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Guerre des idées :: Voir le sujet - Yasser arafat décrit par un palestinien
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Yasser arafat décrit par un palestinien

 
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moez13
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Localisation: IL SUFFIT DE LE VOULOIR ET CE NE SERA PAS QU'UN REVE ! THEODOR HERTZEL.

MessagePosté le: Sam Sep 27, 2003 3:31 am    Sujet du message: Yasser arafat décrit par un palestinien Répondre en citant

LE LIVRE
« Yasser Arafat »
L'auteur : Saïd K. Aburish
Éditeur : Saint Simon
Nombre de Pages : 518
Prix : 22 euros

La publication en français de cette biographie d'Arafat est un événement. Elle est l'œuvre d'un journaliste palestinien, compétent et lucide, issu d'une famille d'intellectuels pro-occidentaux. Aburish a résisté à la tentation de l'enquête autorisée ou de l'hagiographie que sa « palestinité » lui permettait. Il a donc refusé la proposition du Raïs de collaborer à l'ouvrage. Noble disposition qui présente des risques. L'auteur raconte lui-même ce qu'il en coûta à ceux de ses compatriotes qui prétendirent dépeindre la corruption d'Arafat et de son entourage. Ainsi le sort de ce malheureux dessinateur purement et simplement exécuté par l'OLP pour excès d'insolence.

Nul sensationnalisme, mais au contraire une analyse fine du caractère, un éclairage fidèle des grandeurs et des mesquineries du « vieux ». Aburish confirme le mensonge du chef sur sa prétendue naissance à Jérusalem, la réalité de ses liens avec les frères musulmans égyptiens et révèle qu'avec l'un de ses lieutenants, Abou Jihad, il tenta même de créer le « Fatah islamique », mais dut y renoncer devant le scepticisme de ses troupes allergiques à cette idée. Cette anecdote en dit long sur un homme qui est plus un conservateur qu'un révolutionnaire.

Au terme de ces 500 pages, il est toujours aussi difficile de trouver une cohérence au parcours d'Arafat, et l'on comprend mieux pourquoi.
Les traits dominants de sa personnalité sont : son indifférence totale aux idéologies, son sens inné de la publicité en font un politicien opportuniste. Tour à tour bouffon ou tragédien, il excelle dans la mise en scène surtout celle de ses propres faiblesses. Ajoutez à cela un sens de l'humour inhabituel chez les palestiniens (l'auteur l'attribue à son côté Egyptien), voilà qui aurait pu faire d'Arafat un excellent représentant de commerce.
Tout se passe d'ailleurs comme s'il avait fait sienne la devise de bons vendeurs : « le client est roi. » Dans les moments difficiles, au lieu de réagir en homme d'État quitte à braver l'impopularité, il se montre au contraire obsédé par la préservation de son image.

Arafat n'a, on l'avait un peu remarqué, jamais eu aucun sens ni aucun goût pour l'organisation. Il a curieusement beaucoup de courage, mais celui-ci est plus physique que politique. Et encore, il se croît toujours obligé d'en rajouter dans les récits de ses exploits de jeunesse.
Il a un culot, une audace dont il ne se départit jamais, qui sont sûrement la vraie raison de son ascension. Là où ses rivaux tergiversent, ou sont paralysés, par un rapport de force en leur défaveur, lui fonce. Il n'a rien d'un réflexif. Cet insomniaque ascétique a aussi beaucoup de mal à analyser une situation politique. Cela l'emmène dans des situations désespérées, mais qu'il parvient toujours à retourner à son avantage. Un artiste.
Arafat aime le chaos, situation dans laquelle il excelle. C'est pour n'avoir pas compris cela, relève justement Aburish, que les Israéliens commirent (et commettent toujours) la même erreur.
Combien de fois ont-ils mis en ruine son quartier général (Jordanie, Beyrouth, Tunis et aujourd'hui Ramallah). Non seulement ils le ratent, mais ils lui donnent à chaque fois l'occasion de se remettre en selle. Ils semblent se comporter parfois en complices. Par exemple, selon Aburish, lorsque Tsahal assassine à Tunis le chef militaire de l'intifada, Abu Jihad, ils lui rendent un fier service en le débarrassant d'un de ses lieutenants les plus compétents et honnêtes…qui commençait à lui faire de l'ombre et comptait bien mettre à profit le soulèvement pour rénover l'OLP
.

