoires. Ce dernier a réalisé une étude pour le compte de la Fondation Hassan II, bientôt publiée, dont l'objectif est d'attirer l'attention sur cette communauté souillée par les préjugés. L'image de la “Marocaine prostituée” et du “Marocain proxénète” a entraîné des dommages collatéraux. “Ma sœur est directrice dans une multinationale à Dubaï. Une fois, elle était invitée à une réception. Rentrée chez elle, elle reçoit un coup de fil d'un des invités qui lui demande une rencontre galante. Depuis ce soir, elle ne décline plus son identité marocaine. En société, elle est devenue désormais algérienne !”, raconte, dépitée, une ressortissante marocaine installée en Europe.

Pour Mohamed Khachani, il est temps de rectifier le tir. “Cette investigation me tenait à cœur car j'ai vu combien nos concitoyennes souffrent là-bas”, dit-il. Les témoignages qu'il a pu recueillir en Libye, en Arabie Saoudite, aux Emirats Arabes Unis, au Sultanat d'Oman et en Jordanie ont abouti à un constat qui confirme celui émis par les ambassades marocaines : éviter de rejeter l'entière responsabilité sur les pays du Golfe et remédier au problème à partir du Maroc. “Il faut analyser les raisons de cette obsession qu'ont les Marocaines de quitter le pays malgré les dangers encourus”, précise le professeur.

“Nous ne sommes pas dans une logique de dénonciation, mais nous voulons sensibiliser et appeler les Marocaines à plus de vigilance”, admet le sociologue Abdelfettah Ezzine, qui a vécu pendant quatre ans dans un pays du Golfe. Un réseau international de solidarité avec les Marocaines du Golfe s'est récemment constitué en Europe. Pourquoi pas au Maroc ? “C'est plus facile de faire du lobbying à partir des vieilles démocraties”, nous a-t-on expliqué. Surtout, le Maroc peut ainsi éviter une confrontation directe avec les riches émirs qui viennent investir chez lui. Composé de personnalités et d'ONG marocaines très actives en Europe, le réseau a commencé par faire circuler une pétition demandant aux gouvernements d'assumer leurs responsabilités. Jusqu'à présent, plus de 6500 signatures ont été recueillies (www.gopetition.com). Et un rapport sera remis en juillet prochain à l'ONU. Autant dire que le scandale des Marocaines du Golfe promet de devenir un sujet de préoccupation internationale !

Tutelle. Le kafil tout puissant

S’il y a bien un dénominateur commun entre les pays du Golfe, c'est l'institution du kafil. Pour s'installer et travailler dans l'un de ces pays, tout étranger, même arabe, doit avoir un kafil, un tuteur qui sert d'interface entre la société d'accueil et lui et le protège juridiquement. Cette institution s'applique autant aux hommes qu'aux femmes. La tutelle, ou kafala, peut être exercée par une personne physique ou morale. Tout citoyen du Golfe désirant accueillir de la main d'œuvre étrangère doit déposer une demande d'autorisation au ministère de l'Intérieur de son pays. Celui-ci avise à son tour l'ambassade dans le pays de résidence du futur employé, pour lui délivrer un visa de travail. Les origines de la kafala remontent en fait aux traditions des bédouins d'Arabie. Dans les sociétés tribales, l'étranger est aussitôt mis sous la protection d'un tuteur, censé le prémunir contre les dangers. Personne dans la tribu ne peut alors l'approcher ou lui porter atteinte sans l'autorisation de son protecteur.
Dans la conception tribale, tout étranger est par essence de passage. Il ne peut acquérir des biens en son nom ou bénéficier des mêmes avantages que les autochtones. Il est là juste pour le travail. La non-reconnaissance des droits des migrants, dans le sens moderne du terme, est un sujet tabou dans le Golfe. Dans les meetings internationaux, la kafala est souvent considérée comme un système qui bloque la concurrence dans l'économie et perpétue l'archaïsme.

Témoignages.
“Mon mari m'a achetée à mon tuteur”

Saïda, 26 ans, Casablanca
“Je suis partie en Syrie quand j'avais 19 ans, pour y devenir danseuse. Naturellement, je ne l'ai pas dit à mes parents. Pour eux, je suis partie travailler comme serveuse dans un restaurant. J'ai dû payer 50 000 DH mon contrat de travail. Une fois là-bas, on m'a appris à danser. Après, j'ai rejoint un cabaret. Séquestrée toute la journée, je ne sortais que le soir pour aller au travail. Les filles avaient des numéros. Si l'une d'elles suscitait l'intérêt d'un client, elle était obligée de l'accompagner dans une suite réservée, dans le même hôtel où nous habitions. On m'avait dit que je gagnerais 8000 DH par mois. Au final, je n’ai récupéré que 20% de cette somme. Le reste a été versé à mon tuteur. Je ne pouvais pas protester ou dire la vérité à mes parents, car je leur avais menti dès le départ. Une fois, un de mes admirateurs m'a proposé le mariage. J'ai tout de suite accepté. Il a dû payer une importante somme pour me délivrer de l'esclavage”.


“18 jours en prison sans savoir pourquoi”

Salima, 23 ans, et Leila, 25, Kénitra
“Sur Internet, nous avons fait la connaissance d'Abou Adnane, un Jordanien qui nous a proposé de venir travailler dans son pays. Nous avions toutes les deux un niveau scolaire moyen et étions au chômage. Notre père a accepté, mais derrière son dos, nous avons signé une procuration au Jordanien, lui concédant le droit de disposer de notre avenir là-bas (kafala). À l'aéroport de Amman, la police nous a laissé passer sans problèmes, mais elle a inscrit quand même sur nos passeports qu'il nous était interdit de travailler pendant les trois mois de visite touristique. Nous avons demandé des explications à notre tuteur jordanien, qui nous a demandé de ne pas y prêter trop d'attention, que “ce n'était que de l'excès de zèle de la police des aéroports”. Arrivées à l'hôtel, Abou Adnane apparaît sous son véritable jour. Il nous présente au directeur de l'hôtel en lui disant, texto : “Ta marchandise est arrivée”. Nous n'avons réellement compris le stratagème que quand on nous a demandé de nous habiller très légèrement et de “descendre” au cabaret. Pendant 28 jours, nous avons plongé dans un monde de fumée, d'alcool et de sueur humaine. Une fois, nous avons tenté de nous échapper, mais la police nous a vite rattrapées. On nous a mises en prison pendant 18 jours sans que l'on sache exactement pourquoi. C'est notre père qui nous a sorties du calvaire. Il a pu nous rapatrier grâce à l'Union de l'action féminine, qui a pu mobiliser à son tour une ONG jordanienne. Depuis ce temps-là, notre vie a changé. Nous sommes toujours au chômage. Mais qu'importe !”.


“Je croyais exercer dans un salon de coiffure…”

Khadija, 23 ans, Tadla
“Je voulais émigrer en Espagne, mais un cousin m'a assuré que je pourrais mieux gagner ma vie dans les pays arabes, où le métier de coiffeuse est très demandé. Je suis partie en Syrie par l'intermédiaire de l'ex-femme de mon oncle. Je ne savais pas qu'elle était proxénète. Elle a envoyé sa propre fille là-bas. Arrivée à l'hôtel, je découvre un autre monde. Ma cousine, pourtant très conservatrice, fumait et buvait de l'alcool à longueur de journée. Les filles étaient pratiquement nues et ne sortaient que pour aller servir les Libyens et les Saoudiens dans le bar. On m'a immédiatement retiré mon passeport et demandé de me mettre en petite tenue. J'ai refusé. Je leur ai dit que je préférerais mourir que de montrer mon corps à ces “bêtes sauvages”. Je ne mangeais plus. Voyant que je n'étais pas productive, mon tuteur m'a laissé rentrer au Maroc. Ma cousine m'a rejointe quelques mois plus tard”.

Parcours. La prostitution comme carrière

“À Dubaï, la plus accessible des prostituées marocaines est payée à 3700 DH la nuit”. Cet adepte des joies nocturnes est un amateur du label Maroc. “Une Marocaine, c'est le top”, insiste-t-il. Elle s'adapte facilement, peut parler la langue de son client et dans son accent, et lui assurer tout le confort qu'il souhaite. Dans cet émirat prospère, nos concitoyennes sont très demandées, malgré la concurrence des Européennes de l'Est et des Asiatiques. Et pour cause, le produit Maroc a suivi l'évolution du marché. Les filles qui optent pour cet émirat sont généralement plus instruites, plus raffinées et cherchent à se faire une place dans les réseaux de prostitution de luxe. Rien à voir avec la petite Marocaine qui passe plusieurs années dans le Golfe, avant de pouvoir s'acheter un appartement au Maroc. Aujourd'hui, les “filles de Dubaï”, comme on les appelle, jouent aux femmes d'affaires, roulent dans des voitures haut de gamme et mènent une vie de bourgeoises. “À Dubaï, il y a très peu d'exploitation. La fille a le choix de se prostituer ou non”, indique un journaliste marocain installé sur place.
Généralement, le plan de carrière est établi à l'avance. La fille commence d'abord en bas de l'échelle, comme ouvreuse dans un bar. Cette période “d'initiation” dure 2 à 3 mois, le temps de s'habituer aux lieux et aux mœurs, avant de passer à l'étape suivante. La suite, justement, expliquée par une “fille de Dubaï” : “La débutante commence par donner son numéro de téléphone à quelques-uns de ses soupirants. Quand l'un d'eux finit par la contacter, elle s'évertue à le faire languir, tout en lui demandant de la sortir de sa condition, afin qu'elle puisse se consacrer uniquement à lui. Il arrive que le poisson morde à l'hameçon. Il l'installe alors dans un appartement, souvent acheté à son nom, et peut même aller jusqu'à la demander en mariage”. Celles qui se marient gardent souvent en tête qu'il faut profiter au maximum de leur situation actuelle, pour se prémunir contre les risques d'expulsion. Une fois “le mouton bien égoutté de son pétrole”, elles peuvent demander ou provoquer le divorce par tous les moyens. Parallèlement, elles entreprennent de dénicher d'autres oiseaux. “Une professionnelle du sexe commence toujours par consolider son réseau de connaissances dans les hautes sphères, qui lui facilitent l'obtention du précieux visa et la protègent contre les aléas du métier. Elles agissent généralement dans des milieux clos, cumulant les richesses et préparant un pécule pour leurs vieux jours. Au fur et à mesure qu'elles vieillissent, elles s'orientent progressivement vers le proxénétisme”, conclut notre source.