Arafat davantage corrupteur que corrompu

Bien sûr, Aburish confirme à quel point « Abou Ammar » a fait du contrôle personnel des subsides faramineux de l'OLP la source de son pouvoir autocratique, puis dictatorial à la tête de son embryon d'État. Pour Arafat et sa « clique », l'unité de compte est la valise de billet. Leurs destinataires en font en général ce qu'ils veulent. L'auteur dit en avoir été personnellement le témoin. Avant la publication des accusations du FMI, il donne de nombreux exemples de ces détournements, et reprend à son compte une estimation du quotidien britannique « The Independant » estimant, en 1997, le volume de la corruption à 323 millions de dollars, soit la moitié d'une année de budget de l'ANP ! Arafat est d'ailleurs davantage corrupteur que corrompu. L'argent lui sert essentiellement à acheter des soutiens et à élargir sa petite mafia. Les fameux « Beyrouthins » ou « Tunisiens ». Certes, les après-midi de shopping de son épouse, Souha, faubourg St Honoré, suscitent beaucoup de commentaires à Ramallah. Mais ce n'est pas là l'essentiel. La Raïs passe presque tout son temps à travailler, se nourrit frugalement et sa distraction préférée reste de regarder des dessins animés de bip bip et de Tom et Jerry ! On lui connaît peu de vices : il ne fume pas, ne boit pas, ne s'intéresse ni aux femmes, ni aux « fringues ». À noter, quand même, la parenthèse du séjour à Beyrouth où, fasciné par le tape-à-l'œil de ce Paris Oriental, il se met brusquement à courtiser, à porter des talonnettes pour se grandir et à commander ses uniformes sur mesure.

La leçon d'Oslo

S'agissant de l'échec d'Oslo, Aburish est sans aucune illusion sur les Israéliens, dont il doute de la sincérité à faire aboutir les accords et auxquels il reproche de s'être longtemps accommodés de la corruption de leur meilleur ennemi. Il se range lui-même, comme Edouard Saïd, au nombre des opposants aux accords d'Oslo. Sa conviction est qu'ils ne pouvaient déboucher que sur la frustration et l'explosion de violence à laquelle on assiste. Pour lui, ces accords servaient davantage l'intérêt personnel d'Arafat que ceux du peuple palestinien. Après la guerre du Golfe, le chef de l'OLP est discrédité par son soutien à Saddam Hussein. Surtout les caisses sont vides, et l'organisation est au bord de la banqueroute. Aburish montre comment (c'est un des chapitres les plus passionnants) Arafat est obligé de laisser le devant de la scène aux représentants des territoires occupés, Shafi, Ashrawi et Husseini qu'il continue néanmoins à manipuler à distance. Ces modérés sont eux-mêmes stupéfaits devant les concessions qu'il les oblige à faire aux Israéliens. C'est simple, Ils doivent tout accepter . notamment que les Palestiniens aillent à Madrid représentés par une délégation jordanien-palestinienne, ce qu'Arafat avait jusque-là obstinément refusé. Puis, tout en maintenant la pression sur ses négociateurs à Washington, il encourage, sans les en avertir, le « canal d'Oslo », où il a envoyé des fidèles pour les affaiblir. Les notables de l'intérieur démissionneront en signe de désapprobation.
Pourquoi Arafat a-t-il fini par signer des accords moins favorables pour les Palestiniens que ceux de Camp David, et que ce que le roi Hussein avait obtenu à Londres en 1987 ? Pourquoi as-t-il insisté pour aller lui-même à Washington parapher en grande pompe ce qui n'était qu'une déclaration de principe ? Pourquoi, enfin, Arafat cède-t-il encore une fois aux Israéliens au Caire et à Taba (OsloII) malgré les supplication des palestiniens les plus modérés qui insistent sur l'absence de garanties (Husseini) ? Aburish donne la clé : Arafat doit absolument rebondir par une action d'éclat. La perspective de la faillite peut signifier sa fin politique. Quitte, c'est chez lui une habitude à promettre, ici à son peuple, plus qu'il ne pourra obtenir. Une semaine après la signature, Arafat, en voyage en Afrique du Sud appelle déjà au Jihad pour libérer Jérusalem…
C'est ainsi que peut se comprendre le refus des propositions de Barak. Pour Arafat, elles arriveraient trop tard. Lassé des lenteurs et des déceptions d'Oslo, le peuple n'a plus confiance. Le soulèvement était en préparation et, cette fois encore, le vieux chef n'avait d'autre choix que de suivre ses hommes.
`Car Aburish décrit un Arafat prêt très tôt au compromis, dévoué à sa réussite, mais n'ayant jamais eu aucune stratégie politique. Au contraire, il improvise en permanence, navigue à vue, en capitaine d'un bateau ivre. C'est plus fort que lui, il doit toujours humilier ceux de ces conseillers les plus capables et s'appuyer sur les plus courtisans et corrompus. Sa description d'un pouvoir dictatorial en pleine décrépitude est si affligeante qu'elle provoque chez ce Palestinien un doute sur l'intérêt de la lutte pour la création d'un État Palestinien dans pareilles conditions. Tel est Arafat. Un mythe vivant pusillanime et narcissique. Au terme d'un des parcours politiques les plus fascinants du XXe siècle, persiste toujours la même interrogation. Après lui, qui ?
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moez13
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MessagePosté le: Ven Oct 03, 2003 8:38 pm    Sujet du message: Répondre en citant