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MessagePosté le: Mer Mai 30, 2007 2:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

La femme en droit coranique est inférieure à l'homme qui a reçu d'Allah l'autorisation de la corriger si elle n'est pas docile aux ordres de son seigneur et maître son mari.

En hérittage, elle reçoit la moitié de la part de son frère.

Un aricle interessant trouvé sur un site arabe progressiste.

Citation:
Inégalité dans l’héritage, héritage d’une préférence divine

Raja Ben Slama


mercredi 21 février 2007


Avant la réforme de 2001 en France, l’enfant « adultérin » voyait sa part successorale amputée de moitié. En application du verset coranique « Au mâle, portion semblable à celle de deux filles » (VI/11), une fille tunisienne « légitime » subit actuellement le même sort, c’est-à-dire la même réduction à la moitié. La réforme qui accorderait les mêmes droits successoraux aux héritiers sans distinction de genre ou de nature de la parenté n’a pas eu lieu en Tunisie. Mais ce qui est à souligner toutefois, c’est que l’enfant « adultérin » d’un système équivaut à la fille légitime d’un autre.

Cet amalgame de deux systèmes juridiques différents peut paraître incongru, mais il est une sorte de traduction qui nous révélerait d’abord un aspect indicible du dispositif d’exclusion sur lequel reposent les systèmes successoraux traditionnels. La réduction des droits successoraux se fondant sur le sexe et celle qui se base sur la nature de la parenté ont un point commun : elles résultent de la même crainte d’un certain trouble de la filiation et de la transmission des biens du père de la famille. L’enfant adultérin est le rejeton issu de l’étrangère, quant à la fille, et même si elle est légitime, elle demeure l’étrangère qui ne portera pas le nom du père et qui épousera l’étranger, cet étranger qui s’immiscera indirectement dans l’héritage du père. La femme introduit l’étranger dans le clan ou transmets les biens du clan à un étranger tout en étant, paradoxalement la gardienne de l’identité. Un même culte du propre et de la propriété privée agnatique, de la patrilinéarité et du patronyme semble présider à cette discrimination successorale.

Cette « traduction » met aussi en valeur la violence douce et froide émanant de la discrimination institutionnalisée. Le partage de l’héritage est ce moment mystérieux où se cristallisent l’être et l’avoir et où l’on peut se dire en secret : « on a ce qu’on est », femme ou enfant illégitime, on a la moitié parce qu’on n’est qu’une moitié… Et c’est dans les moments cruciaux du deuil, de la séparation et du partage que ces deux exclus auront vécu ce qui leur marque comme des êtres hybrides, compromettant la lignée et la transmission des biens.

Mais l’étrangeté de la femme est encore plus fondamentale que celle de l’enfant adultère, puisqu’elle ne résulte pas des faits contingents de la vie des parents, mais est inhérente à son identité sexuelle même, c’est-à-dire à son être de femme. Il est d’ailleurs hautement significatif que l’interdit successoral est aujourd’hui organisé autour de la femme, puisqu’un enfant illégitime tunisien peut être traité comme ses frères légitimes si le père le veut, alors que l’égalité successorale entre les sexes fait l’objet d’une opposition virulente et accrue. Or l’équivalence qu’on vient d’établir entre l’enfant illégitime et la femme, même si elle révèle la nature et la gravité d’une maltraitance juridique, ne rend pas compte de l’interdit qui la maintient et la pérennise quand il s’agit des femmes musulmanes.

La théorie lévi-straussienne de l’échange des femmes telle qu’elle a été reprise par Simone de Beauvoir peut-elle présenter un fondement anthropologique à cet interdit successoral qui pèse sur les femmes musulmanes ?

« Le lien de réciprocité qui fonde le mariage n’est pas établi entre des hommes et des femmes, mais entre des hommes au moyen de femmes qui en sont seulement la principale occasion. » écrit Lévi-Strauss. La conséquence en est que « les femmes font partie des biens que ceux-ci (les hommes) possèdent et qui sont entre eux un instrument d’échange », écrit Simone de Beauvoir.

Cette institution avait représenté une avancée vers la culture et la pacification des relations entre les hordes humaines, puisqu’elle avait nécessité l’interdit de l’inceste et permis l’exogamie et l’alliance entre les groupes. Selon la logique en découlant, la femme, à priori, ne devrait pas hériter puisqu’elle est un bien qu’on hérite, que les maîtres héritent.

Mais l’échange des femmes et leur déshéritement total semble appartenir à une époque plus reculée et n’existe déjà plus à l’état pur quand l’Islam est apparu. Certes, la femme de condition libre était souvent « vendue » contre une dot, et elle appartenait au mari et à son clan. Elle était vendue contre du bétail ou comme des esclaves, mais elle n’était pas un simple bien et ne faisait pas l’objet des opérations qui découlaient de l’esclavage total (vente, donation, louage…) Très souvent même, c’était elle qui endossait le prix de sa vente. Elle avait le pouvoir d’engendrer, mais elle disposait aussi d’un autre pouvoir : elle parlait et se défendait d’être une chose, réclamait des droits, déclamait parfois des poèmes et tombait amoureuse au lieu d’épouser l’homme choisi par les clans. Disons que son activité de sujet humain, parlant et désirant, ce dont le schéma abstrait de l’échange des femmes ne rend pas compte, ni même celui de la domination masculine chez Bourdieu, créait des résidus qui grignotaient sans cesse le système de l’échange des femmes dans sa logique implacable qui fait de la femme une propriété du père léguée au mari.

L’historienne tunisienne Latifa Lakhdhar a montré que le prophète avait privilégié la tradition mecquoise en légiférant en matière d’héritage : « …Dans cette ville de négoce vers laquelle revient le prophète, et contrairement à la tradition médinoise où les femmes étaient exhérédées au même titre que les enfants, à la Mecque la femme avait droit à l’héritage (comment d’ailleurs sinon Khadija la première femme du prophète aurait-elle eu sa richesse si connue ?), voilà pourquoi pour beaucoup d’orientalistes, ces nouveaux acquis prescrits aux femmes par le Coran au niveau de la possession des biens par l’héritage étaient inspirés par le régime successoral mecquois. » Mais Latifa Lakhdhar a montré aussi que « l’attitude revendicative des femmes qui étaient dans l’entourage du prophète » avait joué un rôle considérable dans cette décision. Autrement dit, l’égalité successorale n’était pas de l’ordre de l’impensable, malgré la loi de l’échange des femmes. N’ayant pas droit au butin remporté des conquêtes prophétiques, les femmes voulaient avoir leur part successorale, réclamaient parfois même une part égale à celle de l’homme. On rapporte qu’Oum Salama, une des épouses du prophète avait dit au prophète « Ô prophète : on ne nous donne pas d’héritage et on ne nous permet pas de participer à la guerre Sainte !? Dieu a alors fait descendre le Verset » . Le verset dont il est question rétablit l’ordre statutaire duquel dépend le régime successoral : « N’aspirez pas à ce dont Dieu avantage les uns sur les autres. Les hommes auront une part de ce qu’ils se seront acquis, les femmes une part de ce qu’elles se seront acquis ».(IV/ 32)

La donnée anthropologique de l’échange des femmes ne suffit donc pas à rendre compte des régimes successoraux, puisque les femmes pouvaient être échangée sans être héritées ou déshéritées. On pourrait même avancer que le principe de l’échange des femmes, avec comme corrélat l’interdit de l’inceste peut s’exercer selon une modalité qui ne contrevient pas aux principes égalitaires, comme dans les sociétés démocratiques modernes. Le facteur déterminant dans l’inégalité successorale islamique est bien la suprématie des hommes qui n’était ni implicite, ni sans conséquence juridique. Elle était clairement proclamée par le Coran, rappelée par le verset 34 de la même Sourate : "Les hommes ont autorité sur les femmes du fait qu’Allah a préféré certains d’entre vous à certains d’autres, et du fait que [les hommes] font dépense sur leurs biens [en faveur de leurs femmes]…." (VI, 34, Blachère II, 935). Ce verset institue donc le principe religieux et juridique de l’autorité et de la prévalence des hommes sur les femmes, en réponse à la revendication de ces femmes.