MEMRI

THE MIDDLE EAST MEDIA RESEARCH INSTITUTE



Dépêche Spéciale n° 577 – Autorité palestinienne



Pour lire ce document en format HTML, cliquer ici :

http://memri.org/bin/french/latestnews.cgi?ID=SD57803



Un chroniqueur d’Al-Sharq Al-Awsat : Arafat devrait partir



Le 19 septembre 2003, dans sa chronique du quotidien Al-Sharq Al-Awsat, édité en arabe à Londres, Houda Al-Husseini écrit un article intitulé « Arafat doit-il partir ? » où elle exhorte les Etats arabes et le peuple palestinien à faire clairement comprendre au président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat qu’en s’accrochant au pouvoir, ce dernier empêche le règlement du problème palestinien. Voici quelques extraits de l’article : (1)



Arafat est devenu un symbole usé qui a perdu sa gloire


« Oui, [Arafat devrait partir], mais non en se faisant expulser, assassiner ou en subissant une autre forme d’intervention israélienne.



Pourquoi Yasser Arafat doit-il laisser la place sur l’arène politique palestinienne ? Parce que la cause palestinienne n’avancera pas tant qu’il en aura le contrôle.



La solution au problème dépend de facteurs internationaux, dont les principaux sont les Etats-Unis et Israël. Arafat n’est pas désiré, ni par les Etats-Unis, ni, bien évidemment, par Israël. Il a en outre perdu sa légitimité auprès des Européens, et est également critiqué dans le monde arabe. Il est vrai qu’Arafat est un symbole, mais un symbole usé qui a perdu sa gloire.



Dans l’histoire moderne, deux grands meneurs sont devenus des symboles aux yeux de leurs peuples. Le premier fut Nelson Mandela, emprisonné par le régime alors raciste d’Afrique du Sud. Mais aucun politicien n’a jamais osé menacer de l’expulser ou de le tuer. Le deuxième grand leader fut Xanana Gusmao, qui menait la rébellion de l’Est de Timor, et qui fut capturé par les Indonésiens. Là non plus, aucune autorité indonésienne n’a osé menacer de l’expulser ou de l’assassiner.



Mais avec Arafat, la situation est différente, car la politique israélienne qui consiste à menacer de l’expulser ou d’attenter à ses jours l’a une fois de plus placé au premier plan. Cette politique n’est pas une preuve de réflexion stratégique poussée ; elle représente un faux pas [pour Israël], mais Arafat n’a pas su comment en faire profiter la cause palestinienne ou le peuple palestinien ; il est le seul à en avoir profité. En effet, il se prend pour la cause palestinienne, pense que celle-ci et lui-même ne font qu’un. »



Arafat a tourné le dos à un Etat palestinien ayant Jérusalem Est pour capitale


« Expulser Arafat serait une erreur, et l’assassiner serait considéré comme un crime. Mais les baisers qu’il envoie et ses doigts en V ne valent pas mieux. Ces signes dépourvus de sens obstruent la lumière au bout du tunnel. Arafat a manqué plusieurs occasions (…), la plus récente et la plus évidente étant le plan proposé par l’ancien président des Etats-Unis Bill Clinton, en 2000. Au lieu de saisir l’occasion de mettre fin à l’occupation israélienne, il a tourné le dos à un Etat palestinien ayant Jérusalem Est pour capitale (…) »



Un grand chef sait quand et comment quitter la scène


« Le problème d’Arafat est qu’il veut prouver que rien ne pourra être accompli sans lui, alors qu’il est évident que rien ne pourra être accompli avec lui. Il veut sauvegarder les principes [nationaux], alors qu’un tel concept n’existe [même] plus : les principes nationaux sont représentés par les forces internationales et le capital. Aujourd’hui, aucune force internationale ne soutient plus Arafat ; il a perdu tout son crédit – sauf peut-être sur ses comptes en banque secrets.



Il existe un autre problème, dont les Etats arabes sont responsables. Ces pays ne disent pas franchement la vérité à Arafat, qui est que son entêtement à se maintenir sur l’avant de la scène ne permettra jamais la réalisation des aspirations palestiniennes.



Ce dont Arafat a besoin, c’est que les Etats arabes et le peuple palestinien lui parlent franchement. Tant qu’Arafat demeurera le seul élément [déterminant] de l’Autorité palestinienne, Israël continuera à profiter de ce point faible, au moyen de Sharon ou de quelqu’un d’autre. Ceux qui s’enthousiasment face aux doigts en V d’Arafat ne remarqueront jamais que l’attention s’éloigne de la cause palestinienne, que les portes se ferment devant eux, que les colonies s’étendent et se multiplient et que la clôture continue de se construire et d’absorber des terres.



Un grand chef sait quand et comment quitter la scène – parfois au moyen de son peuple, comme dans le cas de Winston Churchill, et parfois grâce à sa propre sagesse, comme dans le cas de Nelson Mandela. »





(1) Al-Sharq Al-Awsat (Londres), le 19 septembre 2003
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