Cheikh Mohamed Tahar Ben Achour, qui compte parmi les plus illustres exégètes de la première moitié du XXe siècle, est peut-être l’un des derniers savants musulmans à avoir reconnu l’importance capitale du principe de l’autorité des hommes sur les femmes, sans nier le présupposé sur lequel il repose, à savoir la prévalence des hommes sur les femmes : « Quant au verset « Les hommes ont autorité sur les femmes », il constitue un fondement juridique dont se ramifient les jugements des versets suivants. C’est comme un préambule […] La préférence émane des privilèges innés qui font que la femme a besoin de l’homme pour sa défense, pour sa protection, sa survie […] Les signes de cette préférence se sont manifestés à travers les âges et elle est devenue un droit acquis pour les hommes. Cela constitue une preuve éclatante de ce que les hommes ont autorité sur les femmes. Le besoin des femmes pour les hommes de ce point de vue perdure, bien que son intensité soit plus ou moins forte. »

La première musulmane aurait donc gagné la moitié de la bataille : elle ne serait pas totalement déshéritée comme les médinoises, mais elle ne pouvait être l’égale de l’homme dans un régime qui reposait sur ce principe religieux et juridique. Par la suite, avant d’en arriver au déni moderne dont nous essaierons de rendre compte, nous trouverons des rationalisations du système successoral chez des penseurs comme les Frères de la Pureté qui, au IVe siècle de l’Hégire voulaient défendre la justice divine en arguant que la dot est l’équivalent de la moitié de la part successorale dont les femmes sont privées et qu’elle est une récompense équitable aux femmes . Mais ce qui échappait à ces théologiens qui n’avaient pas les mêmes réflexes que les docteurs de la loi, c’est que tout d’abord la dot n’est pas l’équivalent de l’héritage, puisqu’elle est, « juridiquement » parlant, le prix payé pour la possession sexuelle du corps des femmes dans l’échange matrimonial et que l’inégalité successorale est strictement liée à la hiérarchie des statuts juridiques telle qu’elle a été posée par le Coran et affinée par le droit musulman. Les musulmans étaient supérieurs aux non- musulmans, les hommes et les femmes de condition libre étaient supérieurs aux esclaves, mais les hommes étaient supérieurs aux femmes. Les « hermaphrodites avérés » étaient même supérieurs aux femmes eu égard à leur moitié masculine supposée. Cette hiérarchie conditionnée par les différentes inégalités n’est que reproduite par le système successoral. Vue sous cet angle, la société se composait des héritiers à part entière (les hommes libres), de ceux qui héritaient l’équivalent de la moitié de la part des femmes et de la moitié de la part des hommes (les « hermaphrodites »), des demi-déshérités (les femmes donc), des déshérités (les femmes non musulmanes qui ont épousé des musulmans, les enfants adultérins et les criminels), ceux dont on hérite pas (les apostats et les non-musulmans) et ceux qui étaient hérités mais qui n’héritaient pas (les esclaves). Si la part successorale de la femme est réduite à la moitié, c’est bien parce qu’une femme valait la moitié d’un homme. C’est ce que révèle le droit pénal qui considère que le prix du sang d’une femme vaut la moitié de celui d’un homme. C’est la raison pour laquelle aussi le témoignage de deux femmes vaut celui d’un seul homme. Nous retrouvons là une modalité de l’échange des femmes qui considère que la femme n’est pas un simple bien échangé et c’est ce qui fait qu’elle hérite. Mais le principe de l’autorité des hommes et de leur prévalence est à l’œuvre dans cette modalité, puisque la femme, tout en n’étant pas un simple bien, est la propriété d’un père qui la cède à un mari auquel elle appartiendra et obéira. Le contrat de mariage est d’ailleurs conçu comme un contrat de vente et le mariage comme une sorte d’esclavage . Bref, si l’esclave participait de la chose et de la personne humaine, la femme participait de l’esclave et la personne libre à la fois. La conséquence en est que la femme valait la moitié d’un homme et héritait de la moitié de la part d’un homme.

Le système de l’autorité des hommes et de leur prévalence sur les femmes est aujourd’hui mis à mal par la modernisation sociale et ce, pour plusieurs raisons : 1/ la femme se prend en charge et prend la famille en charge par son travail. L’obligation de dépense par laquelle on justifiait le principe de l’autorité des hommes n’est donc plus valable. L’autorité parentale se substitue ainsi à l’autorité paternelle. De plus, la dot est devenue une affaire symbolique, en Tunisie du moins, car lors de la rédaction du contrat de mariage par un officier d’Etat civil ou un huissier de justice, le mari tunisien est tenu de donner à sa future épouse un dinar (à peu près 0,7 euro). Ce dinar très symbolique est souvent gardé jalousement dans l’album photo des jeunes mariés. En souvenir de la cérémonie, mais peut-être aussi en souvenir de l’époque lointaine où les femmes étaient en quelques sortes vendues au clan du mari. 2/ l’institution du voile est abolie, puisque les femmes sont sortis de leurs gynécées et que le voile islamique vestimentaire, même s’il est une relique de ces temps immémoriaux, n’empêche pas cette sortie. 3/ le postulat de l’infériorité statutaire des femmes ne tient plus puisque la constitution du pays et les conventions ratifiées par l’Etat proclament l’égalité des sexes.

Les femmes tunisiennes ont eu la chance de vivre sous le régime qui s’est le plus démarqué du principe de l’autorité des hommes sur les femmes qui porte plus loin que la simple loi de l’échange des femmes. Elles ont aussi bénéficié des allégements apportés par le Code du Statut Personnel (CSP) tunisien concernant les filles uniques et la prise en compte de l’agnat dans certains cas. Mais l’ombre de ce système de l’autorité et de la prévalence des hommes continue à peser sur leurs destinées et le passé de l’avilissement des femmes continue à hanter leur présent. Ce système, bien que mis à mal, tient encore, et l’inégalité successorale en est un résidu. Ce résidu étant à la fois « mystique » et matériel, il touche la destinée des femmes en profondeur. Le plaidoyer édité par l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) et l’Association Tunisienne des femmes pour la recherche sur le Développement (AFTURD) , le montre bien par des données réelles et des arguments diversifiés.

La brèche est ouverte par les acquis précédents et les revendications actuelles, puisque les revendications donnent cours à ce qu’on a appelé « la marche providentielle de l’égalité ». Mais l’on peut être sceptique quant au déroulement de cette marche. Fellag, l’humoriste algérien, avait dit un jour : "Quand on est au fond du trou, on ne peut que remonter. Les Algériens, quand ils sont au fond du trou, continuent de creuser..." On est tenté de le paraphraser en disant que, quand une brèche est ouverte par l’impératif égalitaire, généralement, la réforme qui apaise et répare l’injustice suit. Les algériens, les tunisiens et les musulmans actuels, lorsqu’une brèche est ouverte, ils la rebouchent, ils la colmatent en édifiant à la place une masse de conjurations et d’impostures de toutes sortes, en oubliant même les possibles qui ont été écartés pour qu’une version de l’origine s’impose. La brèche s’ouvre mais la réforme tarde à venir.

Entre les revendications des femmes qui négociaient avec le prophète et celle de Taher Hadded, premier réformiste moderne à avoir aspiré, en 1930, à une égalité successorale, treize siècles se sont déjà écoulés. Quarante quatre ans après Hadded, Bourguiba a tenté une réforme en 1974 mais a été très vite dissuadé, suite à une fatwa l’incriminant, promulguée par Ibn Baz, le mufti saoudien officiel à l’époque . Actuellement, cette réforme est appelée par la Ligue tunisienne des droits de l’homme, les deux Associations citées plus haut (ATFD et AFTURD), quelques intellectuels comme Mohammed Charfi et Afif Lakhdhar. Mais un amendement du CSP dans ce sens ne semble pas à l’ordre du jour, puisque les décideurs politiques, le parti au pouvoir (Rassemblement Constitutionnel Démocratique), l’Union Nationale des Femmes tunisiennes ainsi que les partis d’opposition gardent le silence. Les islamistes, quant à eux, ont fini par reconnaître la valeur du CSP mais récusent l’égalité successorale. Une campagne contre la réforme successorale a même vu le jour dans des tribunes comme Assabeh et Tunisnews, avant même la publication du Plaidoyer en Août 2006.

Quels sont les arguments avancés contre cette réforme ? Je ne reprendrai pas l’argument tactique qui se fonde sur la traditionnelle logique des priorités, car il a été bien développé par le Plaidoyer.

Ce que l’on peut constater, c’est qu’il ne s’agit pas de véritables arguments, mais de mécanismes de défense qui tentent d’imposer des lignes rouges et de dérober des regards les idées devenues insupportables à notre époque.

Nous retrouvons d’abord cette stratégie discursive qui installe l’interdit de toucher au cœur de la pensée. L’égalité dans l’héritage serait une atteinte à la sensibilité religieuse des musulmans , une atteinte aussi à ce qu’on appelle vaguement « les intangibilités de l’islam ». Ainsi les femmes qui ont plaidé pour l’égalité successorale ne seraient même pas des femmes, mais des monstres asexués et des « extrémistes ». Elle ne sont pas habilitées à parler de la science des « Fara’idh » (droit successoral en Islam), car il y a des spécialistes de la question, formés par la Faculté de théologie.

L’interdit de toucher touche évidemment aux versets coraniques ayant trait à l’héritage et qui, nous dit-on, sont « clairs et catégoriques ». Pourtant que de versets clairs et catégoriques ne sont pas appliqués ni en Tunisie ni parfois ailleurs : ceux qui recommandent la loi du talion et les châtiments corporels, ceux qui interdisent l’usure (riba), ceux qui concernent les esclaves et qui sont simplement tombées en désuétude, tous ceux qui concernent les domaines de la législation autres que le statut personnel... ! Ce que protège l’interdit de toucher aux versets coraniques ne me semble pas se réduire aux versets coraniques.

La crainte de la non- application des versets coraniques masque d’autres craintes et d’autres objets qui semblent s’emboîter les uns dans les autres. Ce qu’on interdit de toucher est à priori le verset coranique. Mais ce que protège le verset coranique et porte en son sein, c’est le privilège masculin, c’est précisément l’institution familiale qui garantit l’héritage religieux donnant lieu au pouvoir temporel des hommes. Mais ce que le privilège masculin protège, dérobe et préserve, c’est la prédilection divine pour les hommes exprimée de la manière la plus claire dans le Coran.

Nous en arrivons à la deuxième série d’arguments qui sont, curieusement, partagés par les détracteurs et la plupart des défenseurs de l’égalité des sexes. Ces arguments reposent sur l’oubli organisé et le déni dont fait l’objet la chose la plus précieuse qui se trouve dans la plus petite des boîtes gigognes, c’est-à-dire le présupposé majeur de la prédilection divine pour les hommes. D’un côté, cette préférence est sciemment ou inconsciemment isolée de la question de l’égalité des sexes. On n’évoque pas la question des anciens statuts juridiques, on évite de citer les versets qui proclament la supériorité des hommes, on tord le cou à la langue arabe pour réinterpréter le principe de l’autorité des hommes. De l’autre côté, on déclare que l’islam a révéré la femme, pas seulement à l’époque du prophète qui a tenu compte malgré tout de la revendication des femmes, mais dans l’absolu, puisque le prophète est à la fois et paradoxalement le chef politique qui n’échappait pas aux contingences historiques et le chef exemplaire supposé y échapper. On affirme que la femme est l’égale de l’homme même si ses droits successoraux sont réduits à la moitié. On cultive l’art de loger à la même enseigne l’égalité et l’inégalité et on confond la logique de l’équité ou de la complémentarité et celle de l’égalité. On affirme que la femme hérite dans la plupart des cas plus que l’homme, en donnant des exemples où la fille hérite plus que son oncle, c’est-à-dire en interférant le degré de parenté et le sexe.

Par ces cafouillages et ce déni, l’amnésie est produite et entretenue, l’inégalité est maintenue active, comme un spectre revenant. Or c’est là où il y a oubli qu’il faut se remémorer. Se remémorer pour pouvoir inventer un autre oubli. Ce dont on produit l’amnésie est toujours essentiel, et l’essentiel qu’on essaie de recouvrir en récusant l’égalité des sexes ou parfois même en la défendant obscurément, c’est la lésion de la préférence divine, c’est la blessure du prix du sang de la femme qui ne vaut qu’une moitié de vie.

La question de l’héritage égalitaire se heurte donc à cet héritage impossible où l’histoire d’une femme croise l’histoire de l’origine dans un effarement muet qui fait que l’avenir tarde à s’ouvrir.
rajabenslama@yahoo.fr


http://www.middleeasttransparent.com/article.php3?id_article=239&lang=fr
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Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme l'ordre de répandre par l'épée la foi qu'il prechait.
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MessagePosté le: Ven Juin 15, 2007 7:13 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Les femmes mahométanes ne doivent pas être scolarisées, sinon elles fuiront la meilleure des religions.
Elles deviennent des satanistes comme Mira Choqué
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PAKISTAN: La « talibanisation » menace la scolarisation des filles dans l’ouest


Photo: David Swanson/IRIN
Avec la "talibanisation" de la province de la Frontière du Nord-Ouest (PFNO), les jeunes filles sont contraintes d'abandonner l'école
PESHAWAR , 15 June 2007 (IRIN) - Ghazala Shaheen, 12 ans, et son père ont visité cinq écoles à Peshawar, et sous le climat chaud et légèrement humide de la ville, capitale de la province de la Frontière du Nord-Ouest (PFNO) au relief accidenté, ils ont à la fois faim et soif.

« Nous vivons dans la vallée de Swat, à Malakand, mais maintenant que les menaces envers les professeurs et les écolières se sont multipliées, nous prévoyons de venir nous installer à Peshawar », a expliqué Jan Muhammad Khan, le père de Ghazala, en avalant d’un coup son verre d’eau, assis au domicile d’un membre de sa famille.

La vallée de Swat, qui compte environ 1,5 million d’habitants et se situe à quelque 150 kilomètres au nord-est de Peshawar, a été le théâtre d’une des poussées d’extrémisme les plus virulentes de ces dernières années.

Plusieurs religieux radicaux tels que Maulana Fazlullah, qui diffuse une forme d’Islamisme militant particulièrement vif sur les ondes d’une radio FM illégale, insistent à dire que la place d’une femme est à la maison et que les filles ne devraient pas être scolarisées du tout.

Au moins quatre écoles de filles ont été bombardées au cours des 12 derniers mois, et beaucoup d’autres, dans des villes des quatre coins de la PFNO et même à Peshawar, ont reçu des menaces par courrier ou par téléphone.

En avril 2007, deux écoles de la ville de Mardan, à 35 kilomètres au nord-est de Peshawar, ont été forcées de fermer leurs portes temporairement après que des professeurs et des élèves eurent été enjoints de porter la « burqa », le voile intégral revêtu par certaines femmes musulmanes.

« Si vous êtes enseignante dans la PFNO, vous vous sentez en danger. Les militants comprennent souvent que la manière la plus simple de faire fermer une école, c’est de cibler les professeurs », a expliqué Bushra Rehman, 42 ans, une institutrice de Mardan.

Autre fait symptomatique de l’atmosphère dans la vallée de Swat, Jan Muhammad Khan lui-même se sent obligé de se laisser pousser la barbe depuis que les barbiers ont été enjoints de cesser de les raser.

M. Khan craint que, s’il continue à vivre à Swat, l’éducation de ses trois filles, deux d’entre elles étant plus jeunes que Ghazala, ne soit affectée.

Il est néanmoins convaincu qu’il est très important que ces filles bénéficient d’une formation, « ne serait-ce que pour pouvoir gérer leur vie familiale efficacement et aider leurs enfants », et en dépit des frais de scolarité annuels, qui s’élèvent à 33 dollars à Peshawar.

De nombreux parents dans la PRNO partagent apparemment cette opinion. Au Pakistan, le taux d’alphabétisme chez les femmes augmente progressivement depuis les années 1990. Dans la région de Swat, il a augmenté de 75 pour cent depuis 2002, avec 30 000 fillettes scolarisées en plus.

En 2002, selon les statistiques officielles, le gouvernement provincial a consacré 70 pour cent du budget de l’éducation aux écoles de filles, créant au moins 300 nouveaux établissements pour filles dans la province.

Ces efforts, soutenus par les bailleurs de fonds étrangers qui, dans bien des cas, ont contribué à la création d’écoles dirigées par des organisations non gouvernementales (ONG), ont permis d’augmenter les taux d’inscription. Toutefois, la résurgence récente de l’extrémisme militant porte un coup aux progrès réalisés.

« Un nouveau sentiment de crainte »

Le nombre de filles touchées par la campagne des radicaux contre les écoles varie selon les estimations. Les données communiquées par les ONG actives en matière d’éducation laissent penser qu’au moins 1 000 déscolarisations de fillettes, permanentes ou temporaires, ont été directement ou indirectement provoquées par ces nouvelles menaces au cours de la dernière année.

« La PFNO connaît de nouvelles difficultés. De nombreux professeurs et élèves de nos écoles, surtout dans les régions reculées, éprouvent un nouveau sentiment de crainte », a expliqué Maryam Bibi, fondatrice de l’organisation Khwendo Kor (Maison de la sœur), qui crée des écoles pour filles dans les régions de la PFNO qui en ont le plus besoin.

« La plupart des gens souhaitent vivement que les filles soient éduquées », a affirmé Afrasiab Khattak, défenseur des droits humains et avocat à Peshawar. Pour M. Khattak, la responsabilité de cette « talibanisation croissante » revient à l’establishment, qui soutient les groupes militants.

Jusqu’à présent, selon certains responsables du gouvernement, la menace n’a pas eu de conséquences majeures sur les taux d’inscription, et seul « un nombre très réduit » de filles ont arrêté l’école.

Le Pakistan présente le taux d’inscription de fillettes à l’école primaire le plus faible de l’Asie du Sud, soit 45 pour cent. Moins de 50 pour cent des femmes sont instruites, et dans certaines régions de la PFNO, les taux d’alphabétisme chez les femmes chutent en-deçà de 20 pour cent.

Au vu de cette situation précaire, les menaces qui planent sur la scolarisation des filles dans la PFNO sont quelque peu problématiques. Certains appréhendent d’ailleurs de voir se propager cette vague d’extrémisme.

« Il est vrai qu’on nous rapporte de plus en plus de cas de tentatives menées en vue d’empêcher les filles d’aller à l’école », a confirmé Imran Khan, le coordinateur de la Commission des droits humains du Pakistan (HRCP), à Peshawar.

« A l’école, de nombreuses fillettes disent que leurs parents ont trop peur de les y envoyer », a timidement raconté Ghazala, le visage drapé d’une « dupatta » (foulard). « Alors elles essayent de continuer d’étudier à la maison, mais c’est difficile ».

Ghazala est fière que son propre père fasse tant d’efforts pour que ses sœurs et elle puissent bénéficier d’une éducation, et qu’il soit prêt à aller s’installer à Peshawar pour la leur offrir.

« Mais la plupart des gens ne peuvent pas faire ça, parce qu’ils sont pauvres, et je crains pour l’avenir des fillettes qui ont été forcées à arrêter l’école », a-t-elle ajouté.

kh/ds/cb/ed/nh/ads/ail


http://www.irinnews.org/ReportFrench.aspx?ReportId=72758
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l'islam cette théologie absurde d'un bédouin immoral est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies
Kémal Ataturk
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